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Le livre des Martyrs-11


juin 6, 2016 par GoDieu

 


Chapitre IX.

 

Contenant l'histoire de la Réformation
et les circonstances qui la précédèrent.

Histoire de la martyrologie et de la Réformation
avec un récit de Wickliffe et de ses doctrines.

Le premier essai sérieux fait en Angleterre tendant à la réformation de l'église eut lieu sous le reigne de Édouard III., environ l'année 1350, quand l'étoile du matin de cette ère glorieuse se leva en Jean Wickliffe. Il était un conférencier de divinité à l'université d'Oxford, et bien versé dans la théologie et toutes sortes de philosophie. Cela était reconnu par ses adversaires. À sa naissance les plus grandes ténèbres couvraient l'église. Il ne restait guère que le nom de Christ parmi les chrétiens, tandis que sa doctrine vraie et vivante était aussi inconnue à la plus grande partie que son nom était commun à tous les hommes.

Wickliffe publia hardiment sa croyance par rapport à plusieurs articles de religion, dans laquelle il différait de la doctrine communément reçue. Le pape Grégoire XI., apprenant cela, condamna quelques-uns de ses dogmes et commanda à l'archevêque de Canterbury, et à l'évêque de Londres, de l'obliger de souscrire à leur condamnation; et en cas de refus de le sommer à Rome. Cette commission ne pouvait pas être aisément exécutée, Wickliffe ayant de puissants amis, le principal était Jean de Gaunt, duc de Lancaster qui avait beaucoup de pouvoir et était résolu de le protéger. L'archevêque tenant un synode à St. Paul, Wickliffe parut, accompagné du duc de Lancaster et du seigneur Percy, maréchal d'Angleterre; alors une dispute s'étant élevée pour savoir si Wickliffe répondrait se tenant debout ou assis, le duc de Lancaster en vint aux menaces et dit des paroles dures à l'évêque. Les gens qui étaient présents, croyant l'évêque en danger, se rangèrent de son côté, de sorte que le duc et le grand maréchal pensèrent prudent de se retirer et d'amener Wickliffe avec eux.

Une circonstance se présenta bientôt après, qui contribua à aider la cause de la vérité. Après la mort du pape Grégoire XI. qui désirait écraser Wickliffe et ses doctrines, le grand schisme eut lieu. Urbain VI., qui succéda à la chaire papale, était si orgueilleux et insolent, qu'un nombre de cardinaux et de courtisans élevèrent un autre pape contre lui, nommé Clément, qui régna onze ans. Après lui, Benedict XIII. fut élu qui régna vingt-six ans. Sur le côté opposé, Urbain VI. succéda à Boniface IX. Innocent VIII., Grégoire XII., Alexandre V., et Jean XIII. Concernant ce misérable schisme, il faudrait une autre Iliade pour en raconter en ordre les diverses circonstances et les évènements tragiques.

Wickliffe, qui considérait moins les injonctions des évêques que son devoir envers Dieu, continua à promulguer ses doctrines et à dévoiler la vérité aux yeux des hommes. Il écrivit plusieurs ouvrages qui causèrent une grande alarme au clergé et l'offensa; mais la protection du duc de Lancastre le mit à couvert de leur malice. Il traduisit la Bible en anglais, qui, dans l'ignorance du temps, eut l'effet du soleil se levant dans une nuit obscure. À cette Bible il ajouta une préface hardie dans laquelle il critiqua la vie déréglée du clergé et condamna le culte des saints, des images et la présence réelle de Christ dans le sacrement; mais ce qui offensa le plus ses ennemis fut son exhortation au peuple de lire les Écritures-Saintes pour eux-mêmes.

À peu près dans le même temps il s'éleva une dissension en Angleterre entre le peuple et la noblesse qui ne contribua pas peu à porter le trouble dans l'État. Dans ce tumulte Simon de Sudbury, archevêque fut pris par le peuple et décapité. William Courtnay lui succéda qui ne fut pas moins diligent à faire tout en son pouvoir pour détruire les hérétiques. Malgré cela les partisans de Wickliffe s'accrurent, et augmentèrent en nombre tous les jours, jusqu'à ce que Barton, vice-chancelier d'Oxford, rassemblant huit docteurs monastiques et quatre autres avec le consentement du reste, mit le sceau ordinaire de l'université à un édit, menaçant d'une amende sévère quiconque ci-après s'associerait avec aucun des adhérents de Wickliffe. Il menaça Wickliffe lui-même de l'excommunication majeure et d'emprisonnement à moins que sous trois jours il ne se repentît et s'amendât; ce que Wickliffe ayant compris, oubliant le pape et tout le clergé, il pensa en appeler au roi, mais le duc de Lancaster s'interposant, le lui défendit; c'est pourquoi, étant obsédé de troubles et de vexations, il fut de nouveau forcé de faire une confession de sa doctrine. En conséquence de la traduction de la Bible par Wickliffe et de sa préface, ses adhérents se multiplièrent beaucoup. Plusieurs d'entre eux, en vérité, étaient des hommes instruits; mais étant convaincus par un raisonnement solide ils se rangèrent de son côté. En peu de temps ses doctrines firent de grands progrès étant épousées non seulement par un grand nombre des étudiants d'Oxford, mais aussi par les grands hommes à la cour, particulièrement par le duc de Lancaster et lord Percy, ainsi que par plusieurs jeunes gentilshommes. Ainsi Wickliffe peut être considéré comme le grand fondateur de la réformation de ce royaume. Il était du Collège Merton à Oxford, où il prit son degré de docteur et devint si éminent par son beau génie et son grand savoir, que Simon Islip, archevêque de Canterbury — ayant fondé le Collège de Canterbury, maintenant Christ Church à Oxford — le nomma recteur, emploi qu'il remplit avec l'approbation universelle jusqu'à la mort de l'archevêque. Langhalm successeur de Islip, désireux de favoriser les moines et de les introduire au collège, essaya de renvoyer Wickliffe et de mettre un moine nommé Woodhall, sa place. Mais les agrégés du collège refusant d'y consentir, l'affaire fut portée à Rome et Wickliffe dépouillé en faveur de Woodhall. Toutefois, ceci ne diminua en rien sa réputation. Bientôt après on lui présenta la cure de Lutterworth, dans le comté de Leicester, et il publia, dans des sermons et des écrits, ses opinions qui se répandirent dans tout le pays. Ses ennemis les plus acharnés ne l'accusèrent jamais d'immoralité. Ce grand homme fut laissé en repos à Lutterworth jusqu'à sa mort, qui arriva le 31 décembre 1385. Mais après que son corps eut reposé en terre quarante-et-un ans, ses os furent déterrés par un décret du synode de Constance, brûlés publiquement et jeté à la rivière près de la ville. Cette condamnation de sa doctrine n'empêcha pas sa dissémination dans tout le royaume et avec un tel succès que, suivant Spelman, on pouvait à peine trouver deux hommes ensemble dont l'un n'était pas un Lollard ou un Wickliffite.

Wickliffe écrivit plusieurs ouvrages, dont les copies, en l'an 1410, furent brûlées à Oxford. Et, non seulement en Angleterre, mais également en Bohême, ses livres furent brûlés, l'archevêque de Prague en ayant fait une recherche diligente.

Dans le concile de Latran on fit un décret qui exigeait de tous les magistrats d'extirper les hérétiques sous peine d'être déposés. Les canons du concile étant reçus en Angleterre la prosécution des hérétiques devint une partie du droit coutumier; et une ordonnance, intitulée de heretico comburendo, fut passé sous Henri IV. pour les brûler sur condamnation après quoi des statuts spéciaux furent faits dans le même but. Le premier fut approuvé seulement des lords et du roi. Les communes ne s'y prêtèrent pas. Cependant la plus grande portée de sa sévérité était que les lois de l'église devraient être supportées par des ordonnances. Il paraît que les hérétiques étaient alors très nombreux; qu'ils portaient un habillement particulier, prêchaient dans les églises et autres endroits contre la croyance reçue et refusaient de respecter les censures ecclésiastiques.

Quand Henri IV. parvint au trône, en 1399, il passa un édit contre tous ceux qui présumaient de prêcher sans la licence de l'évêque. Tous les transgresseurs de cette espèce devaient être emprisonnés et amenés en jugement dans l'espace de trois mois. S'ils offraient d'abjurer, sur condamnation, et ne retombaient pas, ils devaient être emprisonnés et forcés de payer une amende, mais s'ils refusaient d'abjurer ou retombaient, ils devaient être livrés au bras séculier pour être brûlés dans un endroit public. Dans ce temps-là un nommé William Sautre, curé de St. Osith, à Londres, étant condamné comme récidive et dégradé par Arundel, archevêque Canterbury, une ordonnance fut émise, dans laquelle le bûcher est appelé la punition ordinaire et citant aussi les coutumes des autres nations. Ceci fut le premier exemple de cette cruelle punition dans le royaume.

Le clergé, craignant que les doctrines de Wickliffe ne gagnassent du terrain, firent tous leurs efforts pour les réprimer. Sous le règne de Richard II. les évêques obtinrent une autorisation générale pour emprisonner les hérétiques sans un ordre spécial de la cour; ce que, toutefois, la Chambre des Communes révoqua. Mais comme la peur d'emprisonnement ne pouvait arrêter le mal, Henry IV., qui désirait obtenir le bon vouloir du clergé, recommanda avec ferveur les intérêts de l'église au parlement. Quoique la Chambre des Communes fût peu disposée à poursuivre les Lollards, le clergé obtint enfin une des plus détestables mesures pour brûler les hérétiques qui ne fut révoquée qu'en 1677. Ce fut immédiatement après la passation de cet acte que la cour ecclésiastique condamna William Sautre au bûcher.

Malgré l'opposition du clergé la doctrine de Wickliffe se répandit sous le règne de Henri IV. à un tel degré que la majorité de la Chambre des Communes était en sa faveur; en conséquence ils présentèrent deux pétitions au roi, une contre le clergé et l'autre contre les Lollards. La première représentait que le clergé faisait un mauvais usage de son bien et le dépensait d'une manière toute différente de l'intention des donateurs; que ses revenus étaient excessifs et devraient être diminués. Dans la seconde pétition ils demandaient que le statut passé contre les Lollards fût annulé ou restreint. Comme il était de l'intérêt du roi de plaire au clergé il répondit aux Communes sévèrement refusant de consentir à leurs pétitions. Quant aux Lollards, il déclara qu'il désirait qu'ils fussent chassés du pays. Pour en prouver la vérité, il signa un mandat pour brûler un homme d'une humble position, mais d'une grande résolution et d'une profonde piété, du nom de Thomas Badly, tailleur de son état. Il fut condamné pour hérésie, en l'an 1409, devant l'évêque de Worcester. Dans son examen il dit, qu'il était impossible qu'un prêtre fît le corps de Christ sacramentalement, et qu'il ne le croirait pas à moins de le voir se manifester sur l'autel; qu'il était ridicule d'imaginer, qu'au souper, Christ vint tenir dans sa propre main son propre corps et le diviser à ses disciples et tout en restant intact. «Je crois,» dit-il, «Au Dieu Tout-Puissant dans la Trinité;» (NOTE GoDieu.com: Le mot trinité n'existe nul part dans la Bible qui nous enseigne jalousement à maintes reprises qu'il n'y a qu'un seul Dieu et non pas trois en un. Le Père, le Fils Jésus-Christ (Messie) et l'Esprit-Saint ne sont qu'un et même Esprit qui est Dieu, le Créateur. (Jean 1:14; Jean 4:23-24)) mais si chaque hostie consacrée à l'autel est le corps de Christ, il doit y avoir alors en Angleterre pas moins de 20,000 dieux. Après cela il fut examiné devant l'archevêque de Canterbury, et de nouveau en présence d'un grand nombre d'évêques, du duc de York et de plusieurs personnes de la noblesse. On fit de grands efforts pour le faire rétracter mais il resta fidèle. Sur ce fait l'archevêque de Canterbury ratifia la sentence de l'évêque de Worcester. Quand le roi eut signé son arrêt de mort, il fut amené à Smithfield, et là, étant mis dans une cuvette, il fut attaché avec des chaînes à un bûcher et du bois sec mis autour de lui. Avant que le bois ne fût allumé, le fils aîné du roi vint près du lieu, et agissant en bon Samaritain, il essaya de sauver la vie de celui que les lévites hypocrites essayaient de mettre à mort. Il lui conseilla de sortir de ces dangereux labyrinthes d'opinions, y ajoutant des menaces qui auraient intimidé n'importe quel homme. Courtney aussi, alors chancelier d'Oxford, fit valoir auprès de lui la croyance de l'église.

Cependant le prieur de St. Barthélemy, à Smithfield, apporta le sacrement du corps de Christ, avec douze torches portées en avant, au pauvre homme sur le bûcher. Il lui demanda ce qu'il croyait que c'était; il répondit que c'était du pain bénit, mais non pas le corps de Christ. Le feu étant alors appliqué, il s'écria, «Miséricorde» s'adressant en même temps à Dieu; alors le prince commanda d'ôter la tonne et d'éteindre le feu. Il lui demanda alors s'il abandonnerait son hérésie; que s'il le voulait, il aurait assez de bien et aussi une pension annuelle du trésor du roi. Mais ce vaillant champion de Christ refusa l'offre, plus enflammé de l'esprit de Dieu que du désir des biens terrestres. Le prince, en conséquence, commanda qu'on le remit dans la tonne. Comme on ne pouvait le séduire par une récompense on ne put l'abattre par les tourments; mais comme un vaillant soldat de Christ, il persévéra jusqu'à ce que son corps fût réduit en cendres et son âme triomphante s'élevât vers Dieu d'où elle venait.

Sous le règne de Henri V., en 1413, on dit qu'on avait découvert une prétendue conspiration, évidemment l'œuvre des prêtres, dans laquelle Sir John Oldcastle et d'autres adhérents de Wickliffe furent impliqués. Plusieurs de ceux-ci furent condamnés pour haute trahison et hérésie; ils furent d'abord pendus et ensuite brûlés. Une loi fut alors faite que tous les Lollards perdraient toutes leurs possessions de condition féodale avec leurs biens meubles; et tous les shérifs et les magistrats furent requis de faire serment de les détruire et leurs hérésies. Le clergé fit un mauvais usage de cette loi, et mit en prison quiconque les offensait; mais les juges interposèrent en leur faveur, prenant sur eux de déclarer quelles opinions étaient des hérésies d'après la loi et quelles ne l'étaient pas. Ainsi le peuple fut plus protégé par les avocats que par ceux qui auraient dû être les pasteurs de leurs âmes.

Les persécutions des Lollards sous le règne de Henry V. furent causées par le clergé, puisque ce monarque était naturellement opposé à la cruauté: On suppose que la principale cause de l'inimitié du clergé à leur égard provenait de ce qu'ils voulaient les priver d'une partie de leurs revenus. Quoiqu'il en soit, ils pensèrent que la manière la plus effective d'enrayer leurs progrès serait d'en attaquer le principal protecteur, Sir John Oldcastle, baron de Cobham; et de persuader au roi que les Lollards conspiraient pour renverser le trône. On rapporta même qu'ils avaient l'intention de tuer le roi avec les princes, et la plupart des lords spirituels et temporels, dans l'espérance que la confusion qui en résulterait serait favorable à leur religion. Une fausse rumeur fut répandue, que Sir John Oldcastle avait rassemblé vingt mille hommes à St. Giles-in-the-Fields, un endroit couvert de buissons. Le roi s'y rendit lui-même à minuit et n'y trouvant pas plus de quatre-vingt à cent personnes qui y étaient rassemblées pour un culte, il tomba sur eux et en tua plusieurs avant de savoir le but de leur assemblée. Quelques-uns d'entre eux étant ensuite examinés furent gagnés par des promesses ou des menaces à confesser tout ce que leurs ennemis désiraient; et ceux-ci accusèrent Sir John Oldcastle.

Le roi sur cela le pensa coupable; et mis sa tête à prix de mille marques, avec promesse d'exemption perpétuelle de taxe pour toute personne qui l'arrêterait. Sir John fut pris et emprisonné dans la Tour; mais il s'échappa et s'enfuit dans le pays de Galles où il se cacha longtemps. Mais étant arrêté ci-après à Powisland, au nord du même pays par Lord Powis, il fut amené à Londres, à la grande satisfaction du clergé, qui était résolu de le sacrifier pour porter la terreur chez le reste des Lollards. Sir John était d'une bonne famille; avait été shérif de Hertfordshire sous Henri IV. et fut appelé au parlement parmi les barons du royaume sous ce règne. Il avait été envoyé au-delà de la mer sous le comte de Arundel pour faire la guerre aux Français. C'était un homme d'un grand mérite et malgré cela il fut pendu par le milieu du corps avec une chaîne et brûlé vivant. Cette sentence barbare fut exécutée au milieu des malédictions des prêtres et des moines, qui firent leurs plus grands efforts pour empêcher le peuple de prier pour lui. Telle fut la fin tragique de Sir John Oldcastle, baron de Cobham, qui quitta le monde avec une résolution qui répondait parfaitement au courage qu'il avait montré dans la cause de la vérité et de Dieu. Ce fut le premier sang noble répandu par la cruauté papale en Angleterre.

 

Récit historique du progrès de la Réformation
sous le règne du roi Henry VIII.

Le lecteur suivra, sans doute, avec un intérêt tout particulier les faits rapportés sous ce règne. Ce fut alors que Dieu, par le moyen du roi, délivra notre pays du joug papal.

Les guerres entre la maisons de York et Lancaster avaient produit un tel trouble que la nation salua avec joie l'accession de Henri VII. au trône qui était descendu de la maison Lancastre, par son mariage avec l'héritière de la maison de York, les débarrassèrent de la crainte de nouvelles guerres par de nouveaux prétendants. Mais son avarice, la sévérité de ses ministres, sa mauvaise conduite dans l'affaire de Bretagne, et sa jalousie de la maison de York le rendirent si odieux à son peuple que sa vie était peu respectée et sa mort aussi peu lamentée. Henri VIII. lui succéda avec tous les avantages. Sa restitution de l'argent qui avait été exigé du peuple sous le couvert de la prérogative du roi fit conclure à la nation qu'elle allait vivre en sûreté sous un tel prince et que de violents remèdes contre le mal ne seraient plus nécessaires. Soit par la magnificence de son propre caractère ou par avoir vu les mauvais effets de la parcimonie de son frère, le nouveau roi distribua ses récompenses avec une bonté démesurée; il épuisa ainsi les deux millions que son père avait amassés et vida le coffre le plus plein de la chrétienté. Il avait été instruit avec un soin exceptionnel: son père ayant ordonné que lui et son frère aîné fussent bien instruits; son frère le prince Arthur mourant à l'âge de onze ans, il devint héritier de la couronne.

Un des hommes les plus proéminents de ce siècle fut le cardinal Wolsey. Il était de basse origine, mais il était doué de grands talents et possédait une adresse étonnante à s'insinuer chez les grands. Il n'y avait pas longtemps qu'il avait été introduit au roi avant d'obtenir sur lui un entier ascendant; pendant quinze ans il continua à être le plus grand favori jamais connu en Angleterre. Il vit que Henri était un grand amateur du plaisir et avait une grande aversion pour les affaires, aussi il entreprit de le débarrasser de la peine de gouverner et lui donner le loisir de suivre ses goûts. Cela fut la cause principale de l'influence sans borne que Wolsey acquit bientôt sur un souverain tout aussi ambitieux que lui.

Wolsey devint bientôt maître de tous les offices du pays et des traités à l'étranger, de sorte que les affaires allaient comme il le voulait. Il devint bientôt odieux aux parlements, et, en conséquence, il n'en essaya qu'un, quand les subsides accordés furent si modiques, qu'après cela il préféra se procurer de l'argent par le moyen d'emprunts et de bienveillances. Après un temps, il porta scandale par sa mauvaise vie, et fut une disgrâce à sa profession; car il ne servit pas seulement le roi, mais il prit aussi part à ses plaisirs, et devint une proie aux maladies qui résultent d'une vie sensuelle. Il fut d'abord fait évêque de Tournay en Flandre, ensuite de Lincoln, après cela il fut promu au siège de York, et avait à la fois l'abbaye de St. Alban et l'évêché de Bath et de Wells en commande; ce dernier il échangea après pour Durham; à la mort de Fox il quitta Durham pour prendre Winchester; et outre tout cela, le roi, par un don spécial, lui accorda le pouvoir de disposer de toutes les promotions ecclésiastiques en Angleterre. Il avait toutes les qualités requises pour un grand ministre et tous les vices communs à un grand favori.

L'immunité des ecclésiastiques pour crimes, jusqu'à ce qu'ils fussent dégradés par le pouvoir spirituel, causa la seule lutte qui arriva au commencement de ce règne entre les cours séculières et ecclésiastiques. Henry VII. avait passé une loi que les clercs trouvés coupables devaient être marqués au fer chaud dans la main. L'abbé de Winchelsea prêcha sévèrement contre cela, comme étant contraire aux lois de Dieu et aux libertés de l'église. Après cela il publia un livre pour prouver que tous clercs, même des bas ordres, étant sacrés ne pouvaient être jugés par les cours temporelles. Les lords temporels et les communes désiraient, en conséquence, que le roi réprimât l'insolence du clergé. Dans ce but on appointa une audience devant sa majesté et les juges. Le docteur Standish, un Franciscain, parla contre l'immunité, et prouva que de tout temps les clercs avaient été jugés par les cours en Angleterre; et qu'il était nécessaire, pour la paix et la sûreté du genre humain, que tous les criminels périssent. L'abbé maintint l'autre côté et dit que cela était contraire à un décret de l'église et un péché en soi. Standish répondit que tous les décrets n'étaient pas observés; car, malgré le décret sur résidence, les évêques ne demeuraient pas aux cathédrales. Après avoir discuté le cas, les laïques furent d'opinion que le moine avait le dessus et ils poussèrent le roi et les évêques à ordonner au moine de prêcher un sermon de rétractation. Mais ils refusèrent, disant qu'ils étaient liés par serment de maintenir ses opinions. Standish fut à cause de cela détesté du clergé, mais l'affaire en resta là, le clergé l'emportant.

Peu de temps après cela Richard Hunne, marchand de Londres étant poursuivi par son curé dans la cour du légat, fut conseillé par ses amis de poursuivre le prêtre dans la cour civile pour citer un sujet du roi devant une barre étrangère et illégale. Cela exaspéra tellement le clergé qu'il trama sa destruction. C'est pourquoi, apprenant qu'il avait la bible de Wickliffe dans sa maison, il fut mis dans la prison de l'évêque pour hérésie; mais étant examiné sur divers articles il confessa certaines choses et se recommanda à leur merci. Sur cela ils devaient, suivant la loi, lui avoir imposé pénitence et l'avoir déchargé; mais ils ne purent le convaincre d'abandonner sa cause dans la cour civile; une bonne nuit on lui cassa le cou avec une chaîne et il fut blessé dans d'autres parties du corps et puis on rapporta qu'il s'était pendu, mais l'enquête du procureur, en examinant le corps et par d'autres preuves surtout par la confession de l'huissier, donna comme verdict, qu'il avait été mis à mort par le chancelier de l'évêque, le Dr. Horsey et le sonneur de cloche. La cour spirituelle procéda contre le corps, et accusa Hunne de l'hérésie contenue dans la préface de Wickliffe à la Bible parce qu'elle avait été en sa possession; il fut ainsi condamné comme hérétique et son corps fut brûlé.

L'indignation du peuple fut portée au plus haut degré par ces procédés dans lesquels tout le clergé fut impliqué et qu'ils ne regardaient plus comme leurs pasteurs mais comme des meurtriers barbares. Leur colère fut portée si loin que l'évêque de Londres se plaignit qu'il n'était pas sûr dans sa propre maison. Les évêques, le chancelier et le sergent furent mis en accusation comme chefs dans le meurtre. Au parlement on passa un acte pour rétablir les enfants de Hunne; mais un bill envoyé par les communes concernant le meurtre fut rejeté par les lords où le clergé était en majorité. Le clergé regarda l'opposition faite par Standish comme ce qui avait causé la première poursuite contre Hunne; et la convocation le cita pour répondre de sa conduite; mais il réclama la protection du roi puisqu'il n'avait rien fait si ce n'est qu'il avait plaidé au nom du roi. Le clergé prétendit-qu'il ne le poursuivait pas pour son plaidoyer, mais pour quelques-unes de ses conférences de théologie qui étaient contraires à la liberté de l'église que le roi était obligé de maintenir par son serment lors de son couronnement; mais les lords temporels, les juges et les communes prièrent aussi le roi de maintenir les lois suivant son serment de couronnement et d'accorder à Standish sa protection. Le roi, étant en grande perplexité, demanda à Versey, ci-après évêque de Exeter, de déclarer sur sa conscience la vérité à ce sujet. Son opinion fut contre l'immunité; ainsi une autre audience étant appointée, Standish fut accusé d'enseigner que — les ordres inférieurs n'étaient pas sacrés; que leur exemption n'était pas fondée sur un droit divin, mais que les laïques pouvaient les punir; que les canons de l'église ne les liaient pas jusqu'à leur consécration; et que l'étude du droit canon était inutile. De ces opinions, il en nia quelques-unes et justifia les autres. Veney étant requis de donner son opinion, allégua que les lois de l'église n'obligeaient que où elles étaient reçues; ainsi l'exemption des clercs n'étant pas reçue n'était pas obligatoire en Angleterre. Les juges donnèrent comme leur opinion que ceux qui poursuivaient Standish avaient tort. Ainsi la cour fut dissoute. Mais dans une autre audience, en présence du parlement, le cardinal dit, au nom du clergé, que quoiqu'ils ne comptaient rien faire contre les prérogatives du roi, cependant faire le procès des clercs semblait contraire à la liberté de l'église, qu'ils étaient tenus par leurs serments de maintenir. Ainsi ils demandèrent que l'affaire fut référée au pape.

Le roi répondit qu'il croyait que Standish leur avait répondu suffisamment; l'évêque de Winchester répondit qu'il ne voudrait pas se ranger à son opinion, à son risque. Standish demanda sur cela «Qu'est-ce qu'un pauvre moine peut faire contre le clergé d'Angleterre.» L'archevêque de Canterbury répondit, «Quelques-uns des pères de l'église ont souffert le martyre à ce sujet;» mais le juge en chef répondit, «plusieurs saints rois ont maintenu cette loi, et plusieurs saints évêques lui ont obéi.» En conclusion, le roi déclara qu'il maintiendrait ses droits et ne les soumettrait pas aux décrets de l'église, autrement que n'avaient fait ses ancêtres. Horsey fut assigné de paraître dans son procès pour le meurtre de Hunne; et comme il plaida non coupable, aucun témoin ne fut amené et il fut déchargé. Le mécontentement du peuple s'accrut par cela, et beaucoup de choses les préparèrent à renverser la tyrannie ecclésiastique.

Ce fut le premier trouble dans ce règne jusqu'à ce que le procès pour le divorce commença. Dans tous les autres points il était constamment dans les bonnes grâces du pape, qui lui envoya les compliments ordinaires des roses et telle autre bagatelle par lesquelles ce siècle traita les princes si longtemps comme des enfants. Mais aucune faveur ne flatta davantage la vanité du roi comme le titre de «défenseur de la foi» que lui envoya le pape Léon pour le livre qu'il avait écrit contre Luther. Ce livre, outre le titre ci-dessus, attira sur le roi tout ce que la flatterie pouvait inventer pour l'exalter; tandis que Luther, nullement intimidé pas un tel antagoniste, y répondit et traita Henri avec aussi peu de respect dû à un roi que ses flatteurs en avaient trop montré. La traduction du Nouveau Testament par Tyndal, avec notes, attira sur elle une sévère condamnation du clergé, qui désirait cacher ce livre au peuple. Cela montre l'état des affaires dans l'église et dans l'État, quand le procès du divorce du roi fut d'abord commencé. De cet évènement commença la fortune de Cranmer et la chute de Wolsey. Le grand sceau fut ôté à celui-ci et donné à Sir Thomas More; et il fut poursuivi pour avoir tenu des cours de légat par une autorité étrangère aux lois d'Angleterre. Wolsey se reconnut coupable de l'acte d'accusation et se soumit au bon vouloir du roi; ainsi on passa jugement sur lui, et son magnifique palais et ses meubles furent saisis pour l'usage du roi. Toutefois le roi lui remit les revenus temporels des sièges de York et de Winchester, et plus de £6000 en vaisselle et autres objets; ce qui le transporta tellement que l'on dit qu'il tomba à genoux dans un chenil devant le messager qui lui apporta les nouvelles. Des chefs d'accusations furent portés contre lui dans la chambre des lords pour obtenir un bill pour haute trahison, où il n'avait que peu d'amis; dans la chambre des communes, Cromwell, qui avait été son secrétaire, conduisit si bien l'affaire, qu'il se réduisit à rien. Cela ayant échoué, ses ennemis le firent envoyer à Yorshire; il y alla en grande pompe avec 162 chevaux et 72 voitures dans sa suite et il y demeura quelque temps. Mais le roi étant informé qu'il concertait avec le pape et l'empereur, il envoya le comte de Northumberland pour l'arrêter pour haute trahison et l'amener à Londres. En chemin il tomba, malade et mourut à Leicester, faisant de grandes protestations de constante fidélité au roi, particulièrement dans l'affaire du divorce; et désirant d'avoir servi Dieu aussi fidèlement qu'il avait servi le roi, car alors il ne l'aurait pas rejeté dans sa vieillesse; mots sur lesquels les favoris en baisse ont coutume de réfléchir dans l'adversité, quoique rarement ils s'en souviennent au comble de leur bonne fortune.

L'archevêché de Canterbury étant devenu vacant par le décès de Warham, Cranmer qui était alors en Allemagne, fut choisi par le roi pour son successeur; il lui envoya donc un mot pour lui faire hâter son retour. Mais une telle promotion n'eut pas sur lui son effet ordinaire; il avait une juste appréciation d'une si grande charge, et, au lieu d'y aspirer, il en avait peur; il s'en revint donc bien lentement en Angleterre, et essaya d'être excusé de la promotion. On envoya chercher des bulles à Rome pour sa consécration que le pape accorda. Le 13 mars, Cranmer fut consacré par les évêques de Lincoln, Exeter et St. Asaph. Le serment fait au pape était difficile à digérer à quelqu'un «presque persuadé» d'être protestant; il fit donc une protestation avant de le prêter disant qu'il ne se considérait pas lié par là, en quelque chose contraire à son devoir envers Dieu, son roi ou son pays; et il répéta cela en le prenant.

La convocation avait à cette époque deux questions devant elle; la première concernant la légalité du mariage du roi, et la validité de la dispense du pape; l'autre était une curieuse question de fait, savoir si le prince Arthur avait consommé le mariage. Pour la première, le jugement de dix-neuf universités fut lu; et après un long débat car il n'y avait que vingt-trois membres dans la chambre basse, dont quatorze étaient contre le mariage, sept en sa faveur et deux douteux. Dans la chambre haute, Stokesly, évêque de Londres et Fisher, évêque de Rochester maintinrent le débat longtemps, l'un pour l'affirmatif et l'autre pour le négatif. Enfin elle fut emportée sans opposition contre le mariage, 216 étant présents. L'autre question fut référée au canonistes; et tous, excepté cinq ou six, rapportèrent que les présomptions étaient bien fortes; et celles-ci dans une affaire où il n'y avait pas de preuves claires furent toujours reçues comme légalement conclusives.

La convocation ayant donné son jugement sur la question, la cérémonie de prononcer le divorce juridiquement étant la seule chose qui manquait. On rapporta que la nouvelle reine était dans une condition avantageuse pour la monarchie future. La veille de Pâques elle fut déclarée reine d'Angleterre et bientôt après Cranmer avec Gardiner qui avait succédé à Wolsey comme évêque de Winchester, et les évêques de Londres, Lincoln, Bath et Wells avec plusieurs théologiens et canonistes se rendirent à Dunstable; la reine Catherine demeurant près de là à Ampthill. Le roi et la reine furent cités; il parut par procuration, mais la reine refusa de faire aucun cas de la cour; ainsi, après trois citations, elle fut déclarée contumace et tous les mérites de la cause mentionnés auparavant furent examinés. Enfin, le 23 mai, la sentence fut rendue, déclarant le mariage avoir été nul depuis le commencement.

À Rome les cardinaux de la faction impériale se plaignirent de l'effort fait contre le pouvoir papal et le prièrent d'appliquer la censure. Mais il n'y eut que la sentence de donnée, annulant tout ce que l'archevêque de Canterbury avait fait; et le roi fut requis, sous peine d'excommunication de placer les choses comme elles l'étaient autrefois; ce décret fut apporté à Dunkirk pour publication. Le roi envoya une grande ambassade au monarque français qui était alors à se préparer pour aller rencontrer le pape; ils devaient le détourner de son voyage, à moins que le pape ne donnât satisfaction au roi. François dit qu'il était engagé en honneur de continuer, mais il leur assura qu'il s'occuperait des intérêts du roi avec autant de zèle que si c'était les siennes. Dans le mois de septembre la reine mis au monde une fille, la célèbre Élisabeth; et le roi ayant déjà déclaré Lady Mary princesse de Galles, fit la même chose pour l'infante; quoique après un fils pût l'en exclure, elle ne pouvait pas être héritière nécessaire mais seulement héritière présomptive de la couronne. Le moment mémorable approchait quand un incident aurait lieu qui causerait la séparation de l'Angleterre de l'église de Rome.

Il y avait une entente secrète entre le pape et François que si Henri voulait remettre sa cause au consistoire, exceptant seulement les cardinaux de la faction impériale, comme partiale et en toutes autres choses se soumettre au siège de Rome, le jugement serait rendu en sa faveur. Quand François retourna à Paris, il envoya l'évêque de cette ville au roi pour lui dire ce qu'il avait obtenu du pape en sa faveur et les conditions sur lesquelles c'était promis. Cela toucha tellement le roi qu'il y consentit; sur cela l'évêque de Paris quoiqu'on fut au milieu de l'hiver, alla à Rome avec les bonnes nouvelles. À son arrivée, l'affaire parut arrangée; car il était promis que quand le roi enverrait son consentement, de sa main, de remettre les choses dans leur premier état et se faisant représenter par procuration, des juges seraient envoyés à Cambray pour instruire le procès et que la sentence serait passée. Sur avis donné de cela et d'un jour qui était fixé à l'avance pour le retour du courrier, le roi l'expédia avec toute diligence possible; et maintenant l'affaire paraissait terminée. Mais le courrier avait la mer et les Alpes à passer, et en hiver il n'était pas facile d'observer un jour limité si exactement. Le jour fixé arriva, et le courrier n'arriva pas; sur cela les impérialistes déclarèrent que le roi abusait de la bonté du pape et le pressèrent beaucoup de procéder à donner sentence, l'évêque de Paris demandant seulement un délai de six jours. Le but des impérialistes était d'empêcher une réconciliation; car si le roi avait été mis en bon terme avec le pape il y aurait eu une si puissante ligne de formée contre l'empereur qui aurait frustré toutes ses mesures et il était donc nécessaire pour sa politique de les brouiller. Séduit par l'artifice de ce prince intrigant le pape, sans consulter sa prudence ordinaire, amena l'affaire devant le consistoire; et là les impérialistes étant en majorité, elle fut poussée avant tant de précipitation, qu'ils firent en un jour ce que, suivant la forme, aurait dû se prolonger au moins trois.

Ils passèrent la sentence finale, déclarèrent le mariage du roi avec la reine Catherine valide et l'obligèrent à vivre avec elle comme sa femme, autrement ils procéderait aux censures. Deux jours après cela, le courrier vint avec la soumission du roi en forme voulue; il apporta aussi des lettres pressantes de François en faveur du roi. Cela affecta les cardinaux indifférents aussi bien que ceux de la faction française de sorte qu'ils prièrent le pape de révoquer ce qui avait été fait. On appela un nouveau consistoire, mais les impérialistes déclarèrent, avec une plus grande véhémence que jamais qu'ils ne causeraient pas un tel scandale au monde que de révoquer une sentence définitive de la validité d'un mariage, et donner aux hérétiques un tel avantage par leur inconstance; il fut donc décidé que la sentence première serait maintenue, et que l'exécution en serait remise à l'empereur. Quand ceci fut connu en Angleterre le roi se détermina de secouer le joug du pape, résolution dans laquelle il avait fait de si grands progrès que le parlement avait passé tous les actes y concernant avant de recevoir la nouvelle de Rome; car il jugeait que la meilleure manière de s'assurer son cas était de montrer à Rome son pouvoir, et avec quelle vigueur il pouvait faire la guerre. Tout le reste du monde regardait avec étonnement la cour de Rome rejeter l'Angleterre, comme si elle eut été fatiguée de son obéissance et des profits d'un si grand royaume.

Plusieurs sièges, comme Ravenne, Milan, Aquilée prétendaient d'être affranchis de l'autorité papale. Plusieurs évêques anglais avaient affirmé que les papes n'avaient pas d'autorité contre les canons et jusqu'à ce jour aucun canon fait par le pape n'était en force jusqu'à ce qu'il fut reçu, ce qui montrait que l'autorité du pape n'était pas acceptée comme fondée sur l'autorité divine; et comme les lois leur avaient donné quelque pouvoir et que les princes avaient été forcés dans les siècles d'ignorance de se soumettre à leurs usurpations, ainsi ils pouvaient, quand ils en avaient cause, changer ces lois et reprendre leurs droits.

Le point suivant examiné fut l'autorité qu'ont les rois en matière de religion et de l'église. Dans le Nouveau Testament, Christ lui-même était sujet au pouvoir civil et commanda à ses disciples de ne pas s'arroger de pouvoir temporel. Les apôtres écrivirent aussi aux églises d'être soumises aux pouvoirs supérieurs, et de les appeler suprêmes; ils commandèrent à toute personne de leur être soumise. Dans l'Écriture le roi est appelé la tête et suprême, et toute âme et toute personne lui est dit-on soumise, ce qui joint aux autres parties de leur sage argument, amenèrent les personnes sensées d'alors à la conclusion qu'il est le chef suprême sur toutes personnes. Dans l'église primitive les évêques ne faisaient que des règlements ou des canons, mais ne prétendaient à aucune autorité coercitive que celle qui provenait du magistrat civil. Dans l'ensemble, ils conclurent que le roi avait un pouvoir complet sur tous ses sujets, qui s'étendait au règlement des affaires ecclésiastique. Ces questions étant discutées au long dans plusieurs débats et publiées dans plusieurs livres, tous les évêques, abbés et moines d'Angleterre, à l'exception de Fisher, en furent suffisamment satisfaits qu'ils résolurent de se soumettre aux changements, que le roi avait décidé de faire.

À l'assemblée suivante du parlement il n'y avait que sept évêques et douze abbés de présents; le reste, parait-il, ne voulurent pas concourir à faire le changement, quoiqu'ils s'y soumissent quand il fut fait. Tous les dimanches pendant la session un évêque prêcha à St. Paul, et déclara que le pape n'avait. aucune autorité en Angleterre; avant cela, ils avaient seulement dit qu'un concile général était au-dessus de lui, et que les exactions de cette cour et les appels à elle, étaient défendus; mais maintenant ils firent un pas de plus pour préparer le peuple à recevoir les mesures agitées. Le 9 de Mars les communes commencèrent le bill pour retrancher le pouvoir du pape, et l'envoyèrent aux lords le 14, qui le passèrent le 20 sans aucune opposition. Ils y montrèrent l'exaction de la cour de Rome établie sur le pouvoir d'exemption du pape; et que comme personne ne pouvait se soustraire aux lois de Dieu, ainsi le roi et le parlement seuls avaient l'autorité de se soustraire aux lois du pays; c'est pourquoi, de telles licences comme celles dont on se servait autrefois devraient pour le futur être accordées par les deux archevêques et confirmées par le grand sceau. Il fut, de plus, décidé que ci-après tout commerce avec Rome devrait cesser. Ils déclarèrent aussi qu'ils n'avaient pas l'intention de changer aucun article de foi catholique de la chrétienté, ou de ce qui était déclaré nécessaire au salut dans les Écritures. Ils confirmèrent toutes les exemptions accordées aux monastères par les papes, mais les soumirent à la visite du roi, et donnèrent au roi et à son conseil le pouvoir d'examiner et de réformer toute indulgence et privilège accordés par le pape. Cet acte soumettait les monastères complètement à l'autorité du roi. Ceux qui aimaient la réforme se réjouissaient de voir le pouvoir du pape déraciné et les Écritures établies comme règle de foi.

Après cet acte, un autre fut passé dans les deux chambres dans l'espace de six jours, sans aucune opposition, établissant la succession de la couronne, confirmant la sentence du divorce, et le mariage du roi avec la reine Anne; et déclarant tous les mariages compris dans les degrés prohibés par Moïse être illicites; tous ceux qui avaient été mariés dans ces degrés devaient être dévoués et les enfants rendus illégitimes; et la succession à la couronne fut établie sur les enfants du roi par la présente reine, ou à défaut de cela à l'héritier direct du roi à toujours. Tous furent requis de maintenir le contenu de cet acte; et s'ils refusaient le serment ou disaient quelque chose pour calomnier le mariage du roi, ils devaient être jugés coupable de trahison et punis en conséquence.

La convocation envoya en même temps une soumission par laquelle ils reconnaissaient que toutes convocations devraient être assemblées par une ordonnance du roi; et promirent, sur leur parole de prêtres, de ne jamais faire ou exécuter aucun canon sans le consentement du roi. Ils désiraient aussi, que, puisque plusieurs des canons reçus étaient contraires à la prérogative du roi et aux lois du pays, il y eut un comité de nommé par le roi de trente-deux, dont la moitié fut formée des chambres du parlement, et l'autre du clergé ayant le pouvoir de les abroger ou de les régler comme ils le jugeraient à propos. Ceci fut confirmé en parlement et l'acte contre l'appel à Rome fut renouvelé; un appel fut aussi permis de l'archevêque au roi, par lequel le grand chancelier devait accorder une commission pour une cour de délégués.

Un autre acte fut passé pour régler l'élection et la consécration des évêques; condamnant toute bulle de Rome et décidant que, quand une place devient vacante, le roi accorde une licence pour une élection, et devrait par une lettre missive, désigner la personne qu'il désire être choisie; et dans l'espace de douze jours après avoir été délivrée le doyen et son chapitre ou le prieur et son couvent étaient requis de rapporter l'élection de la personne nommée par le roi portant leur sceau. Là-dessus l'évêque élu devait jurer fidélité et une ordonnance devait être émise pour sa consécration de la manière habituelle; après cela il devait rendre hommage au roi, après quoi les revenus temporels et spirituels lui étaient remis et les évêques pouvaient exercer leur juridiction comme ils l'avaient fait auparavant. Un acte privé fut aussi passé privant le cardinal Campeggio et Jérôme de Gainuccii des évêchés de Salisbury et de Worcester; la raison donnée était qu'ils ne demeuraient pas dans leurs diocèses mais vivaient à la cour de Rome et retiraient £3000 par année du royaume.

En hiver le parlement siégea encore, et le premier acte passé déclara le roi le chef suprême de l'église d'Angleterre sur la terre, ce qui fut ordonné de préfixer à ses autres titres; et il fut arrêté que lui et ses successeurs auraient plein pouvoir de réformer toutes les hérésies et abus dans la juridiction spirituelle. Par un autre acte, le parlement confirma le serment de succession. Ils donnèrent aussi au roi les annates et les dîmes des bénéfices ecclésiastiques, étant le chef suprême de l'église; car le roi étant mis à la place du pape, on pensa raisonnable de lui donner ce que les papes avaient exigé autrefois. Un autre acte fut passé déclarant certaines choses trahison; une d'entre elles était de refuser au roi aucun de ses titres ou l'appeler un hérétique, schismatique ou usurpateur de la couronne. Par un autre acte, on pourvut à nommer vingt-six évêques suffragants en Angleterre pour l'administration plus expéditive des sacrements et un meilleur service divin. Le suprême diocésain devait présenter deux noms au roi, et sur la déclaration de son choix, l'archevêque devait consacrer la personne, et alors l'évêque devait déléguer telles parties de sa charge à ses soins comme il le trouvait à propos et qui devait continuer à son bon plaisir. La grande étendue des diocèses d'Angleterre faisait qu'il était difficile à un seul évêque de les gouverner; ceux-ci furent donc, appointés pour les assister.

Mais maintenant commença une nouvelle scène; avant d'y entrer il est nécessaire de raconter les progrès que les nouvelles opinions avaient faits en Angleterre pendant le procès du roi pour divorce. Pendant que Wolsey était ministre, les prédicateurs réformés furent traités avec douceur; et il est probable que le roi, quand le pape commença à le maltraiter, ordonna aux évêques de cesser de s'en occuper, car le progrès de l'hérésie fut toujours regardé à Rome comme parmi les maux qui résulteraient du rejet de la demande du roi. Mais Sir Thomas More venant en faveur, pensa que le roi agissant sévèrement contre les hérétiques cela serait si méritoire à Rome qu'il serait plus efficace que tout ce que ses menaces avaient fait. Là-dessus on fit une sévère proclamation contre leurs livres et leurs personnes, commandant que toutes les lois contre eux fussent mises à exécution. Tyndal et d'autres à Anvers traduisaient ou écrivaient des livres chaque année contre quelques-unes des erreurs reçues et les envoyaient en Angleterre; mais sa traduction du Nouveau Testament causa la plus grande plaie et le clergé s'en plaignit beaucoup comme remplie de fautes. Tonstal, alors évêque de Londres, étant un homme de grand savoir, revenant du traité de Cambray, comme il passait à Anvers contracta avec un marchand anglais qui était secrètement un ami de Tyndal, pour lui procurer autant de ses Testaments qu'il pourrait en avoir pour de l'argent.

Tyndal apprit cela avec plaisir; car étant occupé à une édition plus correcte il trouva qu'il pourrait plus facilement procéder si les copies de la vieille étaient vendues; il donna donc au marchand tout ce qu'il avait et Tonstal après eu avoir payé le prix les apporta en Angleterre et les brûla à Cheapside. Ceci fut appelé brûler la Parole de Dieu; et l'on dit que le clergé avait raison de se revenger sur elle car elle leur avait fait plus de mal que n'importe quel autre livre. Mais une année après, la seconde édition étant finie, un grand nombre fut envoyé en Angleterre quand il arriva que Constantin, un des associés de Tyndal, fut pris; croyant que quelques-uns des marchands de Londres leur fournissaient de l'argent, on lui promit sa liberté s'il voulait découvrir qui ils étaient; quand il leur dit que l'évêque de Londres avait fait plus que tout le monde ensemble car il avait acheté la plus grande partie de l'édition défectueuse. Le clergé en condamnant la traduction de Tyndal en promit une nouvelle; mais un an après ils dirent qu'il était inutile de publier l'Écriture en Anglais, et que le roi faisait bien de ne pas l'entreprendre.

La plume étant un moyeu trop doux, le clergé se mit à la persécution. Plusieurs furent emprisonnés pour enseigner à leurs enfants la Prière Dominicale en anglais, pour recevoir les prédicateurs et pour parler contre la corruption dans le culte ou les vices du clergé; mais ceux-ci abjuraient ordinairement et se sauvaient de la mort. D'autres, plus fidèles furent honorés par le martyre. Un Hinton, autrefois curé, qui s'était rangé du côté de Tyndal fut arrêté en revenant avec des livres qu'il apportait en Angleterre et fut condamné par l'archevêque Warham. Il fut gardé longtemps en prison; mais demeurant ferme à sa cause, il fut brûlé à Maidstone.

 

Martyre de Thomas Bilney.

Mais le plus remarquable martyr de ce jour fut Thomas Bilney qui fut élevé à Cambridge depuis son enfance et devint un hardi et inflexible réformateur. En laissant l'université, il alla dans plusieurs endroits et prêcha; et dans ses sermons parla avec une grande hardiesse contre l'orgueil et l'insolence du clergé. Ceci eut lieu pendant le ministère de Wolsey qui le fut arrêter et emprisonner. Surmonté par la peur, Bilney abjura, fut pardonné et retourna à Cambridge en l'an 1530. Ici, il fut saisi d'une profonde horreur parce qu'il avait renié la vérité. Il eut honte de lui-même, se repentit amèrement de son péché et devenant plus fort dans la foi, il résolut de faire une expiation par un aveu public de son apostasie et une confession de ses sentiments. Pour se préparer lui-même pour sa tâche, il étudia les Écritures avec une grande attention pendant deux ans; à l'expiration de ce temps il quitta de nouveau l'université et se rendit à Norfolk où il était né et il prêcha dans tout ce pays contre l'idolâtrie et la superstition; exhortant le peuple à se bien conduire, à donner l'aumône, à croire en Christ et à lui offrir leurs âmes et leurs volontés dans le sacrement. Il confessa ouvertement son péché d'avoir renié sa foi; et ne prenant aucune précaution quand il voyageait, fut bientôt pris par les officiers de l'évêque, condamné comme récidif et dégradé. Sir Thomas More non seulement envoya un mandat d'arrêt pour le brûler, mais pour le faire souffrir d'une autre manière affirma qu'il avait abjuré; mais aucun papier signé par lui ne fut jamais montré et l'on ne saurait croire les prêtres qui rapportèrent qu'il le fit de bouche. Parker, devenu après archevêque, fut un témoin oculaire de ses souffrances. Il supporta toutes ses privations avec un grand courage et résignation, et continua à être joyeux après sa sentence. Il mangea les pauvres provisions qui lui furent apportées avec appétit, disant qu'il lui fallait garder avec soin la cabane en ruine jusqu'à ce qu'elle tombât. Il avait les paroles d'Ésaïe souvent à la bouche. «Quand tu marcheras par le feu, tu ne seras pas brûlé;» et en se brûlant le doigt à la chandelle, il se préparait pour le feu et il disait qu'il ne consumerait que l'enveloppe de son corps, tandis qu'il purifierait son âme et la transporterait plus vite à la région où Élisée fut porté par un autre chariot de feu.

Le 10 novembre il fut amené au bûcher où il répéta sa confession de foi, comme preuve qu'il était un vrai chrétien. Il offrit alors d'une manière touchante cette prière-ci; «N'entre pas en jugement avec ton serviteur, Ô Éternel, car aucune chair vivante ne saurait être justifiée devant tes yeux.» Le docteur Warner l'embrassa, répandant beaucoup de larmes, et souhaitant de mourir dans une aussi bonne disposition qu'était celle de Bilney. Les moines le prièrent d'informer le peuple qu'ils n'étaient pas les instruments de sa mort; ce qu'il fit, de sorte que le dernier acte de sa vie fut plein de charité, même pour ceux qui le mirent à mort.

Les officiers placèrent alors les roseaux et les fagots autour de son corps et mirent le feu à ceux-là qui firent une grande flamme et lui défigurèrent le visage; il leva les mains et se frappa la poitrine, s'écriant parfois, «Jésus» parfois, «Creda!» Mais la flamme fut emportée loin de lui à plusieurs reprises, le vent étant très grand, jusqu'à ce qu'enfin le bois prenant feu la flamme s'agrandit et il rendit son esprit à Dieu qui le donna.

Comme son corps se rapetissait il se plia sur sa chaîne jusqu'à ce qu'un des officiers fit sauter la crampe de la chaîne derrière lui avec sa hallebarde et alors il tomba au milieu du feu et ils pilèrent du bois sur lui et le consumèrent. Les souffrances, la confession, et la mort héroïque de ce martyr inspirèrent et animèrent d'autres personnes à montrer un égal courage.

 

Histoire et martyre de Frith.

Frith était un jeune homme renommé pour son éducation, et le premier en Angleterre qui écrivit contre la présence corporelle dans le sacrement. Sir Thomas More répondit à son livre; mais Frith ne vit jamais sa publication jusqu'à ce qu'il fut en prison; et alors, quoique chargé de chaînes et privé de livres il y répondit.

Pour ces offenses il fut saisi en mai, 1533, et accusé de ne pas croire au purgatoire et à la transubstantiation. Il donna les raisons qui l'avaient déterminé à considérer ni l'un ni l'autre comme articles de foi. Les évêques semblaient peu désireux de prononcer la sentence, mais lui continuant résolu, Stokesley la prononça et le livra au pouvoir séculier, désirant en même temps que sa punition fut modérée; recommandation hypocrite qui ne trompa personne.

Frith avec un compagnon martyr nommé Hewitt, fut mené au bûcher à Smithfield le 4 juillet, 1533. En y arrivant il exprima une grande joie et même il embrassa les fagots. Un prêtre nommé Cook, qui se tenait près, dit au peuple de ne pas plus prier pour eux que pour un chien. En entendant cela, Frith souria et dit, «Que Dieu te pardonne.» Le feu fut allumé, et les martyrs réduits en cendres.

 

Martyre de Jean Lambert.

Jean Lambert, maître de langues à Londres, qui avait préparé dix arguments contre les dogmes du Dr. Taylor sur le sujet ci-dessus, tels qu'annoncés dans un sermon fait à l'église St. Pierre et les présenta au docteur, fut amené devant la cour de l'archevêque pour défendre ses écrits. En ayant appelé au roi, le théologien royal, qui était fier de montrer ses talents et son savoir, résolut de l'entendre en personne. Il publia donc une commission, commandant à la noblesse et aux évêques de se rendre à Londres pour l'assister contre les hérétiques.

Un jour fut appointé pour la controverse, quand un grand nombre de personnes de tous rangs s'assembla et Lambert fut tiré de sa prison par un garde et placé directement vis-à-vis du roi. Henri étant assis sur son trône, regarda le prisonnier avec un visage sévère et commanda alors à Day, évêque de Chichester d'expliquer la raison de la présente assemblée. L'évêque fit un long discours, disant que quoique le roi avait aboli l'autorité papale en Angleterre, on ne devait pas supposer qu'il permettrait aux hérétiques de déranger et troubler, sans impunité, l'église dont il était le chef. Il avait donc déterminé de punir tous les schismatiques et voulant avoir l'avis de ses évêques et de ses conseillers dans une si grande occasion, il les avaient assemblés pour entendre les divers arguments dans le cas actuel.

Le discours étant terminé, le roi ordonna à Lambert de déclarer son opinion quant au sacrement de la cène du Seigneur; ce qu'il fit en niant que c'était le corps de Christ. Le roi commanda alors à Cranmer de réfuter son assertion, ce qu'il essaya de faire; mais il fut interrompu par Gardiner qui s'interposa avec véhémence et étant incapable d'avancer un argument en sa faveur, essaya par des abus virulents de renverser son antagoniste. Tonstal et Stokesly les suivirent de la même façon; et Lambert commençant à leur répondre, fut commandé de se taire par le roi. Les autres évêques firent chacun un discours en réfutation d'un des arguments de Lambert, jusqu'à ce que tous les dix eussent répondu ou plutôt raillé; car il ne lui fut pas permis de les défendre quoique faussement représentés.

Enfin, quand le jour fut passé, et que les torches commencèrent à être allumées, le roi désireux de terminer cette prétendue controverse dit à Lambert, «Que dis-tu maintenant, après ces grands travaux que tu as pris sur toi et toutes les raisons et l'enseignement de ces savants? N'es-tu pas satisfait? Veux-tu vivre ou mourir? Qu'en dis-tu? Tu as encore le libre choix.»

Lambert répondit, «Je me soumets entièrement à la volonté de votre majesté.» Alors, dit le roi, «remets-toi entre les mains de Dieu et non entre les miennes.»

Lambert répondit, «Je remets mon âme entre les mains de Dieu, mais mon corps je remets et soumets à votre clémence.» Le roi lui répondit, «Si tu t'en remets à mon jugement tu dois mourir car je ne saurais être le patron des hérétiques;» et se tournant vers Cromwell, et dit, «Lis la sentence de sa condamnation» ce qu'il fit.

Le jour fixé pour que le saint martyr souffrit, il fut amené de la prison à huit heures du matin à la maison de Cromwell, où, dit-on, Cromwell désirait son pardon pour ce qu'il avait fait. Lambert étant enfin averti que l'heure de sa mort approchait, et étant amené dans la salle, salua les messieurs présents et s'assit pour déjeuner avec eux ne montrant ni tristesse ni crainte. Quand le déjeuner fut fini, il fut mené directement au lieu de l'exécution à Smithfield.

Le mode de son supplice fut terrible; car après que ses jambes furent brûlés jusqu'aux moignons, et qu'un petit feu fut laissé sous lui, deux monstres barbares qui se tenaient à chaque côté de lui, le percèrent avec leurs hallebardes, et le soulevèrent aussi haut que la chaîne pouvait aller; tandis que lui, élevant ses mains à demi consumées cria au peuple ces mots: «Nul autre que Christ, nul autre que Christ!» et ainsi, leurs hallebardes étant retirées, il tomba dans le feu et y termina sa vie.

Le parti papal triompha grandement à cet évènement, et essaya d'en profiter. Ils persuadèrent au roi que cela aurait un bon effet sur son peuple, qui y verrait son zèle pour la foi; et ils n'oublièrent pas de magnifier tout ce qu'il avait dit comme paroles d'oracles ce qui le montrait être le «Défenseur de la foi et le chef suprême de l'Église. Tout ceci affecta tellement le roi qu'il résolut de rassembler le parlement dans le but contradictoire de supprimer les monastères qui restaient et de supprimer les nouvelles opinions.»

 

Souffrances et martyre du Dr. Robert Barnes.

Le Dr. Barnes fut instruit à l'université de Louvain, en Brabant. À son retour en Angleterre il alla à Cambridge où il fut fait prieur de l'ordre des Augustins et intendant de leur collège. L'ignorance la plus profonde régnait dans l'université, excepté dans le cas de quelques personnes dont le savoir était inconnu au reste. Le Dr. Barnes, désireux d'augmenter la science et de répandre la vérité, commença bientôt à instruire les étudiants dans les langues classiques et avec l'aide de Parnel, il fit bientôt fleurir le savoir et l'université présenta un différent aspect. Ces bases étant posées, il commença à expliquer publiquement les épîtres de St. Paul, et à enseigner la doctrine de Christ en plus grande pureté. Il prêcha et discuta avec ardeur contre le luxe du haut clergé, particulièrement contre le cardinal Wolsey, et la lamentable hypocrisie du temps. Mais cependant il demeura ignorant de la grande cause de ces maux, à savoir, l'idolâtrie et la superstition de l'église; et pendant qu'il décriait le courant il but à la source et la fit couler pour d'autres. Enfin, ayant fait connaissance avec Bilney, il fut converti à Christ. Dans le premier sermon réformé qu'il prêcha il commenta l'Évangile du jour, suivant l'Écriture et l'exposition de Luther. Pour ce sermon il fut accusé d'hérésie par deux agrégés du King's Hall. Le Dr. Nottoris, un ennemi acharné de Christ lui proposa de se rétracter; mais il refusa comme cela paraît dans son livre qu'il écrivit au roi Henri réfutant le jugement du Cardinal Wolsey et le reste des évêques romains. Ils continuèrent à Cambridge, l'un prêchant contre l'autre jusqu'à six jours avant le carnaval, quand soudainement, un sergent fut envoyé pour l'arrêter. Le mercredi il arriva à Londres et logea à la maison de Parnel. Le jour suivant il fut mené devant le Cardinal Wolsey à Westminster, et causa avec lui dans sa chambre d'État se tenant à genoux.

«Quoi, M. le docteur,» lui dit Wolsey, «n'avez-vous pas assez de place dans les Écritures pour enseigner le peuple sans que mes souliers en or, mes haches d'armes, mes colonnes, mes coussins, mes croix vous offensent et que vous me rendiez ridicule parmi le peuple qui aujourd'hui se moque de nous. Vraiment c'était un sermon plus convenable à prêcher sur le théâtre que dans la chaire; car à la fin vous avez dit que je porte une paire de gants rouges, «je devrais dire des gants ensanglantés» disiez-vous pour que je n'ai pas froid dans mes cérémonies.» À cette moquerie le Dr. Barnes répondit, «Je ne dis rien que la vérité tirée des Écritures, suivant ma conscience et suivant les anciens docteurs.» Il lui remit alors six feuilles de papier écrites, pour corroborer ses assertions.

Le cardinal les reçut en riant, disant. «Nous apercevons que vous avez l'intention de maintenir vos articles et de montrer votre savoir.» Barnes lui répondit, «oui, j'en ai l'intention, avec la grâce de Dieu et la permission de votre grandeur.» Le cardinal se fâcha et dit, «Des gens tels que vous sont peu disposés à notre égard et encore moins envers l'église catholique. Je vous demanderai si vous pensez plus nécessaire que j'aie toute cette royauté, parce que je représente la majesté du roi dans toutes les hautes cours de ce royaume ou d'être aussi simple que vous le désirez, de vendre toutes ces choses et les donner aux pauvres qui bientôt après les jetteraient dans la boue; et de faire disparaître cette dignité princière qui est en terreur au méchant et suivre votre conseil?»

«Je crois,» dit Barnes, «qu'on doit les vendre et les donner aux pauvres. Tout ceci ne convient pas à votre état; et la majesté du roi n'est pas maintenu par votre pompe et vos haches d'armes, mais par Dieu qui dit "Les rois règnent par moi".» Se tournant vers ceux de sa suite le cardinal dit satiriquement: «Voyez maîtres docteurs, il est l'homme instruit et sage que vous m'avez dit!» Alors ils s'agenouillèrent et dirent, «Nous désirons que votre grâce soit charitable à son égard, car il se réformera.» Le cardinal dit avec douceur, «Levez-vous; pour l'amour de vous et de l'université nous lui serons favorable.» Se tournant vers Barnes, il ajouta, «Qu'en dites-vous, maître docteur; ne savez-vous pas que je suis capable de décider en toutes matières qui concerne la religion dans ce royaume, comme le pape lui-même?» Barnes répondit candidement, «Je sais qu'il en est ainsi.» Le cardinal lui demanda alors, «Vous laissez-vous conduire par nous? et nous ferons tout pour votre avantage et celui de l'université.» Barnes répondit, «Je remercie votre grâce de votre bonne volonté; je vais m'attacher aux Saintes-Écritures, comme étant le livre de Dieu, suivant le simple talent que Dieu m'a donné.» Le cardinal termina le dialogue en disant, «Eh bien, tu auras ton savoir essayé jusqu'au bout et tu auras la loi.»

Le lendemain matin il fut amené par le sergent dans le lieu du chapitre, devant les évêques, et Islip, l'abbé de Westminster. Ceux-ci demandèrent au sergent quel était son message. Il dit qu'il avait amené le Dr. Barnes accusé d'hérésie, et il présenta à la fois ses articles et ses accusateurs. On demanda au Dr. Barnes s'il voulait souscrire à ses articles? Il y souscrivit volontiers, et il fut envoyé avec le jeune Parnel à la prison Fleet.

Le samedi suivant il fut de nouveau amené devant eux dans le lieu du chapitre. Après une longue contestation, ils lui demandèrent s'il voulait abjurer ou être brûlé. Il fut bien agité et se sentit plutôt incliné à brûler qu'à abjurer. Mais il eut encore le conseil de Gardiner et Fox qui le persuadèrent d'abjurer, parce que, disaient-ils, il pourrait pour le futur garder le silence; donnant d'autres raisons pour sauver sa vie et arrêter son hérésie. Sur cela, s'agenouillant, il consentit à abjurer; cependant ils consentirent à peine de le recevoir dans le sein de l'église, comme il l'appelait. Alors il lui firent prêter serment et lui ordonnèrent d'accomplir tout ce qu'ils lui commandaient; ce qu'il promit.

Sur cela ils commandèrent au gardien de la Fleet de le garder en prison close, et le matin de procurer cinq fagots pour le Dr. Barnes et quatre autres personnes accusées d'hérésie, le cinquième homme devant avoir un cierge du poids de cinq livres préparé pour lui, pour l'offrir à la croix de Northen à l'église St. Paul, et d'avoir ces choses prêtes à huit heures le matin suivant; et que lui avec tout ce qu'il pourrait faire avec des bills et des glaives et le maréchal du palais avec toutes les baguettes qu'il pourrait faire, devrait les apporter à l'église St. Paul et les conduire de nouveau à la maison. En conséquence, le matin ils étaient tous prêts à l'heure appointée à l'église St. Paul, qui était comble. Le cardinal avait un échafaud sur le haut de l'escalier pour lui-même avec trente-six abbés, prieurs mitrés et évêques, et sur son trône dans toute sa pompe se trouvaient ses chapelains et ses docteurs spirituels en robe de damas et de satin, et lui-même en pourpre. Il y avait aussi une nouvelle chaire érigée sur le haut de l'escalier pour l'évêque de Rochester pour prêcher, contre Luther et Barnes; et de grands paniers de livres placés devant eux en dedans de la balustrade, que l'on commanda de brûler, après que le feu fut fait devant la croix de Northen et ces hérétiques devaient après le sermon faire trois fois le tour du feu et y jeter leurs fagots.

Pendant le sermon le Dr. Barnes et les hommes furent obligés de s'agenouiller et de demander pardon à Dieu et à l'église catholique et la grâce du cardinal; après le sermon on lui commanda de déclarer qu'il était traité plus charitablement qu'il ne méritait, ses hérésies étant si horribles et exécrables; il s'agenouilla de nouveau demandant au peuple de lui pardonner et de prier pour lui. Cette farce étant terminée, le cardinal partit dans son baldaquin, avec ses hommes mitrés avec lui jusqu'à ce qu'il vint à la seconde porte de l'église St. Paul, alors il monta une mule et les hommes mitrés revinrent de nouveau. Alors les prisonniers ayant reçu ordre de descendre de la plateforme sur laquelle les balayeurs avaient coutume de se tenir quand ils balayaient l'église, les évêques les y placèrent encore et commandèrent au maréchal du palais et au gardien de la Fleet, avec leur compagnie, de les mener autour du feu; ils furent alors amenés aux évêques et s'agenouillèrent pour l'absolution. L'évêque de Rochester se tenant debout, déclara au peuple combien de jours de pardon et de rémission ils avaient pour avoir été présents à ce sermon, et le Dr. Barnes avec les autres furent reçus de nouveau dans l'église. Ceci fait, ils furent menés de nouveau à la prison devant y rester jusqu'à ce que le bon plaisir du cardinal fut connu.

Le Dr. Barnes y étant resté six mois fut relâché pour devenir un prisonnier sur parole chez les religieux Austin à Londres. Mais y étant veillé on fit de nouvelles plaintes à son sujet au cardinal et pour cela on le transporta chez les religieux Austin de Northampton, pour y être brûlé; intention dont, toutefois, il était ignorant. Enfin M. Horne qui était son intime ami, ayant eu connaissance du mandat d'arrêt qu'on devait sous peu lancer contre lui, lui conseilla de feindre, d'être dans un état de désespoir et d'écrire une lettre au cardinal et de la laisser sur sa table où il demeurait avec un papier déclarant où il était allé pour se noyer et de laisser ses habits au même endroit; et une autre lettre devait être laissée au maire de la ville de le chercher dans l'eau, parce qu'il avait une lettre écrite sur du parchemin autour du cou cachetée en cire pour le cardinal qui avertirait toute le monde de se méfier de lui. Ce plan il mit à exécution et ils le cherchèrent pendant sept jours; mais cependant il était conduit à Londres couvert d'habits de pauvres gens d'où il s'embarqua et alla à Anvers où il trouva Luther.

Le Dr. Barnes devint savant dans la Parole de Dieu et fort en Christ et bien estimé de tous les hommes dont l'estime était un honneur, particulièrement Luther, Melanchton, le duc de Saxe, et roi de Danemark ce dernier, dans le temps de More, l'envoya avec les Lubecks comme ambassadeurs au roi Henri VIII. Sir Thomas More qui succéda à Wolsey comme chancelier aurait bien voulu l'attraper; mais le roi ne voulut pas le permettre et Cromwell était son grand ami. Avant de partir, les Lubecks et lui discutèrent avec les évêques d'Angleterre en défense de la vérité et on lui permit de partir sans empêchement. Après avoir été à Wittemberg, chez le duc de Saxe et Luther, il resta là pour faire imprimer ses ouvrages qu'il avait commencés, après quoi il revint de nouveau au commencement de la reine Anne, comme d'autres le firent, et il continua à être un fidèle prédicateur à Londres, étant pendant tout son règne bien vu et promu. Après cela il fut envoyé comme ambassadeur par Henri au duc de Clèves pour l'affaire du mariage de lady Anne de Clèves et du roi. Il donna une grande satisfaction dans toutes les tâches qui lui furent confiées.

Peu de temps après ceci, le Dr. Barnes, avec ses frères furent pris et menés devant le roi à la Cour Hampton. Le roi désirant d'amener un accord entre lui et Gardiner, à la demande de ce dernier lui permit d'aller chez lui avec l'évêque pour s'entretenir avec lui. Mais ne s'accordant pas, Gardiner et ses associés essayèrent d'induire Barnes et ses amis dans un plus grand danger qui peu de temps après fut préparé. À cause de certaines plaintes faites au roi à leur égard on leur commanda de prêcher trois sermons à Pâques à l'hôpital; à ces sermons, outre les autres rapporteurs qui y furent envoyés, Gardiner était présent, assis avec le maire, l'un ou l'autre pour rendre témoignage de leur rétractation, ou bien, comme les Pharisiens vinrent à Christ, pour les surprendre dans leurs discours, s'ils disaient quelque chose de mal. Barnes prêcha le premier, et à la conclusion de son sermon pria Gardiner, s'il pensait qu'il avait dit quelque chose de contraire à la vérité, de lever la main en face de tous ceux qui étaient présents, sur quoi Gardiner leva immédiatement le doigt. Malgré cela, ils furent tous les trois, par le moyen des rapporteurs, envoyés à la Cour Hampton, d'où ils furent conduits à la tour où ils restèrent jusqu'à ce qu'ils furent mis à mort.

M. Garret était un curé de Londres. Vers l'année 1526, il vint à Oxford et apporta avec lui des livres en latin, traitant des Écritures et la première traduction du Nouveau Testament en anglais qu'il rendit aux gens de lettres à Oxford. Après en avoir disposé ou reçut la nouvelle de Londres qu'on le cherchait dans toute la ville, comme hérétique et pour avoir vendu des publications hérétiques, comme on les appelait. Il n'était pas inconnu au cardinal Wolsey à l'évêque de Londres et à d'autres que M. Garret avait un grand nombre de ces livres et qu'il était allé à Oxford pour les vendre. C'est pourquoi ils déterminèrent de faire une recherche secrète dans tout Oxford, pour brûler ses livres et lui aussi s'ils le pouvaient. Mais heureusement un des procureurs du collège Magdalen, M. Cole étant une des connaissances de M. Garret l'avertit de la recherche qu'on faisait et lui conseilla de s'éloigner d'Oxford aussi secrètement que possible.

Une cure lui fut procurée par Dalabar, un autre ami et M. Garret s'en alla à Dorsetshire. Jusqu'où il alla et par quelle occasion il revint bientôt après, n'est pas connu. Mais le samedi suivant il vint à la maison de Radley, où il logeait avant, et après minuit, dans une perquisition secrète qu'on fit pour l'arrêter il fut pris par les deux procureurs et le samedi matin on le livra au Dr. Cottisford, maître du collège Lincoln qui le retint prisonnier dans sa chambre. Il y eut à ce sujet une grande réjouissance parmi les papistes et surtout de la part du Dr. Loudon gardien du Nouveau Collège et du Dr. Higdon doyen de Frideswide qui envoya immédiatement des lettres avec toute diligence au cardinal pour l'informer de l'arrestation de cet hérétique important pour lequel ils étaient bien assurés de recevoir de grands remerciements. Mais de tout ce soudain brouhaha, Dalabar ne connaissait rien; il ne savait pas que Garret était de retour, ni son arrêt jusqu'à ce qu'il vint à sa chambre: aussitôt qu'il le vit il lui dit qu'il était fini puisqu'il était pris. Il parla ainsi imprudemment en présence d'un jeune homme. Quand le jeune homme fut parti, Dalabar lui demanda qui il était et comment il le connaissait. Il dit qu'il ne le connaissait pas; mais qu'il avait été voir un moine de ses connaissances dans ce collège et là-dessus il demanda à son domestique de le conduire à son frère. Il déclara alors comment il était revenu et pris dans la secrète perquisition.

Dalabar lui dit alors: «Hélas! M. Garret, par votre venue imprudente et en parlant devant ce jeune homme, vous vous êtes découvert et m'avez complètement perdu.» Il lui demanda pourquoi il n'allait pas à son frère avec ses lettres. Il lui dit qu'après s'être éloigné pendant un jour et demi, il avait si peur, que son cœur lui suggéra qu'il devait retourner à Oxford; en conséquence il vint encore le vendredi soir et fut pris. Mais maintenant, avec larmes, il priait Dalabar de l'aider à s'éloigner, et il jeta loin son capuchon et sa robe dans laquelle il vint et demanda un habit à manches disant qu'il lui serait possible de se déguiser, d'aller au Pays de Galles et de là en Allemagne. Dalabar lui mit alors un de ses habits à manches. Il aurait aussi mis une autre espèce de capuchon, mais il ne put en trouver pour lui.

Alors ils s'agenouillèrent tous les deux et élevèrent leurs cœurs à Dieu, le priant de l'aider dans son voyage, afin qu'il s'échappa de ses ennemis, à la gloire de son nom si c'était son bon plaisir. Ils s'embrassèrent alors et purent à peine se dire adieu à cause de leur chagrin; enfin déguisés dans les habita de son frère, il partit. Mais sa fuite fut bientôt connue, il fut poursuivi et arrêté à un endroit appelé Hinksey, un peu plus loin que Oxford et étant ramené il fut mis en prison; après cela il fut amené devant le Dr. Loudon et le Dr. Higdon à, l'église de Ste. Marie, trouvé coupable d'être un hérétique et ensuite forcé de porter un fagot dans une procession publique de l'église Ste. Marie à la place d'où il venait: après cela, s'échappa de leur tyrannie, jusqu'à ce qu'il fut de nouveau arrêté avec le Dr. Barnes.

William Jérôme était vicaire de Stepney, et convaincu des erreurs de l'église de Rome et des conséquences qui en résultaient, il prêcha avec beaucoup de zèle les pures et simples doctrines de l'Évangile au lieu des traditions des hommes. Il fut bientôt connu des ennemis de la vérité qui le veillaient avec une jalousie maligne; Il ne s'écoula guère de temps avant que, dans un sermon prêché à l'église St. Paul, dans lequel il traita de la justification par la foi, il les offensa; alors il fut cité devant le roi à Westminster étant accusé d'hérésie.

On l'accusa, d'avoir dit suivant St. Paul dans son épître aux Galates — Que les enfants de Sara — employés allégoriquement pour les enfants de la promesse — étaient tous nés libres; et qu'indépendamment du baptême et de la pénitence ils étaient, par la foi, faits héritiers de Dieu. Le Dr. Wilson s'opposa fortement à cette doctrine. Mais Jérôme la défendit avec toute la force de la vérité, et dit que quoique les bonnes œuvres étaient le moyen du salut, (NOTE GoDieu.com: Il n'y a pas de salut par les œuvres «Car par grâce vous êtes sauvés à cause de la certitude de Christ; et cela est l'offrande de Dieu et donc pas de vous même; Ce n'est point par vos actions, afin que personne ne s'en vante.» (Éphésiens 2:8-9) Toutefois, les œuvres sont les fruits gracieux suite à l'obtention irrésistible du salut.) cependant elles suivaient comme conséquence de la foi dont elles étaient les fruits et qui découvraient leurs racines, comme le bon fruit fait connaître le bon arbre. Mais ses ennemis étaient si acharnés et le roi si trompé que Jérôme fut envoyé à la Tour, de compagnie avec les deux autres bons soldats de Christ pour souffrir avec eux pour sa foi.

Ici ils restèrent tandis qu'on instruisait contre eux leur procès par le conseil du roi en parlement par lequel, sans avoir été entendu et sans connaissance de leur sort, il furent convaincus d'hérésie et condamnés aux flammes. Le 30 juin suivant, ils furent amenés de la Tour à Smithfield où on leur permit de parler au peuple. Le Dr. Barnes parla le premier comme suit: — Je suis venu ici pour être brûlé comme hérétique et vous allez entendre ma confession de foi par laquelle vous pourrez voir quelle opinion erronée j'entretiens. Je prends Dieu à témoin que suivant ma connaissance je n'ai jamais enseigné de doctrine erronée, mais seulement celles que l'Écriture m'enseigne; et dans mes sermons je n'ai jamais encouragé l'insurrection, mais avec toute diligence me suis-je efforcé de montrer la gloire de Dieu, l'obéissance pour notre souverain seigneur le roi et la vraie et sincère religion de Christ; et maintenant vous allez entendre ma croyance:

«Je crois en la sainte et bénie Trinité, (NOTE GoDieu.com: Le mot trinité n'existe nul part dans la Bible qui nous enseigne jalousement à maintes reprises qu'il n'y a qu'un seul Dieu et non pas trois en un. Le Père, le Fils Jésus-Christ (Messie) et l'Esprit-Saint ne sont qu'un et même Esprit qui est Dieu, le Créateur. (Jean 1:14; Jean 4:23-24)) trois personnes en un seul Dieu qui a créé et fait le monde, et que cette bénie Trinité à envoyé la seconde personne, Jésus-Christ, dans le sein de la Vierge Marie pure et souverainement bénie. Je crois qu'il a été conçu par le Saint-Esprit, et reçu d'elle son corps; qu'il souffrit la faim, la soif, le froid et d'autres passions de notre corps, excepté le péché, suivant ce qu'il est dit, "Il fut fait en toute chose comme ses frères, excepté le péché." Et je crois que sa mort et sa passion sont une rançon pour le péché. Et je crois que par sa mort il vainquit le péché, la mort et l'enfer et qu'il n'y a pas d'autre satisfaction auprès du Père mais seulement par sa mort et sa passion; et qu'aucune œuvre de l'homme ne mérite rien de Dieu, mais la passion seule de Christ comme nous procurant notre justification, car je sais que la meilleure œuvre que j'aie jamais faite est impure et imparfaite.»


Ayant dit cela il ouvrit ses mains et demanda à Dieu de lui pardonner ses offenses:


«C'est pourquoi, je te prie, Ô Seigneur de ne pas entrer en jugement avec moi suivant les paroles du prophète David. C'est pourquoi je ne m'appuie sur aucune bonne œuvre que j'aie jamais faite, mais seulement sur la mort de Christ. Je n'ai aucun doute que par lui je n'hérite du royaume des cieux. Mais n'allez pas vous imaginer que je parle contre les bonnes œuvres, car on doit en faire; et véritablement ceux qui ne les font pas n'entreront pas dans le royaume de Dieu. Il nous faut les faire parce que Dieu nous ne le commande pour montrer et faire paraître notre profession non pas pour mériter ou être digne; car cela ne s'obtient que par la mort de Christ.»

Quelqu'un lui demanda alors son opinion sur les prières aux saints. «Maintenant quant aux saints,» dit-il, «Je crois qu'ils sont au ciel avec Dieu, et qu'ils sont dignes de tout l'honneur que l'Écriture veut qu'ils aient: mais il ne nous est pas commandé dans l'Écriture de les prier. C'est pourquoi je ne puis ni ne veux prêcher que les saints doivent être priés, car alors je vous prêcherais une doctrine de ma propre tête. Quant à savoir s'ils prient pour nous ou non, je m'en rapporte à Dieu. Si les saints prient pour nous, alors j'espère prier pour vous dans l'espace d'une demi-heure. C'est pourquoi, si les morts peuvent prier pour les vivants je prierai certainement pour vous.»

Alors dit-il au shérif, «Avez-vous quelques raisons contre moi pour lesquelles je suis condamné?» Le shérif répondit «Non.» Alors, dit Barnes, «Y a-t-il ici quelque autre personne qui connaisse pourquoi je meure, ou que, par ma prédication j'aie induit en erreur? Qu'elle parle maintenant et je lui répondrai.» Mais personne ne répondit. Alors, dit-il, «Je suis condamné par la loi à mourir, et, comme je le comprends par un acte du parlement; mais pourquoi je ne saurais dire; peut-être est-ce pour hérésie car nous sommes probablement condamnés à souffrir pour cette accusation quoique cruelle. Mais quant à ceux qui en ont été l'occasion, je prie Dieu de leur pardonner comme je voudrais être pardonné moi-même. Et le Dr. Stephen, évêque de Winchester, s'il a cherché ou préparé ma mort, soit par paroles ou action, je prie Dieu de le lui pardonner, aussi cordialement, aussi librement, aussi charitablement et aussi sincèrement que Christ à pardonné à ceux qui l'ont mis à mort. Je vous prie tous de prier pour la prospérité du roi comme je l'ai fait depuis que je suis en prison et je le fais maintenant afin que Dieu puisse lui donner prospérité et qu'il puisse régner longtemps parmi vous; et après lui que le pieux prince Édouard paisse finir les choses que son père a commencées.»

Après cet admirable discours, le Dr. Barnes, demanda que s'il avait offensé quelqu'un ou donné scandale, qu'on lui pardonnât et se corrigeât du mal qu'ils avaient reçu de lui et lui rendre témoignage qu'il détestait et abhorrait toute mauvaise opinion et doctrine contre la Parole de Dieu, et qu'il mourait dans la foi en Jésus-Christ par lequel il ne doutait pas qu'il fût sauvé. Après ces paroles il leur demanda à tous de prier pour lui; il ôta alors ses habits et se prépara à la mort.

Jérôme leur parla comme suit: «Je vous dis, mes bons frères que Christ nous a achetés non pas à vil prix, ni avec de l'or et de l'argent, ou autre chose de peu de valeur, mais avec son sang le plus précieux. Ne soyez donc pas ingrats envers lui; mais accomplissez ses commandements — c'est-à-dire, aimez vos frères. L'amour ne nuit à personne; l'amour accomplit tout. Si Dieu t'a envoyé l'abondance, aide ton prochain qui est dans le besoin. Donne-lui de bon conseil. S'il est dans la nécessité considérez que si vous étiez dans la nécessité que vous seriez contents d'être aidés. Et de plus, portez votre croix avec Christ. Considérez quel reproche, calomnie et blâme il a souffert, et comme il a enduré patiemment. Considérez que tout ce que Christ a fait était le produit de sa pure bonté et non pas pour nos mérites. Si nous pouvions mériter notre propre salut, Christ ne serait pas mort pour nous. Que les chrétiens donc ne mettent pas leur confiance en leurs œuvres mis dans le sang de Christ seul, auquel je remets mon âme vous suppliant tous de prier Dieu pour moi et pour mes frères ici présents avec moi pour que nos âmes, laissant ces misérables corps, s'en aillent dans la vraie foi en Christ.»

Après avoir conclu, Garret parla ainsi: «Moi, aussi, je déteste toutes les erreurs et les hérésies, et si j'en ai enseigné quelques-unes, j'en suis chagrin et en demande à Dieu le pardon. Ou si j'ai été imprudent dans la prédication et que quelqu'un en ait été offensé ou reçu une mauvaise opinion, je lui en demande pardon. Toutefois, d'après ma mémoire, je n'ai jamais prêché quelque chose contre la Sainte Parole de Dieu ou de contraire à la vraie foi; mais j'ai toujours essayé, avec le peu de connaissance et de sagesse que j'ai de rehausser la gloire de Dieu, la vraie obéissance à ses lois et aussi celle du roi. Si j'avais pu mieux faire, je l'aurais fait. C'est pourquoi, Seigneur, si j'ai entrepris de faire quelque chose que je ne pouvais pas bien accomplir, je demande ton pardon pour mon hardie présomption. Et je prie Dieu de donner au roi de sages conseils à son honneur et au surcroît de vertu dans ce royaume. Et ainsi je remets mon âme au Tout-Puissant me confiant et croyant que lui, dans sa miséricorde infinie suivant sa promesse faite par le sang de son fils, Jésus-Christ, la prendra et pardonnera tous mes péchés, dont je lui demande pardon et je désire que vous priez tous avec et pour moi, que je puisse endurer patiemment cette souffrance et mourir dans la vraie foi, l'espérance et la charité.»

Les trois martyrs se prirent alors par la main et après s'être embrassés se remirent à leurs exécuteurs, qui, les attachant au bûcher, allumèrent les fagots et terminèrent leur vie mortelle et leurs soucis.

 

Martyre de Patrick Hamilton.

Patrick Hamilton, descendait de haute famille, il fut élevé avec l'intention d'être promu dans les ordres. Il se rendit en Allemagne pour étudier et là faisant la connaissance de Luther, et de Melanchton il devint convaincu de la vérité de leurs doctrines.

Après avoir prêché quelque temps à ses concitoyens, il fut invité à l'église St. André pour examiner les points en question. Mais ses ennemis, se trouvant défaits par ses arguments résolurent de se venger. Hamilton fut en conséquence emprisonné. On prépara des articles contre lui et sur son refus d'abjurer, Beaton, archevêque de St. André avec l'archevêque de Glasgow, trois évêques et cinq abbés le condamnèrent comme hérétique obstiné, le livrèrent au bras séculier et ordonnèrent son exécution cette même après-midi. Quand il fut attaché au bûcher il exprima une grande joie dans ses souffrances puisqu'il entrait ainsi dans la vie éternelle. Un religieux nommé Campbell se montra très prévenant. Hamilton répondit qu'il savait qu'il n'était pas un hérétique, qu'il s'était confessé à lui privément et le chargea de répondre pour cela au trône du Dieu tout-puissant. Alors on apporta la poudre et le feu étant allumé, il mourut après avoir répété ces mots, «Seigneur Jésus, reçois mon esprit.» Son persécuteur implacable, Campbell, devint fou bientôt après et mourut sans recouvrer sa raison.

Henri Forest, un jeune homme de Lithquon fut la victime suivante. Sa première offense fut de dire que Patrick Hamilton mourut martyr et que ses articles étaient vrais. Pour cela il fut pris et mis en prison par Beaton. Il demanda, peu de temps après, un certain religieux du nom de Walter Laing d'entendre sa confession. Quand Forest eut déclaré qu'il pensait que Hamilton était un homme bon et injustement mis à mort et que ses articles de foi étaient vrais et non pas hérétiques, le moine en informa l'évêque. Sa confession étant donnée comme preuve contre lui, il fut cité devant le clergé et les docteurs et livré par eux au bras séculier pour être mis à mort.

Quand le jour vint, il fut amené devant le clergé dans un champ couvert de gazon entre le château de St. André et un lieu appelé Monymaill. Aussitôt qu'il vit les visages du clergé, il cria à haute voix, «Fi! au mensonge. fi! aux faux moines, révélateurs de confession. Ci-après que personne ne se fie aux moines, contempteurs de la Parole de Dieu et séducteurs des hommes.» Après cette dégradation ils le condamnèrent comme hérétique égal à Hamilton; et il souffrit la mort pour son fidèle témoignage de la vérité en Christ.

 

Testwood et ses compagnons.

Robert Testwood, de Londres, avait, par sa connaissance de la musique acquit un si grand nom que les musiciens au collège Windsor le pensèrent digne d'avoir une place parmi eux. Il était tant aimé pour sa voix et son habileté qu'il vint s'établir à Windsor avec sa famille et était fort estimé par le doyen et les canons. Un jour qu'il dînait avec le Dr. Rawson, un des canons, un des quatre prêtres de la chambre du roi Édouard, nommé Ély, était présent. M. Ély commença à se moquer des laïques qui se mêlaient d'étudier les Écritures et d'être mieux instruits, tout en ne connaissant que la langue anglaise, que les savants d'Oxford et de Cambridge. Testwood, s'apercevant que cela lui était adressé, dit «M. Ély, avec votre permission, je crois qu'il n'y a pas de mal à un laïque, tel que je suis, de lire et de connaître les Écritures.»

Il s'éleva alors une dispute concernant le pape, dont la suprématie n'était pas connue être mise en question au parlement au point où elle l'était. Ély demanda à Testwood si le pape ne devait pas être la tête de l'église. Testwood répondit que, chaque roi dans son propre royaume, devrait être la tête de l'église soumise à Christ. En entendant cela Ély se leva de table dans un grand transport, appelant Testwood un hérétique. Testwood était chagrin de voir le vieillard agir de la sorte, et après dîner le trouvant marchant dans l'église, pensa de voir parler avec lui charitablement; mais Ély l'évita, disant aux autres qui marchaient auprès, «Méfiez-vous de cet homme-là car il est le plus grand hérétique qui soit jamais venu à Windsor.»

Après cela, Testwood souffrit beaucoup de persécution; et quoique la suprématie du roi passât en parlement, cependant les ennemis de Testwood avaient résolu sa perte. Il avait peur de quitter sa maison; et une fois quand il s'aventura dans le chapitre un de ses ennemis tira un poignard et l'aurait poignardé si Ward, un juge de paix ne l'en eût empêché.

Antoine Pearson allait fréquemment prêcher à Windsor vers l'an 1540, et il était très estimé parmi le peuple qui courait en si grande foule à ses sermons que les prêtres du château avec d'autres papistes en ville, surtout Simons, en furent offensés. Simons, enfin, commença à prendre note de ses sermons et à noter ses auditeurs; de là résulta la mort de plusieurs honnêtes gens. Environ un an après le Dr. Loudon, gardien du Nouveau Collège à Oxford fut admis comme l'un des prébendiers de Windsor qui, après sa première venue, commença à montrer son aversion pour la doctrine luthérienne.

À son premier dîner à sa résidence, toute sa conversation avec deux messieurs, étrangers à sa table, ne fut que sur les hérétiques, et quelle désolation ils causeraient au royaume si on les endurait. «Et par Ste. Marie, messieurs,» dit-il, «il circule un rapport étrange de cette maison.» Quelqu'un fit la remarque que c'était sans raison. «Je prie Dieu qu'il en soit ainsi. Je suis un étranger parmi vous mais j'ai entendu dire qu'il y en a ici dans cette maison qui ne veulent avoir ni prière ni jeûne.»

Alors Testwood dit, «Sur ma parole, monsieur, je pense que cela a été dit par malice; car la prière, comme vous le savez mieux que moi, était l'une des premières leçons que le Christ nous a enseignée.» «Oui, monsieur,» dit-il, «mais les hérétiques ne veulent pas d'invocation des saints, que tous les pères de l'Église permettent.» «Ce que les pères de l'Église permettent,» dit Testwood, «Je ne puis dire; mais l'Écriture nous enseigne d'aller au Père et de lui offrir nos demandes au nom de Christ.» «Alors vous ne voulez point de médiateur entre nous et Dieu,» dit le docteur. «Oui, monsieur,» dit Testwood, «notre médiateur est Christ, comme le dit St. Paul, "Il y a un médiateur entre Dieu et les hommes savoir Jésus-Christ."» «Donnez-nous de l'eau,» dit le docteur en colère, comme s'il était devenu impur par la compagnie d'un hérétique. Quand l'eau fut apporté sur la table, il rendit grâce et se leva, et pendant qu'il parlait sur un autre sujet avec les étrangers, les clercs prirent congé et s'en allèrent.

Quand ce fier prébendier eut été un certain temps au Windsor et eut appris qui était Testwood, et quelle sorte d'hérétiques était en ville et combien ils croissaient par le moyen d'un prêtre appelé Antoine Pearson, il entretint une disposition presque infernale à leur égard. Dr. Loudon se mit à l'œuvre au sérieux. L'évêque Gardiner était son plus puissant auxiliaire, car il persuada au roi d'avoir la loi mise en force. Bientôt après Robert Benet, Henri Filmer, Jean Marbeck et Robert Testwood furent arrêtés pour des livres et des écrits contre les six articles trouvés à leurs maisons; ils furent gardés jusqu'au lundi suivant, et amenés ensuite au conseil, excepté Testwood qui était malade de la goutte. Les trois autres furent logés en prison; Filmer et Benet au cachot de l'évêque de Londres, et Marbeck au Marshalsea. Ils furent examinés très rigoureusement, mais demeurant fermes, ils furent condamnés à mort. Marbeck par le moyen de l'évêque de Sarum fut pardonné, mais ses compagnons souffrirent comme il est dit plus haut.

Le samedi matin deux des canons du collège vinrent à la prison, l'un appelé le Dr. Blithe, et l'autre M. Arch qui furent envoyés comme confesseurs. M. Arch leur demanda, s'ils voulaient se confesser? Ils dirent, «Oui.» Alors il leur demanda, s'ils voulaient recevoir le sacrement? «Oui,» dirent-ils «de tout notre cœur.» «Je suis content,» dit Arch, «de vous entendre dire cela; mais la loi est qu'il ne saurait être administré à une personne condamnée d'hérésie; toutefois, c'est assez pour vous de l'avoir désiré.» Et ainsi il les fit monter au corridor pour entendre leurs confessions, parce que la prison était pleine de monde. Le Dr. Blithe prit Anthony Pearson pour le confesser et M. Arch les deux autres. Le docteur, toutefois, ne fut pas longtemps avec Anthony avant qu'il ne descendit disant, «Je ne veux plus de cette doctrine.» Bientôt après l'autre descendit aussi. Alors Anthony commença à dire le «Notre Père» continuant jusqu'à ce que les officiers vinssent pour l'emmener; alors prenant congé de Marbeck, ils louèrent Dieu pour sa délivrance, lui souhaitant un surcroît de piété et de vertu et le suppliant de leur aider par ses prières, afin qu'ils fussent forts dans leurs afflictions.

Comme ils passaient dans les rues, ils demandèrent au peuple de prier pour eux et de demeurer fermes dans la vérité de l'Évangile, sans être ébranlés par leurs afflictions, car c'était la plus heureuse chose qui pût leur arriver. Et comme le Dr. Blithe et Arch voulaient les convaincre de retourner à leur sainte mère l'église, «Allez» leur criait Anthony; «allez avec votre doctrine romaine et vos vains discours car nous n'en voulons plus.» Quand Filmer vint à la porte de son frère il l'appela; mais il ne put le voir parce que le Dr. Loudon l'avait éloigné. Quand il ne vint pas, il dit, «Et ne viendra-t-il pas? Alors que Dieu lui pardonne et le fasse devenir un bon homme.» Ainsi ils vinrent au lieu de l'exécution où Anthony Pearson, avec un visage gai embrassa le poteau et le baisant dit, «Maintenant sois la bienvenue ma femme bien-aimée; car aujourd'hui toi et moi serons mariés ensemble dans l'amour et la paix de Dieu.»

Quand ils furent tous les trois attachés au poteau, un jeune homme, une connaissance de Filmer lui demanda s'il voulait boire. «Oui,» dit Filmer, «Je vous remercie. Et maintenant, mon frère, je désire que, au nom du Seigneur, tu demeures ferme dans la vérité de l'Évangile que tu as reçue;» et alors prenant la coupe dans sa main il demanda à son frère Anthony s'il voulait boire. «Oui, frère Filmer,» dit-il, «Je t'engage au nom du Seigneur.»

Quand il eut bu, il donna la coupe à Anthony et Anthony la passa à Testwood; ce dont leurs adversaires firent une plaisanterie, disant qu'ils étaient tous ivres et ne savaient ce qu'ils disaient; quoique ils ne fussent pas plus ivres que les apôtres l'étaient, quand le peuple disait qu'ils étaient pleins de vin; car quand Anthony et Testwood eurent bu tous les deux, Filmer se réjouissant au Seigneur, dit, «Soyez réjouis, mes frères et élevez vos cœurs et vos mains vers Dieu car après cet amer déjeuner nous aurons un bon dîner dans le royaume de Christ, notre Seigneur et Rédempteur.» À ces mots Testwood, élevant les mains et les yeux au ciel, demanda au Seigneur de recevoir son esprit. Anthony Pearson, tirant la paille vers lui, en mit une bonne quantité sur sa tête, disant, «Maintenant je suis vêtu comme un bon soldat de Christ, par les mérites seuls duquel j'espère aujourd'hui d'entrer dans sa joie.» Ainsi ils remirent leurs âmes dans la foi en Jésus-Christ avec une telle humilité et fermeté que plusieurs qui virent leur patience dans la souffrance, confessèrent qu'ils auraient pu avec joie mourir avec eux.

 

Martyre de Adam Damlip.

Environ en même temps Adam Damlip mourut martyr à Calais, qui appartenait alors aux Anglais. On montre encore le lieu un peu hors de la ville où lui et d'autres endurèrent l'épreuve du feu, Adam Damlip, autrement dit George Bucker alla à Calais en l'an 1539. Il avait été un zélé papiste et chapelain à Fisher, évêque de Rochester. Après la mort de l'évêque il voyagea en France, en Hollande et en Italie, conférant ensemble avec les hommes instruits concernant les dogmes de la religion; et de là il procéda à Rome où il s'attendait de trouver une grande piété et une parfaite sincérité; mais au lieu de cela il y trouva, dit-il, un tel blasphème de Dieu, mépris de la vérité en Christ, un tel relâchement de conduite et une telle impureté qu'il lui fut impossible d'y rester. Le cardinal Pole désirait qu'il donnât trois conférences par semaine dans sa maison; mais il préféra retourner chez lui par la voie de Calais. Comme il attendait pour son passage en Angleterre, il fut trouvé par William et Thomas Lancaster être un homme instruit et bien disposé; et qu'après avoir été un zélé papiste il était venu à la connaissance de la vraie religion; ils le prièrent donc de rester à Calais un certain temps pour pouvoir faire du bien à la ville. Il y consentit volontiers s'il pouvait être licencié par ceux qui étaient en autorité.

Là-dessus Stevens l'amena à Lord Lisle, le vice-roi auquel il déclara l'entretien qui avait eu lieu entre Damlip et lui. Le vice-roi désira alors que Damlip resta pour y prêcher, disant qu'il aurait sa licence à lui et celle de Sir John Butler, son commissaire. Ayant prêché trois ou quatre fois, il plut tellement par sa connaissance, son débit et la vérité de sa doctrine que non-seulement les soldats et le commun peuple mais le lord député et une grande partie du conseil l'en louèrent beaucoup et le remercièrent. Le vice-roi lui offrit aussi une chambre dans sa propre maison et une place à sa table, un ou deux hommes pour le servir et tout ce dont il aurait besoin, si c'était possible de se le procurer avec de l'argent; il lui offrit aussi une bourse pour s'acheter des livres ou autres choses pour qu'il restât avec eux et prêchât seulement aussi longtemps qu'il le trouverait bon. Damlip refusa avec beaucoup de reconnaissance ces offres généreuses de sa seigneurie la priant d'être assez bon de le nommer à quelque endroit tranquille où il pourrait s'occuper de ses livres et qu'il y prêcherait tous les jours, le matin et l'après-midi parmi eux comme Dieu l'en rendrait capable: Sur cela le vice-roi envoya chercher William Stevens auquel il demanda de loger Damlip dans sa maison lui promettant de pourvoir à tout ce qu'il demanderait pour lui.

Cet homme pieux, pendant vingt jours ou plus, prêcha la vérité avec connaissance et simplicité concernant le saint sacrement du sang de Christ, s'élevant contre la transubstantiation et sacrifice propitiatoire de la messe.

Ainsi il continua quelque temps ses conférences dans le chapitre des White Friars; mais la place n'était pas assez grande il désira parler dans la chaire et il continua de là à déclarer que le monde était induit en erreur par les évêques romains qui avaient établi la doctrine de la transubstantiation et de la présence réelle dans le sacrement. Il vint enfin à parler contre le tableau de la résurrection dans l'église St. Nicholas, déclarant que c'était de l'idolâtrie et une illusion des Français que les Anglais devaient répudier. La conséquence fut qu'il vint une commission du roi au vice-roi qu'on devrait faire une recherche pour s'assurer s'il y avait trois hosties mises sur une table de marbre aspergées de sang; et s'ils trouvaient qu'il en était ainsi, de les arracher. En cherchant, comme ils cassaient une pierre dans un coin de la tombe, ils trouvèrent soudés dans la croix de marbre placée sous le sépulcre, trois jetons blancs unis, qui avaient été peints comme des hosties et un os; tous ces colifichets Damlip montra au peuple le dimanche suivant du haut de la chaire; après quoi ils furent envoyés au roi par le député.

Bientôt après, toutefois, un prieur des White Friars, nommé Dore, avec Buttoll, chapelain de Lord Lisle, commencèrent à parler contre lui. Cependant après que Adam eut réfuté, dans trois ou quatre sermons la doctrine erronée de la messe, le moine sembla céder en apparence mais il le dénonça secrètement par lettres au clergé d'Angleterre. Environ huit à dix jours après, Damlip fut sommé de paraître devant l'archevêque de Canterbury, les évêques de Winchester et de Chichester et divers autres devant lesquels il défendit la doctrine qu'il avait enseignée, répondant, réfutant et résoudant les objections; de sorte que ses adversaires parmi lesquels se trouvait le savant et pieux Cranmer, s'en émerveillait et dit clairement que les Écritures ne connaissaient pas de terme comme la transubstantiation. Alors les autres évêques commencèrent à le menacer du feu et du fagot s'il voulait rester ferme dans ce qu'il avait dit. Il répondit à ceci, qu'il livrerait le lendemain par écrit ce qu'il avait dit et qu'il y resterait ferme; et sur cela il fut renvoyé.

Le jour suivant, quand il le cherchait pour le prendre, il ne vint pas; car il avait reçu un secret avis de l'archevêque de Canterbury que s'il paraissait il n'échapperait pas probablement à une mort cruelle. Sur cela il leur envoya quatre feuilles de papier écrites en latin, contenant sa confession de foi. Il se sauva alors avec un peu d'argent dans la partie ouest du pays où il enseigna une école pendant un an ou deux, après quoi il fut saisi par l'inquisition pour les six articles et amené à Londres. Gardiner le recommanda à la maréchaussée et là il resta encore deux ans.

Pendant son emprisonnement, Jean Marbeck, fut mis dans la même prison, conversa avec lui, apprit qu'il était ce qu'il avait été, quelles peines il avait endurées et combien de temps il avait été retenu en prison. «Et maintenant» dit Damlip, «parce que je pense qu'ils m'ont oublié, je vais présenter mon humble demande à l'évêque de Winchester, déclarant mon obéissance, mon humble soumission et mon sincère désir d'en venir à un examen. Je connais le pire; je ne puis perde que la vie, ce que je ferai de préférence que d'être empêché d'employer mon talent à la gloire de Dieu; c'est pourquoi, Dieu voulant, je vais en faire l'épreuve.»

Damlip, pour son excellente conduite, était aimé de toute la prison; mais surtout par le gardien, dont le nom était Massy; et comme il avait la permission d'aller sur les lieux partout où il voulait, il fit beaucoup de bien par les prisonniers dissolus, blâmant le vice et le mal, les tenant par ce moyen dans un si bon ordre que le geôlier le trouvait être un grand trésor. Marbeck trouva aussi en lui une grande consolation. Car, malgré l'ordre stricte de l'évêque de Winchester, qu'il ne devait parler à personne, il trouva souvent le moyen de soulager son compagnon.

Quand il eut rédigé son épître, il la donna au gardien, voulant qu'il la portât à la cour de l'évêque de Winchester. Le gardien l'ayant fait, revint au logis très tard, quand les prisonniers qui avaient attendu le souper pour l'attendre, le voyant triste supposèrent que tout n'allait pas bien. Enfin, jetant les yeux sur Damlip, il dit, «Ô George, je puis te donner des nouvelles.» «Qu'est-ce que c'est, maître?» dit-il, «Lundi prochain toi et moi devons aller à Calais.» «À Calais! pourquoi faire?» «Je ne sais pas» dit le gardien, et il tira de sa bourse un morceau de cire, avec une étiquette de parchemin qui y était attaché. Quand Damlip le vit, il dit, «Bien, maître, maintenant je sais ce qu'il y a.» «Quoi,» dit le gardien, «J'espère qu'il n'en sera pas ainsi.» «Oui, maître, c'est très vrai et je loue Dieu pour sa bonté.» Ainsi le gardien avec Damlip et Marbeck, allèrent souper, étant tristes pour Sir George comme ils avaient coutume de l'appeler. Lui, toutefois, était gai; de telle sorte que quelques-uns lui dirent qu'ils s'étonnaient comment il pouvait si bien manger, sachant qu'il était si proche de la mort. «Ah, messieurs,» dit-il, «pensez-vous que j'aie été prisonnier de Dieu si longtemps dans la maréchaussée et n'aie pas encore appris à mourir? Oui, oui; et je n'ai aucun doute que Dieu m'y fortifiera.»

Le lundi matin le gardien avec trois autres des domestiques du maréchal du palais, menèrent Adam Damlip à Calais, et le mirent dans la prison du maire. Le même jour John Butler, le commissaire susdit, et Sir Daniel, le curé de St. Pierre, furent enfermés dans la même prison, et ordre donné que personne ne parlât avec Butler surtout, ni même avec le reste.

Le samedi suivant fut le jour de l'exécution de Damlip. Il fut accusé d'hérésie; mais par raison d'un acte du parlement, toute offense faite après un certain jour était pardonnée. Par cet acte il ne pouvait être blâmé de ce qu'il avait prêché ou enseigné auparavant; cependant pour avoir reçu un écu français du cardinal Pole pour l'assister dans ses dépenses de voyage, il fut condamné pour trahison et cruellement mis à mort, étant pendu, tiré et écartelé.

Le jour précédent son exécution vint le voir un M. Mote, curé de l'église de Notre Dame à Calais qui lui dit, «Vos quatre quartiers seront pendus aux quatre parties de la ville.» «Et où sera ma tête?» dit Damlip. «Sur la lanterne à la barrière,» dit Mote. «Alors,» répondit Damlip, «Je n'aurai pas besoin de pourvoir à mon enterrement.» À sa mort, Sir R. Ellerker, le maréchal du palais ne voulut pas lui permettre soit de déclarer sa foi ou la cause de sa mort; mais il dit à l'exécuteur, «Expédie le coquin, finis-en!» Mote fut choisi pour prêcher et déclara que Damlip avait été un instigateur de doctrine séditieuse; et quoique il fut pour cela absous par un pardon général, cependant il fut condamné comme traître au roi. Quand Damlip aurait voulu lui répondre, Ellerker lui commanda d'être emmené. Ainsi ce martyr innocent souffrit la mort avec douceur, patience et joie.

 

Martyre de George Wishart.

George Wishart était écossais de naissance, mais il reçut son éducation à Cambridge. L'année avant sa mort (en 1546) il retourna en Écosse et sur sa route prêcha à plusieurs endroits contre l'idolâtrie. Il prédit plusieurs choses extraordinaires, particulièrement ses propres souffrances et la diffusion de la réformation dans tout le pays. Il prêcha en dernier lieu à Lothian où le comte de Bothwell le prit, mais promit qu'aucun mal ne lui serait fait; toutefois il le livra au cardinal qui l'amena à St. Andrews et convoqua une assemblée des évêques pour le détruire.

Pendant qu'il était emprisonné dans le château, le doyen de St. Andrews fut envoyé pour le sommer de paraître devant le juge le matin suivant à cause de sa doctrine séditieuse et hérétique comme on l'appelait. Wishart répondit, «Quel besoin a mon seigneur le cardinal de me sommer de paraître quand je suis ainsi en son pouvoir et lié de chaînes?» Il fut plusieurs fois amené devant ses ennemis, mais il maintint ses vues et ses principes religieux. À la fin, il fut condamné à être brûlé comme hérétique. Quand le feu et l'échafaud furent prêts, le cardinal craignant que Wishart ne fut délivré par ses amis, commanda aux canonniers de se tenir près de leurs canons, jusqu'au temps où il serait brûlé. Ils attachèrent alors les mains du martyr derrière lui et le conduisirent à la place de l'exécution. Quand il vint auprès du feu il répéta par trois fois ces paroles: «Ô toi Sauveur du monde aie pitié de moi, Mon Père qui es aux cieux je remets mon esprit entre tes saintes mains.» Alors il se tourna vers le peuple et dit, «Je vous prie, frères et sœurs en Christ de ne pas être scandalisés de la Parole de Dieu à cause de l'affliction que vous voyez qu'on prépare pour moi; mais aimez la Parole de Dieu et endurez patiemment. Rappelez-vous que je souffre ce feu pour l'amour de Christ. Considérez et regardez mon visage; vous ne me verrez pas changer de couleur. Je ne crains pas ce feu hideux. Si l'on vous persécute pour l'amour du monde ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui n'ont aucun pouvoir de tuer l'âme. Quelques-uns ont dit que j'enseignais que l'âme de l'homme devait dormir jusqu'au dernier jour; mais je sais pour certain que je vais souper avec le Christ mon Sauveur cette nuit. Je prie le Christ de pardonner à ceux qui m'ont condamné à mourir aujourd'hui par ignorance. S'ils ne se détournent pas de leur méchante erreur la colère de Dieu viendra sur eux et ils n'échapperont pas.»

Il prononça encore plusieurs autres paroles sincères ne s'arrêtant nullement aux cruels tourments que l'on préparait pour lui. Enfin le bourreau tomba à genoux et dit; «Je vous prie de me pardonner car je ne suis pas coupable de votre mort.» Il répondit — «Viens ici à moi.» Quand il fut venu, il lui embrassa la joue et dit: «Voici une preuve que je t'ai pardonné. Mon chéri, fais ton devoir,» et immédiatement il fut pendu au gibet et brûlé en cendres. Le peuple contempla la sortie glorieuse de ce martyr triomphant avec des sentiments mêlés d'étonnement de chagrin et d'indignation.

Le clergé se réjouit de sa mort et vanta le courage du cardinal pour avoir procédé en cela contre les ordres du gouverneur. Mais le peuple regardait Wishart comme un martyr et un prophète. On dit aussi que sa mort n'était rien moins qu'un meurtre puisque aucun arrêt n'avait été obtenu pour le faire; et le clergé n'avait aucun droit de brûler quelqu'un sans un mandat du pouvoir séculier. Il fut donc conclu que le cardinal méritait la mort pour sa présomption. Son insolence l'avait rendu généralement odieux; et douze personnes formèrent un complot de le tuer privément à sa propre demeure. Le 30 mai ils s'emparèrent de la barrière de bonne heure le matin; et quoiqu'il eut cent hommes dans le château, toutefois étant tous endormis ils les attaquèrent un par un et les mirent soit dehors ou les enfermèrent. S'étant assurés de tous, ils allèrent à la chambre du cardinal qui voyant qu'ils voulaient attenter à sa vie, s'écria: «Fi! fi! ne me tuez pas; je suis un prêtre;» mais ne l'écoutant pas plus qu'il ne l'avait fait à Wishart, ils le tuèrent immédiatement, et mirent son corps en dehors de la même fenêtre d'où il avait regardé l'exécution de Wishart. Quelques-uns justifièrent cet acte comme étant simplement tuer un voleur et un meurtrier; mais il fut généralement condamné.

 

Martyre de Kerby et de Roger Clarke.

Vers la fin du règne de Henri VIII. Kerby et Roger Clarke furent arrêtés à Ipswich, et amenés devant Lord Wentworth, avec d'autres commissaires choisis pour surveiller leurs examens. Kerby et Clarke étant dans la maison du geôlier dont le nom était Bird, il vint un M. Robert Wingfield, qui dit à Kerby, «Rappelle-toi que le feu est chaud; prends garde à ton entreprise, pour que tu ne prennes pas plus sur toi que tu ne peux accomplir. La douleur est extrême, et la vie est douce. Il vaut mieux, parfois, s'attacher à la miséricorde que de commencer témérairement et ensuite de reculer.» Kerby répondit — «Ah, Wingfield, sois à mon bûcher et tu diras, "Voici devant moi un soldat chrétien dans le feu; car je sais que le feu et l'eau, l'épée et toutes autres choses sont dans les mains de Dieu et il ne souffrira pas que l'on mette sur nous plus qu'il ne nous donnera la force de supporter".» «Ah, Kerby,» dit Wingfield, «si tu en es à ce point, je te dis adieu; car je ne suis pas assez fort pour être brûlé.»

Quand Kerby et Clarke vinrent au siège du jugement ils élevèrent leurs yeux et leurs mains au ciel priant Dieu instamment. Ceci fait, leurs articles leur furent lus, et alors on leur demanda s'ils croyaient que dans le sacrement, après les paroles prononcées par un prêtre ce n'était pas le vrai corps et sang de Christ, sa chair, son sang et ses os, comme il était né de la Vierge Marie et non plus du pain? Ils répondirent à cette question brûlante — «Non! nous ne le croyons pas; mais nous croyons que le sacrement que Jésus-Christ a institué n'était que pour rappeler à ses disciples le souvenir de sa mort précieuse et de son sang répandu pour la rémission des péchés.» Alors avec beaucoup d'arguments, avec des moyens honnêtes et des menaces on les pressa; cependant ils restèrent fidèles, préférant de mourir que de vivre et ainsi ils continuèrent jusqu'à la fin.

On passa alors sur eux la sentence que Kerby serait brûlé dans la dite ville le samedi suivant, et Clark à Bury le lundi après. Le samedi, environ dix heures, Kerby fut amené à la place du marché où un bûcher de bois et de paille était préparé. Il ôta ses habits moins sa chemise et fut alors attaché au poteau avec des chaînes; il y avait sur la galerie Lord Wentworth, avec quelques-uns des juges d'où ils pouvaient voir son exécution, et aussi pour entendre ce que Kerby avait à dire; il y avait aussi un grand concours de peuple. Sur la galerie se tenait aussi le Dr. Rugham ayant un surplis et une étole sur le cou. Alors on proclama le silence et le docteur commença à s'excuser comme n'étant pas propre à expliquer les Saintes Écritures, étant peu préparé parce que le temps était si court, mais il espérait qu'avec l'aide de Dieu cela arriverait bien.

Pendant que les exécuteurs préparaient leurs chaînes, les fagots et la paille, le martyr sans changer de mine et de visage, mais avec un esprit humble, glorifiait Dieu. Le Dr. Rugham enfin commença le sixième chapitre de St. Jean et aussi souvent qu'il citait les Écritures et les appliquait à propos, Kerby disait au peuple que c'était vrai et leur commandait d'y croire. Mais quand il ne le faisait pas, il lui disait alors. «Vous ne dites pas la vérité; ne le croyez pas bonnes gens.» Là-dessus, d'accord avec la voix du peuple, ils jugeaient que le Dr. Rugham était un faux prophète. Quand il eut fini son discours, il dit à Kerby, «Toi homme juste, ne crois-tu pas que le saint sacrement de l'autel est la chair et le sang de Christ et non pas du pain, de même qu'il était né de la Vierge Marie?» Kerby répondit — «Je ne le crois pas.» «Que crois-tu?» dit le docteur. Kerby dit: «Je crois que dans le sacrement que Jésus-Christ a institué à son dernier souper, sa mort et sa passion et son sang répandu pour la rédemption du monde doivent être commémorés; et, comme je l'ai dit avant, quoique encore du pain, et plus que du pain, car il est alors consacré pour un saint usage.»

Le sous-shérif demanda alors à Kerby s'il avait quelque chose de plus à dire. «Oui, monsieur,» dit-il, «Si vous m'en donnez la permission.» «Parle donc,» dit le shérif. Le martyr, rappelant tout son courage, et levant les mains, répéta la Te Deum et le crois en Dieu, avec d'autres prières dans la langue anglaise. Lord Wentworth, pendant que Kerby était ainsi occupé, se cacha derrière l'une des colonnes de la galerie et pleura, ce que firent aussi plusieurs autres. «Alors,» dit Kerby, «J'ai fini: vous pouvez remplir votre office, bon shérif.» Sur cela on mit le feu au bûcher et lui d'une voix forte s'adressa à Dieu, se frappant la poitrine et élevant les mains; ainsi se termina sa vie, le peuple lâchant des cris et louant Dieu pour sa fermeté.

Le lundi suivant, sur les dix heures, Roger Clarke de Meudlesham, fut sorti de prison et mené à pied à Southgate, à Bury. Sur le chemin la procession les rencontra; mais il ne voulut pas s'agenouiller et avec des paroles véhémentes réprimanda leur superstition. En dehors de la barrière le bûcher étant prêt et le bois placé auprès, il s'agenouilla et dit le Magnificat en langue anglaise faisant là-dessus une paraphrase, dans laquelle il déclara que la bienheureuse Vierge Marie qui pouvait aussi bien se réjouir en pureté que toute autre, s'humilia cependant devant notre Sauveur. «Et que dis-tu Jean Baptiste,» dit-il, «le plus grand de tous les enfants? "Voici l'agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde!"» De la sorte il criait au peuple, pendant qu'on l'attachait au bûcher et alors on alluma le feu. Ses souffrances furent affreuses, parce que le bois était vert et ne voulait pas brûler de sorte qu'il était étouffé par la fumée; et de plus étant mis dans un baril de goudron avec du goudron encore attaché sur les côtés il en éprouva de grandes souffrances jusqu'à ce qu'il sortit ses pieds du baril. Enfin quelqu'un près de lui prit un bâton et frappant l'anneau de fer autour de son cou et ensuite sur sa tête il s'affaissa sur un des côtés du feu et ainsi il périt.

La réformation parut maintenant pour un temps rétrograder au lieu d'avancer. Dans le mois de décembre suivant, le roi vint au parlement pour donner la sanction royale aux actes qui étaient passés, où après un éloquent discours que lui fit l'orateur, il lui répondit par un discours artificieux composé par lui-même.

Il déclara d'abord que son cœur était reconnaissant envers ses sujets pour leurs octrois et subsides qu'ils lui avaient offerts. Ensuite il les exhorta à vivre dans la concorde, la paix et l'unité; Mais s'il avait pris le bon moyen de pousser à la charité, d'aider l'innocence parmi ses sujets il aurait ôté la loi impie des six articles. Par cette loi — connue sous le nom de Statut Sanguinaire — le bûcher ou la pendaison était le châtiment reconnu pour tous ceux qui niaient que le pain et le vin du sacrement était le corps naturel et le sang du Sauveur; ou que la communion sous les deux espèces n'est pas nécessaire au salut; ou que les prêtres peuvent se marier; ou que la messe était conforme à la loi divine; ou que la confession était utile et nécessaire. Maintenant à quoi sert-il d'exhorter à la charité en parole et en même temps, de mettre une arme dans la main d'un meurtrier pour frapper son frère désarmé qui n'a pas le pouvoir de se défendre. Le mal et la souffrance produits par cette loi n'ont jamais été plus évidents que dans son exécution contre trois ou quatre martyrs de ce temps-là. Parmi ceux-là la plus mémorable fut Anne Askew dont la persécution acharnée et la mort inexorable contribuèrent à montrer l'esprit sanguinaire des temps, en même temps que la fermeté dont une femme peut faire preuve quand elle est assistée par la puissance de la religion et de la vérité,

 

Martyre de Anne Askew.

Cette dame descendait d'une bonne famille et avait reçu une très bonne éducation. Elle fut examinée en l'année de notre Seigneur 1545 au mois de mars. Christophe Dare l'examina au Saddler's Hall. Ses réponses aux diverses questions qu'il lui fit furent telles qu'elles l'étonnèrent et le réduisirent au silence.

Après que le chancelier et l'évêque l'eurent examinée, sans pouvoir ébranler sa fermeté, son cousin Britain vint, avec plusieurs autres parmi lesquels était M. Hall de Gray's Inn.

L'évêque lui demanda quelle était sa foi et sa croyance touchant le sacrement. Elle lui répondit, «Je crois ce que les Écritures m'enseignent.» Là-dessus il demanda, «Comment alors, si l'Écriture dit que c'est le corps de Christ?» «Je croie,» dit-elle, «comme l'enseigne l'Écriture.» Alors il demanda de nouveau, «Comment alors si l'Écriture dit que ce n'est pas le corps de Christ?» Sa réponse fut encore. «Je crois tout ce que l'Écriture m'enseigne.» Il s'arrêta longtemps sur cet argument pour la forcer à faire une réponse à son goût. Toutefois, elle ne le voulut pas, mais conclut ainsi avec lui, «Je crois en ceci, comme dans toutes autres choses, comme Christ et ses apôtres l'ont révélé.»

Il y eut certains prêtres qui essayèrent fortement de connaître sa pensée. Elle leur répondit toujours ainsi: — «Ce que j'ai dit à l'évêque de Londres je l'ai dit.» Alors le Dr. Standish demanda à l'évêque de lui faire dire son opinion concernant le texte de la connaissance de St. Paul, probablement pour machiner sa perte, parce que étant une femme elle interpréterait les Écritures en présence de tant d'hommes sages et instruits. L'évêque lui dit alors promptement «Je sais que quelqu'un vous a demandé si vous recevriez les sacrements à Pâques et vous vous en êtes moquée.» Elle répondit à ceci calmement et humblement. «Je désire que mon accusateur vienne de l'avant,» ce qu'il ne voulut pas permettre. Mais il lui dit encore. «J'ai envoyé quelqu'un vous donner un bon conseil et au premier mot vous l'avez appelé papiste.» «Je ne nie pas cela,» dit-elle, «car je me suis aperçue qu'il n'était rien moins et je ne lui ai fait aucune autre réponse.» Alors il la censura et dit qu'elle avait rapporté qu'on avait envoyé contre elle soixante prêtres à Lincoln. «Vraiment» répondit-elle, «Je l'ai dit; car mes amis m'ont dit que si je venais à Lincoln, les prêtres m'attaqueraient et me causeraient beaucoup de trouble; et quand j'ai entendu cela, j'y suis allée, n'ayant pas peur parce que je savais que mon cas était bon. Dans ce but j'y suis resté neuf jours, pour voir ce qu'on m'y dirait, et comme j'étais dans le monastère, lisant la Bible, ils vinrent à moi deux à deux et en plus grand nombre ayant l'intention de me parler et s'en allèrent leur chemin sans parler.» L'évêque lui demanda s'il n'y en avait pas eu un qui lui avait parlé. Elle répondit, «Oui il y a eu un d'entre eux qui a parlé; mais ses paroles étaient de peu d'importance de sorte que je ne m'en souviens pas.» Alors dit l'évêque. «Il y en a beaucoup qui lisent et connaissent l'Écriture et cependant ne la suivent pas ni ne vivent en conséquence.» Elle dit encore, «Mon Seigneur, je désirerais que tous les hommes connaîtraient ma conversation et mon genre de vie en tous points; car je suis sûre moi-même à cette heure qu'il n'y a personne capable de prouver aucun acte malhonnête contre moi.»

Cette femme pieuse et bien douce fut, cependant, déclarée hérétique, et condamnée à endurer de nouvelles persécutions. Quelques jours après elle fut envoyée de Newgate à l'enseigne de la Couronne où M. Rich et l'évêque de Londres avec tout leur pouvoir et leurs paroles flatteuses s'efforcèrent de la détourner de Dieu; mais elle ne s'arrêta pas à leurs prétentions mensongères. Après eux vint un certain Nicholas Shaxton qui lui conseilla de se rétracter, comme d'autres avaient fait. Elle lui dit, «Il aurait été mieux que vous ne fussiez jamais né;» avec plusieurs autres paroles tirées surtout des Écritures. Elle fut alors envoyée à la Tour, où elle resta jusqu'à trois heures, quand Rich vint et un membre du conseil lui commandant de leur montrer si elle connaissait quelque homme ou femme de sa secte. Voici sa réponse, «Je ne connais personne.» Alors ils l'interrogèrent concernant lady Suffolk, lady Sussex, lady Hertford, lady Denny et lady Fitzwilliam. Elle répondit à cela, «Si je disais quelque chose contre elles, je ne saurais le prouver.» Alors il lui dirent. «Le roi est informé que vous pourriez nommer, si vous le vouliez, un grand nombre de votre secte.» Elle répondit «le roi est déçu sous ce rapport, comme il a été trompé par eux sur d'autres matières.»

La torture - Le livre des Martyres -John Foxe (1896)

Enfin ils la mirent à la torture, parce qu'elle n'avait pas confessé connaître aucunes dames ou messieurs comme étant de son opinion et là ils la tinrent longtemps; et parce qu'elle restait tranquille et ne criait pas, le grand chancelier et M. Rich prirent la peine de la torturer de leurs propres mains jusqu'à ce quelle fût à peu près morte — un exemple de cruauté inouïe même pour cette époque. Le lieutenant la fit alors détacher de l'instrument de torture et elle s'évanouit immédiatement et ensuite revint à elle. Alors elle fut apportée à une maison et mise au lit avec un corps aussi meurtri et souffrant que celui de Job, tout en continuant à remercier Dieu. Alors le grand chancelier lui envoya dire que si elle voulait abandonner sa foi on pourvoirait à ses besoins, sinon, quelle serait brûlée. Elle lui envoya dire qu'elle préférerait mourir que de renier sa foi — demandant à Dieu de lui ouvrir les yeux.

Étant née d'une race et d'une parenté qui l'aurait rendu capable de vivre dans une grande aisance et prospérité si elle avait choisi de vivre plutôt pour le monde que pour Christ, elle avait maintenant été si tourmentée qu'elle ne pouvait ni vivre longtemps dans une si grande souffrance ni être laissée mourir tranquille par ses adversaires; ayant fixé le jour de son exécution elle fut apportée à Smithfield dans une chaise parce qu'elle ne pouvait marcher à cause des cruels effets de ses tourments. Quand elle fut amenée au bûcher elle y fut attachée par le milieu du corps avec une chaîne qui tenait son corps suspendu. Trois autres furent amenés pour souffrir avec elle et pour la même offense; ce furent Nicholas Belenian, un prêtre de Shropshire; Jean Adams, un tailleur; et Jean Lacel un gentilhomme de la cour et de la maison du roi Henri. Les martyrs étant enchaînés au bûcher et toutes choses préparées pour le feu, le Dr. Shaxton, alors appointé pour prêcher commença son sermon. Anne Askew l'écoutant et lui répondant; quand il disait bien elle l'approuvait; quand il se trompait, exprimant fermement son dissentiment et disant, «Il parle en dehors du livre.»

Le sermon étant fini, les martyrs, se tenant à leurs divers bûchers, commencèrent leurs prières. La multitude étant très grande, la place où ils étaient fut entourée d'un cordon pour arrêter la foule. Sur le banc, près de l'église St. Barthélemy, était assis Wriothesley, le chancelier d'Angleterre, le vieux duc de Norfolk, le vieux comte de Bedford le lord-maire avec d'autres. Avant que le feu ne fût allumé, un du parquet entendant qu'ils avaient de la poudre à fusil sur eux commença à avoir peur; mais le comte de Bedford dit que la poudre n'était pas mise sous les fagots, mais seulement autour du corps des martyrs, pour les débarrasser de leurs douleurs, de sorte qu'il n'y avait aucun danger.

Le lord-chancelier envoya alors à Anne Askew pour lui offrir le pardon du roi, si elle voulait se rétracter; une lettre dite écrite par le roi fut mise entre ses mains; mais elle, refusant de la regarder, répondit, «Je ne viens pas ici pour renier mon Seigneur et mon Maître.» Alors il y eut des lettres offertes aux autres, qui de même refusèrent de les regarder; continuant à s'encourager et à s'exhorter l'un l'autre par l'espérance de la gloire dans laquelle ils étaient sur le point d'entrer; sur quoi le lord-maire commandant d'allumer le feu cria d'une haute voix, «Fiat justitia». Ainsi ces heureux martyrs furent entourés de flammes de feu comme de saints sacrifices à Dieu et à la vérité.

 

Vie et Martyre de William Tyndal.

Nous allons maintenant répéter l'histoire et le martyre de William Tyndal, qui, quoiqu'il ne souffrit pas la mort en Angleterre, devrait être mis au rang des martyrs de notre pays, dont il peut, à cause de son grand zèle, de sa persévérance et de la dissimilation de la vérité, être à bon titre regardé comme l'apôtre.

Il naquit sur les bords du pays de Galles et fut instruit à l'université de Oxford. Il se fixa ensuite à Cambridge et ensuite à Gloucestershire il fut engagé par un chevalier nommé Welch, comme précepteur à ses enfants. À la table de ce noble plusieurs abbés, doyens et autres avaient l'habitude de se rendre, avec lesquels Tyndal parlait des hommes instruits — particulièrement de Luther et d'Érasme — et de questions concernant les Écritures.

Après un temps il arriva que le chancelier de l'évêque tint une cour à laquelle les prêtres — Tyndal parmi eux — furent sommés de paraître. Ce dernier craignit qu'une conspiration ne fut formée contre lui; et sur son chemin, il pria Dieu avec instance de le rendre capable de porter témoignage à la vérité. Le chancelier l'injuria grièvement; mais comme rien de défini ne put être prouvé contre lui, il s'échappa de leurs mains.

Non loin de là vivait un docteur nommé Munmouth qui avait été une vieille connaissance de Tyndal. C'est à lui que Tyndal ouvrit son cœur. Après un temps le docteur lui dit: — «Ne savez-vous pas que le pape est l'ante-christ même dont parle l'Écriture? Mais prenez garde à ce que vous dites, car si l'on vous savait de cette opinion cela vous coûterait la vie. J'ai été un de ses officiers; mais je l'ai abandonné et je le mets au défi lui et toutes ses œuvres.»

Peu de temps après Tyndal rencontra un certain théologien et en discutant avec lui, le poussa si loin que le docteur prononça les blasphèmes suivants: «Nous serions mieux d'être sans les lois de Dieu que celles du pape.» Tyndal, plein de zèle religieux répondit, «Je mets au défi le pape et toutes ses lois:» et il ajouta que si Dieu l'épargnait qu'avant bien des années il ferait que le fils du laboureur connaîtrait plus les Écritures que lui.

Étant très ennuyé par les prêtres, il fut obligé de laisser le service de M. Welch. Quand il vint à Londres il fut recommandé à l'évêque Tonstall; mais Dieu, qui conduit toutes choses suivant sa propre volonté, vit que cette démarche n'était ni pour l'avantage de Tyndal ni pour celui de son église, et en conséquence ne lui fit pas trouver grâce aux yeux de l'évêque. Il demeura à Londres près d'une année, grandement affligé de la pompe, de l'orgueil et de l'ignorance du clergé, de sorte qu'il s'aperçut non seulement qu'il n'y avait pas de place dans le palais de l'évêque pour lui où il put traduire le Nouveau Testament, mais aussi qu'il n'y avait pas de place pour lui pour le faire dans toute l'Angleterre.

Il s'en alla donc en Allemagne, après cela dans les Pays-Bas et il demeura surtout à Anvers. Ayant fini une partie de sa traduction il fit voile pour Hambourg ayant l'intention de l'y publier quand une providence mystérieuse l'en empêcha. Dans son voyage il fit naufrage et perdit tous ses manuscrits et presque tout ce qu'il possédait. Toutefois, avec un vrai héroïsme moral il alla à Hambourg et en 1529 commença de nouveau le travail en compagnie de M. Coverdale. Quand la traduction du Nouveau Testament fut d'abord imprimée les prélats anglais furent remplis de colère et ne se donnèrent aucun repos jusqu'à ce qu'ils eussent poussé le roi à prendre des mesures sévères dans l'affaire. On publia une proclamation, sous son autorité qui la condamnait et la défendait. Mais non content de cela, on chercha les moyens d'embarrasser et de détruire l'auteur.

En conséquence, après quelques stratagèmes et l'emploi de la trahison, Tyndal fut trahi à Anvers par un certain Phillips et mené au château de Filford à une distance de dix-huit milles, où il demeura jusqu'à sa mort. Enfin, après le laps d'une année et demie et beaucoup de discussion inutile, il fut condamné. Quand il fut attaché au bûcher il s'écria à haute voix et avec instance, «Seigneur ouvre les yeux du roi d'Angleterre!» Il fut alors étouffé, et ses restes réduits en cendres. Tel était le pouvoir et l'excellence de ce vraiment excellent homme, que durant son emprisonnement il convertit son gardien avec sa fille et d'autres de ses gens. Plusieurs de ceux qui vinrent en contact avec lui, dirent que s'il n'était pas un bon chrétien ils ne sauraient à qui se fier. Cependant il fut offert par ces prêtres modernes comme une victime à l'ignorance et à la superstition.

 

Martyre de Thomas Benet.

Thomas Benet naquit à Cambridge et reçut de l'université le titre de M.A. Plus il croissait dans la connaissance de Dieu et de sa Sainte Parole, plus il désapprouvait l'état corrompu de la religion et, en conséquence, pensant que son propre comté n'était pas un endroit sûr pour lui, il alla à Devonshire, en l'an 1524 et demeura à Torrington, inconnu à ceux qui étaient là. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme, il tint une école pour les jeunes enfants. Mais cette ville ne répondant point à son attente, il se transporta à Exeter et là recommença son enseignement.

Mais voyant tous les jours que Dieu était tellement blasphémé, la religion idolâtre tellement encouragée et le pouvoir usurpé de l'évêque de Rome tellement exalté que son esprit en fut troublé et qu'il ne put rester tranquille. C'est pourquoi il dit à certains de ses amis qu'il ne pouvait endurer plus long temps, mais qu'il lui fallait suivre sa conscience et que, pour la défense de la vraie religion divine il s'offrirait lui-même patiemment comme Dieu lui en donnerait la grâce pour sa vie, alléguant que sa mort serait plus profitable à l'église de Dieu que ne le serait sa vie. Il donna les livres qu'il avait, et bientôt après écrivit certains rouleaux de papier qu'il afficha privément à la porte de la cathédrale de la ville, avec ces mots — «Le pape est l'ante-christ; et nous ne devrions adorer que Dieu seul et non les saints.»

Ces bills étant trouvés, il n'y eut pas peu de recherches faites pour trouver l'hérétique qui les avait affichés. On donna ordre aux docteurs de se hâter de dénoncer du haut de la chaire cette hérésie. Cependant, Benet tenant son action secrète alla le dimanche à la cathédrale pour entendre le sermon, et par hasard s'assit auprès de deux hommes qui avaient été les plus actifs dans la ville à chercher les hérétiques; et eux se regardant, l'un dit à l'autre, «Certainement ce gaillard est l'hérétique qui a affiché les bills et il serait bon de l'examiner.» Cependant, quand ils virent sa conduite posée et sobre, son attention au prédicateur, son recueillement dans l'église, étant toujours occupé à son livre qui était un Nouveau Testament en latin, ils n'eurent pas la force de lui parler, mais partirent le laissant à la lecture de son livre. Enfin, les prêtres trouvèrent une amulette pour le maudire, quel qu'il fut avec un livre, une cloche et une chandelle; imprécation qui dans ce temps-là était considérée des plus terribles. L'imprécation était ainsi conçue.

Un des prêtres, attifé en blanc, monta en chaire. La populace avec quelques-uns des moines des deux ordres et quelques moines superstitieux de St. Nicholas se tenait autour et la croix étant tenue élevée avec des bougies bénites qui y étaient attachées, il commença son sermon avec cette déclaration de Josué; — Il y a un interdit dans le camp. Là-dessus il fit une longue protestation mais pas aussi longue qu'ennuyeuse et superstitieuse; et conclut que le vil et abominable hérétique qui avait affiché le bill était pour son blasphème maudit et damné et il demandait à Dieu, Notre-Dame, St. Pierre, patron de cette église, avec toute la sainte compagnie des martyrs, confesseurs et des vierges, qu'il fut révélé quel hérétique avait fait la maudite action! Alors suivit la malédiction prononcée par le prêtre en ces mots: —

«Par l'autorité de Dieu le Père Tout-Puissant et de la bienheureuse Vierge Marie, de St. Pierre et St. Paul et des saints, nous excommunions, nous maudissons de toute manière, remettons et délivrons au démon de l'enfer, celui ou celle quels qu'ils soient qui en dépit de Dieu et St. Pierre, dont c'est ici l'église, en dépit de tous les saints et en dépit de notre très saint père le pape, le vicaire de Dieu ici sur la terre et en dépit du révérend père en Dieu, Jean notre évêque diocésain et des vénérables chanoines, maîtres et prêtres et clercs qui servent Dieu tous les jours dans cette cathédrale, ont affichés avec de la cire un bill aussi maudit et hérétique, rempli de blasphèmes sur les portes de cette et autres saintes églises dans l'enceinte de cette ville. Qu'ils soient excommuniés ouvertement, lui ou elle, avec punition ou eux et livrés au diable comme malfaiteurs et schismatiques perpétuels. Qu'ils soient maudits, lui ou elle, dans les cités et dans les villes, dans les champs, dans les chemins, dans les sentiers, dans les maisons, hors des maisons et dans tout autre endroit, debout, couchés, en se levant, en courant, en marchant, en dormant, en mangeant, en buvant et n'importe ce qu'ils fassent en outre. Nous les séparons lui ou elle du seuil de l'église et de toutes ses bonnes prières de la participation à la sainte messe, de tous les sacrements, chapelles et les autels du pain bénit et de l'eau bénite, de tous les mérites des prêtres de Dieu, des personnes religieuses et de tous leurs cloîtres, de tous leurs pardons, leurs privilège; dons, immunités que tous les saints pères, les papes de Rome leur ont accordés. Nous les remettons entièrement au pouvoir du démon et abreuvons leurs âmes s'ils sont morts, cette nuit dans les tourments du feu de l'enfer, comme cette chandelle est maintenant éteinte» — sur cela il éteignit une des chandelles. «Et prions Dieu, si nous vivons, que leurs yeux soient éteints comme l'est cette chandelle» — alors il éteignit l'autre chandelle; «et prions Dieu, et Notre Dame et St. Pierre et Paul et tous les saints que tous les sens de leurs corps manquent, et qu'ils n'aient aucun sentiment, comme maintenant la lumière de cette chandelle s'en est allée» — éteignant la troisième chandelle — «à moins que lui ou elle, vienne publiquement maintenant confesser leur blasphème, et par la repentance fasse amende à Dieu, Notre-Dame, St. Pierre et la dévote compagnie de cette cathédrale; et comme ce saint bâton en croix tombe maintenant, aussi puissent-ils le faire, à moins qu'ils ne se repentent et se montrent!» Ici, quelqu'un ôtant la croix le bâton tomba, et alors quel cri et bruit il se fit! quelle terrible peur! quel lèvement de mains au ciel après avoir entendu cette terrible dénonciation!

Après que cette farce eut été jouée, Benet ne put s'empêcher d'avoir un accès de rire et ne put s'arrêter: ce qui fit que le pauvre homme fut découvert. Car ceux qui étaient près de lui étonnés de la malédiction et croyant qu'il fallait qu'elle tombât sur quelqu'un demandèrent à Benet pourquoi il riait. «Mes amis,» dit-il, «qui peut s'en empêcher, en entendant de pareilles niaiseries!» Immédiatement on cria «Voici l'hérétique voici l'hérétique! Tenez-le bien!» Il fut conduit en prison.

Le lendemain les chanoines et les principaux de la ville commencèrent à l'examiner. Trouvant que leurs menaces et leurs arguments étaient inutiles, ils procédèrent au jugement et le condamnèrent à être brûlé; le mandat qu'ils s'étaient procuré venant de Londres, ils le livrèrent le 15 janvier, 1531, à Sir Thomas Denis, shérif de Devonshire, pour être brûlé. Le martyr se réjouissant de ce que sa fin était si près, comme la brebis devant celui qui la tond, se soumit, avec toute humilité pour endurer et souffrir la croix de la persécution. Étant amené à son exécution dans un endroit appelé Liverydole, en dehors de Exeter, il fit sa prière au Dieu Tout-Puissant et demanda au peuple de faire comme lui; les exhortant tellement à chercher à honorer Dieu véritablement et aussi à le connaître comme aussi d'abandonner les inventions de l'imagination humaine, que ses auditeurs étaient dans l'admiration, tellement que la plupart confessaient qu'il était le serviteur de Dieu et un bon homme.

Deux écuyers, Thomas Carew et John Barnehouse, se tenant au bûcher près de lui, d'abord avec de bonnes paroles, mais enfin avec menaces exigèrent de lui qu'il révoqua ses erreurs et pria notre Dame et les saints. Il leur répondit avec toute douceur, «Non, non; c'est de Dieu seul dont nous devons invoquer le nom et nous n'avons pas d'avocat auprès de lui sinon Jésus-Christ qui est mort pour nous et maintenant est assis à la droite du Père intercédant pour nous. Par lui nous devons offrir nos prières à Dieu si nous voulons qu'elles soient entendues.» Barnehouse fut si choqué de cette réponse qu'il prit une branche sur un pique et la lui lança dans le visage, disant, «Hérétique, prie la Vierge ou par les blessures de Dieu je te le ferai faire.» Auquel, dans un esprit humble et doux il répondit avec beaucoup de patience. «Hélas, monsieur, ne me troublez pas.» Et élevant les mains, il dit: «Père, pardonnez-leur.» Là-dessus le feu fut mis au bois et au genêt et alors cet excellent homme leva les yeux et les mains au ciel, disant, «Seigneur, reçois mon esprit!» Et ainsi, continuant dans la prière, il endura le feu jusqu'à ce que sa vie fut terminée.

 

«Martyre de six personnes en Écosse.

En 1543, l'archevêque de St. André faisant la visite des diverses parties de son diocèse, plusieurs personnes furent accusées d'hérésie à Perth. Parmi celles-là les six suivantes furent condamnées à la mort: William Anderson, Robert Lamb, James Finlayson, James Hunter, James Raveleson et Helen Stark.

Les accusations faites contre eux étaient pour les raisons suivantes:

Les quatre premiers étaient accusés d'avoir suspendu l'image de St. François, clouant des cornes de bélier sur la tête et attachant une queue de vache à la croupe; mais la principale raison de leur condamnation fut de s'être régalés d'une oie la veille de la Toussaint un jour de jeûne, suivant une superstition romaine. James Raveleson fut accusé d'avoir orné sa maison avec un diadème à trois couronne de St. Pierre, taillé en bois, que l'archevêque pensa avoir été fait en moquerie de son chapeau de cardinal. Helen Stark était accusée de ne pas s'être habituée à prier la vierge Marie. Sur ces accusations ils furent trouvés coupables et reçurent sentence de mort; les quatre pour avoir mangé une oie, à être pendus; James Raveleson à être brûlé; et la femme avec son enfant qu'elle nourrissait, à être mise dans un sac et noyée. Les quatre hommes avec la femme et l'enfant, souffrirent en même temps: mais James Raveleson ne fut exécuté que quelques jours après.

Au jour fixé pour l'exécution des premiers, ils furent conduits sous une garde suffisante, au lieu du supplice accompagné d'un nombre prodigieux de spectateurs. Aussitôt qu'ils furent arrivés, ils prièrent avec ferveur; après quoi Robert Lamb s'adressa aux spectateurs, les exhortant de craindre Dieu et de quitter la pratique des abominations papistes. Les quatre hommes furent pendus à la même potence; et la femme avec son enfant à la mamelle furent conduits à une rivière des environs, et étant attachés dans un grand sac, y furent jetés et noyés.

Ils souffrirent leur sort avec courage et résignation, remettant leurs esprits qui s'envolaient à ce Rédempteur qui, espéraient-ils, les recevrait au sein du bonheur éternel.

Quand nous réfléchissons à leurs souffrances nous sommes disposés à nous apitoyer sur leur sort et à verser une larme de commisération. Le fait de mettre à mort quatre hommes, pour la raison presque unique d'avoir mangé un mets fourni par la Providence dans ce but même, seulement parce que c'était un jour défendu par la bigoterie et la superstition, est vraiment monstrueux; mais le sort d'une femme inoffensive et de son enfant encore plus inoffensif nous fait trembler à la pensée de ce que peut devenir l'humanité quand elle est incitée par la bigoterie de la cruauté la plus diabolique.

Outre les personnes ci-dessus mentionnées, plusieurs autres furent cruellement persécutées pendant le séjour de l'archevêque à Perth, quelques-unes étant bannies et d'autres emprisonnées dans des cachots dégoûtants. En particulier, Jean Rogers un homme pieux et instruit, fut tué en prison par ordre de l'archevêque et son corps jeté par dessus la muraille dans la rue; après quoi l'archevêque fit courir le bruit qu'il avait rencontré la mort en essayant de se sauver.

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