Accueil GoDieu.com
Plan de Salut de Dieu
Recherche GoDieu.com

En principe, ce panneau vous présentera des choix de moteur de recherche GoDieu.com.

Fermer
Recherche biblique
GoDieu.com
Cette page en favori Affiche une version imprimable de cette page entière. Expédier la page d'accueil par courriel. Contacter GoDieu.com
Dimension de police du texte
 
Facebook GoDieu.com Twitter GoDieu.com Youtube GoDieu.com Dailymotion GoDieu.com Instagram GoDieu.com Suivez-nous !   

___________________________________ Publicité ___________________________________
___________________________________ Publicité ___________________________________

Traduction du site

Afrikaans - Vertaling - Kies taal - af - Afrikaans Albanian - Përkthimi - Zgjidhni gjuhën - sq - Albanais Deutsch - Übersetzung - Sprache wählen - de - Allemand አማርኛ - ተርጉም - ቋንቋ ይምረጡ - am - Amharique English - Translate - Select Language - en - Anglais العربية - ترجمة - تحديد اللغة - ar - Arabe Հայերեն - Թարգմանություն - Ընտրեք լեզուն - hy - Arménien Azeri - Translation - Dil seçin - az - Azéri Euskal - Itzulpen - Hizkuntza aukeratu - eu - Basque বাংলা - অনুবাদ - ভাষা নির্বাচন করুন - bn - Bengali Беларусь - Пераклад - Выбраць мову - be - Biélorusse မြန်မာစာ - ဘာသာပြန်ဆို။ - ဘာသာစကားကိုရွေးချယ်ပါ။ - my - Birman Bosanski - Translation - Odaberite jezik - bs - Bosniaque български - Преводач - Избор на език - bg - Bulgare català - Traductor - Selecciona l'idioma - ca - Catalan Cebuano - Translation - Pilia pinulongan - ceb - Cebuano Chichewa - Translation - Sankhani chinenero - ny - Chichewa 中文 (简体) - 翻译 - 选择语言 - zh-CN - Chinois (simplifié) 中文 (繁體) - 翻譯 - 選擇語言 - zh-TW - Chinois (traditionnel) සිංහල - පරිවර්තනය - භාෂාව තෝරාගන්න - si - Cingalais 한국어 - 번역 - 언어설정 - ko - Coréen Corsica - Traduci - Sceglie a lingua - co - Corse Kreyòl ayisyen - Tradiksyon - Chwazi lang - ht - Créole haïtien hrvatski - Prevoditelj - Odaberite jezik - hr - Croate Dansk - Oversæt - Vælg sprog - da - Danois Español - Traductor - Seleccionar idioma - es - Espagnol Esperanto - Tradukado - Elektu lingvon - eo - Espéranto Eesti - Tõlkimine - Vali keel - et - Estonien suomi - Kääntäjä - Valitse kieli - fi - Finnois Français - Traduction - Choisissez la langue - fr - Français Frysk - Oersette - Selektearje taal - fy - Frison Gaelic (Skotlân) - Eadar-theangaich - Tagh cànan - gd - Gaélique (Écosse) Galego - Tradución - Escolla o idioma - gl - Galicien Cymraeg - Cyfieithu - Dewiswch iaith - cy - Gallois ქართული - თარგმანი - ენის არჩევა - ka - Géorgien Ελληνικά - Μετάφραση - Επιλογή γλώσσας - el - Grec ગુજરાતી - અનુવાદ - ભાષા પસંદ કરો - gu - Gujarati Hausa - Translation - Zabi harshe - ha - Haoussa Hawaiian - Unuhi - Wae 'ōlelo - haw - Hawaïen עברית - תרגם - בחירת שפה - iw - Hébreu हिन्दी - अनुवाद करें - भाषा चुनें - hi - Hindi Hmong - txhais lus - Xaiv lus - hmn - Hmong Magyar - Fordítás - Válasszon nyelvet - hu - Hongrois Igbo - Translation - Họrọ asụsụ - ig - Igbo Indonesia - Translate - Pilih Bahasa - id - Indonésien Gaeilge - Aistriúchán - Roghnaigh teanga - ga - Irlandais Icelandic - Þýðing - Velja tungumál - is - Islandais Italiano - Traduttore - Seleziona lingua - it - Italien 日本語 - 翻訳 - 言語を選択 - ja - Japonais Javanese - Translation - Pilih basa - jw - Javanais ಕನ್ನಡ - ಅನುವಾದ - ಭಾಷೆ ಆಯ್ಕೆ - kn - Kannada Қазақ - Аударма - Тілді таңдау - kk - Kazakh ខ្មែរ - បកប្រែ - ជ្រើសភាសា - km - Khmer киргизский - Комментарий - Тил тандаңыз - ky - Kirghyz Kurdish - Wergerandin - Hilbijêre ziman - ku - Kurde ລາວ - ການແປພາສາ - ເລືອກພາສາ - lo - Laotien Latin - Latin - Elige lingua - la - Latin latviešu - Tulkotājs - Atlasiet valodu - lv - Letton Lietuvių - Versti - Pasirinkite kalbą - lt - Lituanien Lëtzebuergesch - Iwwersetzen - Wielt Sprooch - lb - Luxembourgeois Македонски - Превод - Избери јазик - mk - Macédonien Malaysia - Terjemahan - Pilih bahasa - ms - Malaisien മലയാളം - പരിഭാഷ - ഭാഷ തിരഞ്ഞെടുക്കുക - ml - Malayalam Madagascar - Translation - Mifidiana teny - mg - Malgache Malti - Traduzzjoni - Agħżel lingwa - mt - Maltais Maori - Translation - Kōwhiri te reo - mi - Maori मराठी - भाषांतर - भाषा निवडा - mr - Marathi Монгол - Орчуулга - Хэл сонгох - mn - Mongol Nederlands - Vertaal - Kies Taal - nl - Néerlandais नेपाली - अनुवाद - भाषा छान्नुहोस् - ne - Népalais norsk - Oversetter - Velg språk - no - Norvégien O'zbekiston - Tarjima - Tilni tanlang - uz - Ouzbek پښتو - وژباړئ - ژبه وټاکئ - ps - Pachtô ਪੰਜਾਬੀ - ਅਨੁਵਾਦ - ਭਾਸ਼ਾ ਚੁਣੋ - pa - Panjabi فارسی - ترجمه - انتخاب زبان - fa - Persan Polski - Tłumacz - Wybierz język - pl - Polonais Português - Tradutor - Seleccionar idioma - pt - Portugais Română - Traducere - Selectaţi limba - ro - Roumain Русский - Переводчик - Выберите язык - ru - Russe Samoa - Faaliliu - Gagana filifilia - sm - Samoan српски - преводилац - Изабери језик - sr - Serbe Sesotho - Phetolelo - Khetha puo tn lefatshe - st - Sesotho Shona - Kushandura - Sarudzai mutauro - sn - Shona سنڌي - ترجمو ڪريو - ٻولي منتخب ڪريو - sd - Sindhî slovenčina - Prekladač - Výber jazyka - sk - Slovaque slovenščina - Prevajalnik - Izberi jezik - sl - Slovène Somali - Translation - Dooro luqadda - so - Somali Sunda - Tarjamahan - Pilih basa - su - Soundanais Svenska - Översätt - Välj språk - sv - Suédois Kiswahili - Tafsiri - Chagua lugha - sw - Swahili Тоҷикистон - Тарҷумаи - интихоб забон - tg - Tadjik Filipino - Pagsasalin - Pumili ng Wika - tl - Tagalog தமிழ் - மொழிபெயர்ப்பு - மொழி தேர்வு - ta - Tamoul česky - Překladač - Zvolit jazyk - cs - Tchèque తెలుగు - అనువాద - భాష ఎంచుకోండి - te - Telugu ไทย - แปล - ภาษาเลือก - th - Thaï Türk - Tercüme - Dil seçin - tr - Turc українська - Перекладач - Виберіть мову - uk - Ukrainien اردو - ترجمہ - زبان کا انتخاب کریں - ur - Urdu Tiếng Việt - Dịch - Chọn Ngôn ngữ - vi - Vietnamien isiXhosa - Guqula - Khetha ulwimi - xh - Xhosa ייִדיש - טראַנסלאַטיאָן - אויסקלייַבן שפּראַך - yi - Yiddish Yoruba - Translation - Yan ede - yo - Yorouba Zulu - Translation - Khetha ulimi - zu - Zoulou

Connexion utilisateur

Utilisateurs en ligne

1 utilisateur
1 invité

Statistiques d'aujourd'hui

NombreDescription
13623Membres
1674Messages
29Commentaires
0Lectures
4154924Lectures globales
0Clics
0Réf. externes
0Réf. internes
0Abonnés RSS

Gestion de contenu (CMS)

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

Publicité point liée à GoDieu.com

Le livre des Martyrs-06


juin 6, 2016 par GoDieu

 


Chapitre IV.

 

Les persécutions en Espagne, Portugal, Italie, etc.

L'Origine, les Progrès et les Cruautés de l'Inquisition.

Au temps du pape Innocent III., la religion réformée avait fait tant de bruit dans toute l'Europe, que les catholiques commencèrent à craindre que leur église était en danger, et le pape institua en conséquence un certain nombre d'inquisiteurs — des personnes qui devaient rechercher les hérétiques, les arrêter et les punir. En tête de ceux-là se trouvait Dominique qui avait été canonisé. Lui et les autres inquisiteurs se dispersèrent dans les divers pays catholiques, et traitèrent les protestants avec la dernière rigueur. Enfin le pape, ne les trouvant pas aussi utiles qu'il l'espérait, résolurent d'établir des cours fixes et régulières de l'inquisition; la première de celles-là se tint à Toulouse dont Dominique devint l'inquisiteur général.

Ces cours furent érigées dans d'autres pays, mais l'inquisition espagnol devint la plus puissante et terrible de toutes. Les dominicains et les franciscains étant les plus zélés des moines, le pape les investit du droit exclusif de présider et d'administrer ces cours. Les moines de ces deux ordres furent toujours choisis de la lie même du peuple, et furent, conséquemment, peu troublés par les scrupules de conscience; ils furent obligés, toutefois, par les règles de leurs ordres de mener une vie très austère, qui leur donnait des manières insociables, et les qualifiait mieux pour leur travail.

Le pape donna aux inquisiteurs un pouvoir illimité, comme juges délégués par lui et représentants immédiats de sa personne; on leur permit d'excommunier ou de condamner à mort, comme ils le trouvaient convenable, toute personne accusée d'hérésie; il leur fut permis de publier des croisades contre tous ceux qu'ils jugeaient hérétiques et de faire une ligue avec les princes régnant pour joindre ces croisades avec leurs forces. Environ l'an 1244, leur pouvoir fut de nouveau accru par l'empereur Frédéric II., qui se déclara lui-même le protecteur et l'ami des inquisiteurs, et publia deux cruels édits; que les hérétiques qui continuaient obstinés seraient brûlés, et que ceux qui se repentaient seraient emprisonnés pour la vie.

Les officiers de l'inquisition sont — trois inquisiteurs ou juges, un procureur fiscal, deux secrétaires, un magistrat, un messager, un receveur, un geôlier, un agent de possessions confisquées, et plusieurs évaluateurs, conseillers, exécuteurs, médecins, chirurgiens, portiers, familiers et visiteurs qui sont tous sous serment de garder le secret. Leur principale accusation contre ceux qui sont soumis à ce tribunal est l'hérésie qui comprend tout ce qui est dit ou écrit contre la confession de foi ou les traditions de l'église romaine. Les autres articles d'accusation sont: renoncer à la foi catholique et croire que les personnes d'aucune autre religion ne peuvent être sauvées, ou même d'admettre que les dogmes de nulle autre excepté ceux des papistes soient scripturaires ou rationnelles. Deux autres choses aussi encourent le plus sévère châtiment; de désapprouver toute action faite par l'inquisition ou douter de la vérité de quelque chose affirmé par les inquisiteurs.

Quand les inquisiteurs ont pris ombrage contre une personne, tous les expédients sont employés pour faciliter sa condamnation; faux serments et témoignages sont employés pour trouver l'accusé coupable et toutes les lois et institutions sont sacrifiées pour assouvir la vengeance la plus bigote. Si une personne accusée est arrêtée et emprisonnée son traitement est déplorable. Le geôlier peut commencer par le fouiller pour livres et papiers qui peuvent faciliter sa conviction, ou pour des instruments qui pourraient servir à son suicide ou à sa fuite; et avec ce prétexte il le vole souvent d'objets de valeur, et même de son habillement. Il est alors jeté en prison. L'innocence, dans une telle occasion, n'est qu'un faible roseau; rien n'était plus aisé que de ruiner une personne innocente. La sentence la plus douce est l'emprisonnement pour la vie; cependant les inquisiteurs procèdent par degrés à la fois subtiles, lents et cruels. Le geôlier s'insinue dans la faveur du prisonnier en prétendant lui donner de bons conseils; et parmi d'autres fausses insinuations il lui dit de demander une audition. Quand il est amené devant le consistoire, la première demande est: «Quelle est votre requête?» À ceci le prisonnier répond naturellement qu'il aimerait à être entendu. À ceci les inquisiteurs répondent, «Votre audition est — confessez la vérité, ne cachez rien, et reposez-vous-en sur notre bon vouloir.» Si le prisonnier fait quelque confession triviale, ils trouvent immédiatement là-dessus un acte d'accusation; s'il est muet, il l'enferme sans lumière ou sans nourriture si ce n'est une petite provision de pain et d'eau jusqu'à ce qu'il soumette son entêtement, comme ils l'appellent; s'il se déclare innocent ils le tourmentent jusqu'à ce qu'il meure de souffrances ou se confesse lui-même coupable.

Sur le second examen de ceux qui confessent, ils disent continuellement. «Vous n'avez pas été sincère; vous ne dites pas tout; vous cachez plusieurs choses, et devez être renvoyés dans votre cachot.» Quand ceux qui ont été silencieux sont appelés pour un second examen, s'ils continuent à rester muets on les soumet à de telles tortures, soit pour les faire parler ou les tuer; et quand ceux qui se proclament innocents sont examinés de nouveau, un crucifix leur est présenté et ils sont solennellement exhortés d'assermenter leur confession de foi. Cela les met à l'épreuve; il leur faut soit jurer qu'ils sont catholiques romains, ou reconnaître qu'ils ne le sont pas. S'ils reconnaissent qu'ils ne le sont pas, on les poursuit comme hérétiques; s'ils reconnaissent qu'ils le sont, une série d'accusations est mise à leur charge auxquelles ils sont obligés de répondre sur le champ, sans avoir le temps d'arranger leurs pensées. Après avoir répondu verbalement, on leur apportait une plume, de l'encre et du papier pour préparer une réponse par écrit, qui devait coïncider sous tous les rapports avec le verbal. Si les réponses différaient, les prisonniers étaient accusés de prévarication; si l'un contenait plus que l'autre, ils étaient accusés de vouloir user de dissimulation; s'ils s'accordaient tous deux, ils étaient accusés d'artifice prémédité.

Après qu'une personne dénoncée est condamnée, elle est sévèrement fouettée, torturée violemment, envoyée aux galères ou condamnée à mort; dans les deux cas les biens étaient confisqués. Après le jugement, une procession est arrangée à la place de l'exécution et la cérémonie est appelé un anto da fé, ou acte de foi. Ce qui suit est un récit exact de l'une de ces farces solennelles, jouées à Madrid en l'an 1682: —

Les officiers de l'inquisition, précédés de trompettes, de timbales et de leur bannière défilèrent en cavalcade le 20 de Mai au palais du grand carré, où ils déclarèrent par proclamation, que le 30 de Juin la sentence des prisonniers serait exécutée. Il n'y avait pas eu de spectacle de cette espèce à Madrid depuis plusieurs années et pour cette raison les habitants l'attendaient avec beaucoup d'impatience. Quand le jour arriva une foule prodigieuse parut habillée aussi gaîment que leurs moyens le leur permettaient. Sur la place était élevé un échafaud; et là, depuis sept heures du matin jusqu'au soir, furent amenés des criminels des deux sexes: toutes les inquisitions du royaume envoyant leurs prisonniers à Madrid. Vingt hommes et femmes, avec: un Mahométan renégat furent condamnés à être brûlés; cinquante Juifs et Juives furent condamnés à un long emprisonnement et à porter un bonnet jaune; dix autres, accusés de bigamie, de sorcellerie et autres crimes, furent condamnés à être fouettés et ensuite envoyés aux galères; ces derniers portaient de grands bonnets de carton, avec une inscription dessus, ayant une corde autour du cou et torche en mains. Dans cette occasion toute la cour d'Espagne était présente. Le fauteuil du grand inquisiteur fut placé sur une sorte de tribunal plus élevé que celui du roi. Les nobles jouèrent la part des officiers du shérif en Angleterre, conduisant les criminels qui devaient être brûlés et les tenant quoique attachés avec de fortes cordes; le reste des victimes étaient conduites par les familiers de l'inquisition. Il y avait parmi elles une jeune Juive d'une exquise beauté n'ayant que dix-sept ans. Étant sur le même côté de l'échafaud sur lequel la reine était assise, elle s'adressa à elle dans l'espérance d'obtenir son pardon, dans le discours pathétique suivant: — «Grande reine! votre présence royale ne me sera-t-il pas de quelque service dans ma misérable condition? Ayez égard à ma jeunesse; ah, hélas! considérez que je suis sur le point de mourir pour professer une religion inculquée dès ma plus tendre enfance!» Sa majesté sembla la prendre en pitié, mais elle se détourna, n'osant pas dire un mot pour quelqu'un déclaré hérétique par l'inquisition. La messe commença maintenant et vers son milieu le prêtre sorti d'un autel placé près de l'échafaud, et s'assit sur un fauteuil préparé dans ce but. Alors l'inquisiteur en chef descendit de l'amphithéâtre habillé de sa chape et ayant une mitre sur la tête. Après s'être agenouillé à l'autel, il s'avança vers le balcon du roi, suivi de quelques officiers portant une croix et les Évangiles, avec un livre contenant les serments par lesquels les rois d'Espagne s'obligent de protéger la foi catholique, d'exterminer les hérétiques, et de supporter de tout leur pouvoir les décrets des inquisitions. À l'approche de l'inquisiteur, présentant son livre au roi, sa majesté se leva tête nue et jura de maintenir son serment; après quoi le roi continua à rester debout jusqu'à ce que l'inquisiteur fût retourné à sa place et alors le secrétaire du saint office monta sur une chaire et administra un serment pareil à toute l'assemblée. La messe commença environ midi et ne finit qu'à neuf heures, étant prolongée par une proclamation des sentences de plusieurs criminels. Vint ensuite le brûlement de vingt-et-un hommes et femmes, dont le courage fut vraiment étonnant; quelques-uns mirent leurs mains et leurs pieds dans les flammes avec la plus indomptable bravoure; tandis que tous agirent avec une telle résolution que plusieurs des spectateurs étonnés déploraient que des âmes aussi héroïques n'aient pas été plus éclairées. Le roi était si près des criminels, que leurs derniers gémissements furent entendus par lui; son serment de couronnement l'obligeait de sanctionner par sa présence tous les actes du tribunal.

L'inquisition établie en Portugal est sur le même plan que celui de l'Espagne, ayant été instituée environ en même temps et régie d'après les mêmes règlements. La maison ou plutôt le palais est un bel édifice. Il contient quatre cours, chacune d'environ quarante pieds carrés autour desquelles il y a environ 300 cachots ou cellules. Les cachots sur le rez-de-chaussée sont pour la plus basse classe de prisonniers, et ceux du second étage pour le rang supérieur. Les galeries sont bâties en pierre de taille, et cachées à la vue dedans et dehors par une double muraille d'environ cinquante pieds de haut. Si vaste est toute la prison qui contient tant de détours que personne ne peut trouver son chemin que ceux qui y sont habitués. Les appartements de l'inquisiteur en chef sont vastes et élégants; l'entrée se fait par une grande barrière qui conduit dans une cour autour de laquelle il y a plusieurs chambres et de grands salons pour le roi, la famille royale et le reste de la cour pour s'y tenir et observer les exécutions.

Un teston, qui vaut quinze sous, est alloué à chaque prisonnier tous les jours; et le geôlier en chef, accompagné de deux autres officiers, visite chaque prisonnier tous les mois pour savoir comment il veut disposer de sa ration. Des sentinelles parcourent continuellement l'enceinte pour écouter, et si le moindre bruit est entendu d'avertir et de menacer le prisonnier; si le bruit est répété, on le bat sans merci. Ce qui suit est un fait reconnu: — Un prisonnier ayant une mauvaise toux, un des gardes vint lui ordonner de ne pas faire de bruit; il répondit que ce n'était pas en son pouvoir de l'empêcher. La toux augmentant, le garde alla à la cellule, mis à nu le patient et le battit si fort qu'il en mourut bientôt après.

Quelques fois un prisonnier passait des mois sans savoir ce dont on l'accusait, ou sans avoir la moindre idée quand son procès devait avoir lieu. Le geôlier enfin l'informait qu'il lui fallait faire une demande pour instruire son procès. L'ayant fait il était conduit tête nue pour son examen. À la porte du tribunal le geôlier frappe trois fois pour donner avis aux juges de son approche. Une cloche est alors sonnée par l'un des juges et un assistant ouvre la porte, admet le prisonnier et lui fournit un siège. Le prisonnier reçoit l'ordre du président de s'agenouiller, et de mettre sa main droite sur un livre qui lui est présenté tout fermé. Ceci étant fait, la question suivante lui est faite: «Voulez-vous promettre de cacher les secrets du saint-office, et dire la vérité.» S'il répond dans la négative, il est reconduit à sa cellule et là traité cruellement. S'il répond dans l'affirmative, il reçoit l'ordre de s'asseoir de nouveau, et l'examen procède; le président lui demande une foule de questions, et le commis les inscrit ainsi que les réponses. Quand l'examen est clos, la cloche est sonnée de nouveau le geôlier paraît, et le prisonnier reçoit l'ordre de se retirer avec cette exhortation: «Taxez votre mémoire, rappelez-vous tous les péchés que vous avez commis, et quand vous serez ramené ici, faites en part au saint-office.» Le geôlier et ses assistants ayant appris que le prisonnier a fait une confession ingénue, et répondu volontiers à toutes les questions, lui font une profonde révérence et le traite avec une bonté affectée. Il est amené quelques jours après à un second examen, avec les mêmes formalités qu'avant. Les inquisiteurs trompent souvent leurs prisonniers en leur promettant la plus grande indulgence et même de leur rendre leur liberté, s'ils veulent s'accuser eux-mêmes; les malheureuses personnes qui sont en leur pouvoir tombent fréquemment dans ce piège et sont sacrifiées à leur propre simplicité.

Un autre artifice est employé par les inquisiteurs quand un prisonnier a trop de résolution pour s'accuser lui-même et trop de prévoyance pour être attrapé par leur artifice. Une copie d'un acte d'accusation lui est remise, dans laquelle, parmi plusieurs accusations triviales, il est accusé des crimes les plus atroces. Ceci excite sa colère et il se récrit contre de telles faussetés. On lui demande alors quels crimes il peut nier. Il mentionne naturellement les plus énormes et en exprime son horreur; alors l'acte d'accusation lui est arraché des mains et le président s'écrie; «En reniant seulement ces crimes que vous mentionnez vous confessez implicitement le reste; nous procéderons donc en conséquence.»

Quoique les inquisiteurs ne permettent d'employer la torture que trois fois, elle est si cruelle toutefois que le prisonnier meurt sous la peine, ou continue d'être ci-après un estropié. Ce qui suit est une description des tourments atroces occasionnés par la torture, d'après le récit d'une personne qui l'a souffert trois fois, mais heureusement survécut à ses cruautés.

 

La première application de la torture.

Un prisonnier, en refusant de se soumettre à la demande inique des inquisiteurs, en confessant les crimes dont on l'accuse, fut conduit immédiatement à la salle des tortures, où il n'y avait d'autre lumière que celle de deux chandelles. Pour que les cris des martyrisés ne fussent pas entendus, la salle était doublée d'une espèce de couverture piquée, couvrant toutes les fentes pour amortir le son. L'horreur du prisonnier était extrême en entrant dans cette place infernale quand soudain il est entouré de six misérables, qui, après avoir préparé les tortures, le dépouillèrent de tout à part son caleçon. Il fut alors mis sur le dos sur un banc élevé de quelques pieds au-dessus du plancher. Ils commencèrent à lui mettre au cou un collier en fer, et un anneau à chaque pied qui le retenait au banc. Ses membres étant ainsi étendus ils entortillèrent deux cordes autour de chaque bras et de chaque cuisse; celles-ci, étant passées sous l'échafaud, étaient bandées en même temps par quatre hommes. La souffrance qui en résultait aussitôt était intolérable; les cordes, qui n'étaient pas grosses, coupaient la chair du prisonnier jusqu'à l'os, faisant jaillir le sang. Comme il persistait à ne pas confesser ce que les inquisiteurs exigeaient, les cordes étaient tirées de la même manière quatre fois de suite. Un médecin et un chirurgien assistaient et lui tâtaient les temples pour juger du danger; par ce moyen ses tortures étaient pour un petit moment suspendues; mais seulement pour qu'il pût se remettre pour endurer plus de torture. Pendant cette extrémité d'angoisse, pendant que la frêle charpente se brisait pour ainsi dire en pièces, tandis que chaque pore éprouvait la douleur la plus aiguë et l'âme agonisante était sur le point de sortir de sa malheureuse demeure, les ministres de l'inquisition regardaient sans émotion et conseillaient froidement à la pauvre victime de confesser sa faute pour obtenir le pardon et recevoir l'absolution. Tout ceci, toutefois, n'eut aucun effet sur le prisonnier dont l'esprit était fortifié par la douce conviction de son innocence et la divine consolation de la religion. Au milieu de ses souffrances corporelles, le médecin et le chirurgien étaient assez barbares pour déclarer, que s'il mourait sous les tortures, il serait coupable par son entêtement, de suicide. La dernière fois que les cordes furent bandées il devint si excessivement faible, par l'arrêt de la circulation du sang, et les souffrances qu'il endurait, qu'il s'évanouit: alors il fut détaché et ramené à son cachot.

 

Seconde application de la torture.

Les misérables scélérats, trouvant que les tortures qu'ils infligeaient au lieu d'arracher une confession au prisonnier, ne servaient qu'à exciter ses prières au ciel pour obtenir la patience et la force de persévérer dans la vérité et l'intégrité, furent assez inhumains, six semaines après, pour le faire passer par une autre espèce de torture, plus sévère, si possible, que la première; la manière de l'infliger était comme suit: — ils lui forçaient les bras, en arrière, de sorte que les paumes de ses mains étaient tournées en dehors derrière lui; alors, par le moyen d'une corde qui les attachait ensemble aux poignets et qui était remontée par un mécanisme, ils les rapprochaient par degré l'un vers l'autre, de telle sorte que le derrière de chaque main se touchaient et était parallèle l'une avec l'autre. Les deux épaules étaient ainsi disloquées, et une quantité considérable de sang sortait de sa bouche. Cette torture était répétée trois fois; après quoi il était de nouveau reconduit au cachot et remis au médecin et au chirurgien, qui, en remettant les os disloqués, le faisait souffrir des tourments affreux.

 

Troisième application de la torture.

Environ deux mois après la seconde torture, le prisonnier, étant rétabli, fut de nouveau amené à la salle des tortures; et là, pour la dernière fois, dut endurer une autre espèce de punition qui lui fut infligée deux fois sans intermission. Les exécuteurs attachèrent une grosse chaîne de fer autour de son corps, qui, croisant sur son estomac se terminait à ses poignets. Ils le placèrent alors le dos contre une planche épaisse aux deux extrémités de laquelle se trouvait une poulie, par laquelle passait une corde qui reliait les bouts de la chaîne à ses poignets. Alors l'exécuteur, bandant le bout de la corde par le moyen d'un rouleau placé à distance derrière lui pressait et meurtrissait l'estomac à mesure que les bouts de la chaîne étaient bandés plus fort. Ils le torturèrent de cette manière à un tel degré que les poignets aussi bien que les épaules furent disloqués. Les chirurgiens les remirent, toutefois, bientôt après; mais les barbares, n'étant pas satisfaits, lui firent immédiatement souffrir la torture une seconde fois, qu'il endura avec un égal courage et constance. Il fut alors renvoyé à son cachot, soigné par le chirurgien qui pensait ses blessures et remettait les parties disloquées; et où il continuait jusqu'à ce que sa sortie du cachot le rappelât à une misérable liberté dans ce monde ou son auto da fé l'emportât un monde meilleur.

On peut voir d'après ce rapport quelle terrible agonie la victime a dû souffrir en étant si fréquemment mise à la torture. La plupart des membres furent disloqués; tellement meurtri et épuisé qu'il était incapable, pendant des semaines de se porter la main à la bouche: et son corps enfla beaucoup à cause de l'inflammation causée par les fréquentes dislocations. Après sa décharge il sentit l'effet de cette cruauté pour le reste de sa vie, étant fréquemment saisi de douleurs aiguës et torturantes, auxquelles il n'avait jamais été sujet auparavant. Les malheureuses femmes qui tombent dans les mains des inquisiteurs n'obtiennent aucune faveur à cause de leur sexe; mais sont torturées avec autant de sévérité que les autres prisonniers.

Si le prisonnier continue à refuser de se confesser il est renvoyé à son cachot; mais on se sert d'un stratagème pour tirer de lui ce que la torture ne peut faire. Un compagnon lui était donné pour le servir; cette personne s'insinuait dans les bonnes grâces du prisonnier, sympathisait avec lui, et prenant avantage des expressions hâtives que lui arrachait la souffrance, s'efforçait de saisir ses secrets. Ce compagnon quelquefois prétendait être un prisonnier comme lui-même pour pousser la malheureuse personne à trahir ses sentiments privés.

Françis Romanus, un natif d'Espagne, était employé par les marchands de Anvers à faire des affaires pour eux à Brème. Il avait été instruit dans la foi romaine, mais allant un jour dans une église protestante, il fut frappé des vérités qu'il avait entendues et en sondant les Écritures et les écrits de quelques théologiens protestants, il s'aperçut de la fausseté des principes qu'il avait naguère professés. Résolu de ne penser qu'à son salut éternel, il résigna son agence aux marchands de Anvers, leur donnant avis de sa conversion; et alors dans le but de gagner ses parents à se convertir, il retourna sans tarder en Espagne. Mais les marchands de Anvers écrivant aux inquisiteurs, il fut saisi, emprisonné pour un temps et alors condamné aux flammes comme hérétique. Il fut conduit à la place d'exécution dans un vêtement peint de figures du diable et avec une mitre en papier mis sur la tête, par moquerie. Comme il passait devant une croix de bois, un des prêtres lui ordonna de s'agenouiller devant; mais il refusa absolument de le faire, disant, «ce n'est pas au chrétien à adorer le bois.» Ayant été placé sur un tas de fagots, le feu l'atteignit bientôt, alors il leva la tête subitement, les prêtres pensant qu'il avait l'intention d'abjurer, commandèrent de le descendre. Trouvant, toutefois, qu'ils s'étaient trompés, et qu'il demeurait constant dans sa foi, il fut placé de nouveau sur la pile, où aussi longtemps qu'il conserva sa voix et sa vie, il ne cessa de répéter ces versets du septième psaume — «Éternel, mon Dieu! je me suis retiré vers toi; que la malice des méchants prenne fin et affermis l'homme juste. Je célébrerai l'Éternel à cause de sa justice et je psalmodierai au nom de Dieu très-haut.»

À St. Lucar, en Espagne, demeurait un sculpteur nommé Rochus, dont la principale occupation était de faire des images des saints et autres, idoles papistes. Devenant, toutefois, convaincu des erreurs de Rome, il embrassa la foi protestante, cessa de tailler des images, et pour subsister s'occupa seulement à graver des seaux. Mais il avait retenu une image de la Vierge Marie comme enseigne; un inquisiteur venant à passer par là lui demanda s'il la vendrait. Rochus mentionna un prix; l'inquisiteur y fit objection et lui offrit la moitié de la somme. Rochus lui répondit, «Je la casserais plutôt en morceaux que d'accepter une telle bagatelle,» «cassez-la en pièces!» dit l'inquisiteur; «cassez-la en pièces si vous osez!» Rochus, étant provoqué par cette expression, prit un ciseau et enleva le nez de l'images. Cela suffisait; l'inquisiteur s'en alla enragé et bientôt après l'envoya arrêter. En vain plaida-t-il que ce qu'il avait défiguré était sa propriété; et que s'il n'était pas convenable de faire ce qu'il voulait de ce qui était sien, il ne convenait pas à l'inquisiteur de marchander l'image de la manière qu'il avait fait. Tout cela, cependant, ne lui servit de rien; son sort était décidé; il fut condamné à être brûlé, et la sentence fut exécutée sans délai.

Un catholique romain espagnol, nommé Juliano, en voyageant en Allemagne, se convertit à la religion protestante et entreprit de faire parvenir dans son pays une grande quantité de bibles cachées dans des tonneaux, et empaquetées comme vin du Rhin. Il réussit à distribuer les livres. Un prétendu protestant, toutefois, qui avait acheté une des bibles, le trahit. Juliano fut arrêté, et des moyens ayant été pris pour trouver les acheteurs des bibles, 800 personnes furent arrêtées. Juliano fut brûlé, vingt furent rôties à la broche, plusieurs emprisonnés pour la vie, quelques-uns furent fouettés publiquement, plusieurs envoyés aux galères, et une très petite quantité furent acquittés.

Une demoiselle, nommée Maria de Coccicao, fut prise par les inquisiteurs, et condamné à la torture. Les tourments qu'elle endurait lui firent avouer certaines accusations portées contre elle. Les cordes furent relâchées et elle fut reconduite à sa cellule où elle demeura jusqu'à ce qu'elle eut recouvert l'usage de ses membres; elle fut alors ramenée devant le tribunal et reçut ordre de ratifier sa confession. Ce qu'elle refusa absolument de faire leur disant, que ce qu'elle avait dit lui était arraché par les douleurs extrêmes qu'elle endurait. Les inquisiteurs, exaspérés de cette réponse, commandèrent qu'elle fut encore mise à la torture, quand la faiblesse de la nature prévalut encore une fois, et elle répéta sa première confession. Elle fut immédiatement reconduite à sa cellule; et remaniée une troisième fois devant les inquisiteurs, ils lui ordonnèrent de signer sa première et sa seconde confession. Elle répondit comme avant, mais ajouta, «J'ai deux fois succombé aux faiblesses de la chair, et peut-être que, soumise à la torture, serai-je assez faible pour le faire encore; mais soyez certain que, si vous me torturez cent fois, aussitôt que je serai relâchée je renierai la confession qui m'aura été extorquée par la souffrance.» Les inquisiteurs ordonnèrent alors qu'elle fût mise à la torture une troisième fois; et durant cette dernière épreuve elle endura les tourments avec le plus grand courage et ne put-être persuadée de répondre à aucune des questions qui lui furent posées. Comme son courage et sa constance croissaient, les inquisiteurs au lieu de la mettre à mort la condamnèrent à être fouettée en parcourant les rues publiques et la bannirent pour dix ans.

Une dame d'une noble famille de Séville, nommée Jeanne Bohorquia fut arrêtée sur information donnée par sa sœur, qui avait été torturée et brûlée pour professer la religion protestante. Mise à la torture elle confessa avoir fréquemment conversé avec sa sœur sur le protestantisme; et sur cette confession forcée Jeanne fut saisie, et mise à la torture qui fut si sévère qu'elle expira, une semaine après, des blessures et des meurtrissures reçues.

Isaac Orobio, un savant médecin, ayant battu un domestique moresque pour vol, fut accusé par lui de professer le judaïsme et l'inquisiteur arrêta le maître sur cette accusation. Il fut détenu trois mois en prison avant de recevoir la moindre information de ce dont il aurait à souffrir et alors il fut exposé aux modes de torture suivants: Un habit grossier lui fut mis et tellement bandé que la circulation du sang fut presque arrêtée et le souffle presque sorti de son corps. Après cela les cordes furent soudainement relâchées, et l'air se frayant un chemin subitement dans l'estomac, et le sang se précipitant dans les veines il souffrit la douleur la plus aiguë. Il fut mis sur un banc le dos contre la muraille où des poulies en fer étaient fixées. Des cordes, étant attachées à plusieurs parties de son corps et de ses membres, furent passées dans les poulies et étant soudainement tirées avec force, tout son corps fut réduit en une masse informe. Après avoir souffert pendant un temps considérable les douleurs de sa position, le siège fut tout à coup ôté et il resta suspendu contre la muraille. Le bourreau alors attacha des cordes autour de ses poignets et il les tira autour de son corps. Le mettant sur le dos, les pieds appuyés sur la muraille ils tirèrent avec une extrême violence jusqu'à ce que les cordes eussent pénétré jusqu'aux os. Il endura cette dernière torture trois fois, et il demeura soixante-dix jours avant que ses plaies ne fussent guéries. Il fut ensuite banni et dans son exil il écrivit le récit de ses souffrance.

Il est étonnant que la superstition ait, surtout concernant l'inquisition, toujours étouffé le bon sens et la coutume opposé la raison. Un prince, en vérité, — Don Carlos, l'aimable fils de Philippe II, roi d'Espagne, et le petit fils du célèbre empereur Charles V. — avait l'intention d'abolir cette cour cruelle mais il perdit la vie avant d'avoir pu accomplir ce dessein miséricordieux. Il possédait toutes les bonnes qualités de son grand père sans avoir les mauvaises de son père. Il avait assez de bon sens pour voir les erreurs du papisme et détestait le nom même de l'inquisition. Il blâmait publiquement la cour, ridiculisait la piété affectée des inquisiteurs, et déclarait que s'il parvenait à porter la couronne, il abolirait l'inquisition et en exterminerait les agents. Ceci irrita les inquisiteurs contre lui, et ils déterminèrent en conséquence de le détruire. Ils employèrent leurs émissaires pour répandre les insinuations perfides contre le prince, et enfin créèrent un tel esprit de mécontentement parmi le peuple que le roi fut obligé d'éloigner Don Carlos de la cour.

Peu de temps après, le prince ayant montré beaucoup de faveur aux protestants des Pays-Bas, l'inquisition déclara hautement, que comme les personnes en question étaient hérétiques le prince lui-même devait en être un, puisqu'il les recevait. De cette manière ils obtinrent une telle influence sur l'esprit du roi, qu'il sacrifia les sentiments naturels à la puissance de la bigoterie et passa sentence de mort sur son fils unique. Le prince obtint ce qu'on appelle une indulgence — c'est-à-dire qu'on lui laissa le choix du mode de sa mort. Il choisit la saignée et le bain chaud. Un jour de bonne heure tout fut préparé comme il le désirait, alors on ouvrit les veines de ses bras et de ses jambes et il s'affaiblit graduellement jusqu'à la mort sans souffrance apparente, devenant un martyr à la malice inquisitoriale étrangement sanctionnée par la bigoterie de ses parents.

___________________________________ Publicité ___________________________________
___________________________________ Publicité ___________________________________

Marque de commerce © 1999-2022 GoDieu.com - Tous droits réservés universellement