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Le livre des Martyrs-05


juin 6, 2016 par GoDieu

 


Chapitre III.

 

La persécution des Vaudois et des Albigeois.

Bérenger, environ l'an 1,000, prêcha hardiment la vérité évangélique suivant sa simplicité primitive. Plusieurs embrassèrent par conviction sa doctrine et furent, pour cette raison, appelés Bérengariens. Il fut succédé par Pierre Bruis qui prêcha à Toulouse, sous la protection du comte Hildephonsecs; et les doctrines des réformateurs, avec les raisons de leur séparation de l'église de Rome, furent publiées dans un livre écrit par Bruis, sous le titre de «l'Ante-Christ». Dans l'année 1140, le nombre des réformés était si grand que le pape s'en alarma et il écrivit à plusieurs princes de les bannir de leur royaume et il employa des savants à écrire contre eux. Pierre Valdo, natif de Lyon, devint à cette époque un adversaire actif de la papauté; et de lui les réformés reçurent le nom de Valdoyson Vaudois. Quand le pape Alexandre III. fut informé de ces faits, il excommunia Valdo et ses adhérents, et commanda à l'évêque de Lyon de les exterminer. Ainsi commença les persécutions papales contre les Vaudois.

Valdo demeura trois ans caché à Lyon, quoique l'on fisse des recherches soignées pour l'arrêter mais enfin il échappa aux montagnes du Dauphine. Il trouva bientôt le moyen de propager ses doctrines dans le Dauphiné et la Picardie, ce qui exaspéra tellement Philippe, roi de France, qu'il mit cette dernière province sous le régime militaire; détruisant les châteaux de 300 gentilshommes, rasant des villes emmuraillées, brûlant plusieurs des réformés et en chassant d'autres dans la Normandie et l'Allemagne.

Malgré ces persécutions la religion réformée continua à fleurir, et les Vaudois devinrent plus nombreux que jamais. Enfin le pape les accusa d'hérésie, et se servit de tous les moyens possibles pour les extirper; tels que excommunications, anathèmes, canons, constitutions, décrets, etc., par lesquels on les rendait impropres de tenir des places de confiance, d'honneur ou de profit; leurs terres furent confisquées, leurs marchandises saisies et on ne permettait pas de les enterrer en terre bénite.

Les ministres réformés continuèrent à prêcher hardiment contre la religion romaine; et Pierre Valdo en particulier, partout où il allait, affirmait que le pape était l'ante-christ; que la messe était une abomination, que l'hostie était une idole et que le purgatoire était une fable. Ces procédés firent naître l'inquisition, car le pape Innocent III. nomma certains moines inquisiteurs, pour découvrir et livrer les réformés au pouvoir séculier. Ces moines, sur le moindre soupçon ou information livraient les réformés au magistrat et le magistrat les délivrait au bourreau. Le procédé était court, puisqu'une accusation était considérée suffisante pour établir le crime et qu'un procès impartial n'était jamais accordé à l'accusé.

En l'an 1380, un moine inquisiteur, nommé Françis Boralli reçut du pape Clément VII. une commission pour rechercher et punir les Vaudois en différents endroits. Il alla à Ambrone, et somma les habitants de paraître devant lui: ceux de la religion reformée furent livrés au bras séculier et brûlés; et ceux qui ne se présentèrent pas furent excommuniés, et eurent leurs biens confisqués. Dans la distribution de ces biens, le clergé eut la part du lion, plus des deux tiers lui échurent.

En l'an 1400, les Vaudois demeurant dans la Vallée de Pragela furent soudainement attaqués par un corps de troupes, qui pillèrent leurs maisons, assassinèrent les habitants ou les chassèrent dans les Alpes où un grand nombre furent gelés à mort, car c'était au fort de l'hiver. En 1460, une persécution fut commencée dans le Dauphiné par l'archevêque d'Ambrone, qui employait un moine, nommé Jean Vayleti qui procéda avec une telle violence, que non-seulement les Vaudois mais même plusieurs papistes en furent les victimes; car si quelqu'un d'entre eux exprimait de la compassion ou de la piété pour ce peuple inoffensif, il était sûr d'être accusé de partialité pour les hérétiques et de partager leur sort. Enfin les actes de Vayleti devinrent si intolérables, qu'un grand nombre de papistes signèrent une représentation contre lui à Louis XI., roi de France, qui envoya un ordre au gouverneur du Dauphiné d'arrêter la persécution. Vayleti, toutefois, par ordre de l'archevêque la continua; car prenant avantage de la dernière clause de l'édit, il prétendit qu'il ne faisait rien de contraire à l'ordre du roi qui avait ordonné de punir ceux qui affirmaient quelque chose contre la foi catholique. Cette persécution fut enfin terminée par la mort de l'archevêque en 1487.

En 1487, le pape Innocent VIII. détermina de persécuter les Vaudois, et demanda l'aide du roi de France qui envoya son lieutenant dans la vallée de Loyse dans le but de les exterminer. Les Vaudois se sauvèrent dans des antres et des cavernes et autres retraites; mais leurs cruels ennemis placèrent des fagots à leurs ouvertures et y mirent le feu, on compute que 3,000 furent suffoqués de cette manière barbare.

Vers la fin du quinzième siècle les chefs des familles de Merindol furent sommés de se présenter devant une cour ecclésiastique. Quand ils se reconnurent comme Vaudois, on ordonna qu'ils fussent brûlés, leurs familles proscrites, leurs habitations dévastées et les bois qui entouraient la ville abattus, de sorte que l'ensemble parût désolé. Le roi, toutefois, étant informé de ce décret barbare, en contremanda l'exécution; mais son ordre fut supprimé par le cardinal Tournon, et les plus grandes cruautés furent commises sans impunité.

Le président de Opède envoya des soldats pour brûler quelques villages occupés par les protestants. Ils n'exécutèrent cette commission que trop fidèlement, l'excédant même en traitant brutalement ses habitants, n'épargnant ni l'enfance, ni l'âge ni le sexe. Il défendit à tous de donner assistance ou nourriture aux persécutés. Il marcha ensuite contre Cabrières, et commença à la battre à coups de canon. Alors il n'y avait pas au-delà de soixante pauvres paysans avec leurs familles dans la ville; et ils lui envoyèrent dire qu'il n'avait pas besoin de dépenser de la poudre et du plomb sur la place puisqu'ils étaient disposés à ouvrir les portes et de se rendre, pourvu qu'on leur permit de se retirer sans être inquiétés à Genève ou en Allemagne. On le leur promit; mais les portes n'étaient pas plutôt ouvertes que le président ordonna de tailler les hommes en pièces, ce qui fut immédiatement exécuté. Plusieurs femmes et enfants furent conduit dans une grande grange qui fut mise en feu et ils périrent tous dans les flammes.

Enfin, le jugement de Dieu atteignit ce monstre de cruauté; il fut frappé d'une maladie affreuse et cruelle. Étant à l'extrémité il envoya chercher un chirurgien à Arles, qui lui dit, après avoir examiné sa maladie, qu'elle était d'une nature particulière, et pire que celle qu'il avait jamais rencontré chez mille autre personnes. Il le réprimanda pour ses cruautés, et lui dit qu'à moins qu'il ne se repentit, il pouvait s'attendre que la main du ciel s'appesantirait davantage sur lui. En entendant cela, le président s'emporta, et commanda à ses gens de saisir le chirurgien; mais il trouva le moyen d'échapper, et bientôt après la maladie du président s'accrut terriblement. Comme il avait obtenu du soulagement de l'opération chirurgical, il envoya chercher le médecin; son message était accompagné d'une apologie pour sa conduite précédente, et une promesse de sécurité. Le chirurgien, oubliant le passé, alla à lui, mais trop tard pour lui être d'aucun service; car il trouva le tyran se conduisant comme un aliéné et s'écriant qu'il avait un feu au-dedans de lui. Après avoir blasphémé quelque temps, il expira dans une affreuse agonie; et son corps au bout de quelques heures devint si repoussant que personne ne pouvait résister auprès de lui.

 

La Persécution des Albigeois.

Les Albigeois appartenaient à la religion réformée, qui habitaient la campagne de Albi. Ils furent condamnés dans le concile de Latran, par ordre du pape Alexandre III.; mais ils crurent si rapidement, que plusieurs villes furent habitées exclusivement par des personnes de leur foi, et plusieurs nobles éminents embrassèrent leurs doctrines. Parmi ceux-ci furent le comte de Toulouse et de Foix. Le pape prétendit qu'il désirait les attirer à foi romaine par le raisonnement et la persuasion, et, dans ce but il ordonna une conférence générale dans laquelle les docteurs papistes furent vaincus par les arguments de Arnold un ministre réformé.

Un moine, nommé Pierre, ayant été assassiné dans le domaine du comte de Toulouse, le pape fit de ce meurtre un prétexte pour persécuter ce noble et ses sujets. Le comte, en apprenant cela, écrivit au pape, l'assurant qu'il n'avait pas prêté la main en aucune manière à la mort de Pierre; parce que ce moine avait été tué par un noble qui s'était immédiatement après enfui de son territoire. Mais le pape ayant déterminé sa destruction, une armée formidable, avec plusieurs nobles et prélats en tête, commencèrent leur marche contre les Albigeois. Le légat du pape étant à Valence, le comte s'y rendit, et lui dit, qu'il était surpris que des hommes armés fussent envoyés contre lui avant d'avoir produit aucune preuve de sa culpabilité. Il se rendit donc volontairement lui-même, fort du témoignage d'une bonne conscience, espérant que les troupes seraient ainsi empêchées de piller ses sujets innocents. Le légat répondit qu'il ne pourrait contremander les ordres donnés aux troupes, à moins qu'il ne lui livra sept de ses châteaux fortifiés comme sécurités. Le comte s'aperçut de son erreur en se soumettant, mais il était trop tard; il envoya donc les ordres de livrer les châteaux. Le légat du pape n'eut pas plus tôt mis garnison dans ces places, qu'il ordonna aux gouverneurs de se présenter devant lui. Quand ils vinrent, il dit, «Que le comte de Toulouse, ayant livré ses châteaux au pape, ils devaient se considérer maintenant comme sujets du pape, et non du comte; et qu'ils devaient en conséquence agir suivant leur nouvelle allégeance.» Les gouverneurs furent étonnés de voir leur Seigneur en captivité, et eux-mêmes forcés dans une nouvelle allégeance. Mais ce qui les affligea encore plus furent les affronts que l'on accumula sur le comte; car il fut dépouillé, conduit neuf fois autour du tombeau du moine Pierre, et sévèrement fouetté devant le peuple. L'armée commença à assiéger Béziers; et le comte de Béziers, pensant qu'il était impossible de défendre la place, sortit, et implora miséricorde pour les habitants; faisant entendre qu'il y avait autant de catholiques romains que de Vaudois dans la ville. Le légat répondit que les excuses étaient inutiles; que la place devait se rendre à discrétion ou que les plus affreuses conséquences s'en suivraient.

Le comte de Béziers, retournant à la ville, dit aux habitants qu'ils ne pourraient obtenir aucune faveur, à moins que les Albigeois n'abjurassent leur religion et ne se conformassent à l'église de Rome. Les catholiques romains pressèrent les Albigeois à céder; mais les Albigeois répondirent noblement, qu'ils n'abandonneraient pas leur religion pour le prix méprisable d'une vie fragile; que Dieu pouvait, s'il lui plaisait, les défendre; mais s'il voulait être glorifié par la confession de leur foi jusqu'à la mort, ce serait un honneur pour eux de mourir pour lui.

Leurs ennemis, trouvant inutile de les presser, envoyèrent leur évêque au légat, le suppliant de ne pas les inclure dans le châtiment des Albigeois; et le pressant d'essayer de gagner ces derniers par la douceur et non par la rigueur. En attendant ceci le légat se mit en colère, et déclara que «si toute la ville ne reconnaissait pas leur faute ils tomberaient tous sous la même malédiction, sans distinction de religion, de sexe ou d'âge». Les habitants refusant de céder à de telles conditions, la place fut prise par assaut, et toutes espèces de cruautés employées; on n'entendait que les gémissements d'hommes baignant dans leur sang; les lamentations des mères, qui, étant maltraitées par les troupes voyaient leurs enfants arrachés de leurs bras et mis en pièces devant leurs yeux. La ville étant mise en feu dans différentes parties, ceux qui se cachaient dans leurs demeures étaient forcés d'y rester et de périr dans les flammes, ou d'en sortir et de tomber sous l'épée des soldats. Le légat sanguinaire, pendant ces actes infernaux, jouissait du carnage et criait même aux troupes, «Tuez-les, tuez-les tous; tuez hommes, femmes et enfants; tuez les Catholiques aussi biens que les Albigeois, car quand ils seront morts le Seigneur saura choisir les siens.» Ainsi, la belle ville de Béziers fut réduite en un monceau de ruine; et 60,000 personnes de différents âges et des deux sexes furent tuées.

Le comte et quelques autres échappèrent à Carcassonne qu'ils mirent en excellent état de défense. Le légat, ne désirant pas perdre une occasion de répandre le sang pendant les quarante jours que les troupes devaient servir, les conduisit immédiatement contre Carcassonne. Un furieux assaut fut fait, mais les assiégeants furent repoussés avec un grand carnage; et dans cette occasion le comte donna la plus grande preuve de son courage, encourageant les assiégés et leur criant, «Il vaut mieux que nous mourrions en combat. tant que de tomber dans les mains d'ennemis aussi bigots et sanguinaires». À deux milles de Carcassonne se trouvait une petite ville du même nom que les Albigeois avaient également fortifiée. Le légat, enragé de l'échec qu'il venait de recevoir, se décida à se venger sur cette ville; le matin suivant il fit un assaut, et quoique la place fût bravement défendue, il la prit à l'assaut et la fit passer au fil de l'épée. Il se détermina alors à s'emparer du comte de Béziers; et par de solennelles promesses de sécurité personnelle il réussit à accomplir son dessein. Le comte crut ce légat parjure, mais il fut saisi et jeté en prison, où bientôt après il mourut. Le légat assembla les prélats et les seigneurs de son armée, leur disant qu'il était nécessaire qu'il y eut un général séculier, sage, vaillant, pour commander leurs affaires. La charge fut acceptée par Simon, comte de Monfort. Quatre mille hommes furent laissés en garnison à Carcassonne; et le comte de Béziers décédé fut remplacé par le comte Simon, un bigot catholique romain qui menaça de punir les Albigeois s'ils ne se conformaient pas. Mais le roi d'Arragon, qui, dans le cœur, était de la religion réformée, encouragea secrètement les Albigeois et leur donna l'espérance que, s'ils agissaient avec prudence, ils pourraient secouer le joug de Simon. Ils prirent son conseil, et pendant que Simon était allé à Montpellier, surprirent plusieurs de ses forteresses et furent heureux dans plusieurs expéditions contre ses officiers.

Cette conduite exaspéra tellement le comte que, revenant de Montpellier, il réunit ses forces et marcha contre les Albigeois et commanda de brûler immédiatement tous les prisonniers qu'il prendrait. Recevant de nouvelle aide, il attaqua le château de Béron, et s'en rendant maître, il ordonna que la garnison fût cruellement mutilée et privée de la vue — une seule personne exceptée, et elle ne fut qu'en partie rendue aveugle afin de pouvoir conduire le reste à Cabaret. Simon entreprit alors le siège de Menerbe, qui, à cause du manque d'eau, fut obligée de céder à ses forces. Le seigneur de Termes, le gouverneur, fut mis en prison où il mourut: sa femme, sa sœur, et sa fille furent brûlées et 180 personnes furent livrées aux flammes. Plusieurs autres châteaux se rendirent à lui; dont les habitants furent tués de la manière la plus barbare.

Bientôt après, le légat du pape convoqua un conseil à Montpellier pour renouveler ses opérations militaires contre les Albigeois, et pour honorer convenablement le comte Simon. À l'assemblée du conseil, le légat fit beaucoup de compliments au comte, et déclara qu'il devrait être prince de tous les pays qu'il pourrait, dans le futur, prendre aux Albigeois; en même temps, par ordre du pontife, il l'appela le soldat actif et habile de Jésus-Christ et le défenseur invincible de la foi catholique. Au moment où le comte allait lui offrir des remerciements, un messager lui apporta la nouvelle que le peuple avait appris que le comte Simon était au conseil, et qu'ils avaient pris les armes et s'en venaient pour le détruire. Cette nouvelle jeta la confusion dans le conseil; et Simon, quoique nommé une minute auparavant le défenseur invincible de la foi, fut content de sauter hors de la fenêtre et de se sauver loin de la ville. L'affaire devenant sérieuse, le pape convoqua un concile à Latran dans lequel de grands pouvoirs furent accordés aux inquisiteurs catholiques romains, et plusieurs Albigeois furent mis à mort. Ce concile confirma aussi les honneurs qu'on lui avait décernés et l'autorisèrent à lever une nouvelle armée. Il se rendit immédiatement à la cour, reçut l'investiture du roi de France, et commença à lever des troupes. Ayant maintenant des forces considérables il forma le projet, si possible, d'exterminer les Albigeois, quand il reçut avis que sa comtesse était assiégée dans Narbonne par le comte de Toulouse. Il courut à son secours; les Albigeois le rencontrèrent, lui livrèrent bataille, et le défirent; mais il trouva moyen de se sauver dans le château de Narbonne. Après cela, Toulouse fut reprise par les Albigeois; mais le pape épousant la cause du comte de Simon, il fut une fois de plus capable d'entreprendre le siège de cette ville. Le comte attaqua la place avec véhémence, mais il fut repoussé avec une grande perte. D'après l'avis du légat, toutefois, il attaqua de nouveau, et il fut encore repoussé. Pour comble de malheur, avant que les troupes aient pu revenir de leur confusion, le comte de Foix se présenta à la tête d'une armée formidable attaqua ses troupes déjà démoralisées et les mit en déroute. Le comte faillit se noyer dans la Garonne, dans laquelle il s'était plongé à la hâte pour éviter d'être pris. Ce revers lui brisa presque le cœur; mais le légat du pape continua à l'encourager et lui offrit de lever une autre armée, promesse qu'il mit enfin à exécution, après un délai de trois ans et ce comte bigot put encore prendre les armes. Dans cette occasion il dirigea toutes ses forces contre Toulouse qu'il assiégea pendant neuf mois, quand, dans une des sorties faites par les assiégés son cheval fut blessé. L'animal à cause de sa grande souffrance se sauva avec lui et l'emporta directement sous les remparts de la ville, lorsqu'un archer le blessa à la cuisse avec une flèche; et une femme lui jeta une grosse pierre de la muraille qui le frappa sur la tête et le tua. Le siège fut levé; mais le légat, enragé de ce désappointement, engagea le roi de France à la cause; il envoya son fils assiéger la ville. Le prince français, avec quelques troupes choisies les attaqua tête baissée; mais étant sévèrement repoussé, il abandonna Toulouse pour assiéger Miromand. Il prit cette place d'assaut et passa tous ses habitants au fil de l'épée, qui consistait en 5,000 hommes, femmes et enfants.

La persécution contre les Albigeois, fut renouvelée en 1620. Dans une ville nommée Tell, pendant que le ministre prêchait à une congrégation de réformés, les papistes attaquèrent et tuèrent un certain nombre de gens. Une dame distinguée qu'on exhortait à changer de religion, si ce n'était pour elle-même au moins pour l'amour de son enfant, dit: «Je n'ai pas quitté l'Italie, mon pays natif, ni laissé mes biens que j'y possédais pour l'amour de Jésus-Christ, pour le renoncer ici. Quant à mon enfant, pourquoi ne pas le livrer à la mort puisque Dieu donna son fils pour mourir pour moi.» (NOTE GoDieu.com: «Dieu se donna en le Fils» serait plus précis. «la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous». (Jean 1:14)) Ils lui enlevèrent son enfant et le remirent à une nourrice papiste pour l'élever et tuèrent la mère. Dominico Berto, un jeune homme de seize ans, refusant de se faire papiste, fut mis sur un âne la tête tournée vers la queue qu'il était forcé de tenir dans sa main. Dans cette condition il fut conduit au marché, aux acclamations de la populace; après quoi il fut mutilé et brûlé, jusqu'à ce qu'enfin il expirât dans les souffrances. Une jeune dame, de famille noble, fut saisie et promenée par les rues avec une mitre en papier sur la tête. Après s'en être moquée et l'avoir battue, la cruelle multitude lui dit d'invoquer les saints; elle leur répondit: «Ma confiance et mon salut sont en Christ seulement; car la Vierge Marie, sans les mérites de son fils n'aurait pu être sauvée.» Sur cela la multitude se jeta sur elle et la fit mourir.

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