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Le livre des Martyrs-12


juin 6, 2016 par GoDieu

 


Chapitre X.

 

Accession de la reine Marie
et les persécutions pendant son règne.

Il est affirmé par des catholiques romains, «Que ceux qui ont souffert la mort, pendant le règne de Marie avaient été coupables de haute trahison en désirant la succession de Jane Grey à la couronne.» Il est, toutefois, facile de prouver le contraire. Qui a jamais entendu parler de quelqu'un étant brûlé vif pour trahison? Même en supposant que ces hommes et ces femmes des classes pauvres qui souffrirent la torture ou la mort, avaient été coupables d'essayer de priver Marie de ses droits légaux, la punition que la loi infligeait était la pendaison ou la décapitation et non pas ces terribles tortures dont le récit, fait glacer le sang dans nos veines. S'ils étaient des traîtres, pourquoi étaient-ils menés devant les évêques pour être examinés eux qui certainement n'était pas les juges ordinaires dans de tels cas? et si la haute trahison était leur crime, comment se fait-il qu'on n'en fit jamais mention à leurs procès? Ayant dit ceci pour en faire une sorte d'introduction, nous procéderons à traiter des Actes et des Monuments des Martyrs anglais.

À la mort du roi Édouard, la couronne devait échoir légalement à sa sœur aînée Marie qui n'était qu'à une demie journée de chemin de Londres. Elle reçut avis par le comte de Arundel, de la mort de son frère et de la lettre patente pour la succession de lady Jane. Sur cela elle se retira à Framlingham en Suffolk pour se trouver près de la mer afin de pouvoir échapper en Flandre si c'était nécessaire. Le 9 juillet elle écrivit au conseil leur disant que «elle avait appris que son frère était mort, qu'ainsi elle succédait à la couronne mais était surprise qu'elle ne recevait pas de leurs nouvelles; qu'elle comprenait bien les consultations séditieuses qu'ils entretenaient, mais qu'elle pardonnerait à tous ceux qui rentreraient sous l'obéissance et proclameraient son titre à la couronne.»

On trouva alors que la mort du roi ne pouvait pas être gardée secrète: en conséquence quelques-uns des membres du conseil privé allèrent trouver Jane, et la reconnurent comme leur reine. La nouvelle de la mort du roi l'affligea beaucoup, et être élevée au trône accrut plutôt sa peine que de la diminuer. C'était une personne de talents, de connaissances et de vertus extraordinaires. Elle connaissait le latin et le grec et se plaisait à l'étude. Comme elle n'était pas affectée de l'humeur volage qu'on rencontre ordinairement à son âge et dans sa position, elle ne fut pas exaltée par la perspective d'une couronne et aussi peu abattue quand son palais devint une prison. La seule passion qu'elle montra fut dans le souci qu'elle exprima pour son père et son mari qui périrent avec elle et en apparence à cause d'elle; quoiqu'en réalité l'ambition de Northumberland et la faiblesse de son père causèrent sa ruine.

Elle rejeta la couronne quand elle lui fut d'abord offerte; elle dit, qu'elle savait qu'en justice elle appartenait aux sœurs du roi défunt, et ne pouvait en bonne conscience la porter; mais on lui dit que les juges et les conseillers privés avaient déclaré qu'elle lui était échue suivant la loi. Ceci, joint aux instances de son mari, de son père et de son beau frère, la fit accepter. Là-dessus, vingt-et-un conseillers privés signèrent une lettre adressée à Marie lui disant que la reine Jane était maintenant leur souveraine, et que comme le mariage entre son père et sa mère avait été déclaré nul, ainsi elle ne pouvait pas succéder à la couronne; ils exigèrent qu'elle se soumit aux arrangement maintenant faits, et, si elle s'y soumettait volontiers ils lui promirent de grandes faveurs. Le jour suivant ils proclamèrent Jane.

L'inimitié reconnue de Northumberland pour le défunt duc de Somerset et les soupçons qu'il était l'auteur de la mort prématurée d'Édouard créa au sein de la nation une grande aversion contre lui et sa famille et la disposa en faveur de Marie, qui pendant ce temps était bien active à lever des troupes pour maintenir sa prétention. Pour attacher les protestants à sa cause, elle promit de ne rien changer à la religion réformée telle qu'établie sous son frère, et avec cette assurance un corps considérable de soldats de Suffook joignit ses étendards.

Northumberland était maintenant dans la perplexité, hésitant entre son désir de se mettre à la tête d'une armée levée pour s'opposer à Marie et la crainte de laisser Londres au gouvernement du conseil dont la fidélité lui inspirait des doutes sérieux. Il fut, toutefois, enfin obligé d'adopter ce dernier procédé; et avant son départ de la métropole, il adjura les membres du conseil et toutes personnes en autorité de demeurer fermes dans la cause de la reine Jane sur le succès de laquelle dépendait la durée de la religion protestante en Angleterre. Ils promirent tout ce qu'on leur demandait et il partit encouragé par leurs protestations et leur zèle apparent.

Le parti de Marie, cependant continuait tous les jours à croître. Hasting se rangea de son côté avec 4,000 hommes provenant de Buckinghamshire, et elle fut proclamée reine en plusieurs endroits. Enfin le conseil privé commença à voir son danger; et outre ses craintes pour son danger personnel, d'autres motifs influencèrent plusieurs de ses membres. Pour s'échapper de la Tour, où ils étaient détenus, ostensiblement pour donner dignité à la cour de la reine Jane mais réellement comme prisonniers, ils prétendirent qu'il était nécessaire de donner audience aux ambassadeurs étrangers et la maison du comte Pembroke fut choisie dans ce but.

Là, ils résolurent de déclarer Marie comme reine. Ils envoyèrent chercher le lord maire et les aldermen et gagnant leur adhésion, Marie fut proclamée reine le 19 juillet. Ils envoyèrent alors à la Tour exigeant que le duc de Suffolk quittât le gouvernement de cette place et que lady Jane déposât le titre de reine. Elle s'y soumit avec beaucoup de grandeur d'âme et son père avec abjection.

Le conseil envoya ensuite l'ordre à Northumberland de se soumettre à la reine. Là-dessus il débanda ses forces, se rendit au marché à Cambridge et proclama Marie comme reine. Le comte de Arundel fut envoyé pour l'arrêter; quand Northumberland fut amené devant lui, il tomba à ses pieds pour lui demander grâce. Il fut envoyé à la Tour avec trois de ses fils et Sir Thomas Palmer.

Chacun alors se rendit pour implorer la faveur de la reine, et Ridley parmi le reste, mais il aussi fut envoyé à la Tour; la reine ayant résolu de mettre Bonner de nouveau dans le siège de Londres. Quelques-uns des juges et plusieurs nobles y furent aussi envoyés et parmi eux le duc de Suffolk; qui fut, toutefois trois jours après remis en liberté.

Marie vint à Londres le 3 août. Sur son chemin elle rencontra sa sœur Élisabeth, avec mille cavaliers qu'elle avait rassemblés pour venir à son secours. Ainsi Marie fut établie sur le trône d'Angleterre. Elle fut couronnée à Westminster dans la forme habituelle; mais les conséquences qui en résultèrent furent terribles. La première chose qu'elle fit fut de tirer vengeance de tous ceux qui avaient appuyé le titre de lady Jane Grey. Le duc de Northumberland fut décapité sur la hauteur de la Tour et mourut sans être regretté. Les autres exécutions qui suivirent furent nombreuses. Le parlement fut assez docile pour accorder toutes les demandes de la reine, et il passa un acte établissant la religion papiste. C'était ce qu'elle voulait. Ayant maintenant le pouvoir en main elle se mit à l'exercer de la manière la plus arbitraire. Il parut bientôt évident qu'elle était privée de toute compassion humaine et pouvait sans aucune répugnance tyranniser les consciences.

 

Rébellion de Wyatt — Conduite de Lady Jane Grey et son Exécution.

Le premier mois de 1554 commença par la persécution. Le Dr. Crome fut enfermé à la Fleet pour avoir prêché sans licence le jour de Noël; et Thomas Wotton, Écr. par rapport à la religion.

La publication du mariage projeté de Marie avec Philippe d'Espagne fut très bien vue du peuple et par plusieurs des nobles; et peu de temps après il s'éleva une rébellion dont Sir Thomas Watt était l'un des chefs. Il dit que la reine et le conseil amèneraient, par ce mariage sur le pays cet esclavage et despotisme civil et religieux qui est l'un des résultats de la papauté développée.

Aussitôt que la nouvelle fut reçue à Londres de l'insurrection dans Kent et que le duc de Suffolk avait fui dans Warwickshire et Leicestershire pour lever des troupes dans ces comtés, la reine les fit proclamer traîtres tous les deux avec Carews de Devonshire; elle envoya aussi des forces, sous Thomas, duc de Norfolk, dans Kent; mais en atteignant Rochester-Bridge il se trouva si abandonné qu'il lui fallut revenir à Londres.

Suffolk s'étant sauvé dans le Warwickshire, le comte de Huntingdon fut envoyé contre lui, qui, entrant dans Coventry avant le duc, déjoua ses desseins. Dans sa détresse, le duc se fia à l'un de ses serviteurs dans le parc Astley; mais étant trahi, il fut pris, envoyé à Londres et renfermé dans la Tour. De bonne heure en février, Wyatt s'avança vers Londres quand la reine, se rendant à Guildhall, fit un violent discours contre lui.

À la conclusion de son discours, Gardiner cria tout haut dans un élan d'admiration, «Oh, que nous sommes heureux nous à qui Dieu a donné une reine si sage et si instruite.»

Le 3 février lord Cobbam fut enfermé dans la Tour. Wyatt, avec 4,000 soldats, vint à Southmark mais ne put s'emparer du pont de Londres. Il fut informé que la ville se soulèverait s'il venait à son aide; mais il ne put trouver des bateaux pour le conduire à Essex, ainsi il fut forcé d'aller au pont de Kingston. Le 4 février il s'y rendit, mais il était brisé; ses hommes le réparèrent et il atteignit Hyde Park le matin suivant. Ses troupes étaient fatiguées et découragées et ne s'élevaient pas maintenant à plus de 500; de sorte que quoique les forces de la reine auraient pu aisément les disperser, cependant elles les laissèrent avancer pour leur permettre de se jeter dans leurs mains. Wyatt marcha donc à travers le Straud et Ludgate Hill. Revenant de là, il fut opposé au Temple Bar et se rendit à Sir Clément Parson qui l'amena à la cour. Avec lui le reste de son armée fut aussi pris, environ 100 hommes ayant été tués. Un grand nombre furent pendus et Wyatt fut exécuté sur Tower Hill.

On résolut bientôt après de procéder contre lady Grey et son mari. Elle avait vécu six mois avec la perspective journalière de la mort, de sorte qu'elle ne fut pas beaucoup surprise de sa réalité. Fecknam, qui fut envoyé pour la préparer reconnut qu'il était étonné de sa conduite calme, de son grand savoir et de son jugement extraordinaire sur les questions religieuses. Ce qui suit cet une partie de leur conversation: —

Fecknam — Madame, je déplore votre cas malheureux et cependant je ne doute pas que vous supportiez ce chagrin d'un esprit constant et patient.
Jane — Vous êtes le bienvenu, monsieur, si votre visite est pour donner un exhortation chrétienne. Quant à mon malheureux cas, je remercie Dieu de le déplorer si peu que je le considère être une déclaration plus évidente de la faveur divine envers moi qu'il ne l'a jamais fait. C'est pourquoi il n'y a pas de raison pour que toute personne bien disposée envers moi soit affligée d'une chose si profitable au bien-être de mon âme.
Fecknam — Je viens à vous de la part de la reine et de son conseil pour vous instruire dans la vraie foi, quoique j'aie une si grande confiance en vous que, comme je l'espère, je n'aurai pas grand chose à y ajouter.
Jane — En vérité, je remercie cordialement son altesse royale qui ne néglige pas son humble sujet; et j'espère que vous également ne ferez pas moins votre devoir véritablement et fidèlement.
Fecknam — Qu'est-ce, alors, que l'on demande du chrétien?
Jane — Qu'il croit en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit; trois personnes en un seul Dieu.

NOTE GoDieu.com: La Bible nous enseigne jalousement à maintes reprises qu'il n'y a qu'un seul Dieu et non pas trois en un. Le Père, le Fils Jésus-Christ (Messie) et l'Esprit-Saint ne sont qu'un et même Esprit qui est Dieu, le Créateur. (Jean 1:14; Jean 4:23-24)
Feeknam — Quoi! n'y a-t-il rien de requis pour le chrétien que de croire en lui.
Jane — Oui; nous devons l'aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit; et notre prochain comme nous-même.
Fecknam — Quoi, alors la foi ne justifie pas ni ne sauve?
Jane — Oui, vraiment; la foi, comme le dit St. Paul, seule justifie.
Feeknam — Mais St. Paul dit, «Si j'ai la foi sans les œuvres, cela n'est rien.»
Jane — C'est vrai, car comment puis-je aimer celui à qui je ne puis me confier? Ou comment puis-je me fier à celui que je n'aime pas? La foi et l'amour vont ensemble et toutefois l'amour est compris dans la foi.
Fecknam — Combien y a-t-il de sacrements?
Jane — Deux: l'un le sacrement du baptême, et l'autre le sacrement de la cène.

NOTE GoDieu.com: Nous remarquons ici l'empreinte toujours présente à l'époque du catholicisme romain, connaissant qu'il s'agit simplement du baptême de l'Esprit Saint aspergeant l'esprit de l'élu et provocant irrésistiblement la foi en le Dieu unique, «la Parole qui a été faite chair, et a habité parmi nous» (Jean 1:14), l'élu est «régénéré de l'eau de l'Esprit». (Jean 3:5-7) Il n'est donc pas question d'eau ou de liquide quelconque. Le Saint-Esprit n'a besoin d'aucun intermédiaire pour appliquer sa grâce. — Connaissant aussi que le repas du Seigneur avec ses apôtres signifie simplement de se mémoriser au boire et manger, d'autant plus à la table (judicieux procédé substanciel pour conserver souvenir), que Christ s'est sacrifié jusqu'à la mort et a versé son précieux sang afin de purifier les péchés de ses «élus au salut en lui avant la fondation du monde». (Éphésiens 1:4-9) «La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas notre propre identification au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas notre propre identification au corps de Christ? » (1 Corinthiens 10:16) — Il n'y a donc pas de sacrement en soi, mais plutôt un divin moment de grâce et de merveilleux moments de rendre grâce à Dieu pour sa miséricorde divine.
Feeknam — Il y a sept sacrements.
Jane — Dans quelle écriture trouvez-vous cela?
Fecknam — Eh bien, nous parlerons de cela ci-après. Mais que signifie vos deux sacrements?
Jane — Par le sacrement du baptême je suis lavée avec de l'eau, et régénérée par l'Esprit; et cette régénération est pour moi un gage que je suis enfant de Dieu. Le sacrement de la cène qui m'est offert et reçu avec foi, est un sceau et un témoignage assuré que je suis fait participante du royaume éternel par le sang de Christ qu'il répandit pour moi sur la croix.
Fecknam — Quoi, que recevez-vous dans ce sacrement? Ne recevez-vous pas le vrai corps et le sang de Christ.
Jane — Non, assurément; je ne le crois pas. Je crois que, à la cène je ne reçois ni chair ni sang, mais le pain et le vin; que ce pain quand il est rompu et ce vin quand il est bu, me font rappeler que pour mes péchés le corps de Christ fut rompu et que son sang fut répandu sur la croix; et avec ce pain et ce vin je reçois les avantages qui proviennent de son corps rompu et de son sang versé.
Fecknam — Est-ce que Christ ne prononce pas ces mots: «Prenez et mangez, ceci est mon corps?» Demandez-vous des mots plus clairs? Ne dit-il pas que c'est son corps?
Jane — Je l'admets; et il dit aussi, «Je suis la vigne,» «Je suis la porte;» mais il n'est pas cependant la porte ou le vin. Est-ce que St. Paul ne dit pas. «Il appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient?» Que Dieu me garde de dire que je mange le vrai corps naturel et le sang de Christ, car alors j'annule ma rédemption ou autrement il y aurait deux corps et deux Christs. Un corps fut tourmenté sur la croix, et s'ils ont mangé un autre corps alors, il avait deux corps; ou si son corps était mangé alors il n'a pas été brisé sur la croix; ou s'il a été rompu sur la croix, il n'a pas été mangé par ses disciples.

C'est donc en vain qu'il s'efforça de pervertir sa foi. Ils discutèrent longtemps; mais elle, étant bâtie sur une base solide, demeura inébranlable contre ses sophismes.

Elle fut d'abord beaucoup affectée quand elle vit son mari, lord Guildford Dudley, mené à l'exécution, mais elle se remit quand elle considéra que bientôt elle devait le suivre; et, quand il exprima le désir de se dire adieu l'un à l'autre, elle le refusa, car elle pensa que cela accroîtrait leur chagrin. Elle continua après à être si parfaitement calme que quand elle vit le corps inanimé de son mari porté à la chapelle dans la Tour elle n'en montra aucune émotion.

En montant sur l'échafaud elle fit l'adresse suivante aux spectateurs: «Bonnes gens, je viens ici pour mourir et par une loi j'y suis condamnée. L'action tentée contre son altesse la reine était illicite ainsi que mon consentement; mais quant à l'avoir procuré et favorisé dans mon intérêt je m'en lave aujourd'hui les mains dans l'innocence devant Dieu et en votre présence vous gens chrétiens. Je vous prie tous de me rendre témoignage que je meure en vraie femme chrétienne et que je n'espère être sauvée que par la miséricorde de Dieu par le sang de son fils unique, Jésus-Christ. Je confesse que quand je connaissais la Parole de Dieu, je l'ai négligée, aimant et moi-même et le monde et en conséquence ce châtiment et cette punition me sont justement arrivés pour mes péchés. Toutefois je remercie Dieu que dans sa bonté il m'a donné le temps et le délai pour me repentir. Et maintenant mes bonnes gens pendant que je suis en vie, je vous prie de m'assister de vos prières.» Alors s'agenouillant, elle se tourna vers Fecknam, disant, «Dirai-je ce psaume?» et il lui dit, «oui.»

Alors elle répéta le 51ème psaume en anglais très dévotement. Elle se leva alors et donna à sa servante ses gants et son mouchoir et son livre à M. Burges. Après cela elle détacha sa robe, quand l'exécuteur s'avança pour l'aider, mais, elle désirant qu'il la laissât seule, se tourna vers ses deux gentilles-femmes qui l'aidèrent à s'en débarrasser et aussi de ses fronces, ses paafts et son fichu, lui donnant un beau mouchoir pour lui bander les yeux.

Alors le bourreau s'agenouilla et lui demanda pardon, ce qu'elle lui accorda volontiers. Alors il désira qu'elle se tint sur la paille, quand elle vit le billot elle lui dit, «Je vous prie de m'expédier promptement.» Elle s'agenouilla alors, disant. «Voulez-vous l'ôter avant que je me baisse?» Le bourreau dit, «Non, madame.» Elle attacha alors le mouchoir sur ses yeux et cherchant le billot, elle dit, «Que dois-je faire? Où est-il? Où est-il.» Un des assistants la conduisant auprès elle mit la tête dessus et alors étendant son corps elle dit: «Seigneur, dans tes mains je remets mon esprit!» Ainsi cette noble, savante et pieuse lady finit sa vie le 12 février, 1554, à l'âge d'environ dix-sept ans.

Sa mort fut aussi lamentée que sa vie avait été admirée. Elle affecta le juge Morgan qui avait prononcé sa sentence tellement qu'il en devint fou et croyait qu'elle le suivait. La reine elle-même en fut troublée puis que c'était plutôt des raisons d'État qu'un ressentiment privé qui l'avait induite à ordonner cette tragédie.

Son père, le duc de Suffolk, fut bientôt après jugé par ses paires, condamné et exécuté. Il fut d'autant moins regretté que ce fut par son moyen que sa fille souffrit une mort prématurée.

 

Martyre de John Rogers et de Laurence Saunders.

John Rogers, vicaire du St. Sépulcre et lecteur à l'église St. Paul, reçut son éducation à l'université de Cambridge et fut enfin choisi chapelain à la manufacture anglaise à Anvers. Là il fit la connaissance de Tyndal, qu'il assista dans sa traduction du Nouveau Testament; et avec Myles Coverdale, qui avait été expulsé d'Angleterre à cause des cinq articles vers la fin du règne de Henri VIII. En conversant avec ces intrépides et pieux serviteurs de Dieu, M. Rogers devint instruit dans les Écritures; et trouvant, d'après ces oracles sacrés, que le mariage est honorable entre tous, il entra dans cet état et il alla avec sa femme à Wittemberg en Saxe. Là en étudiant et en s'appliquant il acquit dans très peu de temps, une telle connaissance de la langue hollandaise qu'il put prendre la direction d'une congrégation chrétienne dans cette partie de l'Europe.

Quand Édouard monta sur le trône d'Angleterre, M. Rogers retourna dans son pays pour prêcher l'Évangile et ayant travaillé avec un grand succès le Dr. Ridley, alors évêque de Londres lui donna une prébende dans sa cathédrale de St. Paul. Il fut après cela choisit par le doyen et le chapitre comme un des lecteurs de cette église.

Quand Marie était dans la Tour recevant les pernicieux conseils de Gardiner, M. Rogers prêchait à Paul's Cross, confirmant ces doctrines que lui et d'autres avaient enseignées au temps du roi Édouard et exhortant le peuple à y demeurer ferme et de se méfier des fausses doctrines qu'on devait introduire. Pour ce sermon le prédicateur fut cité devant le conseil; et alors il plaida sa propre cause d'une manière si pieuse et si hardie quoique prudente qu'il détourna leur mécontentement pour cette fois. Il fut donc renvoyé. Mais après la proclamation de Marie contre les doctrines de l'église réformée, M. Rogers fut de nouveau cité devant un conseil des évêques qui lui ordonnèrent de rester prisonnier ne parlant à personne dans sa maison. Il y demeura un temps considérable jusqu'à ce qu'à l'instigation du sanguinaire Bonner, évêque de Londres il fut transporté à Newgate et placé parmi les criminels.

Après que M. Rogers eut été longtemps emprisonné à Newgate parmi les voleurs, souvent examiné, traité très peu charitablement et enfin injustement et cruellement condamné par Gardiner, il fut, le 4 février soudainement averti par la femme du gardien de Newgate de se préparer à être brûlé. Elle le trouva endormi et il ne fut éveillé qu'avec difficulté. Enfin, étant réveillé, il fut conduit à Bonner pour être dégradé; ceci étant fait il lui fit une demande; celle de pouvoir dire quelques mots à sa femme avant d'être brûlé. Mais cela lui fut refusé. «Ainsi» dit-il, «vous montrez ce que vaut votre charité.»

Quand vint le temps de le mener à Smithfield, le shérif vint à lui et lui demanda s'il voulait révoquer ses abominables doctrines. M. Rogers lui répondit, «Ce que j'ai prêché je le scellerai de mon sang.» Alors dit le shérif, «Tu es un hérétique.» «On saura cela» dit Rogers «au jour du jugement.» «Eh bien» dit le shérif, «Je ne prierai jamais pour toi.» «Mais je prierai pour vous» répondit Rogers. Il fut amené le même jour qui était un lundi le 4 février vers Smithfield, répétant le psaume, Miserere en chemin, le peuple se réjouissant de sa fermeté. Là, en présence de Rochester, intendant de la maison de la reine, de Sir Richard Southwell, tous deux shérifs et de bien des gens, le feu fut allumé. Quand ses jambes et ses épaules commencèrent à brûler, lui, comme quelqu'un qui ne sentait aucune douleur, il lava ses mains dans les flammes, comme si c'eut été de l'eau froide. Après avoir levé les mains au ciel et ne les baissant pas jusqu'à ce que le feu dévorant les eut consumées, cet heureux martyr rendit très doucement l'esprit entre les mains de son Père céleste. Un peu avant de brûler on lui offrit le pardon s'il voulait se rétracter; il refusa absolument. Il fut le premier de tous les martyrs qui souffrirent sous le règne de la reine Marie; ceux qui avaient été précédemment mis à mort ayant souffert comme traîtres. Sa femme et ses enfants le rencontrèrent en s'en allant à Smithfield. Mais cette triste rencontre ne l'affecta pas; il donna joyeusement sa vie en défense de l'Évangile de Christ.

Alors suivit le révd. Laurence Saunders. Il fut martyrisé à Coventry le mois suivant. Étant d'une bonne famille il fut placé de bonne heure à Éton, d'où, à un âge convenable, il se rendit au King's College, à Cambridge. Là il continua pendant trois ans et il acquit beaucoup de connaissances et de savoir; bientôt après il quitta l'université et d'après l'avis de ses parents devint marchand. Venant à Londres il fut engagé comme apprenti chez Sir William Chester, qui se trouva être shérif de Londres quand Saunders fut brûlé à Coventry.

Il arriva que le maître, étant un homme bon et en entendant Saunders se lamenter dans ses prières secrètes lui demanda la cause de sa solitude et de ses lamentations. Trouvant qu'il n'aimait pas ce genre de vie et remarquant aussi qu'il était enclin à l'étude et à la contemplation spirituelle, il écrivit à ses amis et lui remettant son contrat le laissa libre. Ainsi Saunders, étant rempli de l'amour des connaissances et surtout de la lecture de la Parole de Dieu ne resta pas longtemps dans le trafic des marchandises mais revint à Cambridge où il commença à ajouter à la connaissance du latin celle de la langue grecque dans laquelle il fit de grands progrès. Il y joignit aussi l'étude de l'hébreu. Alors il se donna entièrement aux Écritures pour se préparer pour l'office de prédicateur.

Au commencement du règne d'Édouard il commença à prêcher et il fut tellement aimé de ceux qui étaient en autorité qu'il fut nommé pour donner une conférence au collège de Fotheringhay où, par sa doctrine et sa vie, il édifia les personnes pieuses et amena plusieurs ignorants à la connaissance de Dieu et ferma la bouche des adversaires. Il se maria vers ce temps-là et mena une vie irréprochable devant tous les hommes. Le collège de Fotheringhay étant dissous il fut appointé lecteur dans le monastère à Lichfield où il se conduisit de telle sorte dans son enseignement et dans sa vie que même ses adversaires portèrent témoignage en faveur de son savoir et de sa piété. Après un temps il entra dans un bénéfice en Leicestershire appelé Churchlanton, où il enseigna diligemment et tint une maison ouverte. De là il fut appelé à Allhallows, Breadstreet, dans la ville de Londres. Il désira alors résigner sa cure à la campagne; et après avoir pris possession de son bénéfice à Londres, il revint à Churchlanton pour s'en décharger.

Le dimanche 15 octobre, dans l'avant-midi, il prononça un sermon, dans sa paroisse traitant ces paroles de St. Paul aux Corinthiens, «Je vous ai joints à un seul époux pour vous présenter à Christ comme une vierge chaste. Mais je crains que, comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, vos pensées ne se corrompent aussi de la simplicité qui est en Christ.» (2 Corinthiens 11:2-3) L'après-midi il était prêt à donner dans son église une autre exhortation à son peuple. Mais l'évêque de Londres s'interposa et envoya un officier pour l'arrêter. Cet officier le somma sous peine de contumace de se présenter incontinent à l'évêque. Et ainsi Saunders fut amené devant Bonner qui l'accusa de trahison pour avoir enfreint la proclamation de la reine et d'hérésie et de sédition dans son sermon.

Après beaucoup de pourparler, l'évêque lui demanda d'écrire ce qu'il croyait de la transubstantiation. C'est ce que fit Saunders et l'évêque garda cet écrit pour son dessein. Bonner l'envoya au grand chancelier qui, incapable de résister à ses arguments s'écria, «Emportez ce fou frénétique en prison.» Saunders y demeura un an et trois mois et pendant ce temps il écrivit des lettres touchantes à Cranmer, Ridley et Latimer et aussi à sa femme et à d'autres.

Après son examen les officiers le conduisirent hors de la cour et restèrent pour attendre le reste de ses camarades prisonniers afin de les conduire ensemble à la prison. M. Saunders se tenait parmi les officiers, voyant une grande multitude de gens il parla librement, les avertissant des dangers qu'ils couraient en abandonnant Jésus-Christ pour l'ante-christ. Cette fidèle conduite ne produisit pas, naturellement, une diminution dans la cruauté de ses adversaires ou un retard de ses souffrances mortelles. Elle ne fit qu'augmenter plutôt l'une et hâta l'autre. Presque immédiatement il fut livré au pouvoir séculier et amené par les shérifs de Londres au modérateur comme prisonnier dans sa propre paroisse de Bread-Street. Il s'en réjouit grandement parce qu'il y trouva un prisonnier comme lui M. Cardmaker avec lequel il put entretenir des conversations chrétiennes et agréables; et parce que hors de prison, comme auparavant hors de la chaire il put avoir une occasion de prêcher à ses paroissiens.

Le 4ème jour de février Bonner vint à la prison pour le dégrader et quand il eut fini M. Saunders lui dit, «Je remercie Dieu que je ne sois pas de votre église.» Le jour suivant, dans la matinée, le shérif de Londres le livra à quelques-uns des gardes de la reine qui étaient choisis pour le mener à Coventry pour y être brûlé. À son arrivée, un pauvre cordonnier qui avait habitude de le servir vint à lui et dit; «Ô mon bon maître que Dieu vous fortifie et vous console.» «Bon cordonnier,» reprit-il, «je désire que tu pries pour moi car je suis l'homme le moins compétent pour cet important office qu'on ait jamais choisi; mais mon Dieu qui est gracieux et mon cher Père peut me rendre assez fort. La même nuit il fut mis dans la prison commune parmi d'autres prisonniers où il dormit peu mais passa la nuit dans la prière et à instruire les autres.

Le jour suivant étant le 8 février il fut mené au lieu de l'exécution dans le parc, hors de la ville, vêtu d'une vieille robe et d'une chemise, nu-pieds et tombant souvent par terre pour prier. Quand il fut arrivé sur le lieu, l'officier dit à M. Saunders qu'il était l'un de ceux qui corrompaient le royaume de la reine par une fausse doctrine et l'hérésie, c'est pourquoi il méritait la mort; mais toutefois s'il voulait révoquer ses hérésies la reine lui pardonnerait; sinon, le feu qu'il voyait était préparé pour lui. M. Saunders lui répondit, «Ce n'est pas moi ni mes compagnons prédicateurs de la vérité divine qui ont fait du mal au royaume de la reine; mais c'est vous-même et de tels que vous qui ont résisté à la Sainte Parole de Dieu; c'est vous qui corrompez le royaume de la reine. Je ne maintiens aucune hérésie mais la doctrine divine, le Saint Évangile du Christ, c'est elle que je maintiens, c'est elle que je crois, c'est elle que j'enseigne et que je ne révoquerai jamais.» En entendant cela son bourreau cria. «Emmenez-le.» On emmena donc au bûcher M. Saunders qui se montra courageux et joyeux. Il tomba par terre encore une fois et pria; il prit alors le poteau auquel il devait être enchaîné dans ses bras, l'embrassa et dit; «Ô croix de Christ, tu es la bienvenue, toi la vie éternelle, tu es la bienvenue;» et étant attaché au bûcher et le feu y ayant été mis il s'endormit doucement au Seigneur.

 

Martyre de Jean Hooper, évêque de Worcester et Gloucester.

Jean Hooper, étudiant et gradué de l'université d'Oxford du temps de Henri VIII. encourut le déplaisir de certains docteurs d'Oxford qui montrèrent bientôt leur inimitié contre lui jusqu'à ce qu'enfin, par le moyen du Dr. Smith, il fut forcé de quitter l'université.

Peu de temps après, comme la malice produit toujours du mal, on avertit, M. Hooper de prendre garde à lui, car il y avait du danger; en conséquence il partit en route pour le bord de la mer pour aller en France. M. Hooper arriva à Paris, mais il retourna bientôt en Angleterre, et il fut retenu par M. Sentlow, jusqu'à ce qu'il fut de nouveau inquiété et recherché; quand il fut forcé, sous la prétention d'être le capitaine d'un vaisseau allant en Irlande, de se mettre en mer et ainsi il échappa en traversant la France et se rendit au nord de l'Allemagne. Là, formant la connaissance d'hommes instruits, il fut reçu par eux avec cordialité soit à Bâle ou à Zurich; au dernier endroit en particulier par M. Bullinger. Il se maria là et il s'appliqua diligemment à l'étude de l'hébreu.

Enfin quand Dieu trouva bon de terminer cette persécution sanguinaire qui provenait des six articles et d'élever le roi Édouard pour régner sur ce royaume parmi d'autres exilés anglais qui retournèrent chez eux se trouva M. Hooper qui pensa qu'il était de son devoir d'avancer la cause du Seigneur dans sa patrie.

Ayant dit un adieu affectionné à M. Bullinger et à ses amis de Zurich, il retourna en Angleterre sous le règne d'Édouard VI., et venant à Londres il avait coutume de prêcher, la plupart du temps deux fois, et au moins une fois par jour. Dans ses discours, comme c'était sa coutume, il réprimandait le péché et blâmait fortement l'iniquité du monde et les abus et la corruption de l'église.

Il fut enfin appelé à prêcher devant le roi et bientôt après fut fait évêque de Gloucester d'après l'ordre de sa majesté. Il continua deux ans dans cet office et il s'y conduisit si bien que ses ennemis mêmes ne pouvaient trouver aucune faute en lui excepté de la manière des ennemis de Daniel, «concernant la loi de son Dieu.» Après deux ans il reçut, en connexion avec Gloucester l'évêque de la ville voisine de Worcester.

Mais une sérieuse contention concernant la direction et la consécration des évêques et de leurs vêtements avec d'autres bagatelles commencèrent à troubler le bon commencement de cet évêque. Car, nonobstant cette sainte réformation de la religion qui se montra dans l'église d'Angleterre, outre les autres cérémonies plus prétentieuses que profitables, ou tendant à l'édification, ils avaient coutume de porter des vêtements et des parures tels que les évêques papistes avaient coutume de faire; d'abord la simarre et dessous un surplis blanc; puis un bonnet à quatre angles indiquant la division du monde en quatre parties. Ces bagatelles ne lui plaisaient pas comme favorisant plus la superstition qu'autre chose et aussi il ne put être persuadé de les porter. Pour cette raison il fit une prière désirant très humblement son altesse soit de le décharger de l'évêché ou de le dispenser de tels ordres cérémoniels pétition que le roi accorda immédiatement, écrivant à l'archevêque en sa faveur.

Le comte de Warwick seconda la requête de sa majesté en adressant une autre lettre à l'archevêque le priant de dispenser M. Hooper de prêter le serment communément employé à la consécration des évêques. Mais ces lettres ne servirent de rien; les évêques se firent les sincères défenseurs des cérémonies. Cela étant le cas M. Hooper consentit enfin, que, quelquefois, il se montrerait dans ses sermons vêtu comme l'étaient les autres évêques. En conséquence, étant appointé pour prêcher devant le roi il parut vêtu des vêtement répréhensibles. Mais il souffrit patiemment ce mépris et ce reproche privés par respect pour l'avantage public de l'église. Alors aussi ces différences disparurent bientôt au sein de la fureur de la persécution; et les nuances insignifiantes de l'opinion furent noyées dans l'unanimité des vérités essentielles, de sorte que, pendant qu'ils étaient en prison plusieurs lettres affectionnées s'échangèrent.

Après cette discorde et beaucoup de vexation quant aux habillements, M. Hooper enfin entrait dans son diocèse où il employa son temps, sous le règne du roi Édouard avec une telle diligence qu'il put donner l'exemple à tous les évêques. Il était si soigneux de sa cure qu'il n'épargna aucun souci, ne laissa aucun moyen de côté pour former le troupeau de Christ dans la voie du salut. Partout il maintint la religion dans une doctrine et une intégrité uniforme; de sorte que si vous entriez dans le palais de l'évêque vous supposiez être entrés dans quelque église ou temple. Dans tous les endroits se montrait la beauté de la vertu, le bon exemple, une honnête conversation et la lecture des Écritures. On ne voyait pas dans sa maison de réjouissance bruyante ou de la paresse; aucune pourpre ou parole déshonnête ou blasphème n'y était entendu. Quant aux revenus de ses évêchés s'il en restait quelque chose, il n'épargnait rien mais le dépensait en hospitalité.

Après cela, dans le règne de la reine Marie la religion étant renversée et changée, ce bon évêque fut l'un des premiers qu'on envoya chercher à Londres par un poursuivant. Deux raisons furent assignées pour cette démarche. La première, pour qu'il put répondre au Dr. Health, alors renommé évêque pour ce diocèse qui en avait été privé dans les jours du roi Édouard, pour quoi il continuait dans un office auquel il n'avait pas de droit. Et ensuite de rendre compte à Bonner, l'évêque de Londres, pour quoi il avait, du temps du roi Édouard, été l'un de ses accusateurs. Quand il se présenta au conseil, Gardiner le reçut honteusement, se moquant de lui, et l'accusant de sa religion. Il répondit librement et se disculpa. Mais il fut néanmoins, envoyé en prison et on lui déclara que la cause de son emprisonnement était seulement pour certaines sommes d'argent qu'il devait à la reine et non pas pour la religion.

Le premier examen de l'évêque Hooper fut devant cinq évêques comme commissaires — de Londres, Durham, Winchester, Chichester, et Llandaff. En venant en leur présence, Gardiner, évêque de Winchester et grand chancelier, lui demanda s'il était marié. Cet excellent homme lui répondit en souriant, «Oui, mon lord, et je serai démarié jusqu'à ce que la mort me démarie. Et ceci n'est pas assez pour me destituer à moins que vous ne le fassiez contre la loi.» Il ne fut pas question du mariage pour quelque temps; mais tous commencèrent à s'écrier et à rire et à faire des gestes qui étaient inconvenants pour la place et pour un tel sujet.

Après une discussion bruyante et malicieuse, ils ordonnèrent enfin aux notaires d'écrire que Hooper était marié et qu'il ne voulait pas se séparer de sa femme; et qu'il ne croyait pas à la présence réelle dans le sacrement, raisons pour lesquelles il devait être privé de son évêché.

Son examen suivant à Winchester House fut plus privé que le précédent, sans doute pour prévenir le grand bruit fait à cette occasion. Le 22 janvier 1555, Babington le gardien de la Fleet-prison reçut ordre de l'amener devant Gardiner et quelques autres évêques; alors ce dernier pressa Hooper instamment d'abandonner la doctrine méchante et corrompue prêchée du temps du roi Édouard, de revenir à l'unité de l'église catholique et de reconnaître le pape comme chef de l'église suivant la décision du parlement; lui promettant d'ailleurs que comme ils avaient reçu avec leurs autres frères la bénédiction du pape et la faveur de la reine, de même on serait clément à son égard s'il voulait se soumettre avec eux au pape.

M. Hooper répondit, que puisque le pape enseignait une doctrine contraire à celle de Christ, il n'était pas digne d'être compté un membre de l'église de Christ encore moins d'en être le chef; c'est pourquoi il ne voudrait en aucune manière condescendre à une juridiction ainsi usurpée. Qu'il ne considérait pas l'église dont ils l'appelaient le chef d'être l'église catholique de Christ; car l'église n'entend que la voix de Christ son époux, et s'enfuit des étrangers. «Toutefois,» dit-il, «Si sur quelque point, inconnu de moi, j'ai offensé sa majesté la reine, je me soumettrai très humblement à sa clémence, si on peut l'avoir en sûreté de conscience et sans déplaire à Dieu.» On lui fit réponse que la reine n'aurait aucune merci des ennemis du pape. Là-dessus on commanda à Babington de le reconduire à la prison. Il le fit et le transporta de sa première chambre à une autre, près de la chambre même du gardien où, il demeura six jours; et, cependant le Dr. Martin et d'autres firent des recherches dans sa première chambre pour y découvrir des écrits ou des livres que l'on pensait M. Hooper avoir faits, mais on n'en trouva aucun.

Il se fit encore un autre examen ou plutôt un nouvel effort dans le même lieu et devant les mêmes cruels et rusés inquisiteurs. Le 28 janvier, l'évêque de Winchester et d'autres commissaires siégèrent encore en jugement à St. Mary Overy's où Hooper parut devant eux dans l'après-midi; et après beaucoup d'argumentation et de discussion les shérifs reçurent ordre, environ vers les quatre heures de le mener au Comptoir à Southwark, pour y rester jusqu'au jour suivant, à neuf heures pour voir s'il reviendrait à l'église catholique.

En route, le shérif dit à M. Hooper, «Je m'étonne que vous ayez été si vif et emporté avec my lord le chancelier et n'ayez pas été plus patient.» Il répondit; «Monsieur le shérif, je n'ai pas été du tout impatient quoique je fusse occupé de la cause du Maître au sérieux; et il en est ainsi pour moi, car il y va de la vie ou de la mort, non seulement de la vie et de la mort présente mais aussi du monde à venir.» Alors il fut remis entre les mains du gardien du Comptoir.

Le jour suivant le 29 janvier, à l'heure fixée, il fut amené de nouveau par le shérif devant Gardiner et les commissaires dans l'église. Après une conversation longue et sérieuse quand ils s'aperçurent que Hooper ne voulait nullement leur céder, ils le condamnèrent à être dégradé et lui lurent sa condamnation. Il fut alors livré au bras séculier, les deux shérifs de Londres reçurent , ordre de le conduire à la Clink, prison à peu de distance de la maison de l'évêque de Winchester et d'y rester jusqu'à la nuit. Quand il fit obscur Hooper fut conduit par l'un des shérifs avec plusieurs papiers et des armes à travers la maison de l'évêque de Winchester et sur le pont de Londres, à travers la ville jusqu'à Newgate et sur le chemin quelques-uns des sergents furent envoyés en avant pour éteindre les chandelles des marchands de pommes, qui avaient coutume de s'asseoir avec des lumières dans la rue; soit par crainte que le peuple s'efforcerait de l'enlever par la force s'ils l'avaient vu aller à cette prison, ou autrement étant troublés par une mauvaise conscience, ils crussent que les ténèbres étaient le temps propice pour une telle action. Mais malgré cet expédient, le peuple eut vent de sa venue et plusieurs vinrent à leurs portes avec des lumières et le saluèrent, louant Dieu pour sa fermeté dans la vraie doctrine qu'il leur avait enseignée et demandant à Dieu de l'y fortifier jusqu'à la fin. L'évêque pria le peuple d'offrir leurs ferventes prières à Dieu pour lui; et ainsi il passa à travers Cheapside à la place choisie et fut livré comme prisonnier, et gardé de près par le gardien de Newgate où il demeura six jours, personne n'étant permis de venir à lui excepté ses gardiens et telles personnes choisies à cet effet.

Pendant ce temps, Bonner, évêque de Londres et d'autres personnes choisies par lui, tels que Fecknam, Chedsey et Harpsfield allèrent plusieurs fois le trouver pour essayer de le gagner à devenir un membre de leur église. Tous les moyens qu'ils purent imaginer ils les essayèrent; car outre les discussions et les allégations des témoignages des Écritures et des anciens écrivains tordus dans un mauvais sens suivant leur manière habituelle ils se servaient aussi de toute la bienveillance et des signes extérieurs de l'amitié avec des promesses de biens terrestres, n'omettant pas, en même temps, les plus terribles menaces s'ils ne prévalaient pas par la douceur; mais ils le trouvèrent toujours le même, ferme et inébranlable.

Le lundi suivant, Bonner vint à Newgate et là il dégrada l'évêque Hooper. Le même lundi dans la nuit son gardien donna à entendre Hooper qu'il serait envoyé à Gloucester pour y souffrir la mort; ce dont il se réjouit beaucoup levant les yeux et les mains au ciel et louant Dieu qu'il trouvât bon de l'envoyer parmi le peuple sur lequel il était pasteur pour y confirmer par sa mort la vérité qu'il leur avait enseignée ne doutant pas que le Seigneur lui donnerait la force de l'accomplir pour sa gloire: et il envoya immédiatement chercher ses bottes chez son domestique ainsi que ses éperons et son manteau pour qu'il fût prêt à partir quand on l'appellerait.

Le jour suivant, sur les quatre heures du matin, le gardien vint avec d'autres le fouillèrent et le lit sur lequel il couchait pour voir s'il avait écrit quelque chose; après quoi, il fut conduit par les shérifs de Londres et leurs officiers de Newgate à un endroit non loin de l'église St. Dunstan dans la rue Fleet, d'où six des gardes de la reine devaient le conduire à Gloucester, pour y être livré aux mains du shérif qui, avec lord Chandos, M. Wicks et d'autres commissaires devaient s'occuper de voir à l'exécution. Les gardes l'amenèrent à l'Ange où il déjeuna avec eux mangeant sa viande alors plus copieusement qu'il ne l'avait fait depuis longtemps. Au point du jour il monta, joyeusement à cheval ayant une capuce sur la tête sous son chapeau, pour qu'il ne fut pas connu et ainsi il se dirigea vers Gloucester. En chemin les gardes lui demandèrent où il avait coutume de s'arrêter pour manger et loger; mais il le menèrent cependant à une autre auberge que celle qu'il mentionnait.

Le jeudi suivant il vint à Cirencester, quinze milles de Gloucester, et là il dîna à la maison d'une femme qui avait toujours détesté la vérité et dit tout le mal possible de lui. Cette femme, s'apercevant de la cause de sa venue, lui montra tout l'amitié qu'elle put et déplora son malheur avec larmes, confessant qu'elle avait souvent répété que, s'il était mis à l'épreuve, il ne maintiendrait pas ses doctrines. Après dîner il reprit sa route et arriva à Gloucester à cinq heures.

Sir Anthony Kingston, autrefois un bon ami de Hopper, fut choisi par ordre de la reine pour se charger de l'exécution. Aussitôt qu'il vit l'évêque il fondit en larmes. Hooper ne l'aperçut pas d'abord; le chevalier alors s'adressant à lui, dit, «Comment, my lord ne me connaissez-vous pas — un de vos anciens amis Anthony Kingston?» «Oui,» répondit Hooper, «Sir Anthony Kingston, je vous connais bien, et je suis content de vous voir en santé et en rends grâce à Dieu.» «Mais je suis chagrin de vous voir, my lord, dans cette condition,» répondit Kingston, «car, comme je comprends, vous êtes venu ici pour mourir. Mais, hélas! considérez que la vie est douce et la mort amère. C'est pourquoi, voyant que l'on peut avoir la vie, désirez de vivre; car la vie ci-après peut faire du bien.» «Vraiment, c'est vrai, Sir Anthony, je suis venu ici pour finir cette vie et pour souffrir la mort parce que je ne contredirai pas la vérité que j'ai jusqu'ici enseigné parmi vous dans ce diocèse et ailleurs; et je vous remercie pour votre conseil amical quoiqu'il ne soit pas comme je pourrais le désirer. Il est vrai que la mort est amère et la vie est douce; mais la mort à venir est plus amère et la vie à venir est plus douce.»

Après ces paroles-là et d'autres ils se s'éparèrent avec larmes. À son départ l'évêque lui dit que tout le dérangement qu'il avait eu en prison ne l'avait jamais causé tant de peine. Alors l'évêque fut remis par les gardes au soin du shérif de Gloucester.

Les deux shérifs s'éloignèrent pour se consulter et l'auraient placé dans la prison commune de la ville, appelé Northgate si les gardes n'avaient pas intercédé fortement en sa faveur; déclarant combien il se conduisait tranquillement, doucement et patiemment en chemin; ajoutant encore qu'un enfant pouvait bien en prendre soin et qu'eux-mêmes préféreraient plutôt prendre la peine de veiller avec lui que de l'envoyer à la prison commune. Il fut en conséquence décidé qu'il resterait dans la maison de Robert Ingram; et les shérifs, les sergents et les autres officiers consentirent à veiller eux-mêmes avec lui cette nuit-là. Son désir était d'aller se coucher de bonne heure, disant qu'il avait plusieurs choses à se rappeler; en conséquence il se coucha à cinq heures et dormit un somme profondément, et passa le reste de la nuit en prière. Après cela il se leva le matin et demanda que personne ne vint dans sa chambre pour qu'il fut seul jusqu'à l'heure de l'exécution.

À huit heures sir John Bridges, lord Chandos avec une grande bande d'hommes, sir Anthony Kingston, sir Edmund Bridges et d'autres commissaires choisis vinrent pour voir l'exécution. À neuf heures, Hooper s'était préparé, le temps étant maintenant arrivé. Il fut immédiatement descendu de sa chambre par les shérifs qui étaient accompagnés de leurs bills et autres armes. Quand il vit les armes il dit au shérif, «Je ne suis pas un traître et vous n'aviez pas besoin d'avoir fait de telle préparation pour m'amener à la place où je dois souffrir; car si vous me l'eussiez permis je serais allé seul au bûcher et n'aurais dérangé personne.» Après, regardant vers la multitude de gens qui étaient assemblés, environ 7000, il parla à ceux qui étaient autour de lui, disant, «hélas, pourquoi ces gens se sont-ils réunis? Par hasard pensent-ils entendre quelque chose de ma bouche comme ils l'ont fait par le passé; mais hélas on m'empêche de parler. Cependant, la cause de ma mort leur est bien connue. Quand je fus nommé leur pasteur je leur ai prêché une doctrine vraie et basée sur la Parole de Dieu; et parce que je ne veux pas la reconnaître comme étant de l'hérésie et de la fausseté on me réserve cette espèce de mort.» Ayant dit cela, il s'avança, conduit entre les deux shérifs dans une robe de son hôte, son chapeau sur la tête et un bâton à la main pour se soutenir; car la douleur de la sciatique qu'il avait pris en prison le faisait boiter. Sur la route ayant reçu l'ordre formel de ne pas parler, on ne s'aperçut pas qu'il ait une fois ouvert la bouche; mais regardant le peuple qui déplorait son sort il élevait quelquefois les yeux vers le ciel et regardait avec plaisir ceux qu'il connaissait. On ne se rappelait pas que durant le temps de son séjour parmi eux de l'avoir vu si heureux et d'un visage si rubicond qu'alors.

Quand il vint à l'endroit, il vit en souriant le bûcher qui était près du grand orme s'élevant contre le collège des prêtres où il avait coutume de prêcher. Les maisons entourant la place et les branches des arbres étaient remplies de spectateurs; et dans la salle au-dessus de la barrière se tenaient les prêtres du collège. Alors il s'agenouilla (comme on le lui permit pas de parler au peuple) pour prier et il fit signe six ou sept fois à quelqu'un qu'il connaissait pour qu'il entende sa prière et pour qu'il la rapporte fidèlement. Quand cette personne vint à l'évêque il versa des larmes sur ses épaules et dans son sein et il continua sa prière pendant une demi-heure, prière qu'il tira de toute la confession de foi. Pendant qu'il priait une boîte fut apportée et mise devant lui sur un tabouret, avec son pardon de la reine s'il voulait se rétracter. À la vue de cela il s'écria; «Si vous aimez mon âme emportez cela.» La boîte étant enlevée, lord Chandos dit; «Voyant qu'il n'y a pas de remède, expédiez-le promptement.» Hooper répondit, «Bien, my lord, j'espère que votre seigneurie me permettra de terminer mes prières.»

Quand il eut terminé ses dernières dévotions dans ce monde il se prépara pour le bûcher. Il ôta la robe de son hôte et la délivra aux shérifs exigeant qu'ils vissent à ce qu'elle fut remise à son propriétaire et il ôta le reste de ses vêtements et les mis dans son pourpoint et son haut-de-chausse dans lequel il devait être brûlé. Mais les shérifs ne le permirent pas, il se soumit volontiers à leur désir; et son pourpoint, son haut-de-chausse et son gilet lui furent ôtés. Ainsi étant en chemise il prit une épingle de son haut-de-chausse et attacha sa chemise entre ses jambes où il avait une livre de poudre à fusil dans une vessie et sous chaque bras une égale quantité remise à lui par les gardes.

On commanda que le feu fut alors allumé. Mais parce qu'il n'y avait pas moins de deux charges de fagots verts qui furent apportés, le feu ne s'alluma pas promptement et un certain temps s'écoula avant d'atteindre les roseaux sur les fagots. Enfin le feu prit autour de lui; mais le vent soufflant avec force dans cet endroit et comme c'était un matin froid il éloignait la flamme loin de lui de sorte qu'il n'était de cette façon que touché par le feu. On essaya alors d'augmenter les flammes et les vessies de poudre firent explosion mais cela ne lui fit guère de bien à cause de leur position et le vent ayant un telle force. Il pria tout haut au milieu du feu disant; «Seigneur Jésus aie pitié de moi! Seigneur Jésus aie pitié de moi! Seigneur Jésus reçois mon esprit!» Et ce furent les derniers mots qu'on lui entendit prononcer. Cependant il se frappait la poitrine avec les mains, jusqu'à ce que en renouvelant le feu sa force disparut et ses mains se joignirent en frappant le fer sur sa poitrine. Ainsi immédiatement, en se baissant en avant il rendit l'esprit. Ainsi ses dernières souffrances furent languissantes. Il fut près de trois-quarts d'heure ou plus dans le feu, comme un agneau, souffrant patiemment jusqu'à la fin ne s'avançant ni en avant, ni en arrière, ni sur les côtés; mais il mourut aussi tranquillement qu'un enfant dans son lit.

 

Souffrances et Martyre du Dr. Rowland Taylor.

La ville de Hadley fut l'une des premières qui reçut la Parole de Dieu en Angleterre à la prédication de Thomas Bilnoy. Le Dr. Rowland Taylor était le vicaire de cette paroisse étant docteur en droit civil et en droit canon. Outre son éminent savoir son attachement bien connue aux pures principes du christianisme le recommanda à la faveur et à l'amitié de Cranmer avec lequel il vécut jusqu'à ce que, par son influence, il obtint le vicariat de Hadley.

Le Dr. Taylor travailla dans l'intérêt du grand Rédempteur et de celui des âmes à la fois, par sa prédication et son exemple sous le règne du roi Édouard; mais à sa mort et par la succession de Marie au trône, il ne put échapper à l'orage qui éclata sur le parti protestant. Deux de ses paroissiens, Foster un avocat, et Clark un commerçant, par un zèle aveugle résolurent de faire célébrer la messe dans toute sa forme superstitieuse dans l'église paroissiale de Hadley, le lundi avant Pâques. Taylor, étant occupé dans son étude, fut alarmé par le son des cloches à une heure inaccoutumée et alla à l'église pour s'informer de la cause. Il trouva les grandes portes fermées mais levant le loquet du sanctuaire il entra et fut surpris de voir un prêtre revêtu de ses habits et préparé à célébrer la messe et gardé par un corps d'hommes armés pour empêcher toute interruption.

Étant curé de la paroisse il demanda au prêtre la cause de tels procédés sans sa connaissance et sans son consentement, et comment il osait profaner le temple de Dieu avec de telles idolâtries. Foster, l'avocat, répondit insolemment, «Toi traître, comment oses-tu intercepter l'exécution des ordres de la reine?» Mais le docteur nia courageusement l'accusation de traître et affirma sa mission comme ministre de Jésus-Christ à cette portion de son troupeau, commandant au prêtre, comme à un loup en habit de brebis, de partir et de ne l'infecter la pure église de Dieu de son idolâtrie papiste. Il s'ensuivit une violente contestation entre Foster et le Dr. Taylor, le premier soutenant la prérogative de la reine et le second l'autorité du droit canon qui commandait que la messe ne fut dite que sur un autel consacré. Cependant le prêtre intimidé par la conduite intrépide du ministre protestant serait parti sans dire la messe mais Clark lui dit, «Ne crains rien vous avez un super altare;» qui est une pierre consacré d'environ un pied carré, que les prêtres papistes portent au lieu d'un autel quand ils disent la messe dans les maisons des gentilshommes. Clark lui commanda de s'acquitter de son devoir. Ils mirent alors le docteur hors de l'église, célébrèrent la messe et informèrent immédiatement l'évêque de Winchester qui le somma d'avoir à répondre des plaintes portées contre lui.

Le Dr. Taylor, en recevant la sommation se prépara joyeusement à y obéir. Sur l'avis de ses amis lui conseillant de se sauver au-delà de la mer pour éviter la cruauté de ses ennemis, il leur dit qu'il était décidé d'aller à l'évêque. Il se rendit en conséquence à Londres et alla le trouver.

Gardiner l'injuria de la manière la plus grossière, l'appelant traître et hérétique; mais notre pieux martyr endura tout cela patiemment. Dans l'opinion de Gardiner il aurait pu être un hérétique, mais suivant la loi il ne pouvait être un traître. Le Dr. Taylor répondit à son accusation avec une fermeté convenable; il lui dit qu'il était le persécuteur du peuple de Dieu et que lui-même s'était attaché à notre Sauveur et à sa Parole; il rappela à l'évêque le serment qu'il avait prêté au commencement du règne d'Édouard de maintenir la religion protestante et d'opposer la suprématie papale; mais Gardiner répondit que le serment lui avait été extorqué de sorte n'était pas obligé de s'y conformer. Le Dr. Taylor se défendit si hardiment que Gardiner en fut grandement exaspéré, et enfin appela ses hommes et dit, «Menez cet individu au Banc du roi et voyez à ce qu'il soit strictement gardé.» Alors Taylor s'agenouilla et levant les deux mains il dit, «Seigneur, je te remercie! et de la tyrannie de l'évêque de Rome et de toutes ses détestables erreurs et abominations, Dieu bon, délivre nous! et que Dieu soit loué pour le bon roi Édouard.» Ils le menèrent à la prison au Banc du roi où il fut enfermé pendant presque deux ans.

En janvier, 1555, le Dr. Taylor, M. Bradford et M. Saunders furent encore cités devant les évêques de Winchester, Norwich, London, Salisbury et Durham et étant de nouveau accusés d'hérésie et de schisme on exigea d'eux une réponse décisive pour savoir s'ils se soumettraient à l'évêque de Rome et abjureraient leurs erreurs ou entendraient leur condamnation. Le Dr. Taylor et ses compagnons répondirent hardiment qu'ils ne se départiraient pas de la vérité qu'ils avaient prêchée du temps du roi Édouard, et qu'ils ne se soumettraient pas non plus à l'ante-christ romain; mais ils remerciaient Dieu pour une aussi grande miséricorde que de les compter dignes de souffrir pour sa Parole. Quand les évêques les virent si irrévocablement résolus à suivre la vérité, ils lurent la sentence de mort; et quand ils l'eurent entendue, ils rendirent grâce à Dieu avec joie et dirent aux évêques, «Nous ne doutons pas que Dieu, le juste juge ne redemande notre sang de vos mains; et que les plus fiers d'entre vous auront à se repentir d'avoir reçu de nouveau l'ante-christ et tyrannisé le troupeau de Christ.»

Quand le Dr. Taylor eut demeuré dans la prison environ une semaine, le 14 février 1555, l'évêque Bonner avec d'autres vinrent pour le dégrader, apportant avec eux des ornements qui appartenaient à leur momerie de la messe. Il demanda que Taylor fut amené; l'évêque étant alors dans la chambre où était le gardien de la prison et sa femme. Le Dr. Taylor fut donc amené à Bonner, «Je désire que vous pensiez à vous et vous tourniez à votre sainte mère l'église afin de prospérer et j'implorerai votre pardon,» dit Bonner. Le Dr. Taylor répondit, «Je désire que vous et vos associés retournent à Christ. Quant à moi, je ne retournerai pas à l'ante-christ.» L'évêque dit alors, «Je suis venu pour vous dégrader; c'est pourquoi mettez ces vêtements.» Le Dr. Taylor répondit résolument, «Je ne les mettrai pas.» «Tu ne veux pas?» «Je te les ferai mettre avant que je parte,» répondit Bonner. «Vous ne le ferez pas, par la grâce de Dieu,» dit Taylor. Bonner le pressa de nouveau à se soumettre à son ordre mais il ne voulut pas. Là-dessus il commanda à un autre de les mettre sur son dos; et quand il en fut complètement revêtu il se mit les mains sur les côtés et marchant ça et là il dit, «Qu'en dites-vous, my lord, ne suis-je pas un beau fou? Qu'en dites-vous mes maîtres; si j'étais à Cheapside ne ferais-je pas rire les garçons de voir ces jouets et friperies ridicules?» Bonner fut si enragé à ces paroles qu'il aurait donné un coup au Dr. Taylor sur la poitrine avec sa crosse si son chapelain ne lui eut dit, my lord, ne le frappez pas car il frappera certainement lui aussi. L'évêque lui donna sa malédiction mais ne le frappa pas. Le Dr. Taylor dit, «Quoique vous me maudissiez, cependant Dieu me bénit.»

La nuit après sa déposition, sa femme, son fils et son domestique vinrent à lui et eurent la permission des gardiens de souper avec lui; à leur arrivée ils s'agenouillèrent et prièrent. Après le souper, marchant ça et là, il remercia Dieu pour la faveur de l'avoir appelé ainsi et lui avoir donné la force de s'en tenir à sa Sainte Parole.

Le lendemain matin le shérif de Londres, avec ses officiers, vinrent vers les deux heures le firent sortir et, sans lumière, le conduisirent à Woolpack, une auberge en dehors de Aldgate. Mme. Taylor, soupçonnant que son mari serait enlevé cette nuit-là, veilla dans le porche de l'église de St. Botolph, en dehors de Aldgate, ayant ses deux enfants — l'une nommée Élisabeth, une orpheline que le docteur avait adoptée à l'âge de trois ans; l'autre Marie, sa propre fille. Quand le shérif et sa compagnie vinrent vers l'église St. Botolph, la petite Élizabeth reconnaissante s'écria, «Ô mon cher père! Ma mère, ma mère voici qu'on emmène mon père!» «Rowland» dit sa femme, «Où es-tu?» car c'était un matin si obscur qu'il était impossible de se reconnaître. «Ma chère femme, je suis ici,» dit le docteur et il s'arrêta. Les hommes du shérif l'auraient poussé en avant, mais dit le shérif, «Arrêtez un peu, je vous prie, et qu'il parle à sa femme.»

Elle vint alors à lui et il prit sa fille Marie dans ses bras pendant que lui, sa femme et Élisabeth s'agenouillèrent et prièrent. À cette vue le shérif pleura beaucoup comme aussi plusieurs de sa compagnie. La prière finie, Taylor se leva et embrassa sa femme et lui serrant la main, dit — «Adieu, ma chère femme; prenez courage car j'ai la conscience tranquille. Dieu suscitera un père à mes enfants.» Et alors il embrassa sa fille Marie et dit — «Que Dieu te bénisse et fasse de toi sa servante;» et embrassant Élisabeth, il dit, «Que Dieu te bénisse. Je vous prie tous de demeurer fermes dans votre foi en Christ et en sa Parole et gardez-vous d'idolâtrie.» Alors sa femme lui dit, «Que Dieu soit avec toi, mon cher Rowland; Je vais avec la grâce de Dieu te rencontrer à Hadley.»

Il fut conduit en avant pendant que sa femme le suivait. Aussitôt qu'il vint à Woolpack, il fut mis dans sa chambre, où il fut gardé par quatre yeomen de la garde et par les hommes du shérif. Aussitôt qu'il entra dans la salle, il tomba à genoux et se donna, entièrement à la prière. Le shérif voyant alors là Mme Taylor ne voulut nullement lui permettre de parler davantage à son mari mais la pria d'aller chez lui et d'y être comme chez elle lui promettant qu'elle ne manquerait de rien et envoyant deux officiers pour l'y conduire. Malgré cela, elle demanda d'aller chez sa mère où les officiers la conduisirent et donnèrent ordre à la mère de la garder jusqu'à ce qu'ils revinssent. Cependant le voyage à Hadley fut retardé. Le Dr. Taylor fut enfermé au Woolpack par le shérif et sa compagnie jusqu'à onze heures, temps auquel le shérif d'Essex fut prit à le recevoir; alors ils le mirent à cheval dans l'enceinte de l'auberge, les barrières étant fermées.

En sortant des barrières son domestique John Hull se tenait auprès avec le jeune Taylor. Quand le docteur les vit, il les appela, disant — «Viens ici, mon fils Thomas.» John Hull leva l'enfant et le mit à cheval devant son père qui ôta alors son chapeau et dit au peuple — «Bonnes gens voici mon propre fils, issu d'un mariage légal; que Dieu soit béni pour le mariage légal.» Alors il leva les yeux vers le ciel et pria pour son enfant lui plaçant son chapeau sur la tête. Après l'avoir béni, il le livra à son fidèle domestique qu'il prit par la main et dit — «Adieu John Hull, le plus fidèle des serviteurs qu'un homme ait jamais eu.» Après cela ils s'éloignèrent, le shérif d'Essex et quatre yeomen des gardes et les hommes du shérif les conduisant.

Sur toute la route le Dr. Taylor fut joyeux et gai, comme le serait quelqu'un qui irait à un agréable banquet ou à des noces. Il dit plusieurs choses remarquables au shérif et aux yeomen des gardes qui le conduisaient et les fit souvent verser des larmes en les exhortant avec instance de se repentir et de se tourner vers la vraie religion. De ces yeomen de la garde trois le traitèrent avec douceur mais le quatrième, nommé Holmes, le traita très rudement. Le parti soupa et coucha à Chelmsford.

À Chelmsford il fut livré au shérif de Suffolk, et conduit par lui à Hadley. À leur arrivée à Lavenham, le shérif y demeura deux jours; et là vinrent à lui un grand nombre de gentilshommes et de juges qui étaient choisis pour l'aider. Ceux-ci s'efforcèrent beaucoup de gagner le docteur à la religion romaine, lui promettant son pardon qu'ils dirent qu'ils avaient pour lui. Ils lui promirent aussi une grande promotion, même un évêché, s'il voulait le prendre; mais tout leur travail et leur flatterie fut en vain.

Quand ils vinrent à Hadley et passaient le pont un pauvre homme l'attendait avec cinq enfants qui en voyant le Dr. Taylor, tombèrent à genoux et levant leurs mains, crièrent à haute voix — «Ô cher père et bon berger! Que Dieu vous aide et vous secoure comme vous nous avez souvent secourus.»

Enfin, venant à Aldham-Common, et voyant une grande multitude, il demanda — «Quel est cet endroit et d'où vient que tant de monde y soit réuni?» On lui répondit — «C'est Aldham-Common, la place où vous devez souffrir; et le peuple est venu pour vous voir.» Alors dit-il — «Dieu soit béni, je suis chez moi,» et ainsi il descendit de cheval et avec les deux mains il déchira son capuce de sa tête. Quand le peuple le vit, ils crièrent, «Que Dieu ta sauve, bon Dr. Taylor! Que Jésus-Christ te fortifie; que le Saint-Esprit te console;» avec plusieurs autres souhaits chrétiens. Le Dr. Taylor demanda alors au shérif la permission de parler; mais il le lui refusa. S'apercevant qu'on ne lui permettrait pas de parler, il s'assit et voyant un nommé Soyce, il l'appela et lui dit — «Soyce, je te prie d'ôter mes bottes et de les prendre pour ton travail; il y a longtemps que tu les attends, maintenant prends-les.» Alors il se leva et mis ses habits dans sa chemise et les donna. Cela fait, il dit à haute voix — «Bonnes gens, je ne vous ai rien enseigné que la Sainte Parole de Dieu et ces leçons que j'ai prises du saint livre de Dieu, la Sainte Bible; et je suis venu ici aujourd'hui pour le sceller de mon sang.»

En entendant sa voix, le yeoman de la garde qui l'avait maltraité sur toute la route, lui donna un coup sur la tête et dit — «Est-ce là garder ta promesse, toi hérétique?» Alors, voyant qu'on ne voudrait pas lui permettre de parler, il s'agenouilla et pria, et une pauvre femme qui était parmi le peuple s'avança et pria avec lui; ils essayèrent de la chasser et menacèrent de l'écraser avec leurs chevaux; malgré cela elle ne voulut pas remuer, mais resta et pria avec lui. Quand il eut fini ses dévotions, il se rendit au bûcher et l'embrassa et se mit dans un baril de goudron qu'ils avaient apporté pour qu'il se mît dedans et il se tint ainsi avec le dos appuyé contre le poteau, les mains jointes et les yeux dirigés vers le ciel il pria continuellement. Alors ils mirent une chaîne autour de lui; et le shérif appela Richard Donningham, un boucher et lui commanda de placer les fagots; mais l'homme refusa et dit — «Je suis boiteux, monsieur, et incapable de lever un fagot.» Le shérif là-dessus menaça de l'envoyer en prison mais il ne voulut pas le faire. Le shérif obligea alors plusieurs individus dégradés de la multitude de placer les fagots et de mettre le feu, ce qu'ils firent promptement; et l'un d'eux jeta par cruauté un fagot au martyr qui le frappa au visage et fit couler le sang. Il lui dit humblement — «Ô mon ami, j'ai assez souffert; à quoi bon cela?»

Sir John Shelton se tenant près, comme le Dr. Taylor parlait et récitait le Miserere en anglais le frappa sur les lèvres — «Toi mon drôle,» dit-il, «parle latin, ou je t'y forcerai.» Enfin ils allumèrent le feu; alors le martyr levant les mains, s'adressa à Dieu, et dit, «Père miséricordieux qui êtes aux cieux pour l'amour de Jésus-Christ mon Sauveur recevez mon esprit dans vos mains.» Il demeura alors tranquille sans pleurer ou se mouvoir avec les mains jointes, jusqu'à ce que Soyce le frappât avec une hallebarde si violemment sur la tête que sa cervelle tomba et le corps mort tomba dans le feu. Ainsi il remit son âme entre les mains de son Père miséricordieux et à son cher et sûr Sauveur Jésus-Christ qu'il aimait sincèrement, qu'il prêcha fidèlement et avec zèle suivi diligemment dans sa vie et glorifié par sa mort.

NOTE GoDieu.com: Soulignons au sujet de cette dernière phrase, que la Bible nous enseigne scrupuleusement à maintes reprises qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Le Père, le Fils Jésus-Christ (Messie) et l'Esprit-Saint ne sont qu'un et même Esprit qui est Dieu, le Créateur. (Jean 1:14; Jean 4:23-24)

 

Martyre de plusieurs personnes dans diverses parties de
l'Angleterre.

Les noms des six prisonniers amenés devant Bonner le 8 de février étaient Tomkins, Pygot, Knight, Hankes, Lawrence et Hunter. Thomas Tomkins un tisserand de son état et un honnête chrétien, demeurant à Shoreditch, fut retenu six mois en prison et traité avec la plus grande cruauté. La rage de Bonner contre lui était telle qu'il le frappa au visage et lui arracha une partie de la barbe de ses propres mains; cependant Tomkins était tellement possédé de l'esprit divin et tellement affermi dans la connaissance de la vérité divine qu'on ne pouvait l'en ébranler. Dans une autre occasion Bonner, ayant un cierge allumé à la main, mit la flamme sous la main de Tomkins jusqu'à ce que les veines se resserrassent et que les tendons éclatassent; mais Tomkins ne céda pas mais il resta ferme et inébranlable.

Quand il eut été un an en prison, il fut amené avec plusieurs autres devant l'évêque Bonner dans son consistoire pour être examiné. On amena à sa charge d'avoir souscrit un certain bill ou schédule souscrit de sa propre main le cinquième jour du même mois contenant les mots suivants — «Thomas Tomkins, de Shoreditch, et du diocèse de Londres, a cru et croit encore que dans le sacrement de l'autel, sous la forme de pain et de vin, il n'y a pas le véritable sang et corps de notre Sauveur Jésus-Christ en substance, mais seulement un signe et un souvenir de celui-ci, le véritable corps et sang de Christ étant aux cieux et nulle part ailleurs. Par moi, Thomas Tomkins.»

Sur lecture de cela, on lui demanda s'il reconnaissait la signature comme étant de sa propre main. Il la reconnut comme telle.

Le jour suivant Tomkins fut de nouveau amené devant l'évêque et son entourage et pressé de rétracter ses erreurs et de retourner à l'église-mère; mais il maintint sa fidélité et ne voulut se départir en rien des articles qu'il avait signés. L'ayant donc déclaré un hérétique obstiné et damnable, ils le livrèrent au pouvoir séculier et il fut brûlé à Smithfield, le 6 mars, 1555, triomphant au milieu des flammes et ajoutant son nom à la noble compagnie des martyrs qui l'avaient précédé dans le sentier de feu au royaume de la gloire immortelle.

Le dernier de cette noble bande courageuse des saints fut un apprenti de dix-neuf ans. Son nom était William Hunter. Il avait été élevé dans la doctrine de la réformation depuis sa tendre enfance descendant de parents pieux qui l'avaient soigneusement instruit.

Quand la reine Marie succéda à la couronne on envoya des ordres aux prêtres de chaque paroisse de sommer leurs paroissiens de recevoir la communion à la messe à Pâques après son avènement; et Hunter refusant d'obéir à la sommation, fut menacé d'être amené devant l'évêque.

Un magistrat voisin, nommé Brown, ayant appris qu'il maintenait des principes hérétiques, envoya chercher son père et lui demanda des informations concernant son fils; le vieillard lui assura qu'il l'avait quitté, qu'il ne savait pas où il était allé; et quand le magistrat le menaçait de l'emprisonner, il dit les larmes aux yeux, «Voudriez-vous que je cherchasse mon fils pour le faire brûler?» Le vieillard, toutefois fut obligé de le chercher; et le rencontrant par accident lui dit avec larmes que c'était d'après l'ordre du magistrat qui menaçait de l'emprisonner. Le fils, pour empêcher son père de courir aucun danger, dit qu'il était prêt à l'accompagner à la maison; sur cela ils retournèrent ensemble. Le jour suivant il fut arrêté et mis dans les ceps pendant vingt-quatre heures et ensuite mené devant le magistrat, qui demanda une Bible et tournant au sixième chapitre de St. Jean lui demanda son opinion sur la signification quant à ce gui se rapporte au sacrement de l'autel. Il nia hardiment la présence réelle. Le magistrat lui reprocha sa damnable hérésie et écrivit à l'évêque de Londres à qui ce vaillant jeune martyr fut bientôt conduit.

Après que Bonner eut lu la lettre, il fit amener William dans une chambre où il commença à raisonner avec lui de la manière suivante: «J'apprends, William Hunter, par la lettre de Mr. Brown que vous avez nié le saint sacrement à l'autel; là-dessus Mr. Brown vous a envoyé chercher pour vous ramener à la foi catholique de laquelle, dit-il, vous vous êtes départi. Toutefois, si vous voulez vous laisser conduire par moi, il ne vous arrivera aucun mal pour ce qui a été fait ou dit dans cette affaire.» William lui répondit, «Je ne suis pas départi de la foi catholique en Christ, très certainement; mais j'y crois et je le confesse de tout mon cœur.»

L'évêque lui dit, «Que dis-tu du saint sacrement de l'autel? Ne veux-tu pas rétracter ce que tu as dit devant Mr. Brown que le corps de Christ n'est pas dans le sacrement de l'autel, le même qui naquit de la Vierge Marie?» Nullement intimidé, William lui dit, «My lord, je vois que Mr. Brown vous a informé de la conversation que lui et moi avons eue ensemble, et vous savez ainsi ce que je lui ai dit, ce que je ne puis rétracter avec l'aide de Dieu.» Alors dit l'évêque, «Je pense que tu as honte de porter un fagot, et te rétracter ouvertement; mais si tu veux rétracter privément, je promets que tu ne seras pas exposé publiquement à la honte; même dis ici un mot, maintenant entre toi et moi et je te promets que cela n'ira pas plus loin, et tu t'en iras à la maison sans qu'on te touche.» À cette ruse, William répondit, «My lord, si vous me laissez seul et me laissez avec ma conscience, j'irai chez mon père et je resterai avec lui, ou bien encore avec mon maître; et si personne n'inquiète et ne trouble ma conscience je garderai ma conscience pour moi-même.»

Le jeune martyr et sa mère - Le livre des Martyres - John Foxe (1896)

Le jeune martyr et sa mère

Alors l'évêque commanda à ses hommes de mettre William dans les ceps dans sa maison près de la barrière où il resta deux jours et deux nuits avec seulement une croûte de pain et un verre d'eau. Au bout de deux jours l'évêque vint, et trouvant la croûte et l'eau encore auprès de lui, il dit à ses hommes, «Ôtez-le des ceps et qu'il déjeune avec vous.» Après le déjeuner Bonner envoya chercher William et lui demanda s'il voudrait se rétracter ou non. Mais il répondit, qu'il ne rétracterait jamais sa foi en Christ. Alors l'évêque dit qu'il n'était pas chrétien; mais reniait la foi dans laquelle il était baptisé. Mais William répondit, «J'ai été baptisé dans la foi à la Sainte Trinité dont je ne me départirai point avec l'assistance de la grâce de Dieu.» (NOTE GoDieu.com: Le mot trinité n'existe nul part dans la Bible qui nous enseigne jalousement à maintes reprises qu'il n'y a qu'un seul Dieu et non pas trois en un. Le Père, le Fils Jésus-Christ (Messie) et l'Esprit-Saint ne sont qu'un et même Esprit qui est Dieu, le Créateur. (Jean 1:14; Jean 4:23-24)) Alors l'évêque l'envoya à la prison des forçats et commanda aux gardiens de le charger de haines autant qu'il en pourrait porter; de plus, il lui demanda quel âge il avait. William lui dit qu'il avait dix-neuf ans. «Bien,» dit l'évêque, «vous serez brûlé avant d'avoir vingt ans, si vous ne voulez pas vous soumettre.» William répondit — «Que Dieu me fortifie dans la vérité.» Et alors ils se séparèrent, l'évêque lui allouant pour vivre un sou par jour, pour le pain et le breuvage. Il resta de la sorte en prison les trois quarts d'une année et pendant ce temps il parut cinq fois devant l'évêque, outre quand il fut condamné dans le consistoire à l'église St. Paul, le 9ème jour de février; son frère, Robert Hunter (qui continua à rester avec son frère William jusqu'à sa mort et nous envoya le rapport) était présent et entendit l'évêque le condamner et les cinq autres.

Alors l'évêque s'en alla, et William et les autres prisonniers retournèrent à Newgate. Environ un mois après Hunter fut envoyé à Brentwood le samedi avant l'Annonciation de la Vierge Marie, qui tombait le lundi après; il demeura donc jusqu'à mardi, parce qu'ils ne voulaient pas le mettre à mort alors à cause de la sainteté du jour. Pendant ce temps le père et la mère de William vinrent à lui et lui conseillèrent chaleureusement de continuer comme il avait commencé; sa mère lui dit qu'elle était contente d'avoir mis au monde un tel enfant qui pouvait se résigner à perdre la vie pour l'amour de Christ. Il lui répondit, «Pour le peu de souffrance que j'aurai à endurer et qui ne saurait durer, Christ m'a promis, ma mère, une couronne de gloire; ne devriez-vous pas être contente?» En entendant cela sa mère s'agenouilla, disant, «Je prie Dieu qu'il te fortifie, mon fils, jusqu'à la fin; oui vraiment je te crois aussi bien doué que tout autre enfant que j'aie au monde.» Son père supprimant ses larmes lui dit, «Je ne craignais rien d'autre si ce n'est que mon fils meure dans la prison de faim et de froid;» chose que les bons parents avaient toutefois empêchée aussi bien que craint, car il reçut la meilleure nourriture et le meilleur vêtement qu'ils pouvaient lui envoyer; ce que le fils recevait avec une reconnaissance manifeste.

Le lundi soir suivant, William rêva qu'il était sur la place où le poteau était planté sur lequel il devait être brûlé; il pensa aussi qu'il rencontra son père et il y avait un prêtre au bûcher qui voulait qu'il se rétractât, auquel il dit, «Retire-toi, faux prophète!» et il exhortait les gens à prendre garde à lui et à ses pareils; tout cela arriva. Le matin le shérif lui commanda de se préparer à son sort. En même temps le fils du shérif vint à lui et l'embrassa, disant, «William, n'aie pas peur de ces hommes avec des arcs et des armes préparées à vous amener à la place où vous serez brûlé.» «Je remercie Dieu que je ne sois pas dans la crainte,» dit l'intrépide jeune homme, «car j'ai déjà compté ce qu'il va m'en coûter.» Alors le fils du shérif ne put lui en dire davantage à cause de ses larmes.

Hunter prit alors sa robe et s'avança joyeusement, le fils du shérif le prenant par un bras et son frère par l'autre, et en marchant il rencontra son père, suivant son rêve qui lui dit en pleurant, «Que Dieu soit avec toi mon fils William.» Il se rendit alors à l'endroit où était le bûcher, comme il l'avait vu en rêve; où tout n'était pas prêt, il s'agenouilla et lut le psaume 51ème, jusqu'à ce qu'il vint à ces mots; «Le sacrifice de Dieu est un esprit contrit; tu ne méprises pas, Ô Dieu un esprit contrit.» Comme quelqu'un mettait en question la traduction de ces paroles, le shérif lui apporta une lettre de la reine et dit. «Si tu veux te rétracter tu vivras; si non, tu seras brûlé.» «Je ne me rétracterai pas, Dieu m'aidant,» répondit le noble jeune homme; ayant dit cela il se leva, se rendit au poteau, et se mit droit contre lui. S'adressant au juge, il dit, «Mr. Brown, vous avez maintenant ce que vous cherchiez; et je prie Dieu que cela ne vous soit pas mis à charge au dernier jour; quoiqu'il en soit, je vous pardonne, je ne redemanderai pas mon sang de vos mains.»

Il pria alors; «Fils de Dieu, luis sur moi!» et immédiatement le soleil luisit à travers un nuage épais si brillamment dans son visage, qu'il fut obligé de se détourner; ce qui étonna le peuple car il faisait si obscur avant cela. Il prit alors un fagot de balai et l'embrassa. Le prêtre dont il avait rêvé la présence vint à son frère Robert avec un livre papiste pour le porter à William afin qu'il se rétractât; livre que son frère ne voulut pas toucher. Alors William, voyant le prêtre, et s'apercevant qu'il lui avait montré le livre, il dit, «Va-t'en faux prophète! Méfiez-vous d'eux, mes bonnes gens, et éloignez-vous de leurs abominations, afin que vous n'ayez pas part à ses plaies.» «Alors,» reprit le prêtre, «regarde comme tu brûles ici, ainsi brûleras-tu dans l'enfer.» William répondit — «Tu mens, toi faux prophète! Va-t'en, toi faux prophète — va-t'en!» Il y avait là un monsieur qui dit, «Je prie Dieu d'avoir pitié de son âme.» Le peuple répéta, «Amen, amen!» Immédiatement après, on alluma le feu. Alors William remit son psautier à son frère, qui dit, «William pense à la passion de Christ et n'aie pas peur de la mort.» Il répondit, — «Je n'ai pas peur.» Alors il leva les mains au ciel et dit, «Seigneur, Seigneur, Seigneur, reçois mon esprit;» et baissant de nouveau la tête dans la fumée étouffante il donna sa vie pour la vérité, la scellant de son sang pour la gloire de Dieu.

William Pygot et Stephen Knight souffrirent le 28 mars et John Lawrence le jour suivant. À leur examen on leur demanda d'abord quelle était leur opinion du sacrement de l'autel. Ce à quoi ils répondirent à tour et même signèrent que dans le sacrement de l'autel, sous la forme du pain et du vin, il n'y a pas la substance du corps et du sang de notre Sauveur Jésus-Christ, mais une participation spéciale du corps et du sang de Christ; le vrai corps et sang de Christ étant seulement dans le ciel et nulle part ailleurs. Le présent examen fini, on leur ordonna de comparaître le jour suivant qui était le 9 février, à huit heures du matin et pendant ce temps de réfléchir à ce qu'ils feraient.

Enfin, trouvant que ni les flatteries ni les menaces n'avaient d'effet, l'évêque rendit jugement contre chacun d'eux. Et parce que John Lawrence avait été l'un de leurs prêtres choisis, il fut solennellement dégradé par l'évêque. Leur sentence de condamnation et cette dégradation finie ils furent remis à la garde des shérifs de Londres, qui les envoya à Newgate où ils restèrent ensemble avec joie, jusqu'à ce qu'ils fussent menés à Essex: et là, le 28ème jour de mars, William Pygot fut brûlé à Braintree et Stephen Knight à Maldon.

Le jour suivant, Mr. Lawrence fut mené à Colchester. Les chaînes qu'il avait porté en prison avaient tellement blessé ses membres et son corps, il était si affaibli par le manque de nourriture qu'il fut porté au feu dans une chaise et assis; il fut ainsi brûlé. Un incident qui est bien digne de remarque arriva à son martyre. Plusieurs jeunes enfants vinrent autour du feu et crièrent, aussi bien qu'ils pouvaient le dire, «Seigneur, fortifie ton serviteur et garde ta promesse; fortifie ton serviteur suivant ta promesse.» Dieu répondit à leur prière, car Mr. Lawrence mourut aussi courageusement et tranquillement qu'on pouvait désirer qu'il le fit.

Le Dr. Farrar, le vénérable évêque de l'église St. David fut désigné comme victime par le sanguinaire Gardiner. Cet excellent et savant prélat avait été promu archevêque par le lord protecteur sous le règne d'Édouard; mais après la chute de son patron il tomba aussi en disgrâce par la malice de plusieurs ennemis parmi lesquels se trouvait George Constantine, son propre domestique. Des articles, au nombre de cinquante-six, furent préparés contre lui, dans lesquels il fut accusé de plusieurs négligences et contumaces dans le gouvernement de l'église. Il y répondit et les nia. Mais ses ennemis étaient si invétérés qu'ils prévalurent, et il fut en conséquence, retenu en prison jusqu'à la mort du roi Édouard, et à l'avènement de la reine Marie et de la religion papiste, ce qui lui causa de nouveau trouble, étant accusé et examiné pour sa foi et sa doctrine. Sur quoi il fut cité devant l'évêque de Winchester avec Mr. Hooper, Mr. Rogers, Mr. Bradford, Mr. Saunders, et autres le 4 de février. Ce jour-là même il devait être condamné avec eux; mais parce que le loisir ou l'envie n'en était pas venu à l'évêque, sa condamnation fut différée et il fut de nouveau renvoyé en prison, où il resta jusqu'au 14 du dit mois de février. Après cela il fut envoyé au pays de Galles pour y recevoir sa sentence de condamnation. Le 26 février, dans l'église de Carmarthen étant amené par Griffith Leyson, Écr., shérif du comté de Carmarthen, il fut présenté au nouvel évêque de St. David et à Constantine le notaire public, qui là et alors déchargea le dit shérif et le reçut sous leur propre garde le remettant de plus à la garde de Owen Jones; et déclara là-dessus au Dr. Farrar la grande clémence et miséricorde que le roi et la reine lui offraient; que s'il voulait se soumettre aux lois du royaume et se conformer à l'unité de l'église catholique il y serait reçu et pardonné.

Le nouvel évêque de St. David était un certain Henry Morgan, un furieux papiste, qui devint maintenant le principal, juge de son prédécesseur persécuté. Ce Morgan, siégeant comme juge, livra à l'évêque Farrar certains articles et questions par écrit, qui étant lus en sa présence, Farrar refusa d'y répondre jusqu'à ce qu'il vit sa commission légale et son autorité. Là-dessus Morgan le prononça contumace et pour la punition de cette opiniâtreté le remit à la garde de Owen Jones, jusqu'au 4 de mars, et alors d'être amené encore au même endroit entre deux ou trois heures.

Au jour et lieu appointé, l'évêque parut encore devant son orgueilleux successeur, se déclara prêt à répondre aux articles et aux positions ci-dessus mentionnés, demandant poliment une copies des articles et un temps convenable pour y répondre. Cela lui fut accordé et le mardi suivant lui étant assigné entre une heure et trois il fut de nouveau mis sous garde. Au jour fixé il parut de nouveau et exhiba un écrit contenant sa réponse aux articles objectés et fournis à lui auparavant. Alors Morgan lui offrit les articles sous cette forme concise; Qu'il voulait que lui, étant prêtre, renonçât au mariage — de reconnaître la présence réelle de Christ dans le sacrement sous la forme du pain et du vin — de confesser et reconnaître que la messe est un sacrifice propitiatoire pour les vivants et les morts — que les conciles généraux légalement réunis ne meurent jamais et ne peuvent errer — que les hommes sont justifiés devant Dieu non pas par la foi seulement, mais que l'espérance et la charité sont aussi nécessaires à la justification — et que l'église catholique a seule l'autorité d'interpréter les Écritures et de décider les controverses de religion et de formuler des règlements concernant la discipline publique.

NOTE GoDieu.com: Il n'y a aucune mention d'une telle affirmation d'autorité dans les Saintes Écritures.

Il refusa de souscrire à ces articles, affirmant qu'ils étaient inventés par les hommes, et ne regardaient pas la foi catholique. Après ceci Morgan lui délivra la copie des articles, fixant le lundi suivant pour y répondre et y souscrire soit affirmativement ou négativement. Le jour vint et il montra sur un morceau de papier sa décision et sa réponse aux articles qui étaient les mêmes qu'auparavant. L'évêque fixa le mercredi suivant, dans l'avant-midi, pour entendre sa sentence finale et décisive. Morgan lui demanda ce jour-là s'il renoncerait à ses hérésies, schismes et erreurs qu'il avait jusque-là maintenus et s'il souscrirait aux articles catholiques autrement qu'il ne l'avait fait avant.

Là-dessus Farrar produisit une certaine liste écrite en anglais, et restant dans les actes, en appelant de l'évêque comme d'un juge incompétent, au cardinal Pole et aux autres autorités les plus élevées. Ceci, toutefois, ne lui servit de rien. Morgan, donnant cours à sa rage, prononça sentence contre lui, le condamnant comme un hérétique excommunié et devant être livré sur-le-champ au pouvoir séculier, à savoir au shérif de la ville de Carmarthen, Mr. Leysen. Après quoi sa dégradation suivit naturellement.

Ainsi ce saint évêque fut condamné et livré au pouvoir séculier et peu de temps mené à l'exécution dans la ville de Carmarthen, où sur le marché public sur le côté sud de la croix, le 30 mars, étant un samedi avant le dimanche de la passion, il endura patiemment les tourments du feu. Parmi les incidents de ce martyre dignes de mention se trouve le suivant; Un Richard Jones, un jeune noble fils d'un chevalier, venant au Dr. Farrar un peu avant sa mort, semblait se lamenter sur la douleur de ce qu'il avait à souffrir; auquel l'évêque répondit, que s'il le voyait se remuer une fois dans les souffrances des flammes, il devrait n'ajouter aucune foi à sa doctrine. Et comme il le dit, il le fit; car il resta si patiemment, qu'il ne remua point jusqu'à ce qu'un Richard Gravell le frappât avec un bâton, et il tomba dans les flammes et expira, ou plutôt s'éleva au ciel pour y vivre à toujours.

 

Martyre du Rév. George Marsh.

George Marsh naquit dans la paroisse de Deane, dans le comté de Lancaster, et ayant reçu une bonne éducation, ses parents l'élevèrent pour le commerce et l'industrie. Il se maria à environ 25 ans à une jeune femme de la campagne; avec laquelle il continua à vivre sur une terre ayant plusieurs enfants. Sa femme étant morte, et lui ayant convenablement établi ses enfants, alla à l'université de Cambridge, où il étudia et accrut beaucoup ses connaissances et fut un ministre de la Sainte Parole de Dieu et pour un temps curé du Rev. Laurence Saunders. Dans cette situation il continua pendant un temps, démontrant avec ferveur ce qu'est la vraie religion et rabaissant la fausse doctrine par ses lectures pieuses et ses sermons aussi bien là que dans la paroisse de Deane comme ailleurs dans Lancashire. Mais un aussi zélé protestant ne pouvait être en sûreté. Il fut enfin appréhendé et gardé comme prisonnier dans Chester, par l'évêque de ce diocèse, environ quatre mois.

Il fut envoyé ensuite à Lancaster; et étant amené avec d'autres prisonniers aux sessions, il fut contraint de lever la main parmi les malfaiteurs.

Pendant qu'il était à Lancaster, plusieurs vinrent lui parler lui donnant des conseils comme Pierre en donnait à Christ; mais il répondit qu'il ne pouvait suivre leur conseil, mais qu'avec la grâce de Dieu il vivrait et mourrait avec une pure conscience et comme jusqu'ici il avait cru et professé.

Quelques jours après, Mr. Marsh fut transporté de Lancaster; et venant à Chester, le Dr. Cotes l'envoya chercher, ensuite l'évêque, pour se présenter dans la salle. Alors il lui fit certaines questions concernant le sacrement, et Marsh fit des réponses telles que l'évêque en parut satisfait, disant qu'il niait tout-à-fait la transubstantiation, et ne permettait pas l'abus de la messe ni que les laïques reçoivent seulement une espèce, contrairement à l'institution de Christ; points sur lesquels l'évêque essaya de le convaincre, quoique (Dieu en soit loué) bien en vain. Il eut beaucoup d'autres conversations avec lui, pour l'induire à se soumettre à l'église de Rome; et comme il ne pouvait prévaloir auprès de lui, il l'envoya en prison. Et après y avoir été il vint vers lui plusieurs fois, un nommé Massie, vieillard affable, un Hensham, chapelain de l'évêque et archidiacre avec plusieurs autres; qui, avec beaucoup de philosophie, de sagesse mondaine et de vanité trompeuse, d'après la tradition des hommes mais non d'après Christ, s'efforcèrent de le persuader de se soumettre à l'Église de Rome pour reconnaître le pape comme chef, et d'interpréter l'Écriture comme l'église le faisait.

À ceci Mr. Marsh répondit qu'il reconnaissait et croyait à une seule église catholique et apostolique, hors de laquelle il n'y a point de salut; et que cette église n'est qu'une seule parce quelle a toujours confessé et confessera toujours et croira en un seul Dieu, et un seul Messie, et ne croira qu'en lui seul pour son salut; laquelle église est aussi dirigée et conduite par un seul Esprit, une seule Parole et une seule foi; et que cette église est universelle et catholique parce qu'elle a existé depuis le commencement du monde, existe et existera jusqu'à la fin du inonde, renfermant dans son sein toutes les nations, tribus et langues, conditions, états et rangs d'hommes; et que l'église est bâtie seulement sur le fondement des prophètes et des apôtres, Jésus-Christ lui-même étant la principale pierre de l'angle et non sur les lois et décrets romains dont le chef était l'évêque de Rome. Et où ils disent que l'église se maintient par la succession des évêques, étant dirigée par les conciles œcuméniques, les saints pères et les lois de la sainte église et avait ainsi continué pendant quinze cents ans et plus; il répondit que la sainte église, qui est le corps de Christ et en conséquence très digne d'être appelée sainte, existait avant la succession des évêques, des conciles généraux ou décrets romains; n'était nullement astreinte à aucun temps ou lieu à la succession ordinaire ou à la tradition des pères; n'avait aucune suprématie sur les empires ou les royaumes; mais était un pauvre et simple troupeau, dispersé au loin, comme des brebis sans pasteur au milieu des loups; ou comme une famille d'orphelins et d'enfants sans père; et que cette église était conduite et régie par la Parole de Christ, lui étant son chef suprême, l'assistant, la secourant et la défendant contre tous les assauts, les erreurs et les persécutions par lesquelles elle est toujours entourée.

Mr. Marsh fut après cela examiné plusieurs fois par l'évêque et les chanceliers qui se servirent de tous les moyens pour l'induire à se rétracter; mais tous leurs efforts furent vains, car le noble martyr résista également à leur persuasion et à leurs menaces.

L'évêque de Chester commença alors à lire la sentence de la condamnation; mais quand il en eut lu la moitié, le chancelier l'appela et lui dit, «Bon, My lord, arrêtez! car si vous lisez encore plus loin, ce sera trop tard pour la rappeler.» L'évêque s'arrêta donc quand plusieurs prêtres et bon nombre de personnes ignorantes demandèrent avec instance à Mr. Marsh de se rétracter. Ils lui commandèrent de s'agenouiller et de prier et qu'ils prieraient pour lui, et lui prierait pour eux. Quand ceci fut fini, l'évêque lui demanda s'il ne demanderait pas la faveur de la reine à temps. Il répondit qu'il la désirait et qu'il aimait sa faveur aussi grandement qu'aucun d'entre eux; mais que cependant il n'osait pas renier le Christ, son Sauveur, par crainte de perdre sa faveur éternelle et de gagner la mort éternelle.

L'évêque continua à lire sa sentence environ cinq ou six lignes, quand le chancelier avec des paroles flatteuses et un visage riant, l'arrêta et lui dit, «Encore une fois my lord arrêtez, car si ce mot est dit, tout est fini; aucun repentir ne pourra alors servir.» Alors se tournant vers Mr. Marsh, il demanda, «Qu'en dis-tu? ne veux-tu pas te rétracter?» Plusieurs des prêtres et de gens l'exhortèrent de nouveau à se rétracter et à sauver sa vie. Il leur répondit, «J'aimerais autant vivre que vous, si en le faisant je ne reniais mon maître le Christ; mais alors il me renierait devant son Père qui est aux cieux.»

L'évêque lut alors la sentence jusqu'au bout, et lui dit ensuite, «Maintenant je ne prierai plus pour toi, pas plus que pour un chien!» Mr. Marsh répondit que malgré cela il prierait pour sa seigneurie. Il fut alors livré aux shérifs de la ville; alors son dernier gardien voyant qu'il allait le perdre dit avec larmes, «Adieu, bon George;» ce qui fit que les officiers le menèrent à la prison à la porte du nord où il fut bien strictement gardé jusqu'à sa mort, temps qu'il passa avec peu de confort ou d'aide de personne. Car étant dans le cachot ou une obscure prison, personne de ceux qui voulaient lui faire du bien ne pouvait parler avec lui, ou au moins n'osait l'essayer par crainte d'accusation; et quelques-uns des citoyens qui l'aimaient par rapport à l'Évangile, quoiqu'ils ne le connussent point, venaient quelquefois le voir le soir et lui demander comment il se portait. Il leur répondait joyeusement qu'il se portait bien et remerciait Dieu grandement de lui accorder la faveur de le choisir pour être témoin de la vérité et de souffrir en conséquence: ce qui le remplissait de joie; le suppliant de lui donner la grâce de ne pas succomber sous la croix mais de la supporter patiemment pour sa gloire et pour la paix de son église.

Le jour de son martyre étant venu, les shérifs de la ville avec leurs officiers allèrent à Northgate, et le firent sortir avec des entraves aux pieds. Quand il vint au lieu de l'exécution quelques-uns lui offrirent de l'argent et désirèrent qu'il portât une bourse à la main pour la donner à un prêtre pour dire des messes pour lui après sa mort; mais Mr. Marsh dit qu'il ne se dérangerait pas pour recevoir de l'argent, mais il demanda à quelque bonne personne de le prendre si les gens étaient disposés à en donner et de le remettre aux prisonniers ou aux pauvres. Il parcourut tout le chemin en lisant avec attention, et plusieurs dirent. «Cet homme ne va pas à la mort comme un voleur ou comme quelqu'un qui mérite de mourir.» En arrivant au lieu de l'exécution hors de la ville, un député chambellan de Chester montra à Mr. Marsh, un écrit signé du grand sceau, disant, que c'était son pardon s'il voulait se rétracter. Il répondit, que d'autant que cela tendait à l'éloigner de Dieu, il ne le recevrait pas à cette condition.

Il commença à parler au peuple, montrant la cause de sa mort, et il les aurait exhortés à être fidèle à Christ, mais un des shérifs lui dit qu'il ne fallait pas alors faire un sermon. Il s'agenouilla alors, pria avec instance, et fut enchaîné au poteau, ayant sous lui un tas de fagots et un baril avec de la poix et du goudron, sur la tête. Le feu ayant été fait maladroitement et le vent le portant par ci et là, il souffrit horriblement à sa mort ce qu'il supporta, toutefois, bien patiemment. Quand les spectateurs supposèrent qu'il était mort, soudainement il éleva les bras, disant, «Mon Père qui est au cieux, aie pitié de moi,» et ainsi il rendit l'esprit entre les mains du Seigneur. Là-dessus, plusieurs du peuple dirent que c'était un martyr et qu'il était mort avec un merveilleux courage, ce qui poussa l'évêque peu de temps après à faire un sermon dans sa cathédrale et d'y affirmer que le dit Marsh était un hérétique, brûlé comme tel et était alors un tison dans l'enfer.

 

Martyre de William Flower.

William Flower naquit à Snowhill, dans le comté de Cambridge. Il fut instruit comme catholique romain; et étant amené à l'église fut reçu dans les ordres et devint un moine dans l'abbaye d'Ély. Après être resté quelque temps dans le monastère, il devint prêtre séculier, revint au lieu de sa naissance et officia pendant quelques années comme prêtre. Après un certain temps en examinant les Écritures Saintes il commença à avoir des doutes sur les doctrines et pratiques de l'Église romaine; et après une inspection subséquente les trouvant opposées à la Parole de Dieu, il les abjura et embrassa les doctrines de la réformation. Il vint alors à Londres et s'établit à Lambeth où il se maria et tint une école. Allant un jour à Westminster, il entra dans l'église Ste. Marguerite au temps de la messe. Comme il refusait de s'agenouiller à l'élévation de l'hostie, il fut réprimandé par le prêtre; ce qui irrita tellement Flower qu'il le frappa sur la tête, le prêtre ayant en sa main un calice contenant des hosties consacrées.

Comme sa conduite provenait plutôt d'un zèle imprudent que d'une connaissance solide, il se soumit au jugement de l'évêque Borner prêt à souffrir, pour sa folie, n'importe quelle punition qu'il trouverait à propos de lui infliger. L'évêque aurait mitigé sa punition s'il avait voulu embrasser la foi papiste, mais il refusa de le faire absolument; il fut en conséquence emprisonné à la Gate-House. La conversation suivante eut lieu ici entre lui et un compagnon prisonnier, Mr. Robert Smith que nous donnons au complet comme expliquant sa conduite; —

Smith — Ami, comme je comprends que vous professez de suivre l'Évangile et l'avez fait depuis longtemps, je me permets de vous demander concernant certaines choses que vous avez commises à l'étonnement de ceux qui professent la vérité.
Flower — Je loue Dieu de m'avoir montré la lumière de sa Sainte Parole, et vous remercie sincèrement pour votre visite. Je vous déclarerai la vérité en toutes choses que vous me demanderez légalement.
Smith — Montrez-moi alors la vérité quant à votre action, commise sur John Cheltam, le prêtre dans l'église aussi exactement que possible.
Flower — Je venais de chez moi à Lambeth et en entrant dans l'église Ste. Marguerite et voyant le peuple se prosterner devant une méprisable idole, étant poussé de zèle pour mon Dieu que je vis déshonoré, je me laissai aller à la colère et frappai le prêtre et je fus en conséquence immédiatement arrêté.
Smith — Ne connaissiez-vous pas la personne que vous avez frappée? n'y avait-il pas eu de mauvaise disposition ou de haine entre vous en aucun temps?
Flower — Non, vraiment; je n'avais jamais vu la personne, à ma connaissance, ni n'avais entretenu de mauvaise disposition ou haine.
Smith — Pensez-vous que cela fut bien, et d'après la loi de l'Évangile?
Flower — Je confesse que toute chair est sujette au pouvoir du Tout-Puissant, qui fait que ses ministres font sa volonté et son plaisir; comme par exemple, Moïse, Aaron, Phinée, Josué, Zimri, Jéhu, avec plusieurs autres non seulement changeant les décrets, mais aussi donnant du zèle à son honneur contre tout ordre et respect de la chair et du sang. Car comme le dit St. Paul, «Ses œuvres sont au-dessus de notre connaissance:» par l'esprit duquel j'ai aussi donné ma chair pour souffrir comme il plaira à la bonne volonté de Dieu de le déterminer.
Smith — Pensez-vous que ce soit juste pour moi, ou tout autre, de faire la même chose en suivant votre exemple.
Flower — Non, vraiment; et je ne sais pas non plus si je pourrais le faire encore moi-même: quand je suis venu à l'église St. Paul, je n'étais pas plus capable de le faire que maintenant je suis capable de défaire ce qui est fait; mais étant poussé par l'esprit, et étant complètement satisfait de mourir pour le Seigneur je sacrifiai volontiers ma chair sans crainte. C'est pourquoi je ne puis vous vous recommander de faire la pareille. Premièrement, parce que je ne sais pas ce qui est en vous. Secondement, parce que les enseignements de l'Évangile nous commandent de souffrir avec patience tous les torts; cependant, si celui qui m'a rempli de zèle vous rend digne vous ne serez ni arrêté, ni condamné; car il fait parmi son peuple des œuvres ineffables dans tous les âges qu'aucun homme ne saurait comprendre. Je vous prie humblement de juger avec le meilleur esprit et de ne pas condamner les œuvres de Dieu; car je ne puis exprimer de ma bouche les grandes miséricordes que Dieu m'a montrées dans ce cas dont je ne me repens pas.
Smith — N'êtes-vous pas sûr d'avoir à mourir pour cet acte, et cela avec violence?
Flower — J'ai, avant que l'acte ne fut commis, sacrifié mon corps à la mort pour cela; c'est pourquoi je portais sur moi, en écrit, mon opinion de Dieu et des Saintes Écritures; que s'il avait plu à Dieu de leur permettre de me tuer dans l'église, ils auraient vu, dans l'écrit, que mon espérance qui (j'en remercie Dieu) est gardé sûrement sur ma poitrine; étant sûr de la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur, et fort chagrin pour tous mes péchés, et espérant que bientôt, par sa miséricorde je cesserai de les commettre.
Smith — Je n'ai pas besoin de parler avec vous de l'espérance que vous avez davantage; car je m'aperçois (Dieu en soit loué) que vous êtes dans un bon état; et c'est pourquoi je supplie Dieu d'étendre ses ailes sur vous afin que, comme vous avez été zélé par amour pour lui, même jusqu'à faire la perte de cette vie, il vous donne son Saint-Esprit pour vous conduire à une meilleure vie, ce qui, je crois, arrivera prochainement.
Flower — J'ai hâte que cela soit, cher ami, étant assuré qu'ils peuvent tuer le corps et que je recevrai la vie éternelle et ne verrai plus la mort.

Robert Smith partit alors, laissant Flower dans le cachot.

Après quelque temps, il fut amené devant l'évêque qui lui administra, sous serment, plusieurs articles. Mais ne répondant pas d'une manière satisfaisante, il fut renfermé à la prison Fleet.

Alors il fut amené devant le gardien et trouvé coupable d'avoir maltraité un prêtre dans l'exécution de ses devoirs et aussi pour maintenir de damnables hérésies. L'évêque lui demanda, alors, s'il connaissait quelque cause pour laquelle on ne devrait pas prononcer sentence contre lui comme hérétique? Flower répondit, «Je n'ai absolument rien à dire, car je ne me départirai pas de ce j'ai déjà dit; et faites en conséquence ce que vous voudrez.»

L'évêque passa alors sentence sur lui comme hérétique et le livra au pouvoir séculier.

Le 24 avril, 1555, il fut conduit au bûcher à la cour de l'église de Ste. Marguerite, Westminster, au milieu d'un nombre prodigieux de spectateurs. Là, il s'agenouilla et pria comme suit:

«Ô Dieu éternel, père tout-puissant et miséricordieux qui a envoyé ton Fils sur la terre pour me sauver et toute l'humanité; qui remonta au ciel et laissa son sang sur la terre derrière lui pour la rédemption de nos péchés, aie pitié de moi, pour l'amour de ton cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ en qui seul je confesse qu'il y a salut et justification et qu'il n'y a pas d'autre chemin, ni sainteté par lequel ou dans lequel un homme puisse se sauver. C'est ici ma foi, dont je prie tous les hommes ici présents d'être témoins.»


NOTE GoDieu.com: Dieu, ou «la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous» (Jean 1:14) substantiellement pour attirer irrésistiblement ses «élus au salut en lui avant la fondation du monde» (Éphésiens 1:4-9) et non pour l'humanité toute entière. Sinon que reste-t-il de la justice divine, de la perdition éternelle, de la deuxième mort, de la fournaise ardente: là où seront les pleurs et les grincements de dents? «Car Dieu a tant renoncé pour cette disposition, qu'il s'est donné lui-même comme seul Fils engendré, afin que ceux qui ont cette certitude en lui ne périssent point, mais qu'ils possèdent la vie éternelle.» (Jean 3:16)

Il répéta alors la prière dominicale; après quoi, il se prépara, à subir sa sentence. Un prêtre romain désira qu'il rétractât son hérésie et par ce moyen sauvât sa vie; auquel il dit, «Monsieur, je vous prie, pour l'amour de Dieu d'être satisfait; car ce que j'ai dit, je l'ai dit; et je compte que Dieu me rendra capable de demeurer ferme jusqu'à la fin.»

Ceci fait, il fut enchaîné au bûcher et sa main gauche attaché à son côté. L'autre, celle avec laquelle il avait frappé le prêtre, fut alors élevée et coupée; il supporta cela sans la moindre apparence d'émotion. Les fagots furent alors pilés autour de lui et étant allumés, il cria, «Ô toi Fils de Dieu, aie pitié de moi; Ô toi Fils de Dieu, reçois mon esprit.» Il répéta ces mots trois fois quand la fumée lui enleva la parole; mais il montra encore aux spectateurs qu'il n'était pas privé de vie en levant le bras d'où la main avait été coupée avec l'autre aussi longtemps qu'il fut capable. Comme il n'y avait pas suffisamment de fagots il endura de grandes tortures, le bas de son corps étant consumé un temps considérable avant que les autres parties fussent beaucoup affectées. Enfin, toutefois l'exécuteur finit ses misères en lui frappant un coup violent sur la tête qui jeta la partie élevé de son corps dans le feu; et de cette manière affreuse il rendit l'esprit.

 

Martyre du Révd. John Bradford et John Leafe.

Le premier de ces martyrs naquit à Manchester où il reçut une éducation libérale, ayant acquit une connaissance considérable de la littérature classique et mathématique. En atteignant sa maturité, ayant des amis distingués, par leur influence il devint secrétaire de Sir John Harrington, trésorier de Henri VIII. Après un temps, ayant le goût de l'étude, il quitta le bureau et alla à Cambridge, où, à la fin d'une année, il fut fait maître-ès-arts; bientôt après il fut admis comme boursier au collège de Pembroke.

Vers ce temps-là, Martin Bucer, un avocat zélé de la religion réformée demeurait à Cambridge. Avant de grands égards pour Mr. Bradford, il le persuada d'étudier pour l'œuvre du ministère. Mr. Bradford, étant timide, aurait voulu s'excuser comme n'étant pas suffisamment qualifié; mais Bucer obtint son consentement et il fut consacré diacre par le Dr. Ridley, évêque de Londres qui après cela le fit prébendier de St. Paul où, à tour de rôle, il prêcha pendant trois ans le vrai Évangile de Christ.

Après l'accession de la reine Marie, Mr. Bradford continua à prêcher jusqu'à ce qu'il fut arrêté par l'incident suivant. Dans la première année du règne de cette princesse, Bonnet., alors évêque de Londres, ordonna à Mr. Bourn, plus tard évêque de Bath, de prêcher un sermon, dans lequel il prit occasion dans l'Évangile choisi pour ce jour de justifier Bonner, alors replacé dans son évêché, en prêchant sur le même texte le même jour pendant quatre ans et recommandant la doctrine pour laquelle, suivant le prédicateur, il fut jeté dans la Marshalsea et gardé là prisonnier pendant le règne du roi Édouard VI. Ces paroles causèrent un grand murmure parmi le peuple, même ils étaient si irrités que l'un d'eux jeta un poignard au prédicateur et menaça de le descendre de la chaire. Il désira, en conséquence, que Mr. Bradford essayât d'apaiser le peuple qui était si tumultueux, qu'il ne pouvait être réprimé même par l'autorité du lord maire. Aussitôt que Mr. Bradford monta en chaire, le peuple s'écria, «Que Dieu sauve ta vie, Bradford!» et on écouta tranquillement son discours dans lequel il les blâma pour leur conduite désordonnée les exhorta à la tranquillité; et après qu'il eut fini, ils se dispersèrent paisiblement. L'après-midi du même jour, Mr. Bradford prêcha à Bow Church et blâma le peuple pour sa conduite tumultueuse à l'église St. Paul le matin.

Trois jours après, il fut cité devant la reine et son conseil, et là, accusé d'être la cause du désordre, quoiqu'il fût la personne elle-même qui l'avait arrêté. Il fut aussi accusé d'avoir prêché à Bow Church, quoiqu'il eût exhorté fortement le peuple à la paix. Mais rien de ce qu'il put avancer ne lui servit de rien; et il fut enfermé à la Tour accusé de sédition. Là il fut enfermé pour un an et six mois, jusqu'à ce que la religion papiste fut rétablie par acte de parlement. Il s'examina alors concernant sa foi, parce qu'il ne pouvait parler contre la doctrine de l'Église de Rome, sans danger; tandis que, pendant que les lois du roi Édouard étaient en force, il pouvait parler librement suivant sa conscience.

Les principaux articles avancés contre lui étaient — son refus d'accepter la doctrine de la transubstantiation eu la présence corporelle de Christ dans le sacrement, et affirmant que les méchants n'avaient point part au corps de Christ dans le sacrement. Plusieurs évêques et hommes instruits conférèrent avec lui, mais leurs arguments n'eurent aucun poids auprès de lui, n'étant pas basés sur l'Écriture. Comme Mr. Bradford ne voulait pas accepter d'autres dogmes que ceux qui étaient sanctionnés par la Parole de Dieu, il fut d'abord excommunié, ensuite condamné et remis entre les mains des shérifs de Londres par lesquels il fut conduit de nuit avant son exécution à Newgate; le jour suivant il fut amené au bûcher avec le martyr dont nous allons raconter les souffrances.

John Leafe était un apprenti à un fabriquant de chandelles et à l'âge de dix-neuf ans, étant accusé d'hérésie il fut enfermé au Comptoir par l'échevin du quartier où il demeurait. Après avoir été renfermé quelque temps il fut amené devant l'évêque Bonner et examiné concernant sa foi dans le sacrement de l'autel et sur d'autres points; ses réponses donnèrent peu de satisfaction à l'évêque. Quelques jours après il fut examiné de nouveau; mais ses réponses étant les mêmes; il fut condamné et livré au pouvoir séculier pour ne pas croire que le pain et le vin dans le sacrement ne sont pas changés, par les paroles de la consécration, réellement et en substance, en corps et en sang de Christ.

Après sa condamnation l'évêque lui envoya deux papiers, l'un contenant sa rétraction, l'autre sa confession. Le messager, après lui avoir lu celle-là (car il ne pouvait ni lire ni écrire lui-même) lui demanda s'il voulait la signer; ce à quoi, sans la moindre hésitation il répondit dans la négative. Il lut alors sa confession, et il prit alors une épingle et se piquant la main il arrosa le papier de son sang et demanda au messager de montrer à l'évêque qu'il l'avait signé de son sang.

Quand ces deux martyrs furent conduits au lieu de l'exécution, à Smithfield, Mr. Bradford s'agenouilla sur l'un des côtés du bûcher et Leafe sur l'autre. Ils continuèrent dans cette position quelques minutes, jusqu'à ce que le shérif demandât à Mr. Bradford de se lever. Là-dessus ils se levèrent tous les deux et après que Mr. Bradford eut fait une courte harangue au peuple, ils furent attachés au bûcher et les roseaux et les fagots entassés autour d'eux. Mr. Bradford levant alors les yeux et les mains au ciel s'écria, «Ô Angleterre, Angleterre, repens-toi de tes péchés; prends garde à l'ante-christ, prends garde à l'idolâtrie; prends garde qu'ils ne te trompent pas.» Alors se tournant au jeune Leafe il lui dit; «Sois courageux, mon frère, le temps de la délivrance est proche.» Le jeune homme répondit, «Que le Seigneur, Jésus reçoive nos esprits.» Le feu fut alors mis aux fagots et ils endurèrent tous les deux leur souffrance avec la plus parfaite résignation, mettant leur confiance entière dans ce Rédempteur béni qui mourut pour sauver l'humanité.

NOTE GoDieu.com: Dieu, ou «la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous» (Jean 1:14) substantiellement pour attirer irrésistiblement ses «élus au salut en lui avant la fondation du monde» (Éphésiens 1:4-9) et non pour l'humanité toute entière. Sinon que reste-t-il de la justice divine, de la perdition éternelle, de la deuxième mort, de la fournaise ardente: là où seront les pleurs et les grincements de dents? «Car Dieu a tant renoncé pour cette disposition, qu'il s'est donné lui-même comme seul Fils engendré, afin que ceux qui ont cette certitude en lui ne périssent point, mais qu'ils possèdent la vie éternelle.» (Jean 3:16)

 

Martyre de Margaret Polley.

Telle fut la violence du zèle et de la bigoterie pendant le règne de Marie, que même le sexe faible n'échappa pas à la persécution. On informa contre Margaret Polley à Maurice, évêque de Rochester; elle fut amenée devant lui et il lui fit, d'un ton solennel, la harangue suivante: —

«Nous, Maurice, par permission de Dieu évêque de Rochester, procédant dans une cause d'hérésie contre toi, Margaret Polley, de la paroisse de Popinberry, dans notre diocèse de Rochester, avançons à ta charge les articles suivants. Nous requérons de toi une réponse vraie, complète et claire, par vertu de ton serment qui doit être donné.»

Le serment étant administré, l'évêque demanda de la femme une réponse à chacun des articles suivants:

  1. «Ne sont-ce pas des hérétiques, ceux qui maintiennent et acceptent d'autres opinions que ne le fait notre sainte mère l'église catholique?»

    Voici sa réponse, «Ce sont, vraiment, des hérétiques grandement déçus qui acceptent et maintiennent des doctrines contraires à la Parole de Dieu qui, je le crois sincèrement, fut écrite par des saints hommes enseignés par le Saint-Esprit.»

  2. «Acceptez-vous et maintenez-vous que dans le sacrement de l'autel, sous la forme du pain et du vin, il n'y a pas le vrai corps et sang de Christ, et que le dit corps est vraiment au ciel seulement et non pas dans le sacrement?»

    Elle répondit, «Ce que j'ai appris des Saintes Écritures, je le maintiens fermement, à savoir que le vrai corps qui fut crucifié pour les péchés de tous les vrais croyants est monté au ciel, est là à la droite de la majesté céleste; que ce corps y est demeuré depuis, et ne saurait, d'après ma croyance, être dans le sacrement de l'autel. Je crois que le pain et le vin dans le sacrement doivent être reçus comme symboles et représentants du corps et du sang de Christ, mais non pas comme son corps réel et en substance. Je crois, dans mon faible jugement, qu'il n'est au pouvoir d'aucun homme, en prononçant des paroles sur les éléments du pain et du vin de les changer en vrai corps et sang de Christ. En un mot, c'est ma croyance que l'eucharistie n'est qu'une commémoration de la mort de notre Sauveur qui a dit, "Aussi souvent que vous faites ceci faites-le en mémoire de moi."»

Ces réponses appropriées et franches provoquèrent le hautain prélat, qui, après des paroles injurieuses, lui dit, «qu'elle était une sotte femme et ne savait pas ce qu'elle disait; et que c'était le devoir de tout chrétien de croire ce que la mère l'église enseigne.» Il lui demanda alors, «Voulez-vous rétracter l'erreur que vous maintenez, être réconciliée à l'église et recevoir la rémission des péchés?» Elle lui répondit, «Je ne puis croire autrement que je n'ai dit, parce que la pratique de l'église de Rome est contraire, non seulement à la raison et à nos sens, mais aussi à la Parole de Dieu.»

Là-dessus, l'évêque prononça la sentence de condamnation; et elle fut envoyée en prison où elle demeura pendant plus d'un mois.

Elle était dans la fleur de l'âge, pieuse, charitable, compatissante, versée dans les Écritures et aimée de tous ceux qui la connaissaient. On l'exhorta à plusieurs reprises à se rétracter; mais elle refusa toutes les offres de prolonger sa vie à de telles conditions, choisissant la gloire, l'honneur et l'immortalité ci-après, plutôt que quelques courtes années dans cette vallée de chagrin aux dépens de la vérité et de la conscience.

Quand le jour de son exécution arriva, qui fut en juillet, 1555, elle fut conduite à Tunbridge où elle fut brûlée, scellant la vérité de son sang et montrant que Dieu peut se servir des plus humbles instruments pour magnifier la gloire de sa grâce.

Le même jour, un certain Christopher Wade, un tisserand de Dartford, dans Kent, qui avait aussi été condamné par l'évêque de Rochester, subit le même sort au même endroit; mais ils furent exécutés séparément, lui subissant le premier la terrible sentence.

Environ au même temps, John Bland, John Frankesh, Nicholas Shelterden, et Humphrey Middleton furent brûlés ensemble à Canterbury. Les deux premiers étaient ministres et prédicateurs de l'Évangile, l'un ministre de Adesham, et l'autre ministre de Rolvindon, dans Kent. Ils se résignèrent avec un courage chrétien priant avec ferveur que Dieu voulût les recevoir dans son royaume céleste.

 

Martyre de John Launder et de Dirick Carver.

John Launder de Godstone, dans le comté de Surrey, laboureur, et Dirick Carver, de Brighthelmstone, dans le comté de Sussex, brasseur, furent arrêtés dans la maison de celui-ci, quand ils étaient en prières et envoyés au conseil à Londres, où, ne donnant pas de réponses satisfaisantes aux questions proposées, ils furent envoyés à Newgate, pour y attendre le loisir et la cruelle décision du cruel et arrogant Bonner.

Launder dit, qu'étant à Brighthelmstone pour transiger des affaires avec son père et apprenant que Mr. Carver était un promoteur des doctrines de la réformation, il se rendit à sa maison pour joindre ses prières aux pieux chrétiens qui s'y rassemblaient. Il avoua sa foi «qu'il y a sur la terre une seule Église catholique universelle dont les membres sont dispersés dans tout le monde; que la même église ne maintient et n'enseigne que deux sacrements qui sont le baptême et la sainte cène; et que d'enseigner ou faire usage de plus de sacrements ou autres cérémonies est contraire à l'Écriture.»

NOTE GoDieu.com: Nous remarquons ici l'empreinte toujours présente à l'époque du catholicisme romain, connaissant qu'il s'agit simplement du baptême de l'Esprit Saint aspergeant l'esprit de l'élu et provocant irrésistiblement la foi en le Dieu unique, «la Parole qui a été faite chair, et a habité parmi nous» (Jean 1:14), l'élu est «régénéré de l'eau de l'Esprit». (Jean 3:5-7) Il n'est donc pas question d'eau ou de liquide quelconque. Le Saint-Esprit n'a besoin d'aucun intermédiaire pour appliquer sa grâce. — Connaissant aussi que le repas du Seigneur avec ses apôtres signifie simplement de se mémoriser au boire et manger, d'autant plus à la table (judicieux procédé substanciel pour conserver souvenir), que Christ s'est sacrifié jusqu'à la mort et a versé son précieux sang afin de purifier les péchés de ses «élus au salut en lui avant la fondation du monde». (Éphésiens 1:4-9) «La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas notre propre identification au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas notre propre identification au corps de Christ? » (1 Corinthiens 10:16) — Il n'y a donc pas de sacrement en soi, mais plutôt un divin moment de grâce et de merveilleux moments de rendre grâce à Dieu pour sa miséricorde divine.

Il ajouta de plus, «que tout service, sacrifices et cérémonies, maintenant en usage en Angleterre sont erronés, contraires à la doctrine de Christ et à la décision de l'Église catholique du Christ dont il se croyait l'un des membres. Que dans le sacrement il n'y a pas de réellement et vraiment contenu, sous les formes du pain et du vin, le vrai corps et le sang de Christ en substance; mais que quand il a reçu le pain matériel, il recevait cela en mémoire de la mort et de la passion de Christ et pas autrement.»

«De plus, que la messe est abominable et opposée à la Parole de Dieu et à son Église catholique, enfin, que la confession auriculaire n'est pas nécessaire, mais que chaque personne doit confesser ses péchés à Dieu seul.» Ayant maintenu ces opinions dans la cour de l'évêque et refusé de se rétracter, il fut condamné et livré au pouvoir séculier.

Dirick Carver, étant examiné par l'évêque Bonner concernant sa croyance au sacrement de l'autel, la messe, la confession auriculaire, et la religion alors enseignée dans l'église d'Angleterre, fit une confession semblable et aussi bonne. Il dit aussi, «que depuis le couronnement de la reine il avait la Bible et psautier lus en anglais, à différends temps, à sa maison dans Brighthelmstone; et que pendant les douze derniers mois, il avait eu les litanies anglaises dites dans sa maison avec d'autres prières en anglais.»

Après cet examen il fut fortement sollicité de se rétracter, mais il refusa de le faire; sur quoi on passa sur lui la sentence de condamnation ainsi que sur Launder, et le temps de son exécution fut fixé pour le 22 de juillet, à Lewes, à Sussex.

À son arrivée au bûcher il s'agenouilla et pria; et adressa les spectateurs comme suit: —

«Chers frères et sœurs, soyez témoins que je suis venu sceller de mon sang l'Évangile de Christ, parce que je le crois vrai. Plusieurs d'entre vous savent que l'Évangile vous a été prêché ici à Lewes, et maintenant il n'est plus prêché ainsi; et parce que je ne veux pas renier l'Évangile de Dieu je suis condamné à mourir.»

Là-dessus le shérif dit, «Si tu ne crois pas au pape, tu es damné, corps et âme.» Mais notre martyr eut pitié de son aveuglement et demanda à Dieu de pardonner son erreur. Étant alors attaché au bûcher et le feu allumé autour de lui, il se soumit patiemment et expira s'écriant, «Ô Éternel aie pitié de moi! Seignenr Jésus reçois mon esprit.»

Son camarade prisonnier, John Launder, fut brûlé le jour suivant à Steyning; où il donna gaiement sa vie à ce Dieu des mains duquel il l'avait reçue.

 

Martyre de John Denley, John Newman, et Patrick Packingham.

Les émissaires papistes étaient tellement en recherche de leur proie dans toutes les parties du royaume, qu'il fut presque impossible de leur échapper longtemps. Comme Mr. Denley et Mr. Newman voyageaient en Essex, dans une visite à quelques amis, ils furent rencontrés par un juge de paix, qui, les soupçonnant d'hérésie les arrêta; et en même temps prit de Mr. Denley une confession de foi par écrit. Il les envoya alors à Londres avec une lettre pour être présentés au concile. En étant amenés devant le concile on les exhorta de se soumettre aux lois de la reine; mais cet avis n'étant d'aucun effet, leur examen fut référé à Bonner.

Le 28 Juin, 1555, Denley, et Newman avec Patrick Packingham (qui avait été arrêté deux jours auparavant) furent amenés devant Bonner, à son palais à Londres. L'évêque ayant examiné les deux premiers sur leurs confessions et trouvant qu'ils y tenaient inflexiblement se servit de son exhortation habituelle; là-dessus Denley répondit, «Que Dieu nous garde de votre conseil, et me garde dans l'opinion que j'ai; car ce que vous estimez être de l'hérésie, je le considère être la vérité.

Le 5 juillet, l'évêque procéda, dans la forme habituelle contre eux dans le consistoire de l'église St. Paul. Après les articles variés et leurs réponses eurent été lus, on les exhorta à se rétracter. Comme ils demeuraient fermes, ils furent condamnés comme hérétiques et livrés aux shérifs de Londres qui les conduisit à Newgate où ils furent gardés jusqu'à ce que les ordres fussent préparés pour leur exécution.

Denley fut condamné à être brûlé à Uxbridge. Là il fut enchaîné au bûcher et expira au milieu des flammes, chantant un psaume à la louange de son Rédempteur. Un prêtre papiste qui était présent, fut si irrité de son chant, qu'il commanda à un de ses aides de jeter un fagot sur lui, ce qui fut fait et il reçut une violente fracture du crâne, ce qui avec le feu le priva bientôt de voix et de vie.

Quelques jours après, Packingham souffrit au même endroit; mais Newman fut exécuté à Saffron Walden, en Essex. Ils moururent tous les deux avec un courage remarquable remettant, joyeusement leurs âmes entre les mains de Celui qui les donna, avec la ferme attente de recevoir des couronnes de gloire dans les parvis célestes. Leur attente ne sera pas déçue. Celui «qui ne peut mentir» a déclaré que ceux qui souffrent pour son nom sur la terre seront amplement récompensés dans le ciel. «Vous serez bienheureux quand on vous aura injuriés et persécutés, et quand, à cause de moi, on aura dit faussement contre vous toute sorte de mal. Réjouissez-vous, et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cieux; car on a ainsi persécuté les prophètes qui ont été avant vous.»

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