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Dictionnaire de la Bible J.-A. Bost 1849-n


septembre 3, 2010 par GoDieu

Ν


NAAMAN ou Nahaman
(beau),

  1. 2 Rois 5, chef des armées de Benhadad, roi de Syrie, jouissait d'un grand crédit auprès de son maître, parce qu'il avait sauvé son pays; mais cet homme, fort et vaillant, était lépreux, et n'espérait aucun remède à sa triste maladie. Une jeune fille d'Israël, qui avait été faite prisonnière, et attachée au service de l'épouse de Naaman, fut employée de Dieu pour guérir son maître de la lèpre, et lui faire reconnaître Jéhovah, le Dieu d'Israël, comme le seul vrai Dieu, Elle parla à sa maîtresse du prophète Élisée, et celle-ci engagea son époux à lui aller faire une visite en Samarie. Naaman part avec de riches présents pour le prophète, et des lettres de recommandation du roi de Syrie pour le roi d'Israël, intimant, en quelque sorte, à Joram l'ordre de pourvoir à la guérison de son serviteur. Mais les prophètes ne sont pas unis à l'État; ils n'ont rien à faire avec la diplomatie, souvent les rois ne les connaissent pas, ou les oublient après s'en être servis, et Joram déchire ses vêtements, protestant contre l'ordre que lui donne Benhadad, ordre inexécutable pour lui, et qui n'est, dit-il, qu'un prétexte du roi de Syrie pour rompre avec lui. Élisée apprend l'arrivée de Naaman, reproche à Joram de l'avoir oublié, et fait venir le général syrien. Celui-ci se rend à la voix du prophète, arrive avec sa suite, et s'arrête devant la porte de la maison, soit par respect pour la mission d'Élisée, soit à cause de la lèpre qui le rend impur. Il espère que le prophète viendra au-devant de lui, et qu'il fera, en sa faveur, des invocations et des cérémonies qui le nettoieront de sa lèpre; mais il ne voit paraître qu'un messager qui lui ordonne, de la part du prophète, de se plonger sept fois dans les eaux du Jourdain. Il s'irrite d'un pareil manque d'égards et de la vulgarité du remède qui lui est ordonné: comment le Jourdain le guérira-t-il, quand les eaux de l'Abana et du Par-par, meilleures que toutes celles d'Israël, ne l'auraient pas guéri? Il s'en retourne donc; mais, à la voix de ses serviteurs qui lui conseillent d'essayer, il va se plonger dans le Jourdain, et le miracle est opéré. Plein de reconnaissance alors, et comprenant que le Dieu d'Israël est le vrai Dieu, il se rend auprès d'Élisée, renonce, entre ses mains, au culte des faux dieux, et prie, mais inutilement, le prophète d'accepter les présents qu'il lui offre. Il lui demande enfin, et obtient sans difficulté, l'autorisation d'emporter de la terre d'Israël la charge de deux mulets; car, dit-il, ton serviteur ne fera plus d'holocaustes ni de sacrifices à d'autres dieux, mais seulement à l'Éternel; cependant, ajoute-t-il aussi, les devoirs de sa charge l'obligent à accompagner le roi de Syrie dans le temple de Rimmon, et de se prosterner devant l'idole, en prêtant au roi son épaule pour appui: «Veuille donc me le pardonner!» Singulière demande, autorisation plus singulière encore, si les paroles du prophète: «Va en paix!» constituent une autorisation. Ce passage a embarrassé plus d'un interprète, et quelques-uns, en assez grand nombre, ont pensé que les mots traduits par le futur dans nos versions, devaient être rendus par le parfait, comme si Naaman demandait au prophète de lui pardonner d'avoir jusqu'alors accompagné le roi dans le temple de l'idole. Peut-être y a-t-il aussi, dans les paroles du prophète, cette condescendance du fort pour le faible, qui nous est, dans certaines limites, recommandée par l'apôtre saint Paul, 1 Corinthiens 8:7-13; peut-être la conversion de Naaman n'a-t-elle été qu'une conversion au monothéisme, et la foi que le seul Dieu était celui d'Israël? En tout cas, nous ne voyons pas que le prophète ait cherché à l'initier davantage dans les mystères de l'économie juive et dans la connaissance de la loi: croire au Dieu d'Israël, c'était déjà beaucoup pour un païen, et sa présence au culte de Rimmon n'étant plus qu'un acte physique, un devoir de cour, une affaire de charge civile, Élisée pouvait le lui accorder. Il ne faudrait pas en conclure, toutefois, que ceux qui ont plus de connaissance que Naaman puissent jouir du privilège qu'il n'a dû sans doute qu'à son ignorance; la profession franche nous est imposée, non seulement à cause du baptême d'eau, mais encore, et surtout à cause du baptême de l'Esprit.

    — Le prophète dit adieu au général; mais bientôt celui-ci est rejoint par Guéhazi, serviteur d'Élisée, qui lui demande, au nom de son maître, quelques présents pour deux jeunes prophètes, dit-il, qui viennent d'arriver. Naaman fait plus que ne lui demande l'imposteur: il double avec empressement la somme que celui-ci réclame, lui donne des serviteurs pour l'accompagner et porter ces présents; puis il continue sa route. L'Écriture sainte ne dit plus rien sur l'histoire de cet homme, dont le nom est seulement rappelé par notre Sauveur, Luc 4:27, comme un exemple des miséricordes de Dieu envers qui il veut. Heureux les caractères vifs qui, s'ils s'impatientent ou s'emportent facilement, savent aussi reconnaître promptement leurs torts, quelle que soit la bouche qui leur envoie la vérité! Heureux surtout ceux qui, en recevant les bénédictions temporelles de la Providence, savent voir plus haut que la terre, et remonter à la source de tous les biens pour l'adorer.

  2. Un autre Naaman, ou Nahaman, est compté parmi les fils de Benjamin, Genèse 46:21, et un

  3. parmi ses petits-fils, 1 Chroniques 8:4,7.


NAASSON,
Matthieu 1:4; Luc 3:32, l'un des ancêtres de notre Sauveur, nommé dans les deux généalogies; il était fils d'Hamminadab, et beau-frère d'Aaron, Exode 6:23; Ruth 4:20; 1 Chroniques 2:10. Pendant le voyage du désert, il servit de chef aux enfants de Juda, et conduisit leur tribu, composée de 74,600 hommes au-dessus de vingt ans. Nombres 1:7; 2:3.


NABAL,
1 Samuel 25, descendant de Caleb, riche et grossier berger de Mahon, près du mont Carmel, méconnaît les services que lui a rendus David en protégeant ses troupeaux, et lui refuse brutalement quelques vivres qu'il lui demande pour ses soldats affamés. C'était peut-être un parvenu dont les richesses avaient desséché le cœur à l'égard du pauvre; mais, en offensant un guerrier comme David, il fit une faute autant qu'un péché, et mérita bien le nom de Nabal qu'il portait, et qui signifie fou. Ladre envers le pauvre dans la plus belle et la plus riche saison de l'année, à l'époque où la tonte des brebis eût dû, plus que jamais, lui imposer la générosité comme un devoir, il ne fut point ladre envers lui-même, et ne se refusa aucune des réjouissantes orgies que la circonstance occasionnait trop souvent. Il fit un festin de roi, fut joyeux et s'enivra complètement. Mais David avait juré qu'il ne laisserait rien à Nabal, depuis un homme jusqu'à un chien; il s'avançait avec 400 hommes, et la vertu, comme la sagesse d'Abigaïl, purent seules empêcher le guerrier courroucé d'exécuter ses menaces. Nabal désenivré, ayant appris le danger qu'il avait couru, et dont il avait été délivré par une épouse dont il était indigne, fut saisi d'effroi: «son cœur mourut au-dedans de lui, et devint comme une pierre», Il mourut, au bout de dix jours, d'une maladie subite qui l'emporta, et qui fut, sans doute, causée par le saisissement qu'il avait éprouvé avant d'être seulement remis de ses débauches. David ne put cacher sa joie en apprenant que l'ennemi du roi choisi de Dieu avait été châtié d'une manière aussi prompte et aussi providentielle, non point que la mort de Nabal ait rien eu de miraculeux en elle-même; l'homme avait été puni par où il avait péché, par sa débauche, son avarice, sa brutalité; le fruit du péché, c'est la mort.

— Le nom de Nabal n'est plus rappelé que 1 Samuel 27:3; 30:5; 2 Samuel 2:2; 3:3; il est toujours joint à celui de son épouse, qui était devenue celle de David, comme si l'historien sacré voulait, en rappelant cet événement, montrer que la main de Dieu était avec David contre ses ennemis, et contre Saul en particulier, dont la cause était compromise aux yeux des fidèles par le châtiment de Nabal.


NABATHÉNIENS,
Voir: Nébajoth.


NABOTH
(prophéties), 1 Rois 21, de Jizréhel, n'est connu que pour deux faits; il refusa de vendre ce qui lui appartenait, et il fut lapidé. Mais ces deux faits, si distincts de leur nature et sans corrélation apparente, furent unis dans sa vie par un étrange et monstrueux lien. Il possédait une vigne non loin du palais d'Achab, et fidèle aux souvenirs de ses ancêtres comme à la loi de Moïse qui avait rendu les héritages inaliénables, Lévitique 25:23; Nombres 36:7, il refusa de la céder au roi, qui la voulait acheter ou acquérir par échange. La méchante Jésabel sut en réjouir le cœur de son mari, et bientôt Naboth, accusé par de faux témoins d'avoir blasphémé contre Dieu, fut traîné hors de la ville et lapidé selon les prescriptions de la loi, Lévitique 24:16; Nombres 15:30. Il résulte même de 2 Rois 9:26, que ses enfants furent compris dans l'accusation et dans le supplice, afin d'assurer aux nouveaux possesseurs la jouissance sûre et incontestée de la vigne de Naboth. On se demande comment de pareilles énormités pouvaient se commettre en Israël, comment surtout c'était au nom de Dieu qu'elles pouvaient être exécutées, mais le nom de Jésabel répond à tout; Achab n'a connu le crime qu'après qu'il eut été commis, et s'il en a joui ce n'a pas été sans des remords qui ont fait ajourner pour sa personne à la génération suivante l'exécution des jugements divins.


NACHOR ou Nacor.
  1. Fils de Sérug, père de Taré, et grand-père d'Abraham; il est nommé parmi les ancêtres de notre Sauveur dans la généalogie de Marie, Genèse 11:22; 1 Chroniques 1:26; Luc 3:34.

  2. Fils de Taré et frère d'Abraham; il épousa Milca, fille de son frère Haran, Genèse 11:26; 22:20; 24:10; 31:53. On ignore s'il quitta Ur pour Canaan avec les autres membres de sa famille; cela n'est pas dit, mais plus tard on voit son fils Béthuel établi à Caran avec Laban son petit-fils, 27:43; 29:5; il est bien possible qu'il ait en effet rejoint Abraham plus tard.


NACON, ou Kidon,
2 Samuel 6:6, ou Kidon, 1 Chroniques 13:9, nom de l'aire près de laquelle Huza fut tué; quelques-uns traduisent simplement l'aire préparée, d'après la signification de l'hébreu nacon, et l'entendent de l'aire d'Hobed-Édom, qui avait été en effet disposée pour recevoir ce monument de l'alliance; d'autres l'entendent d'une des stations préparées le long du chemin pour le voyage de l'arche; le plus grand nombre enfin voit dans Nacon et Kidon des noms propres désignant soit une même personne, soit les possesseurs successifs de l'aire. En tout cas, le lieu désigné était dans Jérusalem, ou du moins fort près de cette ville.


NACOR,
Voir: Nachor.


NADAB
(prince).

  1. Fils d'Aaron.

    Voir: Abihu.

  2. Second roi d'Israël et fils de Jéroboam, 1 Rois 14:20; 15:25. Il fit ce qui déplaît à l'Éternel, conserva l'idolâtrie de son père, et mourut après un règne de deux ans, victime d'une conjuration ourdie par Bahasa, qui le frappa devant Guibbethon pendant qu'il assiégeait les Philistins. Sa famille fut anéantie par son assassin qui fut en même temps son successeur.


NAGGÉ
(clarté), un des ancêtres de notre Sauveur, par Marie, Luc 3:25; inconnu.


NAHALAL,
ville de la tribu de Zabulon, resta cependant encore longtemps entre les mains des Cananéens, Josué 19:13; Juges 1:30.


NAHAMA
(belle).

  1. Fille de Lémec et de Tsilla, nommée peut-être ainsi à cause de sa grande beauté; elle doit avoir inventé plusieurs arts, de même que son frère Tubal-Caïn.

  2. Hammonite et mère de Roboam, 1 Rois 14:21,31; 2 Chroniques 12:13. On ne peut dire à quel titre elle a été épouse de Salomon, si elle fut épouse légitime, ou seulement concubine et du nombre de ces épouses étrangères parmi lesquelles se trouvaient les Hammonites, 1 Rois 11:1. Puisque ce fils avait quarante et un ans quand il est monté sur le trône, il était né un an avant l'avènement de Salomon à la couronne, celui-ci ayant régné quarante ans; par conséquent il était né encore du vivant de David, et l'on a peine à comprendre que ce roi théocratique ait permis à son lus si jeune (il avait dix-huit ou dix-neuf ans), de former des relations ou peut-être une union intime avec une païenne; peut-être était-elle prosélyte; dans tous les cas, il est fort probable, quoique son fils ait hérité du royaume, qu'elle n'a été que concubine.

  3. Ville des plaines de Juda, Josué 15:41.


NAHARAH,
Josué 16:7, ville des frontières de la tribu d'Éphraïm, la même qui est appelée Naharan, 1 Chroniques 7:28, située, d'après Eusèbe, à 5 milles de Jérico.


NAHARAI
(nez) de Bééroth, écuyer de Joab, peut-être le chef de ces dix jeunes gens qui frappèrent Absalon, 2 Samuel 18:15; il appartenait à la troisième classe des guerriers de David, 23:37; 1 Chroniques 11:39.


NAHAS

(serpent, rusé, singe).

  1. Père d'Abigal et de Tséruïa, les sœurs de David. Ce nom ne se trouve que 2 Samuel 17:25, et l'on se demande si ce serait un premier ou un second mari de la mère de David, ou bien un surnom d'Isaï, ou enfin, ce qui est le moins probable, le nom de la femme d'Isaï.

  2. Nahas, roi des Hammonites, 1 Samuel 11:1; 12:12; 2 Samuel 17:27, père de Sobi, fit le siège de Jabès de Galaad pendant que Samuel n'était plus juge et que Saül n'était pas encore roi. Les agitations d'Israël paraissaient favoriser ses desseins, et les assiégés allaient capituler honteusement en consentant à se laisser crever l'œil droit, ce qui les eût rendus pour jamais incapables de tirer de l'arc; ils obtinrent cependant un délai de sept jours, et pendant ce temps, un coup vigoureux et inattendu frappé par le roi d'Israël qui apprit ces choses en revenant du labourage, les sauva; l'armée de Nahas fut taillée en pièces et dispersée.

    — Quarante ans après, nous retrouvons le nom de Nahas roi de Hammon, et David en parle comme d'un homme qui lui aurait rendu des services; l'ennemi juré de Saül aurait-il été l'ami de David? c'est possible; il est plus probable cependant que ce Nahas, père de Hanun, était le fils du précédent, et peut-être frère ou oncle de Sobi, q.v., 2 Samuel 17:27.


NAHOMI,
Ruth 1:2, épouse d'Élimélec de Bethléem, suivit son mari dans le pays de Moab où leurs fils se marièrent avec des femmes du pays; mais bientôt elle devint veuve, et ses fils suivirent leur père dans la tombe: elle resta seule avec ses deux belles-tilles et résolut de retourner en Israël. Horpa et Ruth ayant manifesté le désir de l'accompagner, elle chercha à les dissuader de le faire, ébranla la résolution de Horpa, mais dut céder aux instances de Ruth qui voulait partager avec elle sa misère, sa patrie et son Dieu. Quand les deux voyageuses furent arrivées à Bethléem, Nahomi depuis longtemps oubliée, se vit l'objet de l'indifférente curiosité des habitants de l'endroit, qui se demandèrent avec surprise: «Mais n'est-ce pas là Nahomi Ρ» Oh! leur répondit-elle, ne m'appelez plus Nahomi (joie), mais Marah (amertume). Car en se retrouvant comme étrangère dans son village, veuve et n'ayant plus d'enfants, elle se reportait avec plus de tristesse vers les temps anciens, et sentait avec plus de vivacité tout ce qu'elle avait perdu. Mais Ruth était là pour la consoler et lui tenir lieu de fille: c'était le commencement de la moisson, et Ruth offrit à sa mère d'aller recueillir pour elle dans les champs le bien des pauvres; elle ne se doutait pas en entrant dans les champs de Booz, qu'elle était sur les terres d'un parent, bien moins encore qu'elle pût avoir des droits à la main de ce riche propriétaire. Nahomi lui fit connaître les privilèges que la loi juive lui donnait, elle lui enseigna ce qu'elle avait à faire, et lorsque ses soins maternels eurent obtenu de la bienveillance de Booz ce qu'elle pouvait désirer de plus heureux pour sa fille, son bonheur n'excita pas l'envie, et les femmes de Bethléem vinrent la visiter et la féliciter. Elle eut bientôt la joie de tenir entre ses bras un fils de sa fille bien-aimée, et sa vieillesse fut plus heureuse que les orages de sa vie n'auraient pu le lui faire espérer.

— Nahomi se distingue par sa foi, son désintéressement, et sa sagesse; ce n'est qu'avec peine qu'elle permet à Ruth de la suivre, et dès lors elle l'adopte et fait tout pour elle.


NAHUM
(consolation).

  1. L'un des douze petits prophètes; il était d'EIkos, q.v.; mais c'est tout ce que l'on connaît de sa personne. Son nom signifie consolation. L'argument de son livre est la charge de Ninive; ce sont des menaces contre Ninive, on plutôt contre l'empire des Assyriens, dont elle était la capitale. La repentance des Ninivites en suite des prédications de Jonas, n'ayant été que de courte durée, Nahum fut chargé de leur annoncer leur ruine finale et inévitable, de la part d'un Dieu tardif à colère, mais dont la patience a un terme; ils ne pourront, pas plus que Thèbes en Égypte, résister aux coups de sa vengeance, 3:8. Le prophète, en même temps, ranime par ses menaces le courage de ses compatriotes opprimés et leur rend l'espérance; Salmanassar les avait déportés, Sanchérib son fils les menaçait de plus de maux encore, 2 Rois 18:10,13, mais Dieu les délivrerait. Il résulte de ces prophéties que l'époque où vécut Nahum, peut être assez aisément déterminée, et l'on ne se trompera guère en le faisant contemporain d'Ésaïe et des derniers temps d'Ézéchias, de 720-698 avant J.-C., cf. 3:8, avec Ésaïe 20:6; son ministère se place entre la captivité de l'Assyrie et celle de Babylone. Quelques auteurs cependant le font contemporain de Manassé (Abarbanel): Clément d'Alexandrie le met après Ézéchiel et les temps de Jéhojakim; mais ces dates sont fort incertaines. Le style de Nahum est plein de richesse, de magnificence, et d'indignation: il commence par célébrer la grandeur, la puissance et la bonté de l'Éternel, puis son amour envers son peuple; au chapitre 2, il raconte la ruine de Ninive avec de si vives couleurs qu'on dirait qu'il a sous les yeux le spectacle de la destruction; au 3e il revient sur ce sujet et dit les causes de la condamnation, les désordres de Ninive, ses péchés, sa méchanceté. L'accomplissement de cette prophétie a donné lieu à bien des controverses; d'un côté les paroles relatives au débordement du fleuve qui amena la prise de la ville, semblent ne pouvoir s'appliquer qu'à la première prise de Ninive sous Ézar-Haddon; d'un autre côté l'ensemble de la prophétie parait se rapporter plutôt à la ruine totale et entière de cette ville qui eut lieu 626 avant J.-C., la 16e année du règne de Josias, et la 3e du ministère de Jérémie: c'est l'opinion de Prideaux, Calmet, Heidegger, etc., c'est celle aussi qui nous semble la mieux justifiée. Quant à la destruction subite de l'armée de Sanchérib, 2 Rois 19, il est difficile de dire si elle a eu lieu avant la prophétie et si elle a en quelque sorte déjà réveillé les espérances de Nahum, ou bien si elle n'a eu lieu qu'après, et si elle est elle-même comprise dans ces oracles: en tout cas, peu de temps après que la parole de l'Éternel fut sortie, on vit la puissance assyrienne décroître, et l'un de ses rois se montrer plus favorablement disposé envers le royaume d'Éphraïm, dans lequel il envoie des colons pour en relever les ruines.

    — Outre le sens littéral des prophéties de Nahum, elles étaient encore de nature à faire redouter la colère de Dieu à tous les ennemis de son Oint, et particulièrement aux Juifs, qui devaient un jour mettre à mort le Dieu manifesté en chair; elles disent aussi à l'église chrétienne qu'elle doit placer sa confiance en Dieu, qui ne la trompera pas. Une des paroles de Nahum (1:15) est rappelée Romains 10:15.

  2. Nahum, fils d'Héli, nommé parmi les ancêtres de notre Sauveur par Marie, Luc 3:25; inconnu.


NAIN
(belle, agréable, ou selon d'autres, pâturage), petite ville de la Galilée, célèbre par un miracle de Jésus, Luc 7:11: elle était située non loin de Capernaüm, dans une contrée riante et montueuse, près de Hendor, à 2 milles sud du Tabor, dont elle était séparée par le Kison; quelques voyageurs, Troïlo, Mariti, disent avoir encore trouvé en cet endroit les ruines d'anciens bâtiments et un mauvais petit village actuellement habité par des Juifs, des Turcs et des chrétiens.


NAJOTH,
1 Samuel 19:18,23; 20:1, la demeure de David près de Rama; ce mot signifie en hébreu habitations, et l'on a cru qu'il désignait les faubourgs ou la banlieue de Rama, peut-être aussi, comme l'indique le Targum, le bâtiment des écoles de prophètes.


NAPHIS,
Voir: Jétur.


NAPHTUHIM
(ouvertures), peuplade nommée, Genèse 10:13; 1 Chroniques 1:11, parmi les descendants de Mitsraïm: on ne la connaît du reste pas. Si l'on compare avec Bochart, Nephtys, la sœur et l'épouse de Typhon, le génie féminin et malveillant des déserts de l'Égypte, on peut penser que les Nephtuhim désignent les habitants de ces déserts qui forment la frontière entre l'Égypte et l'Asie, près du lac de Sirbon que les Égyptiens nommaient les exhalations de Typhon; mais ce ne sont que des conjectures.


NARCISSE.
  1. Romains 16:11, peut-être le célèbre affranchi de l'empereur Claude, celui qui devint son favori et son secrétaire, et qui obtint à la cour une si grande influence (Suet., Claude 28, 37. Tacit., Annales 11, 29; 33; 37; 18, 1; 37; 63; etc.). Cependant il fut exécuté au commencement du règne de Néron, l'an 55 de notre ère, et il est peu probable que Paul ait écrit aux Romains de son vivant: dans ce cas il faudrait admettre que son train de maison subsistait encore lorsque Paul écrivait, ou que «ceux de la maison» désignent ceux qui lui avaient appartenu. Il résulterait de ce passage, ainsi compris, qu'il se trouvait en effet des chrétiens à la cour, au nombre des serviteurs, ou des amis, ou même des parents de Narcisse. Toutefois ce nom était peut-être assez répandu, et il est fort possible que Narcisse ait été un simple chrétien de Rome, chez qui les frères se réunissaient. D'après les Grecs Narcisse aurait été l'un des soixante-dix disciples, aurait vécu quelque temps à Rome, et serait mort évêque d'Athènes ou de Patras; mais ces données n'ont aucune valeur.

  2. Narcisse, fleur, que nous croyons désignée par l'hébreu hhabatséleth, Ésaïe 35:1; Cantique 2:1, traduit à tort par rose dans nos versions; la racine hébreu betsel signifie un oignon, et c'est certainement parmi les fleurs à racine bulbeuse que nous devons chercher celle-ci. Plusieurs auteurs s'appuyant sur le sens qu'ils donnent à la traduction syriaque, entendent par là le colchicum autumnale, vulgairement connu sous le nom de tue-chien, cette plante d'un pied de hauteur qui porte une fleur rose tendre, mais sans odeur, et que l'on trouve croissant naturellement en automne dans les prairies de l'Europe (Michaélis, Gesenius, etc.), et cette traduction n'est pas sans probabilité; mais celle que nous suivons d'après le Targum et plusieurs commentateurs, paraît plus recommandée encore par la beauté même de la fleur, et par le contenu des deux seuls versets où il en est parlé. Chateaubriand a trouvé beaucoup de narcisses dans la plaine de Saron (Itinér. II, 130), et c'est une présomption de plus, cf. Cantique 2:1. Il est possible aussi, comme le dit Winer, que les deux fleurs aient été désignées par le même mot en araméen.


NARD,
Marc 14:3; Jean 12:3. Ce parfum était regardé par les anciens comme le plus précieux et le plus tin de tous; il était par conséquent aussi un objet de luxe fort recherché des grands, et souvent offert comme témoignage de respect et d'honneur. C'est dans l'Asie Mineure, et à Tarse surtout, qu'on savait le mieux le confectionner; on l'expédiait ordinairement dans de petits flacons, ou dans de petites boîtes d'albâtre; souvent il était falsifié par un mélange d'huiles étrangères également odoriférantes, mais moins délicates. Le nard pur paraît avoir été excessivement cher, Marc 14:3; cf. Pline 12, 26; 13, 2. Horace, Od. 2, 11, 16; 4, 12, 17. Tibull. 2, 2, 7, etc.

— La plante du nard croît dans les contrée les plus chaudes de l'Inde, où elle porte le nom de jatamansi ou dschatam; quelques naturalistes la comptent parmi les valérianes: elle sort de terre comme une céréale encore verte, sa tige est longue et mince, et porte plusieurs épis à fleur de terre; la racine est grosse mais fort courte, noire et odorante; les feuilles sont courtes et larges; le nard, aussi nommé spicnard à cause de ses épis, réussit mieux sur les montagnes que dans les plaines; il est plus odorant et plus fort que celui qui croît le long des eaux. Il y en a de plusieurs espèces, qui toutes sont dessiccatives; on croit que le romarin, l'aspic et la lavande appartiennent à la même famille. Mais le nard indien se distingue à sa couleur jaune tirant sur le purpurin, et à ses épis allongés, au poil large et odorant: on l'expédie en bottes de feuilles et d'épis séchés. Le faux nard indien ou andropogon nardus est souvent difficile à distinguer, et l'on en fait un commerce considérable. Il ne résulte pas de Cantique 1:11; 4:13-14, que le vrai nard ait été cultivé en Palestine, car il exige une latitude beaucoup plus méridionale, un climat beaucoup plus chaud (dans ces passages le mot aspic doit être traduit par nard), mais on peut les entendre ou du vrai nard qui aurait été importé, ou de plantes analogues, telle que le nardus syriaca, cretica ou autre, qui se trouvent facilement en Palestine.

— Les anciens avaient aussi l'habitude de mêler du vin au nard, et même de boire l'huile de nard;

Voir: Pline 14, 19, 5. Athen. 15, 689.

L'épithète de pistique, πιστικής, donnée par Marc et Jean au nard dont notre Sauveur fut oint, a été dérivée de plusieurs mots; on l'a entendue du spic-nard, d'autres y ont vu du nard qu'on peut boire, c'est-à-dire liquide, d'autres enfin, et c'est le plus probable, pensent que cela signifie du nard pur, qui mérite confiance.


NATHAN
(donné),

  1. prophète de l'Éternel, ami et conseiller de David, l'approuva d'abord dans le dessein qu'il avait conçu de bâtir le temple, puis dut lui annoncer de la part de Dieu que ce travail devait être réservé à son fils et successeur, 2 Samuel 7:3-17. Quelques années plus tard, ce fut lui encore qui vint reprocher au monarque son adultère et son meurtre; par un bel apologue, 2 Samuel 12:1, il amena sagement le roi coupable à se condamner lui-même, et lorsque David eut dit: «cet homme est digne de mort», (cf. Exode 22:1; Luc 19:8) le prophète lui répondit: «tu es cet homme-là;» parole grave et sévère, presque sublime, et d'un effet que rien ne peut rendre. La tâche des prédicateurs de cour est toujours difficile; les confesseurs des rois ont pu aller bien loin dans une fidèle sévérité, mais ont-ils jamais osé prononcer une parole aussi incisive? Et si la vérité est déguisée, si l'épée s'enveloppe du fourreau, si la sévérité s'adoucit des précautions oratoires, ne voit-on pas que l'effet produit sera de même amoindri, amorti, peut-être annulé? Il n'y a d'incisif que ce qui fait mal, et aussi longtemps que le prophète n'aura pas dit au pécheur, grand, ou petit: je parle de toi, c'est toi qui es le coupable, le pécheur ne le comprendra pas. Nathan doit servir de modèle au ministère de la vérité. (On lira sous ce point de vue de belles pages dans le «Sermon sous Louis XIV» de Bungener.)

    — Le roi s'étant humilié, à la voix sévère qui le condamnait, le prophète put lui annoncer que Dieu lui faisait grâce de la vie, mais il ajouta que le fils de son crime lui serait enlevé. À la naissance d'un second fils de Bathsébah, Nathan donna au futur Salomon le nom de Jédidja, il se chargea peut-être de son éducation, resta toujours fidèle à son maître, et déjouant les complots d'Adonija, 1 Rois 1:8, réclama pour son élève la couronne de David, et contribua au sacre de Salomon. Sa vie fut celle d'un vrai prophète Israélite, et son influence fut grande: il prit part à la réforme du culte sous David, 2 Chroniques 29:25, composa sur le règne de ce prince et de son fils des mémoires qui maintenant sont perdus, 1 Chroniques 29:29; 2 Chroniques 9:29, et vit deux de ses fils remplir sous Salomon les premières charges à la cour, 1 Rois 4:5. On ne connaît du reste rien de sa famille, de sa tribu, de ses premières années, ni de sa mort: son nom seul le représente, comme il représente aussi la famille des prophètes, Zacharie 12:12. Il est rappelé encore Psaumes 51:1.

  2. Fils de David et de Bathsébah, 2 Samuel 5:14; 1 Chroniques 3:5; 14:4, et l'un des ancêtres de notre Sauveur par Marie, Luc 3:31. C'est à son nom que les deux généalogies se séparent pour se rejoindre seulement au nom de Salathiel; Matthieu lait descendre Joseph de Salomon, le frère de Nathan (1:6). Il fut père de Matthata.

    On trouve encore plusieurs personnages de ce nom; ainsi:

  3. Voir: 2 Samuel 23:36; cf. 1 Chroniques 11:38.

  4. Voir: 1 Chroniques 2:36.

  5. Esdras 8:16.


NATHANAËL
(don de Dieu).

  1. Chef de la tribu d'Issacar pendant le voyage du désert. Nombres 1:8; 7:18-19.

  2. Frère de David, le quatrième des fils d'Isaï, 1 Chroniques 2:14.

  3. Fils d'Hobed-Édom, sonnait de la trompette pendant le transport de l'arche, 1 Chroniques 15:24; 26:4.

  4. Docteur de la loi, chargé par Josaphat de parcourir le pays pour instruire le peuple, 2 Chroniques 17:7.

  5. et #6...

  6. Lévites, 1 Chroniques 24:6; 2 Chroniques 35:9.

  7. et #8...

  8. Deux frères des principaux d'entre les Juifs qui revinrent de la captivité, Esdras 10:22; Néhémie 12:21.

  9. Véritable Israélite sans fraude, disciple de Jésus-Christ, Jean, 1:45-49. Il était de Cana de Galilée, 21:2, et c'est probablement aussi dans cette bourgade que le Seigneur, rendant à son caractère un honorable témoignage, l'appela à le suivre. La scène qui se passa entre le maître et son disciple, est racontée fort brièvement; cependant rien n'y manque, pas même les détails. On voit Philippe s'entretenir avec Nathanaël sous le figuier, et lui adresser un premier appel; on entend Nathanaël se rappelant les prophéties relatives au Messie, Michée 5:2, ou peut-être partageant le mépris général des Juifs contre ce qui vient de la Galilée, refuser d'abord ses hommages à celui qu'on lui représente comme étant de Nazareth. Mais sa loyauté est plus forte que ses scrupules; il veut au moins entendre et voir Jésus, et, cédant aux efforts de sa toute-science et de sa sainteté, il l'adore comme le fils de Dieu et le roi d'Israël. Jésus lui annonce alors qu'il verra de plus grandes choses encore, et Nathanaël, que nous retrouvons plus tard parmi ceux qui assistèrent à la réintégration de saint Pierre, prend place au nombre des douze apôtres, sous le nom de Barthélemy, q.v. Saint Jean seul le nomme Nathanaël.


NATURALISATION.
Le droit de cité en Israël était héréditaire, mais en dehors de la naissance, il pouvait encore être acquis à de certaines conditions et dans de certaines limites. Le titre de citoyen romain, la πολιτεία de Actes 22:28 (jus civitatis), fut octroyé du temps des empereurs à des villes et à des provinces entières, comme à des individus isolés, sans qu'ils eussent besoin, comme de nos jours en quelques pays, d'appartenir à une commune particulière: les individus étaient naturalisés, soit par suite de leur affranchissement s'ils étaient esclaves, ou de leur adoption par un citoyen romain, soit surtout s'ils avaient rendu quelque service signalé à l'État, à l'empereur, ou à sa famille (Suétone, August. 47); sous Caracalla et sous Justinien, les empereurs poussèrent encore plus loin la générosité à cet égard. Ce droit s'acquérait également pour une somme d'argent; Actes 22:28. Paul, comme on l'a vu ailleurs, était citoyen romain, distinction qu'il n'avait pas obtenue personnellement, mais qu'il avait héritée de ses parents. Les droits dont jouissaient les citoyens romains se distinguaient, dans les temps florissants de la république, en droits politiques ou publics, et droits civils ou privés; ils n'étaient pas toujours réunis dans la même concession, et ainsi le droit de cité obtenu par la naturalisation, n'était souvent que partiel. Le seul de ces droits qui soit mentionné dans le nouveau Testament c'est que les citoyens romains ne pouvaient être frappés de verges (virgis, ou flagellis cædi), ni condamnés à mort par aucun tribunal romain, Actes 16:37, et le seul appel d'un prévenu à son titre de citoyen (civis romanus sum), suffisait pour faire suspendre le cours des violences judiciaires,

Voir: aussi Cicér. Verr. 5, 57, 65.


NAZARÉEN.
On a cru trouver dans le nazaréat l'explication de Luc 22:18. On a dit: Israël d'abord, puis les gentils en la personne de Pilate, ayant répudié l'envoyé du Père, et mis hors de la vigne le grand dépositaire de toute bénédiction, de toute puissance et de toute autorité, Jésus, dès l'institution de la cène, a pris en quelque sorte, relativement à la terre, le signe du nazaréat et l'a gardé jusqu'à ce jour. C'est pourquoi, dans la dernière pâque qu'il célèbre avec ses disciples, il leur dit: «Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que le règne de Dieu soit accompli;» indiquant par là qu'il allait être séparé du monde et n'attendrait plus aucune joie du présent siècle jusqu'au jour où il recevra le royaume de la main du Père. Il est le nazaréen par excellence; ses disciples doivent l'imiter (Guers).


NAZARETH,
petite ville de la Basse Galilée, située sur le territoire de l'ancienne tribu de Zabulon, Matthieu 21:11; Luc 1:26; 2:4, non loin de Gath-Hépher la patrie de Jonas, à 8 lieues de Tibériade, à 7 d'Acre, et à 2 du Tabor, dans une petite vallée au milieu des montagnes qui soutiennent la plaine de Zabulon, et s'abaissent vers celle de Jizréhel. La ville est située sur le penchant de la montagne, Luc 4:29. Son nom signifie couronne, ou rameau vert, et vient, soit de l'amphithéâtre des montagnes qui entourent la vallée, soit (Burckhardt) des nombreux buissons (hébreu nézer) qui la remplissent: peut-être aussi renferme-t-il une allusion au rejeton du tronc d'Isaï (Ésaïe 11:1).

Voir: du reste l'article Nazarien.

C'est dans cette contrée isolée et cachée, dit Bræm, dans cette ville paisible, au milieu d'une nature variée et pittoresque, que le Sauveur du monde, charpentier comme Joseph, attendit pendant trente ans l'heure de son père, et il y vécut tellement ignoré que le pieux Nathanaël, qui demeurait à 2 lieues de Nazareth, à Cana, n'avait jamais entendu parler de lui. La ville compte aujourd'hui, suivant les divers récits des voyageurs, de 3 à 5,000 habitants, et, d'après Buckingham, seulement 2,000, dont un tiers de chrétiens. Une église, qui est, avec celle du saint Sépulcre, la plus belle de la Syrie, renferme une grotte où, suivant la tradition, l'ange apparut à Marie, et une autre qu'on prétend avoir été la cuisine dans la demeure de la mère de Jésus. À peu de distance de la ville, dans une vallée, est la fontaine de Marie, la seule de tous les environs qui ne tarisse jamais, et où maintenant, comme jadis, les femmes de Nazareth vont puiser de l'eau avec une cruche sur la tête. Du côté méridional de la ville se voient, dans le rocher, un certain nombre de grottes très anciennes qui ont servi d'habitations, et plus bas plusieurs sources. Napoléon, après la bataille du Tabor, passa quelques heures et dîna à Nazareth, le lieu le plus septentrional qu'il ait touché en Syrie (traduction Rougemont). Hasselquist et des voyageurs plus modernes disent que la vallée, dont la forme circulaire rappelle celle des cratères, est fermée, de tous les côtés, par des montagnes de craie, hautes, blanches, escarpées et arides; le fond est une plaine inégale, d'un quart de lieue de largeur, bien cultivée, riante, et très fertile. Burckhardt trouve cette contrée une des plus délicieuses de tout le district d'Acre. Une gorge étroite et profonde, d'une lieue de longueur, conduit de la vallée dans la plaine de Jizréhel, et, depuis les hauteurs, on jouit d'une fort belle vue sur cette plaine, ainsi que sur le Tabor, le Guilboah, et les montagnes d'Éphraïm qui apparaissent au-dessus de l'Hermon.


NAZARIEN,
Nazaréat (hébreu Nazir)

C'est le nom que la loi de Moïse donnait à l'Israélite, homme ou femme, qui faisait pour un temps ou pour la vie entière le vœu du nazaréat, professant la sobriété en toutes choses, et renonçant complètement au vin, au vinaigre, aux raisins, à tout ce qui tenait de près ou de loin aux produits de la vigne, naturels, travaillés ou fermentes, laissant croître ses cheveux sans y toucher, évitant toute souillure cérémonielle ou réelle, et recommençant toutes les cérémonies de sa consécration au nazaréat, Juges 13:14, lorsqu'il avait été souillé fortuitement, comme par la vue d'une personne morte en sa présence, ou dont il aurait trouvé le cadavre sur son chemin, Nombres 6:1-2; cf. Amos 2:11-12. Si les catholiques ont vu dans cette institution le germe du monachisme, ils doivent reconnaître que ce germe renfermait de tout autres éléments que ceux qu'on leur a substitués; la fainéantise était bien loin de constituer une partie intégrante du nazaréat, et le mariage était si peu compté parmi les impuretés, même cérémonielles, qu'il n'en est pas seulement fait mention dans les prescriptions données à ce sujet, et que Samson, le nazarien à vie, était marié. Lorsque le temps du nazaréat était accompli, la personne qui avait fait le vœu se présentait au temple, offrait un mouton en holocauste, une brebis d'un an en sacrifice d'expiation, un bélier en sacrifice d'actions de grâces, une corbeille pleine de gâteaux sans levain de fine farine, enfin l'huile et le vin nécessaires à toutes les libations. Le prêtre alors coupait les cheveux du nazarien, et les brûlait sur le feu de l'autel; puis il mettait entre les mains du nazarien l'épaule cuite du bélier, un pain et un gâteau, pour les reprendre ensuite et les offrir à l'Éternel en offrande tournoyée, Nombres 6:1, et suivant. Plusieurs de ces cérémonies avaient également lieu lors de la consécration des prêtres, Lévitique 8:26. Si l'on se rappelle que l'usage du vin et du vinaigre était presque général en Palestine, que dans ces climats chauds le poids d'une longue chevelure était fort incommode,; que les cas de souillure cérémonielle étaient; passablement multipliées, et que l'on tienne compte des frais considérables que l'accomplissement du vœu entraîne, on comprendra que le nazaréat, même à temps, était un vœu considérable. Aussi les personnes riches qui ne se trouvaient pas en état, ou qui n'avaient pas le loisir d'en observer les cérémonies, cherchaient-elles souvent à s'associer en quelque sorte aux nazariens, en participant aux frais des sacrifices, Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 19, 6, 1. Maïmonid, in Num. 6. Ceux qui faisaient le vœu du nazaréat hors de leur patrie se contentaient d'observer les abstinences marquées; ils se coupaient les cheveux au lieu où ils se trouvaient à l'expiration de leur vœu, et les offraient plus tard, ou les faisaient offrir par d'autres dans le temple, avec les victimes et les offrandes ordonnées. Samson, Samuel et Jean-Baptiste sont les seuls exemples de nazaréat à vie que nous présente l'Écriture, Juges 13:4,14; 1 Samuel 1:12; Luc 1:15. Lorsqu'un enfant à naître était ainsi voué au nazaréat perpétuel, sa mère observait à sa place, jusqu'au moment de sa naissance, les prescriptions de la loi. Les rabbins opposent au nazaréat perpétuel celui de Samson qui leur paraît avoir été moins rigoureux que le premier, attendu que Samson a plusieurs fois vu et touché des corps morts, Juges 14:15, sans qu'il soit fait mention de sacrifices purificatoires qu'il ait offerts.

— On trouve chez presque tous les anciens peuples quelques cérémonies semblables à celles du nazaréat, et l'on remarque en particulier que les Égyptiens, les Syriens, les Grecs et les Romains avaient l'habitude d'offrir leurs cheveux et leur barbe dans les temples de leurs divinités, comme, de plus, certaines coutumes d'abstinence étaient imposées aux prêtres de l'Égypte: quelques auteurs, Porphyre, Spencer, Michaélis, ont cru voir dans le nazaréat hébreu une tradition de l'Égypte, mais les analogies sont en elles-mêmes trop vagues pour qu'on puisse en tirer une conclusion pareille, et l'on doit se rappeler que loin de vouloir établir un lien, Moïse a toujours creusé un abîme entre les coutumes de son peuple et celles des nations voisines.

Le nom de nazarien se prenant encore dans plusieurs sens différents, nous sommes appelés à considérer de plus près les passages suivants.

  1. Genèse 49:26. Joseph est appelé le nazarien d'entre ses frères: les Septante traduisent ce terme par chef, celui qui est honoré, et si l'on a égard à la signification primitive de nézer, on comprendra que Joseph ait pu être ainsi désigné: le nom de nazir ou nezir était d'ailleurs comme il est encore dans plusieurs cours d'Orient, un nom de dignité, de charge publique, correspondant aux fonctions de vice-roi que Joseph exerçait en Égypte. Peut-être aussi, et dans le cantique du vieux Jacob il semble que c'ait été plus naturel, le nom de nazarien désignait-il simplement que Joseph avait été mis à part, choisi de Dieu pour lui être saint, et pour être le bienfaiteur de ses frères, celui devant qui sa famille se prosternerait.

  2. Quelques auteurs ont entendu du nazaréat temporaire le vœu que fit saint Paul en deux circonstances de sa vie, Actes 18:18; 21:24, mais ce n'est qu'une hypothèse, et nous en reparlerons aux articles Paul et Vœu.

  3. Dans plusieurs passages du Nouveau Testament, Actes 2:22; 22:8; 24:5, on lit nazoréen au lieu de nazaréen, et ce simple changement de voyelle donne au mot une signification comme une étymologie différente, remplaçant la couronne par le mépris;

    Voir: plus loin.

  4. Nazaréen désigne souvent un homme natif de Nazareth, quel qu'il soit, et sans qu'aucune idée, autre que celle du fait, s'y rattache, Marc 10:47; Actes 4:10.

  5. Matthieu 2:23, cite une prophétie d'après laquelle Jésus devait être appelé Nazaréen. Il est évident que, selon cet apôtre, il y a un rapport intime entre le séjour de Jésus à Nazareth et le surnom de Nazaréen qui lui avait été donné; il faut donc dès l'abord rejeter l'explication de ce nom tirée du nazaréat, Nombres 6:2, quelque respectables et nombreux que soient les soutiens de cette opinion (Wettstein, Spanheim, Érasme, Calvin, Bèze, Luther, Zwingle, Grotius, etc.): ce serait un jeu de mot assez mauvais, et d'autant plus que les prophètes n'ont jamais annonce Jésus-Christ comme devant être Nazaréen. Il faut donc supposer que le nom de Nazareth, ou d'habitant de Nazareth, renferme une idée qui, d'après les prophéties, devait être un attribut de Christ: cette idée peut, ou bien se trouver dans l'étymologie de ce nom, ou bien se rattacher à l'opinion publique. On sait qu'une assez mauvaise renommée pesait sur Nazareth, et qu'il suffisait d'en être Originaire pour être méprisé, Jean 1:46; 7:52. Or ce que les prophètes annoncent, c'est que le Christ sera méprisé de ses contemporains, Psaumes 22:7-8; Ésaïe 53:3. Peu importe ce que l'on a dit: que les Nazaréens n'étaient pas plus méprisés que les autres Galiléens; l'un et l'autre reviennent au même, les deux noms servent également de termes d'injure; cependant en examinant Jean 1:47, on trouvera que Nazareth était plus particulièrement méprisé, puisque le reproche en est fait, dans un entretien amical, par Nathanaël à Philippe, ces deux hommes étant l'un et l'autre Galiléens. Il faut ajouter que le nom de Nazaréen prêtait bien plus que celui de toute autre ville de la Galilée, aux mauvaises plaisanteries auxquelles les Juifs étaient assez enclins: en changeant nazor en nazor (méprisé), les Juifs pouvaient exprimer d'une manière très directe et fort simple le mépris qu'ils avaient pour ces gens-là (— Voir: #3.), et il est bien vraisemblable qu'en appellent notre Sauveur et ses disciples de ce nom, avec ou sans le jeu de mots, ils avaient l'intention de jeter sur eux du ridicule; dans ce cas (et surtout si saint Matthieu a écrit en hébreu ou en syriaque), ces paroles devaient avoir une très grande force: «on lui a donné le surnom de Nazareth, ainsi que les prophètes ont annoncé qu'il serait en butte à toutes les moqueries de Ses ennemis.» On comprend alors aussi la parole de Jésus à Saül: «Je suis ce Nazaréen que tu persécutes.»

    — Quant à l'interprétation tirée de l'étymologie, et mise en avant par Jérôme, elle se fonde sur le sens de nezer, rejeton, buisson: saint Matthieu ferait ressortir alors que, de même que les prophètes ont appelé Jésus un rejeton, Ésaïe 11:1, un germe, Ésaïe 4:2; Zacharie 6:12, de même les impies, prophétisant sans le savoir, lui ont donné le nom de rejeton, habitant issu de la ville des rejetons. Cette explication, à notre sens bien moins satisfaisante que celle qui précède, a été soutenue par Surenhusius, Vitringa, et dernièrement encore par Hengstenberg, dans une dissertation sur ce sujet, qui se trouve en tête du 2e volume de sa Christologie.


NÉAPOLIS,
Actes 16:11, maintenant la Cavala; ville maritime à 3 lieues sud-est de Philippes: elle a sur les côtes de la mer Égée un port avec une position avantageuse pour le commerce. Après avoir appartenu à la Thrace, elle passa, au temps de Vespasien, sous la domination romaine. On raconte que c'est aux habitants de cette ville qu'on est redevable de l'art de tailler la vigne, et qu'eux-mêmes l'avaient appris d'un âne: ils remarquèrent que les vignes mordues par cet animal croissaient mieux et rapportaient plus que les autres.

— Saint Paul y passa en se renflant de Samothrace à Philippes. C'est le lieu de naissance de Méhémet-Ali.


NÉBAJOTH,
fils aîné d'Ismaël, Genèse 25:13, et père des Nébajoth ou Nabathéens, que nous trouvons à côté de Kédar. Ésaïe 60:7, formant une riche peuplade renommée par l'excellence de ses moutons. Ils occupaient, selon saint Jérôme, tout l'espace de pays compris entre l'Euphrate et la mer Rouge, non qu'ils en fussent les seuls possesseurs, mais ils y étaient en majorité: d'après quelques auteurs (Diod. de Sicile), la mer Morte appartenait à leur territoire, et Denys le géographe les fait avancer jusque près du Liban; il est probable en effet que, s'ils possédaient en propre l'Arabie Pétrée, ils ont empiété aussi, d'un côté sur l'Arabie Heureuse, de l'autre sur les contrées situées au nord-est, et qu'à leurs villes de Pétra et de Médaba ils en ont joint d'autres plus septentrionales, et voisines de Galaad; mais nomades comme ils l'étaient, libres et indépendants, ils ont recherché l'air et les pâturages plus que les villes habitées, et leur territoire n'a jamais été limité ni déterminé: plusieurs d'entre eux s'adonnaient au commerce, et entreprenaient de longs voyages dans ce but. Ils avaient des rois du nom d'Arétas, et lorsque Pompée vint en Syrie, il envoya des troupes contre eux et les défit. Il est plusieurs fois parlé des Nabathéens dans les livres des Maccabées; lorsque tous les peuples voisins de la Judée se soulevèrent contre les Hébreux, les Nabathéens seuls leur témoignèrent de l'affection; ils accueillirent fort bien Judas Maccabée marchant au secours de ses frères en Galaad, mais plus tard ceux de Médaba en particulier trahirent Jean Maccabée, le tuèrent, et s'emparèrent de tout le bagage militaire qu'il était venu leur confier, 1 Maccabées 5:24-25; 9:35.


NÉBO.
  1. La plus haute cime de la montagne de Pisga, qui appartient à la chaîne des monts Abarim: elle était sur le territoire des Moabites du temps de Moïse, et était située en face de Jérico, de l'autre côté du Jourdain. C'est là que mourut Moïse, Deutéronome 32:49; 34:1.

    Voir: Pisga.

  2. ville de Ruben, dans le voisinage de la montagne de ce nom, Nombres 32:3,38. Elle avait appartenu d'abord aux Moabites, et plus tard il s'en rendirent maîtres de nouveau, Ésaïe 15:2; Jérémie 48:1. Eusèbe en place les ruines à 8 milles sud de Hesbon.

  3. Ville de Juda, Esdras 2:29; 10:43: elle est appelée Vautre Nébo, Néhémie 7:33, pour la distinguer de la précédente: c'est de celle-ci que parle Eusèbe, d'après Calmet.

  4. Idole des Caldéens, dont le nom se retrouve dans la composition de plusieurs noms propres. Dans le passage Ésaïe 15:2, le prophète parle peut-être d'un temple consacré à cette idole sur la montagne de Nébo en Moab; mais 46:1; se rapporte à l'idole caldéenne dont nous avons parlé à l'article Caldée, et dont le culte fut détruit probablement par Cyrus.


NÉBUCADNETSAR ou Nabuchodonosor,
fier et puissant conquérant, fléau dans la main de Dieu, chargé d'exécuter les vengeances divines et d'accomplir les prophéties; il était fils, et fut le successeur de Nabopolassar sur le trône de Babylone. Il porte déjà le titre de roi, Jérémie 25:1; 46:2, quoiqu'il ne fût encore à cette époque, lors de ses premières expéditions, que l'associé de son père à la couronne; peut-être aussi les historiens sacrés le nomment-ils ainsi par anticipation. Son nom se rattache presque exclusivement, dans la mémoire de chacun, aux grandes scènes qui sont racontées dans les premiers chapitres de Daniel; cependant son histoire commence longtemps auparavant, et les détails en sont épars dans les livres des Rois, des Chroniques, de Néhémie, d'Esdras, d'Ester, de Jérémie, d'Ézéchiel, et de Daniel. On peut la composer en comparant ainsi 2 Rois 24, 25, 26; 2 Chroniques 36; Néhémie 7; Esdras 1 et 5; Esther 2:6; Jérémie 21, 22, 24, 25, 27, 29, 34, 37, 39, 43, 44, 46, 49, et 52; Lamentations 4; Ézéchiel 17:21,26-32; et Daniel 1-5.

Sa vie militaire a compté quatre campagnes principales qui l'ont toutes rapproché de la Palestine, si elles n'ont pas toutes eu pour premier but de l'envahir et de la réduire. La première est celle dont il est parlé Daniel 1:1; elle eut lieu la troisième année de Jéhojakim. Pharaon Néco faisait acte de souveraineté sur Circesium ou Carkémis, et Nébucadnetsar, chargé par son père de la disputer au roi d'Égypte, obtint sur ses ennemis un succès facile, et les poursuivit à travers l'Arabie, jusque sur les bords du Nil; puis, se tournant vers Jéhojakim, le malheureux allié de Néco, il triompha sans peine de la Judée, prit Jérusalem, et se disposait à emmener son roi prisonnier lorsque, changeant de caprice ou d'idée, il lui rendit la liberté, et le fit son vassal tributaire, au lieu de le traiter en esclave; il emmena seulement quelques otages, au nombre desquels se trouvaient Daniel et ses trois amis. Il poursuivit quelque temps encore ses conquêtes, et acheva d'affaiblir les Égyptiens en leur enlevant toutes leurs possessions comprises entre l'Euphrate et le Nil. C'est pendant ces victoires qu'il apprit la mort de son père: il retourna précipitamment à Babylone, et monta sur le trône (604 ou 605 avant J.-C.), 2 Rois 24:1-7; 2 Chroniques 36:6-7; Daniel 1:1; sq. 5:2; Esdras 1:7. L'année suivante, il fit son fameux songe des quatre monarchies, qu'il oublia sans en conserver autre chose qu'une impression de frayeur telle, qu il voulait faire mettre à mort les mages qui ne pouvaient venir en aide à sa mémoire troublée: c'est alors qu'il nomma le jeune prophète Israélite chef des mages, et qu'il lui confia le gouvernement de la Babylonie, parce qu'il avait vu que Dieu était avec lui, et que Daniel seul avait les secrets de l'Éternel, Daniel 2:1; sq..

Trois ans après sa première conquête de la Judée, Nébucadnetsar dut tourner, pour la seconde fois, ses armes contre ce pays: Jéhojakim s'était soulevé, et avait refusé le tribut. Nébucadnetsar envoie d'abord contre lui les armées de Syrie, de Moab et de Hammon, qui ravagent la Judée, et font un grand nombre de prisonniers qui sont envoyés à Babylone, Jérémie 52:28. Jérusalem est assiégée, Jéhojakim périt lui-même en se défendant; Jéchonias le remplace sur le trône, et continue à se détendre; mais Nébucadnetsar arrive en personne au bout de trois mois: il se met à la tête des troupes, serre la ville de plus près, et ne tarde pas à s'en rendre maître. Il envoie Jéchonias finir ses jours dans une prison de Babylone, dépouille le temple et le palais, brise les vases sacrés, emmène l'élite des habitants, et part en laissant à Sédécias un trône en ruines, en échange d'un serment de fidélité, 2 Rois 24:10; 2 Chroniques 36:10; Jérémie 22:25; 37:1; Ézéchiel 17:12-13. Sa puissance va se consolidant, rien ne résiste à ses armes, et les faux prophètes qui annoncent le déclin de son pouvoir sont, frappés et mis à mort, Jérémie 29:21; cf. 27:6; 28:2.

Cependant Sédécias ne tient pas le serment qu'il a prêté à l'ennemi de son pays, et, au bout de huit ou neuf ans de soumission, la seizième année de Nébucadnetsar, il se révolte et refuse sa soumission; son exemple gagne les peuples qui l'entourent, et l'Égypte paraît les favoriser. Le roi de Babylone rentre en campagne; c'est sa troisième expédition. Incertain par quel ennemi il doit commencer, il tire le sort sur les flèches, et se décide bientôt; c'est Jérusalem qui recevra ses premiers coups, Ézéchiel 21:25-27. En peu de temps, la Judée presque entière est soumise: Jérusalem, Lakis et Hazéka seules résistent encore, Jérémie 34:7; il marche sur Jérusalem qu'il a déjà conquise deux fois, et se prépare à la traiter avec plus de rigueur que jamais. L'approche du roi d'Égypte qui s'avance contre lui, l'oblige à laisser un instant respirer Sédécias; il envoie ses captifs en Caldée, et marche sur son nouvel adversaire; mais celui-ci ne l'attend pas même, et s'enfuit avant d'avoir pu faire sa jonction avec les armées de Juda. Nébucadnetsar revient alors, continue le siège, et reste un an avant de venir à bout de la place; la famine désole les habitants de Jérusalem, qui n'en persistent pas moins à se défendre; enfin, pendant une absence du roi de Babylone, qui s'était rendu à Ribla, en Syrie, une brèche est faite à la ville, les principaux officiers des Caldéens y pénètrent, Sédécias et les siens s'enfuient, mais ne tardent pas à être atteints et faits prisonniers. Nébuzar-Adan, chargé de la destruction de Jérusalem, s'en acquitte selon les souhaits de son maître, qui fait venir auprès de lui les principaux captifs, fait mettre à mort, sous les yeux de Sédécias, ses fils et ses grands, et l'envoie lui-même à Babylone, après lui avoir fait crever les yeux. Dans l'ivresse de son triomphe, il ménage encore Jérémie, et le recommande à Nébuzar-Adan, 2 Rois 24:20; 25:1; 2 Chroniques 36:13,17. Jérémie 34:37, et 39, etc. C'est probablement après cette expédition qu'il fit élever, dans la plaine de Dura, cette fameuse statue d'or que l'on suppose avoir été comme l'apothéose de son père, et qui faillit coûter la vie aux jeunes Hébreux qui refusaient de l'adorer. Admirant le prodige que le Dieu de Daniel avait fait en faveur de ses jeunes amis, Nébucadnetsar n'hésita pas à décréter la divinité du Dieu des Hébreux, et ordonna qu'on rendît à Jéhovah les mêmes honneurs qu'il réclamait pour son idole.

C'est après cela, que d'après Flavius Josèphe, car l'Écriture n'en parle pas, Nébucadnetsar entreprit le siège de la puissante ville de Tyr, ce siège infructueux de treize laborieuses années si souvent prédit par les prophètes, mais dont toute l'histoire est encore et restera toujours obscure. Les passages qu'il importe le plus de consulter sur ce point, sont: Ésaïe 23 et Ézéchiel 26-28:20. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 10, 11; 1. Contre App. 1, 19; 20. Il paraît, d'après ces données, que Nébucadnetsar employa treize ans à ce siège, et qu'il ne fut pas payé de sa peine, soit qu'il n'ait pu venir à bout de son entreprise, soit plutôt que les habitants de la ville, s'étant retirés dans une île voisine avec toutes leurs richesses, il n'ait trouvé que des ruines à offrir en pâture à ses soldats exténués (573 avant J.-C.). Honteux de rentrer à vide dans son royaume et voulant se dédommager de sa triste victoire, il se tourna derechef contre l'Égypte, la ravagea dans toute son étendue, mêla le sang des hommes aux flots du Nil, et put ramener son armée glorieuse et chargée d'un riche butin. Ce furent là ses dernières victoires et sa dernière expédition.

Il n'avait, du reste, plus rien à désirer; il s'était élevé aussi haut que jamais roi conquérant a pu le faire; tout ce qui peut se vaincre par des forces humaines, il l'avait vaincu, et ses armes, toujours victorieuses contre Jérusalem, la ville du vrai Dieu, paraissaient l'élever au-dessus de ce Dieu qui inspirait Daniel et qui sauvait ses amis: la tête tournerait à une moins grande hauteur, et le vieux monarque, au milieu d'une capitale que ses guerres lointaines n'avaient fait qu'enrichir, pouvait être pris de vertige au souvenir de toutes ses gloires. Un songe divin l'avertit de prendre garde; il vit un arbre immense renversé par terre à la voix d'un ange et couché sans rameaux ni verdure pendant sept années. Le chef des mages, prophète de l'Éternel, lui fit voir dans les détails de ce songe un avertissement et une menace, mais une année d'intervalle que Dieu lui accordait pour s'humilier, ne servit qu'à l'endormir dans l'espérance que la parole divine ne serait pas exécutée, ou peut-être à la lui faire oublier. Son orgueil s'éleva à la hauteur de sa position terrestre, et comme il se promenait dans le palais royal de sa capitale, il s'écria dans une ivresse frénétique d'exaltation: N'est-ce pas ici Babylone la Grande que j'ai bâtie pour être la demeure royale par le pouvoir de ma force et pour la gloire de ma magnificence! Mors une voix des cieux lui répondit, lui annonçant que le songe terrible qu'il avait fait, allait recevoir son exécution; l'orgueilleux monarque fut chassé d'entre les hommes, il mangea l'herbe comme les bœufs, n'ayant d'autre abri que le ciel, exposé à toutes les intempéries de l'air comme à la haine de ses sujets auxquels il n'inspirait plus qu'une horreur mêlée de pitié; son poil crût comme celui de l'aigle et ses ongles comme ceux des oiseaux. Sept temps se passèrent ainsi, puis le sens lui revint, il bénit le souverain duquel toutes les œuvres sont véritables, dont les voies sont justes et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil; et il remonta sur son trône, Daniel 4. II vécut encore une année et mourut après avoir régné quarante-trois ans, 561 avant J.-C.

Plusieurs observations sont nécessaires à l'intelligence de son histoire.

Les historiens grecs ne parlent pas de Nébucadnetsar, et ce règne à la fois long et glorieux ne nous est connu que par ce qu'en disent les historiens sacrés, Flavius Josèphe et quelques historiens de l'Orient; de là plusieurs incertitudes chronologiques et des dates peu sûres et difficiles à déterminer, d'autant plus que les historiens sacrés comptent diversement les années de ce prince, suivant qu'ils font commencer son règne à la mort de son père, comme Daniel et les Babyloniens, ou qu'ils datent du moment de son association à l'empire avant la bataille de Circesium, comme Jérémie 25:1; et les autres historiens hébreux. Il y a en outre, dans plusieurs de ces données, un manque de coïncidence dont il n'est pas facile de se rendre compte, et quelques divergences, pour lesquelles il faut consulter les ouvrages spéciaux, notamment Des Vignoles et les commentateurs modernes Dahler sur Jérémie, Hævernick sur Daniel et Ézéchiel. Les traits de la vie de Nébucadnetsar étant épars dans plusieurs livres de la Bible, les uns prédits, les autres racontés, souvent sans suite et sans ordre chronologique, il est arrivé que plusieurs des faits attribués par les uns à l'une de ses expéditions, sont d'après d'autres, attribués à une autre, et que l'on ne peut se faire toujours une idée juste des détails dont chaque cadre doit être rempli: nous avons suivi l'ordre qui nous a paru le plus probable; Dahler et Winer arrangent les événements d'une manière différente, et Calmet, par exemple, place l'histoire de la statue d'or ainsi que le supplice des trois jeunes Hébreux, à la fin de la vie de Nébucadnetsar et après son retour à la raison.

Ce qui frappe le plus dans la vie militaire de ce conquérant, ce sont ses attaques sans cesse renouvelées contre le faible royaume de Juda, attaques toujours suivies de victoires et toujours plus douloureuses dans leurs résultats; la première fois, il fait de Jéhojakim son vassal, et n'emmène avec une partie des trésors du temple que des otages; la seconde fois, il dépouille le temple, emprisonne le roi infidèle, emmène l'élite des Juifs, mais laisse encore à ceux qui restent un roi de leur nation; la troisième fois enfin, il exporte les habitants en masse, fait mettre à mort les principaux d'entre eux et charge leur roi de chaînes après l'avoir privé de la vue. Autant de secousses successives devaient faire comprendre aux Juifs que c'était bien de la part de leur Dieu que Nébucadnetsar ruinait ainsi leurs forces et leur vie nationale; et véritablement, à lire les écrivains sacrés, il semble que ce roi de Babylone n'ait eu, en effet, d'autre mission que d'accomplir les prophéties et les vengeances divines; c'est à cela que se réduit sa biographie, et ses coups prolongés pendant une carrière de quarante-trois années devaient faire réfléchir les Juifs plus que n'eussent fait les coups épars de rois qui se seraient succédé sur le même trône; Nébucadnetsar devait être pour les Juifs l'homme de la fatalité, et l'on pense involontairement à la vieille et glorieuse figure de Louis XIV, qui a été l'épreuve du peuple de Dieu, comme le roi de Babylone en avait été le châtiment.

La conduite de Nébucadnetsar à l'égard des mages, n'est autre que celle d'un autocrate oriental; la tête de quelques mages n'était rien pour lui; satisfaire un caprice au prix de plusieurs vies était peu de chose. Le songe qu'il avait oublié, ces hommes devaient le lui dire; et leur charlatanisme spéculateur devait être la cause de leur propre ruine; ils étaient punis par où ils avaient péché. Un prophète seul pouvait, après avoir prié son Dieu, connaître ce songe, le rappeler au roi et lui raconter la succession des quatre monarchies; il est remarquable que Daniel ait eu lui-même, bien des années après, la même vision céleste, le même songe sous d'autres symboles, Daniel 7. La première puissance était celle de Nébucadnetsar lui-même; la seconde était celle des Perses qui vinrent sous Cyrus, 538 avant J.-C., renverser l'empire de Babylone; après eux vinrent les Grecs conduits par le puissant et rapide Alexandre, représenté dans le songe de Daniel sous la figure d'une panthère ailée à quatre têtes, qui signifient les quatre royaumes qui sortirent de la mort d'Alexandre et se divisèrent en restant unis. La quatrième puissance enfin, c'est l'empire de Rome. Il y a, pour ainsi dire, unanimité parmi les interprètes sur la signification de ces deux songes, et l'on peut consulter presque indifféremment les divers travaux ou commentaires qui ont paru sur ce sujet;

Voir: le Morgenland de Preiswerk, I, p. 39, sq., le Commentaire de Hævernick, Gaussen sur Daniel, etc.

Le second songe de Nébucadnetsar, plus clairement encore expliqué et accompli, n'a pas besoin d'être développé davantage. Remarquons seulement que le terme employé pour marquer la durée de sa terrible maladie, est celui de sept temps; on entend ordinairement par là sept années, mais on peut l'entendre autrement encore, et sept années de folie ne prennent pas facilement place dans la vie si occupée de Nébucadnetsar: l'année asiatique se divisant en six termes de deux mois chacun, on pourrait entendre les sept temps de sept de ces doubles mois, de sorte que la maladie de Nébucadnetsar n'aurait duré que quatorze mois; selon d'autres, il aurait été malade trois ans et demi, selon d'autres encore, seulement sept mois. Quant à la nature de cette maladie, on pense généralement qu'il s'agit de l'insania canina ou lupina, la lycanthropie, pendant laquelle l'homme n'a plus de l'homme que les instincts animaux; se croyant changé en bête, en loup, en chien, en bœuf, il abdique son cœur et sa raison, et cesse d'être lui-même: c'est un animal. Les absurdes imaginations des rabbins sur la métamorphose physique de Nébucadnetsar en bœuf, sont dès longtemps oubliées ou tombées dans le ridicule, et de grossières illustrations bibliques en conservent seules le souvenir. Lorsque le sens lui revint, il était guéri de sa folie, et l'on ne peut qu'admirer la touchante et noble confession de foi par laquelle commence en lui le retour à la raison; il s'humilia en adorant la main qui l'avait frappé, et son nom se place à côté de celui des Naaman, des Darius, des Cyrus et de tant d'autres païens pour qui l'Éternel a fait luire au milieu des ténèbres la foi à un seul Dieu. Plusieurs de ces grands conquérants, après avoir été des verges dans la main divine, ont reconnu vers la fin de leurs jours, la main qui les avait conduits, et à côté de Nébucadnetsar se place naturellement, et sous ce rapport aussi, le nom de Napoléon le Grand.


NÉBUZAR-ADAN,
2 Rois 25:8; Jérémie 39:9; 52:12, général de l'armée de Nébucadnetsar, attaché au service de la personne royale et l'un de ses principaux ministres. Il fut chargé par son maître absent, de présider au sac de Jérusalem, 568 avant J.-C., un mois environ après que cette ville eut été prise pour la troisième et dernière fois par le roi de Babylone: il s'acquitta de sa tache en soldat, il dépouilla d'abord la ville et le temple de tous les trésors qui y restaient, puis il mit le feu à tout ce qui pouvait brûler; les édifices publics, le temple et toutes les maisons devinrent la proie des flammes; les remparts furent démolis et il ne resta plus que des cendres et des ruines sur l'emplacement où florissait naguère la sainte cité. N'ayant plus rien à faire en Judée, il donna l'ordre du départ, classa les prisonniers, chargea les riches dépouilles après avoir mis en pièces les ornements du temple qui ne pouvaient être emportés que par morceaux, partagea les terres entre les misérables habitants qu'il laissait en arrière sous le gouvernement de Guédalia, donna la liberté à Jérémie et à Baruc, selon les ordres qu'il avait reçus, et partit pour la Babylonie.

— Il paraît que plus tard encore, lors du siège de Tyr, il revint en Judée, et qu'il essaya, peut-être pour venger la mort de Guédalia, de faire de nouveau la guerre aux Juifs, mais ceux-ci s'étaient déjà retirés en Égypte, il ne pouvait plus y avoir de guerre; une apparition suffisait au milieu de ces populations cinq fois décimées, et Nébuzar-Adan ne put emmener que 745 prisonniers, Jérémie 52:30.


NÉCO, Nécho ou Néchos,
l'un des Pharaons, roi d'Égypte, et contemporain de Josias, 2 Rois 23:29; 2 Chroniques 35:20. Fils de Psamméticus, il était le sixième roi de la 26e dynastie, celle des Saïtes. Il est connu dans l'histoire profane par l'entreprise qu'il fit d'un canal de communication entre le Nil et la mer Rouge, entreprise qu'il dut abandonner après que 20,000 ouvriers eurent péri dans ce travail gigantesque, et par le voyage de circumnavigation qu'il fit faire autour de l'Afrique par des Phéniciens qu'il avait à son service; partis de la mer Rouge, ils revinrent au bout de trois ans par la Méditerranée, racontant à leur retour qu'en faisant voile autour de l'Afrique, ils avaient vu le soleil levant à leur droite, ce qui, ajoute Hérodote, ne me parait nullement probable.

Voir: Hérodote 2, 158; 4, 42.

— Ce qui est raconté de son histoire dans la Bible, présente plusieurs petites difficultés chronologiques qui laissent dans le vague la marche générale de son expédition, et ne permet pas d'en indiquer les détails d'une manière sûre. Jaloux peut-être de la grandeur naissante du royaume de Babylone, il résolut de l'affaiblir avant qu'il s'élevât davantage, et se mit en route pour Circésium sur les bords de l'Euphrate. Deux chemins se présentaient devant lui; en prenant le plus court, il violait le territoire de Juda et risquait de trouver sur son passage un obstacle qui l'eût arrêté en même temps qu'il eût donné l'éveil à son ennemi. La voie plus longue était sous ce rapport préférable à l'autre; il s'embarque donc pour Ptolémaïs sur la frontière de Syrie; mais ses calculs de prudence et de ménagements sont déjoués; Josias, s'oit qu'il crût son territoire violé, soit que tributaire du roi de Babylone, il crût devoir refuser le passage à son ennemi, marche contre l'armée égyptienne. Néco cherche à le détourner de son opposition: «Ce n'est pas à toi que j'en veux, lui dit-il, mais à une maison qui me fait la guerre, et Dieu m'a dit que je me hâtasse.» Nonobstant ces propositions de paix, il est forcé de combattre, la bataille s'engage dans la plaine de Méguiddo et le roi d'Égypte remporte une éclatante victoire, tandis que Josias, blessé à mort, expire bientôt après. Néco continue sa marche sans se laisser arrêter plus longtemps, il s'empare de Circesium, y met une garnison et réunit dans ses intérêts contre les Caldéens, presque toutes les peuplades des environs, la Syrie, les Hammonites, les Moabites, peut-être aussi les Édomites et quelques peuplades arabes. À son retour en Palestine, au bout de trois mois, il dépose et fait prisonnier Jéhoachaz fils de Josias, que les Juifs avaient élu quoiqu'il ne fût pas l'aîné, le remplace par Éliakim ou Jéhojakim, l'héritier naturel du trône de son père, impose au pays une contribution en le rendant son vassal, et retourne en Égypte.

— D'autres auteurs pensent que Néco ne marcha contre la Caldée qu'après s'être entièrement vengé sur Juda; mais cette manière de voir présente plus de difficultés que celle que nous adoptons.

— Quoi qu'il en soit, le roi d'Égypte ne jouit pas longtemps du fruit de ses conquêtes, car nous voyons, Jérémie 46:2, que la quatrième année de Jéhojakim, Circesium lui fut reprise par Nébucadnetsar, malgré l'appui que Juda prêta à Néco en cette occasion.

Hérodote parle du conflit qui eut lieu en Méguiddo, mais il le place à Migdol ou Magdola, sans doute parce qu'il connaissait cette dernière ville, et qu'il savait qu'elle était située sur le chemin naturel d'Égypte en Palestine; il a pu se tromper facilement, tandis qu'on ne peut supposer que les historiens juifs aient commis une erreur de cette nature.

— Quant au message de Dieu que Néco dit avoir reçu, l'on suppose généralement que c'est par le moyen de Jérémie que la volonté divine lui a été manifestée; on pourrait croire que ces paroles du roi d'Égypte n'étaient qu'une ruse pour se débarrasser plus vite du pieux Josias en appelant à son Dieu, si l'historien sacré n'ajoutait aussitôt, 2 Chroniques 35:22: «Josias n'écouta point les paroles de Néco qui procédaient de la bouche de Dieu.» Et quoiqu'il paraisse étrange que les oracles célestes aient été révélés à un païen, ce fait n'est pas le seul de son espèce dans l'histoire sainte.

La durée de son règne a été de six ans d'après Manéthon, de seize d'après Hérodote, de quarante-six enfin d'après Gesenius qui trouve les termes précédents trop courts pour cadrer avec les dates de la dodécarchie égyptienne contemporaine d'Ézéchias.


NÉGUINOTH,
Voir: Psaumes.


NÉHÉLAM,
Voir: Sémahia #2.


NÉHÉMIE,
fils de Hacalia, d'une origine du reste incertaine, de la race des prêtres selon les uns, selon d'autres de la tribu de Juda et de la famille royale. Le livre qui porte son nom renferme presque toute son histoire. Il remplissait auprès d'Artaxercès - Louguemain la charge d'attirsatha ou d'échanson, et usa dignement de sa position pour le salut de ses frères. Ayant appris par Hanani et quelques Juifs revenus de Juda, le triste état dans lequel se trouvait sa patrie, et la misère de ses compatriotes, son cœur fut navré de leur récit, ses larmes coulèrent, il mena deuil, il jeûna, et recourut par la prière à celui qui devait bander les plaies de son peuple; il s'humilia, mais rappela aussi à l'Éternel les promesses qu'il avait faites aux Juifs de les ramener après les avoir dispersés. Il pria Dieu de vouloir toucher le cœur de son roi, et sa prière fut exaucée. Artaxercès ayant remarqué la tristesse inaccoutumée de son serviteur, la lui reprocha d'abord, et peut-être assez sévèrement, comme une mauvaise disposition d'esprit inconciliable avec le devoir d'un homme de cour; Néhémie craignit d'avoir déplu à son maître, mais il lui répondit avec douceur et simplicité: «Comment mon visage ne serait-il pas défait, puisque la ville qui est le lieu des sépulcres de mes pères demeure désolée, et que ses portes ont été consumées par le feu.» Et comme le roi lui demandait ce qu'il pouvait désirer de faire, Néhémie, après avoir invoqué encore le secours et l'assistance de son Dieu, demanda au roi de le renvoyer en Judée pour y rebâtir Jérusalem. C'était une demande hardie, mais le roi dont Dieu avait disposé le cœur, l'accorda à son échanson; il lui donna en outre une escorte militaire, des lettres pour les gouverneurs des provinces qu'il devait traverser, le droit de prendre du bois dans les forêts royales, et sa protection pour tout ce qu'il entreprendrait. Néhémie partit donc avec ses pleins pouvoirs, et arriva bientôt à Jérusalem. La main de l'Éternel était bonne pour lui (2:8,19) Il débute par un examen prudent et silencieux de l'état des choses; les ennemis des Juifs sont trop puissants et trop nombreux pour qu'il puisse rien tenter avant d'avoir sondé le terrain; le mal est trop grand pour que Néhémie prenne des mesures avant d'en avoir compris toute l'étendue. Mais lorsque ses plans sont arrêtés, il rassemble les , magistrats, les sacrificateurs et les principaux d'entre les Juifs, leur expose le but de sa mission, ses droits et ses desseins. Quelques étrangers, Samballat, Tobija, et Gasmu, essaient en vain de contrecarrer son œuvre par de méchantes moqueries et de perfides insinuations: Néhémie les repousse en leur rappelant qu'ils sont étrangers au peuple juif, et qu'ils n'ont aucune part dans les affaires de la ville et de la maison de Dieu. Le peuple qui a retrouvé un chef dont la voix l'inspire, dont l'exemple l'encourage, se met à l'œuvre; les murs, les portes, les remparts, sont reconstruits. Jérusalem sort de ses ruines; la ville sainte se relève malgré les efforts jaloux des peuples voisins, et paraît sur le point de se rendre indépendante et libre. Mais les Arabes, les Hammonites et les Samaritains se liguent contre les Juifs, et projettent de fondre sur leur métropole avant que les remparts achevés ne rendent toute invasion plus difficile, toute victoire plus incertaine; Néhémie, à qui les machinations de Samballat et de ses partisans n'ont point échappé, range le peuple en armes le long des murailles, ranime le courage des faibles, et rappelle à tous qu'ils ont à combattre pour Dieu, l'honneur, la patrie et leurs familles. Les ennemis sont déconcertés par cette solennelle manifestation qui leur a montré un chef vigilant, un général habile, et une armée résolue: les travaux reprennent leur cours, mais depuis ce moment la moitié seulement des jeunes gens s'occupe des constructions, tandis que l'autre moitié se tient toujours prête en cas de surprise; même les travailleurs gardent encore l'épée au côté.

À côté des ennemis extérieurs, Néhémie doit combattre aussi les ennemis intérieurs, l'usure, et l'abus que les riches avaient fait de leur position aux dépens du pauvre; le peuple était opprimé, il avait dû mettre en gages ses champs, ses maisons, ses fils et ses filles. Une mesure héroïque devait être prise, et pouvait seule sauver Jérusalem d'une révolution: Néhémie convoqua les grands, les magistrats, et les sacrificateurs; il les censura pour le trafic infâme, pour la vente qu'ils avaient faite de leurs frères, et après leur avoir représenté le danger de la situation et l'opprobre dont leur conduite devait couvrir la nation sainte, il leur proposa la restitution complète des héritages, et la remise des dettes, se donnant lui-même à eux, et il en avait le droit, comme un exemple de désintéressement. Sa voix fut écoutée, l'assemblée dit amen! à la malédiction que Néhémie prononça contre ceux qui ne tiendraient pas la parole jurée, et Néhémie sauva le peuple d'une crise qui eût pu être terrible, dans un moment où l'étranger ne demandait pas mieux qu'un prétexte pour intervenir. Néhémie qui, depuis douze ans qu'il était gouverneur, avait renoncé à tous les avantages de sa place, engageant sa fortune particulière au service de Jérusalem, à la reconstruction des murs, aux frais de représentation exigés par sa position, Néhémie était bien placé pour demander à ceux pour lesquels ils se sacrifiait, de se sacrifier aussi; personne mieux que lui ne pouvait s'écrier: «Ο Dieu, souviens-toi de moi en bien, selon tout ce que j'ai fait pour ce peuple.» Le zèle courageux de cet homme sans peur et sans reproche, fut couronné, et malgré les intrigues réitérées de Samballat et des siens, malgré l'épouvante que de faux prophètes cherchaient à répandre parmi le peuple, la ville, ses murailles et ses portes furent achevées; mais les habitants étaient trop peu nombreux pour l'enceinte immense de l'ancienne Jérusalem; Néhémie dut songer à peupler ces murs qu'il venait de construire, et à constater les droits des anciens habitants propriétaires. Pendant les travaux et les recherches occasionnées par le dénombrement, Néhémie trouva un ancien registre des familles, qui lui fut utile pour les reconnaissances généalogiques. (Ce registre est inséré 7:6-73. Il est probable aussi que les trois chapitres qui suivent, 8, 9, et 10, sont hors de la place où ils devraient être; nous verrons plus bas ce qui en est: en tout cas ils renferment l'histoire de la lecture publique de la loi par Esdras, la célébration de la fête des tabernacles, la publication d'un jeûne solennel, une magnifique prière d'Esdras, et les serments prononcés en ce jour solennel, recueillis en forme de traité d'alliance).

— Après cela nous voyons Néhémie continuer ses travaux de recensement, de classement, et d'organisation; il ordonne aux principaux du pays de se fixer dans la ville, et jette le sort sur le reste des habitants, afin d'en obliger la dixième partie à s'établir dans Jérusalem; puis il célèbre avec une grande pompe la fête de la dédicace des murailles: tous les Lévites des villes de Juda et de Benjamin y sont conviés; les prêtres purifient le peuple et la ville, les princes et les chefs du peuple s'assemblent sur les murs, et deux chœurs de chantres et d'enfants en font le tour au son des instruments, et aux chant des cantiques sacrés. L'un de ces chœurs est conduit par Esdras; l'autre est accompagné par Néhémie, suivi des magistrats, des prêtres, et d'une partie du peuple. Ils s'arrêtèrent en face du temple, où de nouveaux chants s'élevèrent en l'honneur de l'Éternel; de nombreuses victimes furent immolées, le peuple était plongé dans l'allégresse la plus vive, et ses bruyants cris de joie retentirent au loin: de ce jour datait en effet pour lui la renaissance de sa patrie, sa restauration comme peuple; 12:27-47.

— Une année avait suffi pour tous ces travaux au zèle persévérant et sage du réparateur des brèches d'Israël.

Le premier séjour de Néhémie à Jérusalem dura environ douze ans, 1:1; 2:1; 5:14; 13:6, mais il est probable que dans l'intervalle il dut retourner une ou plusieurs fois à la cour de Perse: on peut croire même que le premier voyage qu'il fit à Jérusalem ne fut guère qu'un voyage d'exploration, et qu'après avoir vu et raconté au roi le triste état de son pays, il obtint une prolongation de congé indéfinie. Mais après cela, il dut retourner auprès d'Artaxercès pour y reprendre ses anciennes fonctions, et quoique l'Écriture ne précise pas la durée de son absence, on suppose qu'elle fut longue, et qu'il ne revint en Judée que sous le règne de Darius Nothus, 415 avant J.-C. Son retour fut nécessité par le retour de l'impiété, par le relâchement dans lequel le peuple et ses chefs étaient tombés; ses réformes étaient oubliées, les sabbats n'étaient plus observés, on se refusait au payement des dîmes, des mariages défendus étaient contractés, et le désordre en était venu au point qu'un chef samaritain, Tobija, avait été logé dans les bâtiments mêmes du temple. Néhémie indigné fit jeter dehors les meubles de cet appartement ainsi profané, rendit aux Lévites les dîmes, rappela les prescriptions de la loi, et contraignit ceux qui avaient épousé des femmes étrangères à les renvoyer: ceux qui refusèrent furent bannis, et dans leur nombre on compte, au dire de l'historien Flavius Josèphe, Manassé, fils du souverain sacrificateur et gendre de Samballat; les réfractaires ainsi chassés allèrent s'établir en Samarie, où ils fondèrent sur le mont Garizim un culte rival de celui de Jérusalem. Ceux mêmes qui consentirent à rompre leurs alliances étrangères, furent punis et publiquement déshonorés pour les avoir contractées. «Mon Dieu, souviens-toi de moi en bien!» s'écrie Néhémie en achevant le récit de cette nouvelle réformation.

C'est ici que se termine pour nous l'histoire du gouvernement et de la vie de Néhémie; on ignore où et comment il mourut. Son nom est grand, et paraît au milieu de l'histoire juive comme celui d'un héros pacifique; il fit plus que des conquêtes, il releva Jérusalem de ses ruines, et réorganisa un peuple tout entier qui n'avait plus ni rois, ni lois. Il se distingua par ses talents, sa prudence, son zèle, sa force, sa sagesse, son désintéressement et sa persévérance; il se distingua surtout parce qu'il était animé d'un esprit de prière dont on voit peu d'exemples dans les autres livres de l'Ancien Testament, et si jamais homme fit de l'Éternel son bras et sou appui, ce fut Néhémie: il agit, mais il agit par la foi et au nom de Dieu. Il est un type de l'amour du Sauveur pour son Église, comme les désordres qui se commettaient au milieu du peuple juif de son temps, étaient un type, triste, mais trop fidèle, de l'Église chrétienne dont l'histoire ne se compose que de chutes et de relèvements.

Le livre qui porte le nom de Néhémie est, en grande partie, son ouvrage; on pourrait presque dire son journal, ses mémoires: partout où il parle à la première personne, il est impossible de douter que ce ne soit aussi lui qui raconte. Quelques anciens auteurs et pères de l'Église avaient cru y voir l'œuvre d'Esdras, non celle de Néhémie, attendu que les Hébreux réunissaient en un seul cahier ce qu'ils appelaient, ce que les romains appellent encore les deux livres d'Esdras; mais il y a, entre ces deux livres, de trop grandes différences de style pour qu'on puisse les attribuer au même auteur; le style de Néhémie est beaucoup plus facile, plus large, plus abondant, et l'emploi qu'il fait de la première personne ne se comprendrait pas dans toute autre supposition. Cependant, il ressort de la lecture même de ce livre que tout n'est pas de Néhémie; mais, si l'on peut dire où le fragment intercalé commence, 7:6, il est plus difficile d'établir où il finit; à cet égard, les interprètes sont aussi divisés que possible. Le fragment le plus généralement reconnu comme étant d'une main étrangère, est 7:6-73; quelques auteurs y ajoutent les chapitres 8, 9, et 10; d'autres encore le chapitre 11; d'autres enfin, comme Eichhorn, en regardant les onze premiers chapitres comme l'ouvrage de Néhémie, attribuent le 12e et les cinq premiers versets du 13e à un chef du peuple, qui aurait fait l'histoire de Jérusalem pendant l'absence de Néhémie. Quelques critiques estiment aussi que des versets ont été intercalés, par ci, par là, dans le corps du livre, et, si on les en croyait, on n'aurait qu'à faire de Néhémie une seconde édition revue et corrigée par leurs soins. Au milieu de toutes ces incertitudes, une chose demeure, c'est que ce livre, tel qu'il existe, appartient au canon juif, et que l'église chrétienne l'a accepté comme inspiré. Il importe donc peu qu'Esdras soit l'auteur de plusieurs de ces fragments, ou que ce soit Néhémie; et, si l'on se rappelle le document que trouva Néhémie, 7:5, on ne s'étonnera pas qu'il en ait peut-être joint à ses mémoires quelques extraits généalogiques ou historiques.

— L'examen de ces difficultés a été fait dernièrement, avec beaucoup de sagesse, par Hævernick, Einl. II, p. 303-317.


NÉHUSTA,
fille d'Elnathan, femme de Jéhojakim, mère et tutrice du jeune Jéchonias, âgé seulement de dix-huit ans lorsqu'il monta sur le trône, 2 Rois 24:8; Jérémie 29:2. Elle eut part sans doute au gouvernement, mais ne sut pas diriger son fils, et le suivit à Babylone lorsque Nébucadnetsar se fut emparé de la ville. C'est d'elle qu il est parlé, Jérémie 13:18, comme régente, et le prophète lui adresse les mêmes reproches et les mêmes exhortations qu'à son fils.


NÉHUSTAN
(objet d'airain). 2 Rois 18:4. C'est le nom dédaigneux qu'Ézéchias donna au serpent d'airain que Moïse avait fait, soit que les Israélites l'eussent conservé, ce que le texte sacré rend assez probable, soit qu'au milieu de leurs autres reliques d'idolâtrie, ils se fussent aussi fait des images de Dieu à la ressemblance de ce serpent. Le roi de Juda brisa cette idole en l'appelant, de son vrai nom, un morceau d'airain; ce n'était que cela, comme les reliques modernes sont des morceaux de cire ou d'os.

Voir: Serpent.

Cela n'empêche pas que l'original de ce Néhustan ne se trouve encore, au dire de Calmet, dans l'église de Saint-Ambroise à Milan.


NEIGE.
Elle n'était pas aussi rare en Palestine qu'on pourrait le croire; preuves en soient et les allusions fréquentes qui sont faites à sa blancheur, Exode 4:6; Nombres 12:10; 2 Rois 5:27; Psaumes 51:7; Ésaïe 1:18; Lamentations 4:7, et l'habitude avec laquelle on paraissait l'attendre ou la craindre comme un, des phénomènes ordinaires de l'année, Psaumes 147:16; 148:8; Proverbes 31:21. Il est aussi parlé de neige réellement tombée, 2 Samuel 23:20; 1 Maccabées 13:22. Les voyageurs modernes disent que le mois de décembre est un mois de pluie, mais qu'il tombe assez ordinairement de la neige en janvier; s'il en tombe en février, les habitants, au dire de Shaw, la regardent comme l'indice d'une année abondante. Elle ne reste d'ailleurs pas longtemps, et Russel dit que, pendant treize hivers qu'il a passés à Alep, il n'a vu que trois fois la neige rester plus d'un jour sans se fondre.

— Le passage Proverbes 25:13, est probablement une allusion à l'usage ancien de se rafraîchir, au milieu de l'été, en faisant fondre de la neige dans les boissons.

— Jérémie 18:14, mal traduit dans nos versions (on a ajouté sans cause la négation), doit s'en tendre comme s'il y avait: «Un homme raisonnable abandonnera-t-il pour un rocher ses campagnes, arrosées par les neiges du Liban?» Le prophète veut faire sentir la folie de ceux qui abandonnent le Dieu vivant pour servir des idoles.


NÉMUEL,
Nombres 26:9, était frère de Dathan et d'Abiram, et n'a pas pris part à leur révolte; son nom ne se trouve que dans la généalogie de sa famille, mais il s'y trouve sans tache.


NEPHTHALI
(mon combat), le sixième fils de Jacob et le second de Bilha, Genèse 30:8; 35:25. Le sens de son nom est expliqué dans le texte sacré à l'occasion de sa naissance. Nous ne connaissons aucune particularité de sa vie, sinon qu'il eut quatre fils, 46:24. Il fut le chef d'une des tribus d'Israël, qui comptait, à la sortie d'Égypte, 53,400 hommes en état de porter les armes, marchant sous la conduite d'Ahirah; ce chiffre était réduit à 45,000 lors de l'entrée en Canaan, comme celui de presque toutes les tribus avait également été réduit dans une proportion plus ou moins forte, suivant que leurs péchés dans le désert avaient été plus ou moins grands et obstinés, cf. Nombres 1:43; 2:29; 7:78; 26:50. Son territoire, fertile en huile et en froment, s'étendait au nord de la Palestine, ayant le Jourdain à l'orient, Aser et Zabulon au couchant, le Liban au nord, et la tribu d'Issacar au midi; il descendait jusqu'à la mer de Tibériade, Josué 19:32. Les montagnes de Nephthali, Josué 20:7, étaient, à ce que l'on croit, les prolongements avancés du Liban qui portent aujourd'hui le nom de Dschebl-Szaffad, chaîne fort large, calcaire, avec quelque peu de basalte, et haute d'environ 1,000 mètres, qui suit la vallée du Jourdain depuis l'Hermon jusque dans le voisinage du lac de Génésareth, d'où elle se dirige au sud-ouest, s'abaissant brusquement vers le Jourdain, et descendant, vers la Méditerranée, par une pente douce et longue, à travers un pays de collines, qui est fertile, en grande partie boisé, et abondant en eau. Nephthali était ainsi, selon l'oracle de Moïse, Deutéronome 33:23, «rassasié de bienfaits, et rempli de la bénédiction de l'Éternel, possédant l'Occident et le Midi». Jacob mourant avait caractérisé son fils «une biche élancée; il donne des paroles qui ont de la grâce», Genèse 49:21. Quelques interprètes, les Septante, Bochart, etc., traduisent, au lieu de biche, des chênes élancés, ce qui est moins probable, mais peut se comprendre également. On a voulu voir dans ce passage, pressé dans un sens trop prophétique, une allusion à Barac, qui était de la tribu de Nephthali, et qui, après avoir poursuivi Siséra avec la vitesse du cerf, chanta ensuite sa victoire en accompagnant les paroles magnifiques de Débora, Juges 4:6,16; 5:1. Tobie était aussi Nephthalite.

— Placée au nord de la Palestine, et loin du centre théocratique, cette tribu eut de la peine à se défaire entièrement des Cananéens, auxquels plusieurs de ses villes restèrent longtemps tributaires, Juges 1:33; mais elle ne laissa pas, toutes les fois qu'elle y fut appelée, de prendre une part active aux guerres qu'Israël dut soutenir pour le maintien de son indépendance, Juges 5:18; 6:35; 7:23. Sous le schisme de la royauté, Nephthali adhéra au nouveau royaume d'Israël, et eut déjà, sous son troisième roi, Bahasa, beaucoup à souffrir d'une irruption des Syriens de Damas, 1 Rois 15:20; 2 Chroniques 16:4. Aux jours de Pékach, une partie de ses habitants fut emmenée captive par les Assyriens, 741 avant J.-C., 2 Rois 15:29; cf. Ésaïe 8:23.


NEPHTOAH
(ouverture), Josué 15:9, fontaine située sur les frontières de Juda et de Benjamin. On prétend encore en montrer la place aux voyageurs, près d'une église construite plus tard, et dédiée à Jean-Baptiste, qui doit avoir demeuré avec ses parents non loin de cette source.


NER
(lampe, lumière).

  1. Père de Kis, 1 Chroniques 8:33; 9:39, nommé Abiel 1 Samuel 9:1.

  2. Fils du précédent, frère de Kis, père d'Abner, et oncle de Saül, 1 Samuel 14:51; 26:5; 2 Samuel 2:8; 3:23; 1 Rois 2:5. On le voit 1 Samuel 10:14, s'informer avec curiosité des démarches de son neveu auprès de Samuel, mais l'on ne sait pas si ces questions étaient dictées par l'affection ou par la jalousie; ce dernier cas est rendu plus probable par le secret dans lequel Saül se renferme à son égard.


NÉRÉE,
Romains 16:15, disciple inconnu.


NERGAL
(espion), idole des gens de Cuth, 2 Rois 17:30. C'est sans contredit la planète Mars, que les Sabéens adoraient sous le même nom: les rêveries rabbiniques lui ont donné la forme d'un coq.

Voir: Caldée, et Sareétser.


NÉRI,
fils de Melchi, l'un des ancêtres de notre Sauveur par Marie, Luc 3:27, inconnu.


NÉRON,
cinquième empereur de Rome, n'est jamais nommé dans l'Écriture autrement que par son titre d'empereur ou de César, parce que dans les divers passages où il est question de lui, ce n'est pas de sa personne, mais de son titre qu'il est parlé. On sait comment dès le commencement de son règne il fit concevoir à tous les plus belles espérances; doux, vertueux, modeste, ami de la paix et de la justice, il était fortifié dans ces heureuses dispositions par Burrhus et Sénèque, les instituteurs de sa jeunesse. Il annonça au sénat que son désir était de prendre Auguste pour modèle, et dans les premiers temps on le vit s'efforcer de tenir sa promesse; il diminua les impôts, fit de grandes largesses au peuple pour se concilier son affection, et lui donna des jeux splendides. Malheureusement il était faible et passionné; il prit pour directeur son confident Narcisse, scélérat et fourbe consommé, qui fit de lui cet atroce Néron dont le souvenir fait frissonner l'histoire. C'est à l'instigation de Narcisse qu'il fit assassiner Britannicus, son frère adoptif, puis sa mère, Agrippine, à qui il devait la vie et l'empire (— Voir: Claude). Ce pas fait, rien ne devait naturellement l'arrêter, il prit un affreux plaisir à l'odeur du meurtre, et fit massacrer une foule inouïe d'innocents. Cependant son premier crime ne le laissa jamais tranquille, et ses remords le poursuivirent partout jusqu'à la mort. Pour s'étourdir, pour étouffer les cris de sa conscience, en même temps que pour assouvir ses passions désordonnées, il se livrait aux plus honteuses débauches. Il répudia sa femme Octavie, sœur de Britannicus, pour épouser l'infâme Poppée, et bientôt il fit périr à son tour d'un coup de pied cette seconde épouse et l'enfant qu'elle lui promettait. Avec cela il se piquait d'être artiste, poète et musicien; il prenait part lui-même aux jeux publics et aux représentations dramatiques: là il se montrait vêtu en histrion, entouré des histrions qui faisaient sa société habituelle, jouant du luth ou récitant ses poésies, se mêlant enfin parmi les lutteurs, et combattant lui-même. Il fit ainsi plusieurs voyages en Campanie, à Naples, en Grèce, sans autre but que de se donner en spectacle au peuple, et d'obtenir ses applaudissements.

Sous son règne un immense incendie consuma les plus beaux quartiers de Rome, et cette capitale fut presque entièrement la proie des flammes: pendant cette désolation, lui-même du haut d'une tour de laquelle il pouvait à son aise contempler les ravages et les progrès du feu, il chantait en s'accompagnant de sa lyre, un poème qu'il avait composé sur l'embrasement de Troie. Il est incertain s'il fut lui-même l'auteur de cet incendie: du moins il fit quelque chose pour en soulager les victimes. Quoi qu'il en soit, il imputa le crime aux chrétiens, et ordonna contre eux une persécution qui fut la première et la plus violente de toutes. Ce fut sans doute vers cette époque que l'apôtre Paul reçut à Rome la couronne du martyre.

— La 12e année de son règne une conspiration formée contre ses jours lui fut découverte par la perfidie d'un esclave; non seulement tous les conjurés périrent, mais avec eux presque tous leurs alliés, parents ou amis. Sa fureur ne connaissait pas de bornes: sur un simple soupçon les plus honnêtes citoyens étaient sacrifiés; Rome fut inondée de sang. Le poète Lucain, Burrhus, Sénèque, subirent le sort de tant d'autres hommes illustres. Enfin le châtiment arriva: Néron fut précipité de son trône par une révolte de l'armée, et se tua au moment où on allait le saisir, âgé de trente-et-un ans, après en avoir régné quatorze. La nouvelle de sa mort causa une joie inexprimable; ses statues furent renversées et traînées dans la boue, mais on lui fit des funérailles magnifiques.

Il ressort de Philippiens 4:22, que quelques personnes de sa maison avaient embrassé la foi chrétienne. C'est à cet empereur que Paul en appela du jugement de Festus. Quelques commentateurs ont entendu de Néron le lion de la gueule duquel Paul avait été délivré, 2 Timothée 4:17. Mosheim pense que l'apôtre parle dans ce passage sans figure, et qu'il veut dire qu'il a failli être condamné à combattre les bêtes féroces. Cependant le sens le plus simple c'est le sens général figuré: «J'ai échappé à un grand danger.»


NÉTHANMÉLEC
(don du roi), eunuque, chargé sous Josias de soigner les chariots et les chevaux du soleil; il demeurait au faubourg de Parvarim ou Parbar à l'occident du temple, 2 Rois 23:11; 1 Chroniques 26:18.


NÉTHINIENS,
1 Chroniques 9:2; Esdras 2:43; 7:7; Néhémie 7:46, etc. C'est le nom que les auteurs postérieurs donnent aux Gabaonites d'entre les Cananéens qui conclurent avec Josué une alliance dans laquelle celui-ci fut joué par eux,

Voir: Gabaon.

Ils furent donnés, comme l'indique leur nom, aux lévites pour servir sous leurs ordres aux travaux extérieurs de l'entretien du temple, Esdras 8:20, et ils sont nommés à côté des serviteurs de Salomon, Esdras 2:58; Néhémie 7:60; 11:3, qui étaient probablement des prisonniers de guerre, devenus prosélytes, Néhémie 10:28, et affectés par ce roi au service du culte public. Ils étaient fort méprisés, et ne pouvaient contracter alliance avec les filles d'Israël.


NÉTOPHA,
Esdras 2:22; Néhémie 7:26, ville probablement située entre Bethléem et Hanathoth.


NÉZIB,
ville des plaines de Juda, Josué 15:43, située, d'après Eusèbe à 9 milles, d'après Jérôme à 7 milles d'Éleuthéropolis, vers Hébron.


NIBCHAZ,
idole des Haviens, 2 Rois 17:31, nommée aussi parmi les divinités sabéennes; son nom renferme l'idée d'aboiement, et selon les interprètes juifs, elle aurait été adorée en effet sous la forme d'un chien. On trouvait autrefois sur une hauteur, en Syrie, à trois journées de Béryte vers Tripoli, la statue colossale d'un chien, symbole peut-être de Mercure, qui était adorée comme la protectrice du pays, et qui a donné son nom à la rivière voisine.


NICANOR,
l'un des premiers diacres de l'Église de Jérusalem, Actes 6:5. Sa personne est du reste inconnue: selon quelques pères il aurait été l'un des soixante-dix disciples, et aurait souffert le martyre en même temps qu'Étienne.


NICODÈME,
pharisien et membre du sanhédrin à Jérusalem. Homme sincère et de bonne foi, il avait reconnu à ses miracles que Jésus était un prophète venu de Dieu; mais timide, il n'osait avouer ouvertement ses doutes et peut-être même ses convictions: il vint de nuit à Jésus, et apprit de lui la nécessité de la régénération ou nouvelle naissance pour obtenir l'entrée dans le royaume des cieux. Notre Sauveur suivit avec lui cette marche pleine d'autorité, dont il avait seul le secret; à ses questions incertaines, il répondait par de nouvelles vérités incompréhensibles à l'homme charnel, laissant au Saint-Esprit le soin de les expliquer et de les développer, Jean 3. L'œuvre de l'Esprit se fit lentement en Nicodème; il resta longtemps encore disciple secret; ce ne fut que d'une manière détournée, en en appelant aux formes ordinaires de la justice, qu'il essaya de prendre la défense du Messie au milieu du sanhédrin, et il se laissa réduire au silence par une réponse aussi dure que mensongère, Jean 7:50; cf. Deutéronome 17:8; 19:16. Mais à la mort du maître il ne cacha plus qu'il était son disciple; réveillé en quelque sorte par l'injuste condamnation qui avait frappé le Juste, il se sentit la force en même temps que le devoir de protester publiquement contre cette iniquité légale, et d'accord avec Joseph d'Arimathée, il vint en plein jour enlever en pleurant le corps du supplicié, apportant un mélange des plus riches parfums pour son embaumement, 19:39; sq..

Le nom de Nicodème réveille au premier abord la double idée d'une inintelligence des vérités divines, et d'une timidité contraire à l'esprit du christianisme dans la confession de la foi. Ses trop naïves questions sur la nouvelle naissance ne sont plus répétées, et peut-être vaudrait-il mieux qu'elles le fussent; le mot de régénération a passé dans le langage chrétien, mais pour plusieurs ce n'est qu'un mot, et il ne réveille pas toutes les idées qu'il renferme, et dont la profondeur, nouvelle pour Nicodème, lui paraissait insondable. Heureux ceux qui savent ce que c'est; heureux aussi, ceux qui, l'ignorant, ne craignent pas de le demander!

— La timidité dans la profession a depuis longtemps été flétrie du nom de nicodémisme, et il ne se trouve que trop, à toutes les époques, de ces caractères faibles qui, sous une foule de prétextes, se contentent de croire dans le fond de leur cœur, et craignent de témoigner, retenus soit par de faux ménagements pour la religion d'autrui, soit par l'opprobre qu'ils redoutent, soit par simple paresse ou lâcheté d'esprit. En disant: j'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, l'Écriture nous fait apprécier à sa juste valeur une foi qui ne parle pas. Puissent tous les Nicodèmes en timidité devenir aussi dans les plus mauvais jours des Nicodèmes en fermeté!

— Ajoutons encore que s'il est important de ne pas renier Jésus sur la croix, il est important aussi, et peut-être plus difficile, de le reconnaître et de le professer dans la vie de chaque jour, alors qu'aucune circonstance extraordinaire ne paraît provoquer une profession. La profession est un devoir de tous les instants; nous nous la devons à nous-mêmes, à nos frères, et à Dieu. Savoir se joindre à tous les chrétiens en tout temps, montrer toujours et partout que l'on est membre du corps de Christ, marcher non seulement avec les chrétiens dans l'honneur, mais avec les chrétiens sous l'opprobre, c'est la science difficile, et c'est une épreuve à laquelle Dieu nous soumet tous les jours.


NICOLAS,
prosélyte d'Antioche et l'un des sept diacres de l'Église de Jérusalem, Actes 6:5. C'est à lui que la plupart des pères de l'Église depuis Irénée, attribuent l'origine de la secte honteuse des nicolaïtes, condamnée par saint Jean, Apocalypse 2:6,15. Il ne résulte cependant pas clairement de leurs paroles que Nicolas ait été coupable lui-même, et l'on peut croire que des hommes hérétiques et impurs ont pris occasion de quelques paroles de ce disciple, pour justifier des désordres qu'il avait plutôt voulu condamner; c'est ainsi que ses paroles «il faut abuser de sa chair», citées par Clément d'Alexandrie, pouvaient signifier pour lui «il faut la mater, en réprimer les passions et les mouvements désordonnés», tandis que ses soi-disant partisans auront pu leur donner un sens tout à fait différent, «il faut tuer la chair à force de se livrer à ses désirs». Il règne du reste sur cette secte une telle obscurité, que son existence même n'est pas démontrée pour tous, que plusieurs ne voient dans les paroles de l'Apocalypse qu'une prédiction relative aux erreurs gnostiques, que parmi ceux qui reconnaissent une secte de nicolaïtes, les uns lui donnent pour chef un autre Nicolas que celui des Actes, que parmi ceux qui pensent qu'il s'agit du diacre Nicolas, les uns le regardent comme innocent, les autres comme coupable, et enfin que plusieurs regardent la secte des nicolaïtes comme identique avec celle de Balaam, verset 14, les deux noms de Balaam et de Nicolas ayant l'un en hébreu, l'autre en grec la même signification, celle de peuple vainqueur. On peut voir sur ce sujet, Iren. 2, 27. Clém, d'Al., Strom. 3. Les erreurs que le Saint-Esprit signale dans la doctrine des nicolaïtes sont au nombre de deux, et appartiennent à la vie plus directement qu'à la foi.


NICOPOLIS,
ville dans laquelle saint Paul passa un hiver, et d'où il écrivit à Tite qui était en Crète, de le venir trouver, Tite 3:12. Il y avait plusieurs villes de ce nom, l'une en Épire, l'autre sur le Nessus dans l'intérieur de la Thrace, l'autre en Cilicie, et l'on a trouvé des raisons pour faire de chacune de ces villes la résidence de l'apôtre. Cependant c'est entre les deux premières que l'on hésite ordinairement, et la plupart sont d'accord à penser que c'est à Nicopolis en Épire que Paul a demeuré. La ville de Cilicie est celle qui a le moins de preuves en sa faveur, et le plus de témoignages contre elle.


NIGER,
Actes 13:1,

Voir: Siméon.


NIL,
fleuve d'Égypte qui prend sa source dans les montagnes de l'Abyssinie, coule du sud au nord et se jette dans la Méditerranée après avoir parcouru l'Abyssinie, les déserts de la Nubie et l'Égypte. Son cours est de 800 lieues, dont 200 sur le territoire égyptien; il y entre à la hauteur de l'île de Philé ou d'Éléphantine, et fertilise les déserts arides qu'il traverse. Ses inondations sont régulières et productives;

Voir: Égypte.

II y a 150 lieues de l'île d'Éléphantine au Caire, et cette vallée qu'arrose le Nil, a une largeur moyenne de 5 lieues. Après le Caire, ce fleuve se divise en deux branches et forme une espèce de triangle, le Delta, qu'il couvre de ses débordements. Ce triangle, composé d'alluvions, a 60 lieues de base, depuis la tour des Arabes jusqu'à Péluse, et 50 lieues de la mer au Caire; un de ses bras se jette dans la Méditerranée près de Rosette; l'autre près de Damiette. Dans des temps plus reculés, il avait sept embouchures. La digue du Nil se coupe au Caire dans le courant de septembre, quelquefois dans les premiers jours d'octobre. «Si l'on suppose que tous les canaux qui saignent le Nil pour en porter les eaux sur les terres soient mal entretenus ou bouchés, son cours sera beaucoup plus rapide, l'inondation s'étendra moins, une plus grande masse d'eau arrivera à la mer et la culture des terres sera fort réduite. Si l'on suppose au contraire, que tous les canaux d'irrigation soient parfaitement saignés, aussi nombreux, aussi longs et profonds que possible, et dirigés par l'art de manière à arroser en tout sens une plus grande étendue de désert, on conçoit que très peu des eaux du Nil se perdent dans la mer, et que les inondations fertilisant un terrain plus vaste, la culture s'augmentera dans la même proportion. Il n'est donc aucun pays où l'administration ait plus d'influence qu'en Égypte sur l'agriculture, et par conséquent sur la population. Sous une bonne administration, le Nil gagne sur le désert; sous une mauvaise, le désert gagne sur le Nil. En Égypte, le Nil ou le génie du bien, le désert ou le génie du mal, sont toujours en présence; et l'on peut dire que les propriétés y consistent moins dans la possession d'un champ, que dans le droit fixé par les règlements généraux d'administration, d'avoir à telles époques de l'année et par tel canal, le bienfait de l'inondation.» Ainsi parle du Nil et de l'Égypte le grand conquérant de notre siècle, tout ensemble profond observateur et grand écrivain. À ces extraits de ses Mémoires, nous ajouterons quelques détails sur le rôle que le Nil occupe dans l'Écriture. Il y est presque partout désigné par le mot égyptien yeôr qui signifie le fleuve, nom qui se retrouve sur l'inscription de Rosette, et qui est conservé dans les dialectes memphitiques et sahidiques (Jaro et Jero): le Nil était le fleuve par excellence de l'Égypte, comme le Jourdain était celui de la Palestine, et le nom de fleuve suffisait à le désigner. Ce n'est que beaucoup plus tard que le nom égyptien ayant passé dans la langue des Hébreux comme nom commun, servit à désigner, et une seule fois, Daniel 12:5-7, un autre fleuve que le Nil, le Tigre. Le nom de Sihor désigne évidemment aussi le Mil, Ésaïe 23:3; Jérémie 2:18, et probablement Josué 13:3; 1 Chroniques 13:5;

Voir: Sihor.

Les inondations de ce fleuve, qui s'élève de 16 à 22 pieds au-dessus de son niveau ordinaire, lui donnent facilement l'air d'un grand lac ou d'une mer intérieure, Ésaïe 19:5; cf. le Coran 20:39, sur laquelle les villes et les villages apparaissent comme des îles au milieu d'une contrée submergée, Amos 8:8; 9:5. L'eau du Nil, comme celle du Tibre à Rome, est naturellement trouble, mais se clarifie facilement au moyen du filtrage; elle jouit alors d'un goût agréable et sain, auquel il est peut-être fait allusion Jérémie 2:18; de là aussi les louanges que les Égyptiens accordaient à leur fleuve, les honneurs qu'ils lui rendaient, et les récits exagérés faits de ses différentes vertus; il donnait la fécondité aux hommes et aux animaux. Le Nil était, comme il l'est encore, fort poissonneux, Ésaïe 19:8; cf. Nombres 11:5, à tel point qu'une partie de la population ne se nourrit presque que de poissons dans les mois d'avril et de mai. Des crocodiles habitent ses rives ombragées, surtout dans la Haute-Égypte.

— On comprend que les bienfaits des inondations du Nil aient fait considérer ce fleuve comme le bienfaiteur du pays, et lui aient mérité des païens les surnoms de bienveillant et de béni; les prophètes aussi, parmi les maux dont ils menacent l'Égypte, n'oublient pas de compter le dessèchement de ses marais et de ses canaux, Ésaïe 19:5; Ézéchiel 29:10; 30:12. Le sept années d'abondance et les sept années de famine qui eurent lieu pendant l'administration de Joseph, ont dû se rattacher évidemment au plus ou moins grand accroissement des eaux du Nil, Genèse 41:1; sq..


NIMRAH, ou Beth-Nimra,
Nombres 32:3, nommée aussi Beth-Nimra, Nombres 32:36; Josué 13:27, ville de la tribu de Gad, à 5 milles nord de Beth-Haran ou Livias, d'après Eusèbe qui l'appelle Bethnabris; Burckhardt croit en avoir vu les ruines. Les Talmudistes l'appellent Beth-Nimrin ou Beth-Namer. C'est dans ces environs, et un peu au nord, que Seetzen, dans sa carte, a dessiné une petite rivière appelée Nahar-Nimrim ou Wadyschoaïb, qui coule vers le Jourdain: il est probable que c'étaient là les eaux de Nimrim, Ésaïe 15:6; Jérémie 48:34. Quelques auteurs ont cru que le voisinage de panthères (— Voir: Léopard), avait fait donner ce nom à cette ville, mais il paraît avec plus de raison, et la racine namer peut justifier l'un et l'autre sens, que Nimra était ainsi nommée à cause des eaux claires, transparentes et peut-être minérales qui se trouvaient dans ses environs. Les prophètes, dans les passages cités plus haut, rattachent la ruine du pays au dessèchement des eaux et des puits par les ennemis, cf. 2 Rois 3:25.


NIMRIM,
Voir: Nimrah, ci-dessus.


NIMROD,
Genèse 10:8-10; 1 Chroniques 1:10, fils de Cus et petit-fils de Cam. L'historien sacré le dépeint comme un puissant chasseur devant l'Éternel, puissant sur la terre, et fondateur de Babel au pays de Sinhar: son nom était devenu proverbial et avait peut-être été chanté par les poètes. Sans que l'on puisse déterminer exactement la portée de ces expressions dans des temps aussi reculés, elles indiquent évidemment une grande puissance et une grande gloire. Il est probable que ce célèbre chasseur ne fut pas un conquérant moins célèbre; il est probable aussi que, le premier, il substitua un règne au régime patriarcal; il est possible enfin qu'il ait dirigé la construction impie de la grande tour de Babylone, Genèse 11:4, et Flavius Josèphe le rend probable. Il fonda Babel, Érec, Accad, et Calné, autant d'empires et de grandes villes auxquels l'histoire profane donne d'autres fondateurs, soit qu'elle n'ait pu remonter plus haut dans cette nuit de l'histoire, soit que le royaume de Nimrod se soit écroulé sur lui pour renaître plus tard sous d'autres chefs, comme les Gaules après Charlemagne, soit enfin que les Bélus, les Sémiramis, et les Ninus aient donné un lustre nouveau, une forme et une vie nouvelles à d'anciens établissements, à des amas de maisons, à des enclos qui n'avaient servi jusque-là qu'à des bergers ou à des chasseurs, et qui devaient recevoir les rois de la guerre et les chefs de la civilisation. Selon plusieurs commentateurs, Nimrod aurait aussi possédé l'Assyrie, et fondé Ninive sa capitale: ils s'appuient sur une traduction possible du verset 11, par laquelle les faits attribués à Assur appartiendraient à Nimrod, et il font la remarque, assez plausible, que la généalogie de Cam, versets 6-20, se trouve, avec la traduction ordinaire de nos versions, interrompue, contre l'habitude des Orientaux, par la mention d'un membre de la famille de Sem, Assur, ce qui est peu probable. On peut répondre cependant que ce verset épisodique se rattache intimement au contexte, et qu'il renferme peut-être l'histoire d'une rébellion heureuse de plusieurs habitants de Sinha contre l'absolutisme du gouvernement de Nimrod, et leur séparation d'avec lui.


NINIVE, ou Ninus,
appelée par les Grecs et les Romains Ninus, et dont le nom hébreu signifie demeure de Ninus, était la célèbre capitale de l'empire d'Assyrie. Son origine se perd dans les temps les plus reculés de l'histoire, Genèse 10:11. Elle fut longtemps le séjour des rois, Nahum 3:18; 2 Rois 19:36; Sophonie 2:13; cf. les auteurs profanes Strab. 2, 84. Hérodote 1, 193; 5, 53. Ptolém. 6, 1. Diod. de Sicile, 2, 23. Tacit. Ann. 12, 13; etc. Elle était située sur la rive orientale du Tigre, et, si l'on en croit les historiens, ses murailles avaient 100 pieds de hauteur, et 15 à 20 lieues de circuit, d'autres disent même davantage; elles étaient flanquées de quinze cents tours, dont chacune avait 200 pieds d'élévation. Le fleuve qui la traversait en partie, et ses solides murailles, la rendaient imprenable. Elle était le centre du gouvernement, de la richesse, et d'un immense commerce, Nahum 2:10,12; 3:4,16. Les conséquences de cette prospérité furent l'orgueil et la dissolution, Nahum 3. 1. Sardanapale en fut le triste et vrai représentant: huit siècles avant Christ, vers l'an 747, au temps d'Achaz, sa capitale fut prise, après un siège de trois ans, par les Mèdes, conduits par Arbacès. Cette ville recouvra un moment, sous Ninus, son ancien éclat; elle se releva ainsi que tout l'empire d'Assyrie, mais elle fut prise une seconde fois, en 625, par Cyaxare roi des Mèdes et Nabopolassar roi de Babylone. Elle tomba pour ne plus se relever. Ainsi s'accomplirent, et à la lettre, les prophéties diverses éparses dans le livre de Nahum, après qu'un repentir momentané, suscité par les prédictions de Jonas, eut d'abord épargné Ninive, ou plutôt différé sa destruction, cf. Jonas 1-4, Sophonie 2:13; etc. Au moment de la dernière conquête de cette ville, un grand nombre d'exilés juifs vivaient et végétaient captifs dans l'enceinte de ses murailles;

Voir: Tobie 1:11; 11:14; et ailleurs.

Où sont-ils maintenant ces remparts de Ninive? s'écrie Volney; et plus de vingt siècles en arrière le prophète juif lui répond: «L'Éternel réduira son lieu à néant.» En effet, l'on a ignoré longtemps jusqu'au lieu même où cette immense cité s'était enivrée de sa gloire; et si jusqu'au treizième siècle, Strabon, Tacite et Abulfaradsch semblent nous indiquer encore quelques vestiges de ses ruines, un village, ou un castellum, cette trace même s'est perdue depuis lors: vis-à-vis de Mossoul se trouve un petit hameau que l'on suppose avoir été bâti sur les décombres de Ninive, puis quelques lieues à la ronde, les villages de N'bih Jouna (le prophète Jonas), Nimrud, et la colline de Nunia. Cependant des recherches faites dernièrement par le consul de France, M. Botta, fils de l'historien de ce nom, paraissent avoir déterminé avec évidence l'emplacement de l'antique Ninive, dont il croit avoir retrouvé quelques ruines au-dessous du sol, soit à Nunia, soit dans ses environs, notamment à Khorsabad. Ses lettres, adressées au savant orientaliste allemand Jules Mohr, à Paris, ont été reproduites en 1842 par presque tous les journaux français. M. Flandin, dans un article de la Revue des Deux Mondes (1845), a donné également des détails du plus haut intérêt sur les dernières découvertes faites à Ninive. Nous lui empruntons ce qui suit, en l'abrégeant.

«Aux bords du Tigre, en face de Mossoul, s'élèvent deux monticules assez étendus auxquels se relient les extrémités d'une vaste enceinte, évidemment les restes d'un rempart très épais et encore très élevé. L'une de ces éminences est factice. L'autre, qui est naturelle, porte un village arabe appelé Neïniveh ou Nebi-Ounous, prophète (et non tombeau de) Jonas, à cause d'une pierre ornée de caractères que les Musulmans ne laissent pas voir, mais qu'ils gardent dans leur mosquée comme la pierre sépulcrale du prophète. À quatre lieues de Mossoul se trouve le village de Khorsabad, peuplé de Kurdes demi-sang croisé d'Arabes: il est bâti sur une éminence isolée au milieu de la plaine, éminence factice de 12 à 13 mètres de hauteur. Sur le plateau qui forme le sommet étaient bâties une cinquantaine de maisons d'assez pauvre apparence. C'est en creusant l'emplacement d'une de ces chaumières que M. Botta découvrit les premières sculptures assyriennes. Bientôt on résolut de les démolir toutes et de poursuivre les fouilles. Après six mois de travaux exécutés par des Nestoriens que les Kurdes avaient décimés, on avait mis au soleil les restes d'un vaste palais, comprenant quinze salles attenantes les unes aux autres, et formant un plan d'ensemble de 22,000 mètres carrés. La plupart de ces salles, dont quelques-unes ont de 30 à 35 mètres de longueur, communiquent entre elles par des portes: d'autres sont isolées, plus petites, et semblent avoir été réservées pour l'habitation secrète.

Ce palais est élevé sur une terrasse de 12 à 13 mètres en briques crues, soutenue par un mur en pierres parfaitement taillées et assemblées, toutes de même grandeur. Le système de construction est celui de Babylone: il consiste en gros murs de 3 à 6 mètres d'épaisseur, en briques séchées au soleil, posées à plat et liées par un peu de boue: le bitume est aussi employé fréquemment, mais sans doute, malgré ce qu'a dit Diodore de sa source intarissable, celle d'où il provenait n'aurait pu suffire pour ces gros murs. Ces murs sont revêtus de plaques d'un marbre gypseux, dur et grisâtre, qui se trouve dans le pays, et dont les bancs énormes gisent à la surface du sol.

— Les murs ne portant pas trace de fenêtres, et leur hauteur n'étant que de 4 mètres, il est probable que le palais était couvert d'une voûte dans laquelle avaient été ménagés des jours.

Le palais de Khorsabad est riche en sculptures. Les murs des salles et les façades extérieures sont décorés de tableaux taillés dans la pierre avec une admirable fécondité de ciseau. Rois et visirs, prêtres et idoles, eunuques et guerriers, combats et fêtes joyeuses, tout est représenté: la vie des Ninivites vient se dérouler miraculeusement devant nous, depuis les symboles religieux jusqu'aux usages domestiques, depuis l'orgie du triomphe jusqu'au supplice des vaincus. Ce palais passe aux yeux des habitants étonnés pour une création de Satan. Sur les façades sont admirablement représentés des personnages ailés, coiffés de bonnets à corne ou à tête d'épervier, présentant une pomme de pin de la main droite, tandis qu'à leur main gauche est suspendue une corbeille ou un sceau. Un homme les accompagne, le front orné d'une bandelette, la main élevée, conduisant un bouc;

— sans doute le prêtre assistant la divinité.

Après les dieux et leurs acolytes, vient le roi qui s'avance vers le chef des mages; puis un cortège immense d'eunuques, de guerriers, de personnages apportant des tributs. Les costumes, la chevelure et la barbe, prouvent que la coquetterie la plus raffinée et la recherche la plus minutieuse, étaient d'étiquette à la cour de Ninive.

On remarque encore sur les façades les gigantesques taureaux ailés, à tête humaine, coiffés d'une énorme tiare, qui ornent les portes d'entrée. Ils ont communément 5 mètres de hauteur et autant de longueur; c'est chez tous les peuples de ces contrées le symbole du créateur. Il paraît qu'un lion de petite taille, enchaîné, était placé au pied de chaque taureau. Mais ces lions étant en métal ont été pillés. Les ennemis de Ninive ont exécuté à la lettre le passage de Nahum, 2:9.

À l'intérieur et sur les murs des salles, des bas-reliefs très variés représentent soit des combats, soit des festins, où tous les détails de la vie militaire et de la vie domestique sont reproduits, soit encore des exercices de chasse, etc.

On ne peut méconnaître sur ces monuments les guerres des Assyriens contre les Juifs. Un roi, Osée peut-être, se remarque parmi les vaincus. Ailleurs, on reconnaît des Éthiopiens et des Nubiens, qui sont peut-être ceux qu'Ézéchias assiégé par Sennachérib avait appelés à son aide, et que le prince de Ninive poursuivit dans leur pays. Parmi ces prisonniers il en est qui sont tenus par des chaînes passées dans la lèvre inférieure, ce qui rappelle la menace, 2 Rois 19:28.

Un détail confirme aussi le témoignage de l'Écriture, qui dit que les chariots et les chevaux n'étaient pas en usage chez les Syriens et les Juifs; on n'en voit pas dans les tableaux qui représentent des combats avec ces peuples.

— En parcourant la plaine immense qui s'étend de Mossoul ou Neïniveh jusqu'à Khorsabad (distance qui suppose quatre heures de marche), on rencontre le nombreuses traces de constructions et une quantité considérable de tumuli hérissés de fragments de pierres et de briques. Évidemment des habitations, une ville, ont occupé ce vaste territoire à une seule époque ou à deux époques différentes. Personne ne peut dire si, à l'une ou à l'autre de ces époques, Ninive a compris tout cet espace: mais on peut le présumer parce qu'en Orient, dans ces temps reculés, il n'y avait pas plus qu'aujourd'hui, entre la superficie des villes et leur population, la proportion qui existe en Europe. On peut donc comprendre que Ninive ait eu cette étendue, surtout en se rappelant ce que Jonas en a dit.

Il y a cinq princes dont les conquêtes glorieuses peuvent avoir été figurées sur les murs de Khorsabad: Tigtath-Piléser, Salmanassar, Sanchérib, Ésarhaddon, et Nébucadnetsar I. On peut attribuer ces monuments soit à Sanchérib, soit à Ésarhaddon, en supposant dans ce dernier cas, qu'Ésarhaddon aura voulu reproduire à la fois le souvenir des conquêtes de son père et celui des siennes propres.»

M. Flandin a dessiné la totalité de ces bas-reliefs, tandis que M. Botta copiait les inscriptions en lettres cunéiformes qui les accompagnent. Plusieurs fragments, les plus importants, ont fait le chargement d'un navire, et ont été transportés à Paris. Quoiqu'il en soit, ajoute M. Flandin, «la découverte de M. Botta justifiera Hérodote et la Bible aux yeux de ceux qui les accusaient d'exagération.»

Ce résultat nous a paru assez important pour motiver les détails qui précèdent. Devant la lumière de la science, tombent les railleries naguère si puissantes du voltairianisme. Les récits de la Bible ne sont pas des contes enfantés par l'ignorance d'un petit peuple qui, grossier et inculte, aurait admiré les moindres choses comme des prodiges. La civilisation, le luxe, la grandeur de Ninive et de l'Assyrie, étaient en effet prodigieuses. Grande leçon de réserve et d'humilité qui nous est ici donnée, et qui doit nous faire sentir le besoin d'entourer de notre respect les faits même qui nous semblent étranges, lorsqu'ils nous sont attestés par cette parole qui s'affirme toujours plus comme la vérité.


NISAN,
Voir: Abib.


NISROC,
idole des Ninivites, 2 Rois 19:37; Ésaïe 37:38. Elle est complètement inconnue, et les fables des rabbins ne méritent aucune confiance: les uns veulent qu'elle ait été faite avec une planche de l'arche, d'autres lui donnent la forme de la colombe, en souvenir de celle que Noé envoya pour examiner la terre; d'autres prétendent qu'elle représentait Assur, le fondateur du royaume des Assyriens; d'autres l'entendent d'un aigle, symbole d'Ormuzd dans la religion des Perses; d'autres enfin de la planète de Saturne, divisée en deux moitiés par l'anneau qui l'entoure.'Toutes ces opinions s'appuient, d'une part, sur l'étymologie du mot qui, suivant les lettres qu'on en prend, peut signifier à peu près tout ce qu'on veut; d'autre part, sur quelques usages connus de l'idolâtrie des anciens Perses. C'est en présence de cette idole que fut commis un affreux parricide: le père ne fut point sauvé de la mort par le culte qu'il lui rendait, ni les fils du crime. L'idolâtrie ne donne ni le bonheur, ni la moralité; elle ne garantit ni du péché, ni du malheur.


NITRE,
sel qu'on ne trouve dans la nature qu'à l'état de nitrate. On en distingue deux espèces différentes, l'une minérale, l'autre végétale: la première, connue des Hébreux sous le nom de néther, est un sel lixiviel qu'on tire, en grande quantité, de l'eau salée de deux lacs de la vallée du Nil, et qu'on mêle avec de l'huile pour en faire du savon, de nos jours encore. Les Égyptiens s'en servaient pour l'embaumement des corps et pour le lavage des vêtements, Hérodote 2, 87, cf. Jérémie 2, 22. Proverbes 25:20. La seconde, le borith, que nos versions ont traduit par savon, Malachie 3:2; Jérémie 2:22, et par pureté. Job 9:30, est un sel alcalin qu'on tire de la cendre de certaines plantes salées, et qui, mêlé avec de l'huile, est employé à fouler et à nettoyer les habits: saint Jérôme fait remarquer, dans son commentaire sur le passage de Jérémie, qu'une espèce de ces plantes salées portait encore, de son temps, le nom de borith. Le nitre végétal est l'objet d'un commerce considérable dans les marchés de l'Orient; mais la botanique n'a pas encore distingué et classé, d'une manière exacte et sûre, les différentes plantes salées des contrées méridionales. Les émanations animales sont indispensables à la formation de la plupart des nitrates.


NO,
Ézéchiel 30:14-16; Jérémie 46:25; Nahum 3:8. Les Septante l'ont presque partout traduit par Diospolis. C'était, comme on le voit par ces passages, une ville considérable de l'Égypte; mais il y avait en Égypte deux villes de ce nom: l'une, la célèbre Thèbes, située dans la partie supérieure du pays; l'autre dans la Basse Égypte. Strabon dit de cette dernière qu'elle est entourée de lacs; c'est d'elle aussi que quelques auteurs, et notamment Champollion (l'Égypte II, 131), ont cru qu'il était question Nahum 3:8, parce qu'il est dit d'elle qu'elle est située entre les fleuves, et qu'elle a la mer pour rempart. Cependant cette détermination peut s'appliquer à l'une comme à l'autre de ces villes, comme à presque toutes celles de l'Égypte, à cause des canaux nombreux qui, coupant le sol dans toutes les directions, isolaient, pour ainsi dire, chaque ville, et lui donnaient des eaux pour murailles. D'ailleurs, le sort de cette ville est cité à Ninive comme exemple; Ninive et No sont comparées l'une à l'autre, et No doit, par cela même, avoir été en mesure de supporter la comparaison. On est donc assez généralement d'accord, ou, pour mieux dire, il est reconnu presque sans contestation, qu'il s'agit, dans tous ces passages, de la grande Thèbes des anciens. Dans Nahum, No est accompagné du surnom de Amon ou Ammon (mal traduit la nourricière), qui lui avait été donné sans doute à cause du magnifique temple de Jupiter Ammon qu'elle possédait, et c'est peut-être aussi comme allusion à ce culte que, dans Ézéchiel, elle est précédée d'un mot d'une assonance à peu près semblable, hamon, qui signifie multitude, et qui pouvait rappeler l'idolâtrie de ses habitants. Le passage de Jérémie doit être traduit: «Je vais punir Ammon, dieu de No», et non comme le portent nos versions. Amon était la personnification du soleil quand il se trouve dans le signe du bélier, et Amoun, dans la langue de l'ancienne Égypte, désignait celui qui produit, celui qui fait sortir la lumière des ténèbres. No signifie la possession ou la propriété, la portion, la résidence. No Amon était ainsi la possession d'Amon, la ville du dieu des sables, de Jupiter, dont le symbole était le bélier.

— Thèbes était l'une des plus anciennes, et peut-être la plus ancienne des villes de l'Égypte. Fameuse dans la plus haute antiquité, elle avait reçu le nom de ville aux cent portes; son circuit était de 9 lieues. Elle était la résidence des anciens rois d'Égypte, avant qu'ils eussent transporté leur cour à Memphis. Elle couvrait les deux rives du Nil; ses maisons avaient de quatre à six étages; elle était ornée de temples nombreux, parmi lesquels on remarquait surtout celui de Jupiter, dont on admire encore les ruines colossales. On a dit que son étonnante population et ses richesses la mettaient en état de faire sortir ensemble 200 chariots et 10,000 combattants par chacune de ses cent portes. Les tombeaux des rois étaient magnifiques, et se ressentaient souvent de la culture scientifique et des connaissances astronomiques d'une caste sacerdotale éclairée. Lorsque Cambyse, à son retour d'Éthiopie, pilla la ville de Thèbes, il enleva le fameux cercle d'or qui entourait le tombeau du roi Osymandias; ce cercle avait 365 coudées de circuit, et représentait tous les mouvements des différentes constellations. Thèbes commença à déchoir lorsque les rois la quittèrent: Cambyse lui porta un coup fatal et décisif, et, du temps de Strabon, elle n'était plus qu'un grand souvenir. Cornélius Gallus, premier préfet d'Égypte, l'ayant entièrement renversée, il se forma, sur son emplacement, plusieurs villages habités, comme aujourd'hui, par des pâtres. Les restes de quelques édifices qui donnent encore une idée de sa splendeur, sont répandus en divers lieux, dont les plus connus sont Axor et Luxor. L'obélisque admiré à Paris appartient à cette grandeur dont les prophètes ont annoncé la fin.

— On ne sait pas au juste à quelle destruction de cette ville Nahum fait allusion; la plupart des auteurs pensent que c'est Salmanassar qui l'aurait détruite, mais il n'est pas établi qu'il se soit avancé jusqu'au cœur de l'Égypte: Rosenmuller pense au général assyrien Tartan, sous Sargon, et, dans cette supposition qui n'a rien d'invraisemblable, l'allusion de Nahum se rattacherait à la prédiction d'Ésaïe 20, contre l'Égypte et l'Éthiopie.


NOB,
ville de la tribu de Benjamin, située sur une colline rocailleuse du haut de laquelle on embrasse d'un coup d'œil toute la contrée de Jérusalem, Ésaïe 10:32. Le sanctuaire s'y trouvait du temps de Saül, ainsi que le souverain sacrificateur Abimélec, 1 Samuel 21:1; 22:9. Flavius Josèphe l'appelle Noba.


NOBAH.
  1. Homme.

  2. ville, Nombres 32:42.

    Voir: Kénath.


NOCES,
Voir: Mariage.


NOD,
Genèse 4:16, pays situé à l'orient d'Éden. C'est là que Caïn s'enfuit après son fratricide. D'après l'analogie de tous les anciens noms il faut combiner ce nom avec son étymologie; il signifie exil; Caïn s'enfuit dans la terre de l'exil. Mais en même temps, comme le texte hébreu ne porte point d'article, nous devons y voir un nom propre, et à cet égard on en est réduit à des conjectures. Michaélis, Bohlen et d'autres veulent trouver dans Nod le nom des Indes, mais c'est forcé; et si nous supposons que Moïse parle ici d'un pays encore connu de ses lecteurs, et qui pouvait avoir pour eux quelque signification, nous regarderons comme assez probable l'hypothèse de Buttmann que le nom de Nod désigne les vastes landes de la grande Tartarie.


NODAB,
1 Chroniques 5:19,

Voir: Jétur.


NOÉ,
fils de Lémec, Genèse 5:29, homme juste et intègre parmi ses contemporains, marchant avec Dieu, 6:9, fut au milieu de la condamnation générale du monde de son temps, l'objet de la grâce divine. Il fut épargné, lui et sa famille, lorsque Dieu envoya les eaux du déluge pour couvrir la terre: seul juste il fut seul sauvé. Sa justice était un témoignage vivant au milieu des hommes, son salut dut l'être de même. Il construisit l'arche, et Dieu la peupla des animaux qui devaient être conservés pour la terre future, 6:14; 7:8. Quand les eaux se furent retirées, que l'arche se fut arrêtée sur l'Ararat et que la terre amollie par le long séjour des eaux eut repris sa fermeté, 8:4; sq., Noé sortit avec les siens, bâtit un autel, offrit des holocaustes, et reçut avec l'arc-en-ciel l'assurance qu'un pareil événement ne se reproduirait plus sur la terre avec les mêmes circonstances, 8:18; sq. Dieu renouvela avec ce nouveau chef de la création l'alliance qu'il avait faite avec Adam, il lui remit les clefs du monde, et lui annonça que dès ce moment la viande des animaux qui lui était auparavant interdite, lui était accordée pour son usage. Noé s'adonna aux travaux de la terre, planta la vigne, apprit à connaître par une triste expérience les effets dégradants du jus de ce fruit, maudit Cam, et mourut à l'âge de neuf cent cinquante ans, après en avoir passé six cents dans l'ancien monde, un dans l'attente, et trois cent quarante-neuf sur la terre renouvelée, 9:1-29.

La plupart des observations que nous aurions à présenter sur son histoire ont été faites à l'article Déluge, q.v., car ce mot aussi résume sa vie, son caractère et son activité. Disons cependant encore quelques mots sur sa personne.

  1. Son nom lui fut donné, parce que, dit son père, «celui-ci nous soulagera de notre œuvre et du travail de nos mains sur la terre que l'Éternel a maudite.» Lémec exprime ici une espérance qui se rapporte aux promesses faites par Dieu après la chute de l'homme. C'est une des premières traces de l'espérance messianique. Lémec voyait que le péché était arrivé à son comble, et que le jugement ne pouvait guère se faire attendre: il prévoyait que son fils serait un instrument remarquable dans la main de Dieu, et il paraît que lui aussi, comme tant d'autres, a rapproché dans la perspective prophétique des faits qui sont séparés par des siècles, le jugement prochain et le dernier jugement. 5:29.

  2. On a remarqué l'emploi alternatif du nom de Dieu, et de celui d'Éternel, et l'on a cru pouvoir en conclure que l'histoire de Noé était un composé de deux documents distincts, dont l'un, (celui d'Éternel), serait exclusivement israélitique; on ajoute que c'est dans celui-là seulement que se trouve la distinction établie plus tard par le mosaïsme, des bêtes nettes et des bêtes impures. Nous renvoyons à ce que nous avons dit sur ce sujet à l'article Genèse. Quant à la distinction des animaux nous croyons avec plusieurs auteurs, qu'elle n'est point ici légale, mais naturelle, et que Noé a pris sept paires des animaux qui sont utiles à l'homme, tels que le bœuf, la brebis, le chameau, tandis qu'il n'en a pris qu'une des animaux sauvages ou féroces, le tigre, le lion, le serpent, etc. On comprend qu'avec le droit nouveau donné à l'homme de se nourrir de chair, il était nécessaire qu'il eût à sa disposition des animaux purs en nombre suffisant, car leur propagation eût été trop lente pour les besoins du nouveau monde. Et quant aux carnivores, il suffisait qu'ils pussent se reproduire, et le genre même de leur nourriture exigeait qu'ils ne fussent pas trop nombreux dès l'abord.

  3. Le déluge a commencé l'an 600 de la vie de Noé, au dix-septième jour du deuxième mois; les eaux s'accrurent pendant quarante jours; après ce temps elles commencèrent à se retirer et l'arche s'arrêta sur la crête de l'Ararat; le déluge avait duré jusque-là cinq mois ou cent-cinquante jours; ce fut le dix-septième jour du septième mois. En l'an 601 de la vie de Noé, le premier jour du premier mois les eaux avaient disparu, mais ce ne fut que le vingt-septième jour du deuxième mois que Noé sortit de l'arche. Les meilleurs chronologistes sont de l'avis qu'il faut commencer par l'équinoxe d'automne l'année dont il est question dans notre texte; l'an 600 de la vie de Noé aurait ainsi commencé vers l'équinoxe d'automne, l'an 1656 du monde.

  4. L'histoire de Noé s'est conservée dans les traditions de tous les pays et même chez les sauvages des Antilles et de l'Amérique du nord. On a retrouvé quelques médailles frappées à Apamée en Phrygie, où l'on croyait que l'arche s'était arrêtée; elles portent sur une des faces l'effigie soit de l'empereur Philippe, soit de Septime Sévère Pertinax, et sur l'autre revers une arche flottante, un vaisseau carré long, dans lequel sont un homme et une femme; sur l'arche est un oiseau; un autre oiseau s'avance en volant, tenant entre ses pattes une branche d'olivier; sur l'arche on lit distinctement le nom de No ou Noé; près de là ce même couple apparaît debout sur la terre ferme, élevant la main droite vers les cieux. Le seul exposé des traditions du déluge chez les Mahométans, les lndous, les Chinois, etc, formerait un volume; qu'il suffise de répéter que partout ce fait est conservé, et qu'il est rare que ce soit avec des détails beaucoup différents de ceux que la parole de Dieu nous a transmis. Si l'on désire encore des faits et des exemples, on peut lire l'intéressant ouvrage de Grotius De Veritate Rel. Christ. I, et les rapports des missionnaires chez les peuples païens, Kranz au Groenland, Oldendorp aux Antilles, etc.

  5. L'ivresse de Noé fut une faute évidemment involontaire, soit que le fruit de la vigne avant le déluge n'eût pas encore sa force enivrante, soit plutôt que la vigne n'eût pas encore été cultivée et que son usage fût alors inconnu. Il est probable qu'avec l'usage d'une nourriture plus solide et certainement moins saine que Dieu accorda à l'homme, le besoin d'une boisson plus forte se fit également sentir; l'un et l'autre de ces aliments auront contribué à l'exécution de la menace divine quant à la durée de la vie humaine; ils auront influé lentement sur les générations, et c'est lentement aussi, décroissant de génération en génération, que la vie des hommes s'est resserrée dans les limites que nous lui connaissons aujourd'hui et dont la moyenne tend encore à diminuer. Noé est mort à l'âge de 950 ans, Sem, à l'âge de 600 ans, Arpacsad, à l'âge de 438, Sélah, à celui de 433, Héber, à 464, Péleg, à 239, Réhu, à 239, Sérug, à 230, Nacor, à 148, Taré, à 205, Abraham, à 175, Isaac, à 180, Jacob, à 147. L'ivresse était un spectacle entièrement nouveau pour le monde, et il est à croire que l'irrévérence de Cam se rapportait à l'état de son père en général et non pas seulement à ce que son corps était découvert,

    Voir: Cam.

  6. Si la grandeur de Noé est dans son sort, ce sort même a dû être le prix de sa grandeur. Il avait mérité d'être sauvé, il l'avait mérité par sa foi. Au milieu de la dépravation universelle, il était resté juste devant Dieu, Genèse 7:1. Son nom est rappelé avec éloge à côté de ceux de Job et de Daniel, Ézéchiel 14:14,20. Son époque, tranquille au milieu des vices, incrédule sous la menace du déluge, est donnée en exemple au monde nouveau, au monde chrétien, par celui qui doit revenir pour exercer ses jugements sur la terre, et le Sauveur avertit les hommes qu'on n'évitera pas la destruction par l'insouciance et l'incrédulité, Matthieu 24:37-38. Luc 17:26-27. L'apôtre loue la foi de Noé, Hébreux 11:7, et saint Pierre, en le nommant, l'appelle le prédicateur de la justice, 1 Pierre 3:20; 2 Pierre 2:5. Ésaïe a appelé les eaux du déluge, du nom de celui qui seul a échappé à cette catastrophe, les eaux de Noé, 54:9.

  7. Considéré comme type, ce second chef de l'humanité annonce le Sauveur du monde:

    1. par son nom, cf. Matthieu 11:29.;

    2. comme héraut de la justice;

    3. parce que l'arche dans laquelle il a sauvé sa famille, est une image de l'église dans laquelle Christ sauve ses élus, sa parenté spirituelle, sa chair et ses os, Hébreux 2:14; Éphésiens 5:30;

    4. par le sacrifice qu'il offrit à Dieu et dans lequel celui-ci flaira une odeur d'apaisement, disant qu'il ne maudirait plus la terre, Genèse 8:21; cf. Éphésiens 5:2.


NOHADIA,
prophétesse inconnue qui avait cherché à épouvanter Néhémie, et à laquelle celui-ci avait résisté, Néhémie 6:14. Elle s'était sans doute laissé gagner par les ennemis du gouverneur, et la mention ne permet pas de décider si elle était une fausse prophétesse ou une prophétesse tombée dans l'infidélité et abandonnée de Dieu pour un temps.


NOM.
Chez les Orientaux et, en particulier, chez les Hébreux, tous les noms avaient, en règle générale, une signification appellative plus ou moins claire et simple, comme cela se voit encore assez souvent chez les peuples modernes, et, en français, dans des noms tels que Dumoulin, Deschamps, Leroy, Hardy, Agricol, Legendre, etc. C'étaient ordinairement les mères qui donnaient le nom aux enfants, et ce nom rappelait, soit les circonstances qui avaient précédé ou accompagné leur naissance, soit des préoccupations, des craintes ou des désirs, des souvenirs ou des vœux; ils faisaient ainsi connaître, tantôt un détail de l'histoire de l'enfant, tantôt les pressentiments de la mère; on peut voir ce que dit l'Écriture au sujet des noms d'Ève, de Caïn, d'Abel, de Noé, etc., Genèse 3:20; 4:1; 5:29; 29:32, etc. Tous les noms hébreux commençant ou finissant par El, Éli, Jo, Jéh, tels que Elkana, Samuel, Éliakim, Josias, Jéhoachaz, etc., ont une signification dont Dieu est le sujet ou l'objet, cf. Genèse 29:35; 1 Samuel 1:20; 4:21; Ésaïe 7:14; Matthieu 1:23; de même les noms araméens, assyriens ou phéniciens, dans lesquels se rencontrent les syllabes Bel, Bahal, Nébo et Nébu, ont trait aux faux dieux de ces nations. En français, nous avons les noms de Louis de Dieu, de Dieudonné, d'Espérandieu, qui rappellent l'antique usage des Hébreux; en allemand aussi Gottlieb, Ehregott, etc. D'autres noms, tels que Rachel, Thamar, Ketsiha, donnés plus généralement à des femmes, rappellent des idées aimables et gracieuses; ce sont parfois des noms de fleurs ou de jolis animaux, rose, biche, etc. Plus tard, lorsqu'on eut suffisamment usé du droit d'inventer, on se mit à donner aux enfants des noms déjà existants, que l'on choisit tantôt par goût, tantôt parmi ceux des parents les plus rapprochés ou les plus considérés. Le nom du père passait ordinairement à son fils aîné, Tobie 1:10; Luc 1:61; parfois aussi la préfixe bar, qui signifie fils, s'ajoutait simplement au nom d'un homme pour désigner son fils, ainsi Barthélemi, Bartimée, Barjona, peut-être Barrabas; les exemples de ce dernier mode appartiennent surtout aux derniers temps de la nation juive et à la domination romaine. Les Juifs postérieurs abrégèrent souvent les anciens noms: ainsi Jésuah pour Jéhosuah, Lazare pour Éléazar; ils admirent des noms araméens, tels que Marthe, Caïphe, Tabitha. Sous les Séleucides, les Juifs prirent des noms grecs, ou traduisirent en grec leurs noms hébreux: Lysimaque, Antipatros, Bérénice, Hérode, se trouvent, soit dans les Maccabées, soit dans Flavius Josèphe; Dosithée est la traduction de Sabdiel; Nicolas, de Balaam; Ménélas, de Jonia; d'autres noms hébreux, enfin, furent grécisés dans leur forme, et Alkimos n'est autre qu'Éliakim. Ce qui n'était peut-être d'abord qu'une manie ou une obligation passa bientôt dans les mœurs: on prit des noms grecs par goût, on y joignit même des noms latins, tels que Justus. Avec le temps, et par suite de ce mélange des deux langues, il se trouva des hommes qui portaient deux noms: Jean Marc, Jésus Juste, Colossiens 4:11: si ces cas n'étaient pas très rares, on les a cependant trop généralisés en voulant y trouver la solution d'un grand nombre de difficultés historiques ou généalogiques des livres saints. Un homme pouvait porter, à côté de son nom, celui de son père avec l'affixe Bar, comme Joseph Barrabas, ou bien tel nom ou surnom de circonstance, Simon Céphas ou Pierre, Joses Barnabas, Simon Cananite, Simon de Cyrène, ou bien encore pour distinguer plusieurs personnes de même nom, un nom du lieu d'origine, Marie Magdeleine, Judas Iscariote, etc. C'était, comme nous l'avons dit, la mère ou, en général, les plus proches parents qui donnaient le nom à l'enfant, Genèse 29:32; 35:18; 1 Samuel 1:20; 4:21; cf. Odyss. 18, 6; des voisins amis, espèces de parrains, y contribuaient quelquefois comme chez nous, Ruth 4:17; Luc 1:39.

Il arrivait aussi que le nom d'une personne était changé dans le cours de sa vie, par suite d'une destination divine nouvelle, d'une promesse, ou d'un changement de dispositions, soit que le nouveau nom remplaçât entièrement l'ancien, soit qu'il en prît la place petit à petit, et que le surnom finît par éclipser le nom véritable, Abraham pour Abram, Israël pour Jacob, Josué pour Osée, Pierre pour Simon, Barnabas pour Joses, etc. Le nom des rois changeait souvent à leur avènement, 2 Rois 23:34; 24:17, exemple que les princes-papes ont imité: il en était de même de personnes subalternes dans des moments importants de leur vie, Nombres 13:17; cf. Jean 1:42; Actes 4:36, comme les moines, à leur entrée dans le cloître, prennent, pour ensevelir leur passé, un nom nouveau, qui est censé en faire des hommes nouveaux. Nathan donne à son royal élève le nom de Jédidja, 2 Samuel 12:25. Éliakim fut nommé Jéhojakim par Pharaon-Néco qui, par ce changement, voulut rendre sensible la dépendance du roi de Juda, 2 Rois 23:34.

— Le surnom de Boanergès, que Jésus donna à Jean et à Jacques, Marc 3:17, ne paraît pas leur être resté; il n'avait trait qu'à une circonstance bientôt effacée, et ne portait qu'un jugement momentané sur un caractère parfois trop fougueux. Les exemples cités Genèse 41:45. Daniel 1:7; 5:12, sont des changements de noms nécessités non seulement par un changement de carrière, mais encore et surtout parce que ces hommes, Joseph et Daniel, appelés à remplir de hautes fonctions dans une cour étrangère, ne pouvaient pas continuer d'y porter leurs noms hébreux.

Voir: encore l'article Paul, et d'autres.


NOMBRES.
  1. On ne sait pour ainsi dire rien de tout ce qui concerne les connaissances arithmétiques des Hébreux, mais il ressort des chiffres et des sommes considérables mentionnées en plusieurs endroits, et pour lesquels reddition et la soustraction n'eussent pas suffi, qu'ils devaient connaître au moins les quatre règles principales et les fractions. Ils se servaient, comme on le voit entre autres par les médailles samaritaines, de lettres au lieu de chiffres, de même que presque tous les anciens peuples jusqu'aux Grecs et aux Romains. Quelques auteurs (Des Vignoles, I, 29), ont cru cependant que les Hébreux avaient aussi des chiffres particuliers, mais dans tous les cas ces chiffres ne remonteraient pas au-delà de l'exil. La numération en lettres, et en lettres dont plusieurs ne différaient que par des caractères presque insensibles, pouvait amener dans la transcription beaucoup d'erreurs. On s'est attaché à ce point de vue pour faire ressortir l'apparente exagération qui se trouve dans plusieurs des chiffres cités dans l'Ancien Testament. Ainsi les chiffres de 600,000 hommes de pied, sans compter les petits enfants, de 603,550 hommes au-dessus de vingt ans, Exode 12:37; 38:26, qui porteraient à 2 ou 3 millions la population totale des Israélites au sortir d'Égypte, issue de 70 personnes après un laps de 430 années au plus, ont paru exagérés, soit quant au fait même de la reproduction, soit quant au terrain qu'ils occupaient en Égypte, soit quant à la difficulté que ce peuple aurait eue à se procurer des vivres dans le désert. Mais qu'on se rappelle l'étonnante fécondité du peuple juif, l'incertitude qui règne sur la plus ou moins grande durée du séjour d'Égypte, la longévité des patriarches, et l'absence de guerres ou d'autres sources de destruction extraordinaires, et l'on arrivera facilement par des calculs très simples à un chiffre de population plus élevé qu'on ne s'y attendait d'abord; ces impossibilités matérielles se résoudront comme se sont résolues celles qu'on avait essayé de faire sur la petitesse de l'arche de Noé, desquelles on ne parle plus maintenant.

    — Plus tard, aux jours de David, nous voyons, 2 Samuel 24:9, qu'on pouvait trouver dans toute l'étendue du royaume 1,300,000 combattants; Abija en oppose 400,000 aux 800,000 de Jéroboam, 2 Chroniques 13:3; et l'armée du seul Josaphat, roi de Juda, se compose de 1,160,000 hommes, 2 Chroniques 17:14-18; chiffres énormes si l'on pense à la conscription française, ou aux services à court temps des États de l'Allemagne, mais qui ne sont plus aussi étonnants quand on se rappelle les milices des pays libres, tels que la Suisse et les États-Unis, et les levées en masse de l'antiquité et du moyen-âge,

    Voir: Armées.

    Ces chiffres ne sont pas pour nous des articles de foi; nous admettons volontiers que, d'après la notation hébraïque, des erreurs de chiffres lussent assez faciles, et que les livres des Chroniques spécialement puissent en renfermer quelques-unes, mais il faut remarquer que tous les manuscrits sont d'accord sur les mêmes chiffres, et que la traduction des Septante les maintient également. D'ailleurs ces 12 ou 1,300,000 hommes supposent une population de 4,800,000 âmes, en admettant quatre personnes par famille, ou de 6 millions en calculant sur cinq personnes par familles, et ces nombres ne sont pas exagérés quand on les compare à la densité de population si prodigieuse qu'on rencontre dans les pays de l'Orient, et notamment dans quelques provinces de la Chine, il paraît même que plus tard, sous Titus, la Palestine était beaucoup plus peuplée encore que sous David, et l'historien Flavius Josèphe assure que la Galilée seule comptait deux cent quatre villes et bourgs, dont le moins considérable avait 15,000 habitants; ce serait donc plus de 3 millions d'âmes pour une seule des quatre provinces de la Palestine. On ne risque donc point de se tromper en admettant les données bibliques, et l'examen de la science vient encore une fois appuyer et non contredire le récit biblique sur des points en apparence bien secondaires.

    On a remarqué dans l'Écriture la reproduction fréquente de certains nombres, destinés, soit à exprimer des sommes rondes, soit à rappeler certaines idées sacramentelles; ainsi les chiffres sept, soixante-dix, deux, quatre, dix, quarante, trois, douze, etc. Disons un mot de chacun.

    Le chiffre sept, et son multiple soixante-dix, sont ceux qui se retrouvent le plus souvent: les nations païennes les regardaient comme des nombres sacrés, et si l'Écriture ne sanctionne pas ce qu'il y a de superstitieux dans le culte des chiffres, elle en a cependant consacré quelques-uns en leur rattachant des doctrines ou des lois. Le septième jour de la semaine, l'année sabbatique, la septième nouvelle lune, les sept semaines de moissons qui séparaient Pâques de Pentecôte, les sept jours de la Pâque, les sept agneaux qu'on sacrifiait à chaque jour de cette sainte semaine, en sont quelques exemples; on peut citer aussi la fête des tabernacles, qui durait sept jours et tombait sur le septième mois, de même que celle des expiations. Sept jours étaient la durée légale des purifications cérémonielles; la consécration des prêtres durait sept jours; dans les sacrifices pour de graves péchés, l'aspersion du sang se faisait par sept fois, etc. La doctrine postérieure des anges comptait sept archanges ou anges principaux. On peut voir ces différents articles. Rappelons encore parmi les exemples de l'Ancien Testament les sept nations cananéennes, les soixante-dix semaines de Daniel, les soixante-dix années de la captivité, les soixante-dix anciens d'Israël (les soixante-dix disciples de Jésus, la lettre aux sept Églises), etc, cf. Genèse 2:2; 7:2; 8:10,12; 29:27,30; 41:2-7; 46:27; Nombres 23:1; Josué 6:4,6,8,13,15; Juges 16:8,13,19; 1 Samuel 10:8; 11:3; 13:8; 1 Rois 8:65; 2 Rois 5:10,14; Ecclésiaste 11:2; puis dans le langage des prophètes, Ésaïe 4:1; Ézéchiel 39:12,14; 40:22,26; 43:25; 44:26; 45:21,23,25; Zacharie 3:9; 4:2,10; Daniel 4:16,23; 9:24; Michée 5:5, et dans le Nouveau Testament, Matthieu 15:34,36; Actes 6:3; 21:8; Apocalypse 1:4,12; 8:2,6; 10:3; 11:13; 12:3; 13:1; 15:1.6; 16:1; 17:1; 21:9. Les écrits de Philon montrent combien les Juifs philosophes de son temps attachaient une importance mystérieuse à ces chiffres; les pythagoriciens grecs y voyaient de même bien des choses, et rappelaient les sept couleurs, les sept notes principales en musique, et les sept planètes. On sait enfin le rôle que ce chiffre sept joue dans la nature et dans le développement de l'homme. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans des détails; avec l'observation et un peu de bonne volonté, on pourrait multiplier à l'infini des faits et des exemples analogues. On a abusé du droit d'imagination, mais à l'origine de toutes les recherches discrètes ou indiscrètes qu'on a faites sur ce nombre, se trouve évidemment l'œuvre de Dieu aux jours de la création; le septième jour a été un point d'arrêt, un nœud: il était impossible qu'un début pareil n'exerçât pas sur l'esprit de tous les hommes une grande influence. Sept a été considéré comme le chiffre de l'alliance, Dieu s'unissant avec l'homme; les Hébreux l'ont si bien compris que chez eux le même mot shéba (sieben), signifie également sept et alliance (— Voir: Béersébah, puits du serment), et l'on sait que les peuples de l'Orient ont l'habitude de faire intervenir le nombre de sept dans leurs contrats, et de jurer sur sept pierres. S'il y a là quelque chose de plus nous le saurons un jour, mais on aurait tort de ne répondre à la superstition que par l'incrédulité ou la raideur de l'esprit fort. Le livre de la nature ne nous est pas encore tout ouvert, et s'il renferme des mystères que nous reconnaissons sans les comprendre, il en renferme d'autres peut-être que nous pressentons sans les reconnaître.

    Le chiffre deux, la dualité, marque habituellement l'opposition, et par conséquent une imperfection, un état anormal, Dieu et le diable, le jour et la nuit, une famille sans enfants: c'est aussi l'amitié, l'association, mais limitée, incapable de se reproduire ou de se continuer.

    Trois exprime la plus simple des pluralités complètes; le plus petit groupe possédant son milieu et ses extrémités; c'est la forme fondamentale du développement; il est en quelque sorte naturel et se manifeste en psychologie dans les triples facultés physiques, morales et intellectuelles de l'homme; il se retrouve dans la notion du passé, du présent et de l'avenir; le chrétien le voit dans l'unité mystérieuse du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et dans les trois jours de la sépulture. On le retrouve dans la constante et significative reproduction de certaines formules: la foi, l'espérance et la charité; Abraham, Isaac et Jacob; Pierre, Jacques et Jean (aujourd'hui on dit Liberté, Égalité, Fraternité). Pour les Juifs, il se trouvait dans l'obligation de célébrer trois fois l'an une fête solennelle, et de se rendre trois fois à Jérusalem, Exode 23:14; Deutéronome 16:16; dans la triple bénédiction de l'Éternel qui rappelle l'invocation prononcée sur le baptême d'eau, Nombres 6:24; cf. Matthieu 28:19; dans la triple sainteté rappelée par les Chérubins, Ésaïe 6:3, et expliquée Jean 12:41. On peut voir encore Jérémie 7:4; 22:29; Jonas 2:1; Jean 2:19; 2 Corinthiens 12:8, et un grand nombre d'autres passages, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament.

    — Les trois heures de prière de Daniel et des Juifs postérieurs, Daniel 6:10, se rattachent à la division du jour en trois parties plus qu'à la signification du chiffre trois lui-même.

    Quatre est le chiffre du monde; il se trouve dans les quatre points cardinaux et dans les quatre bras du fleuve d'Éden, de même que dans le tétragrammaton, les quatre lettres hébraïques du nom de Jéhovah le Créateur.

    Dix est l'addition des chiffres sacramentels trois et sept; il représente la perfection.

    Douze, trois par quatre, c'est le développement du monde, le monde travaillant à revenir à son état naturel de paix et d'ordre, Dieu travaillant dans le monde déchu pour le relever en le régénérant: les douze fils de Jacob, les douze tribus, les douze apôtres, les douze portes et les douze fondements de la nouvelle Jérusalem. Pressentiment ou science positive, l'année a toujours été divisée en quatre saisons de trois mois chacune, ou douze mois, après lesquels la nature se retrouve dans le même état qu'à son point de départ; ce sont les douze signes du zodiaque qui partagent le ciel.

    Le chiffre quarante, qui se reproduit assez souvent dans l'Ancien Testament, ne se rattache à aucune loi ni institution; il est en quelque sorte accidentel, et sert peut-être quelquefois à désigner un nombre rond. Cependant, comme multiple de quatre (le monde) et de dix (la perfection, le tout parfait), on a cru qu'il était d'une manière spéciale l'emblème des actes ou choses qui travaillent à perfectionner le monde, qui servent à le parachever, bien ou mal, presque toujours l'épreuve dans son sens le plus large. Aux jours du déluge il plut pendant quarante jours et autant de nuits; Isaac était âgé de quarante ans quand il se maria; Ésaü de même; la vie de Moïse est partagée en trois époques de quarante années chacune; Moïse resta quarante jours sur le Sinaï, l'exploration de Canaan dura quarante jours, le voyage du désert quarante ans; Hothniel procura aux Israélites un repos de quarante ans, Débora de même; c'est d'un servage de quarante ans que Gédéon délivra son peuple; Élie marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'en Horeb; notre Sauveur passa quarante jours au désert de la tentation, il monta au ciel quarante jours après sa résurrection;

    Voir: encore Genèse 8:6; 32:15, Josué 14:7; Ézéchiel 29:11; Jonas 3:4; etc.

    D'autres nombres reparaissent encore ci et là dans l'Ancien Testament avec une certaine régularité qui, toutefois, n'était absolument qu'une affaire d'habitude; ainsi huit précédé de sept désigne une quantité indéterminée, Michée 5:5; Ecclésiaste 11:2; (— Voir: sur tout ce sujet les ouvrages allemands de Bæhr, Symb. du culte mos. I, 155, et Schrœder sur la Genèse).

    Le nombre de la bête, ou de son nom, Apocalypse 13:17-18, désigne le chiffre qui s'obtient en calculant la valeur des lettres qui composent ce nom: ici est la sagesse, dit l'apôtre, et malgré tous les essais faits jusqu'à ce jour, on n'a pas encore trouvé ce nom mystérieux; on y a vu tour à tour Néron, César, Mahomet, plusieurs papes, quelques rois de France, et même Luther, mais pour trouver ce dernier chiffre il faut écrire Loulther, ce qui change un peu. Nous n'insistons pas sur ce chiffre dont la recherche appartient à l'étude de la prophétie, et nous ne proposons, ni n'adoptons aucun nom: la bête ne s'est pas encore pleinement manifestée, et ses efforts pour abrutir l'humanité et lui ôter sa foi ne sont pas encore arrivés au point extrême où elle méritera de toute manière le nom que l'Écriture lui donne.

    Un vieillard plus qu'octogénaire, et qui depuis longtemps s'occupe sérieusement de la parole de Dieu, nous a communiqué sur le chiffre de la bête. Apocalypse 13:18. (— Voir: Nombres, Rome), le résultat de ses recherches personnelles, et si nous leur donnons une place ici, c'est moins à cause de leur valeur réelle que parce qu'elles sont curieuses à enregistrer. Il pense trouver ce chiffre dans nos rois de France, qui, depuis Louis XI, ont porté le nom blasphématoire de rois très chrétiens. Il estime qu'il en doit être fini de ce nom comme nom de rois, et que la France contribuera puissamment à la chute du papisme, comme pour châtier et renverser celui qui, en dotant ses chefs de ce nom de blasphème, les a poussés à commettre tous les crimes, et à persécuter les saints de Dieu. Le nom de Louis, en latin Ludovicus, donne en effet, par la somme de ses lettres considérées comme chiffres, le total de 666.

    L
    V
    D
    O
    V
    I
    C
    V
    S
    50
    5
    500
    ..
    5
    1
    100
    5
    ..
    ___
    666

    Les huit rois, Apocalypse 17:10; sq., qui devaient donner leur puissance au papisme, sont: Louis XI, Louis XII, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis XVII, qui n'a pas régné, mais qui n'en est pas moins compté dans l'ordre de succession (c'est le septième, celui dont il est dit: il faut qu'il demeure peu), et enfin Louis XVIII.

    — Nous empruntons à un travail de M. J.-B. Rossier sur l'Apocalypse (journal le Témoignage, publié par le pasteur Recordon de Vevey, nos de septembre 1848 et février 1849), l'étude suivante sur les nombres considérés dans leur sens symbolique. Il peut être intéressant de comparer ce travail avec celui que nous avons fait nous-même; on y trouvera quelques indications qui ne sont pas dans le nôtre, mais peut-être aussi remarquera-t-on un peu plus d'arbitraire dans la manière de fixer les rapports, et comme un parti pris de faire de chaque nombre un emblème.

    Un est le signe de la Divinité, en tant que Dieu est seul. (Romains 3:29; Galates 3:20; Éphésiens 4:3-8; Hébreux 2:11)

    Deux est, suivant quelques-uns, le signe naturel de l'opposition et du combat. «Considère les œuvres du Très-Haut. Deux, deux. Un contre l'un. Toutes choses sont par couples, un contre un.» (Sirach 33, 16; 42, 25) Dans la magie, le nombre deux était celui des êtres déchus de l'unité, du téméraire et du méchant. Mais dans l'Écriture il n'en est point ainsi, le mariage est une véritable communauté, et une parfaite réunion qui complète chacun des époux par l'autre.

    Jésus envoya les douze deux à deux.

    — Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre.

    — Deux tables de la loi.

    — Deux témoins.

    — Deux prophètes.

    — Deux oliviers.

    — Deux chandeliers.

    — Deux ailes.

    — Deux cornes.

    — «Deux valent mieux qu'un.» (Ecclésiaste 4:9-12)

    Trois est le vrai chiffre de la Divinité, le nombre de l'union opérée entre l'unité et la diversité. (Apocalypse 1:4,8; 1 Jean 5:7; cf. Ecclésiaste 4:12)

    Quatre. Le nombre du monde entier en tant que créé. C'est plus particulièrement un nombre des choses qui concernent la terre, mais surtout celui de l'humanité réconciliée sur la terre.

    — Quatre monarchies.

    — Quatre vents de la terre.

    — Quatre coins de la terre.

    — Quatre anges. (Zacharie 2:6; Daniel 7:8; Apocalypse 7)

    Ce nombre et le nombre trois offrent deux divisions du nombre sept, ordinairement assez distinctes dans l'Apocalypse.

    Cinq est un nombre relativement petit. (Lévitique 26:8; cf. Josué 23:10; Ésaïe 30:47) Comme suivant le nombre quatre et précédent le nombre six, il tend à un accomplissement.

    Six est un nombre qui, dans deux cas remarquables, complète le mal extérieur et intérieur avant que la purification ait lieu. (Lévitique 12:5; Apocalypse 13:18) Ce nombre est comme un signal qui annonce ce qui suit définitivement.

    Sept. Ce nombre se rapporte, dans l'Ancien Testament, à des relations morales: sanctification, salut, paix, joie. Le septième mois avait trois fêtes; le sabbat était le septième jour; la septième année était l'année de relâche; le jubilé revenait au bout de sept fois sept ans; les aspersions par sept fois. Ce nombre se compose de trois et de quatre par addition, par superposition, et forme ainsi un tout indivisible, composé de deux chiffres, dont l'un est celui de la Divinité, l'autre celui de la création. Expression de l'alliance de Dieu avec son peuple. Nombre de la perfection, de la plénitude intérieure. Dieu et l'humanité réunis en un.

    Sept indique, dans le Nouveau Testament, la plénitude, la perfection, l'harmonie.

    Il y a, dans l'Apocalypse, sept épîtres à sept Églises, sept chandeliers, sept étoiles, sept anges, sept esprits, sept yeux, sept cornes, sept lampes, sept années, sept attributs dans la louange, sept tonnerres, sept sceaux, sept trompettes et sept coupes.

    Chaque nombre sept, lorsqu'il est détaillé, se divise en trois et quatre, ou en quatre et trois; le point de division étant toujours indiqué d'une manière ou de l'autre, sans altérer l'ensemble.

    Chaque nombre sept des sceaux et des trompettes offre ceci de remarquable, qu'il renferme en lui-même un nouveau développement de sept autre choses. Et c'est par les sept coupes «que s'accomplit la fureur de Dieu.» Cela donne vingt et une espèce de jugements, ou sept multiplié par trois. C'est la bénédiction, résultat de l'intervention de Dieu.

    Satan emploie ce nombre dans ses contrefaçons. (12:3)

    Il y a une très grande différence entre sept et douze. Sept se compose de trois plus quatre; c'est une addition, une fusion intime. Douze se compose de quatre multiplié par trois; c'est une multiplication, une bénédiction de l'inférieur par le supérieur.

    Si l'on examine le nombre sept tracé par des lignes qui forment un triangle superposé à un carré, on verra que l'ensemble ne forme que six lignes, décrivant un édifice solide, dans lequel les nombres trois et quatre se confondent.

    Nombre 7

    Huit. Quatre plus quatre. La réunion du nombre extérieur et intérieur, du monde actuel et corporel; mais en action et en réaction. La circoncision se faisait le huitième jour. (Luc 2:21) Les fêtes prolongées étaient généralement de huit jours. Le huitième jour, lendemain du sabbat, est toujours celui de la résurrection. Le lépreux était réintégré le huitième jour. (Lévitique 14:23) C'est le premier jour de la nouvelle semaine. Millénium.

    Neuf. Ce nombre me paraît n'être jamais employé symboliquement. Étant un multiple de trois, il signifierait la divinité bénie par elle-même, ou par quelque chose de supérieur, ce qui ne peut avoir lieu. (La neuvième heure était celle de la prière, Actes 3:1; 10:30)

    Dix est le nombre de la plénitude manifestée dans le nombre extérieur, de même que sept est le nombre de la plénitude intérieure. (1 Chroniques 28:15; 2 Chroniques 4:7,20-21; 1 Rois 7:49; cf. 43)

    — Nombre de la communauté extérieure universelle. En tant que nombre de l'accomplissement extérieur, Satan l'emploie aussi dans ses contrefaçons. (Apocalypse 12:3; 13:1; cf. 2:10).

    Onze n'a pas d'emploi dans la prophétie. Comme formé de sept et de quatre, ce dernier chiffre, ajouté à celui de la perfection, donne un résultat incomplet, car ce n'est pas la bénédiction du nombre douze, ni la plénitude extérieure du nombre dix. Au point de vue moral, Matthieu 20:6, donne un sens précis et bien solennel à ce nombre, qui était aussi celui des apôtres après la fin de Judas. (Actes 1:26)

    Douze. Quatre multiplié par trois. Nombre annonçant la plénitude terrestre. Bénédiction de l'humanité et du monde matériel. Il y a douze heures au jour (Jean 11:9) Douze tribus. Douze apôtres. La multiplication est une bénédiction du supérieur à l'inférieur, qui laisse subsister ces différences, mais qui n'offre pas la fusion intime de l'addition que j'ai signalée au nombre sept. Les nombres quatre, douze, et ses multiples vingt-quatre et cent quarante-quatre mille, expriment, pour les choses groupées sous ces chiffres, un caractère de bénédiction en rapport avec la rédemption du monde.

  2. Livre des Nombres, ainsi nommé parce que ses trois premiers chapitres contiennent les dénombrements des Hébreux, qui se firent après la consécration du tabernacle. Les Hébreux l'appellent Vayedabber (et il parla), d'après les mots par lesquels il commence, ou Bammidbar (dans le désert), parce qu'il renferme l'histoire des trente-neuf années que les Hébreux passèrent au désert après la promulgation de la loi, entre le désert de Sinaï et les plaines de Moab. Il y a peu de chose à dire sur sa composition: les incrédules ont naturellement cherché à le morceler, ils y ont vu tout ce qu'ils ont voulu, des intercalations, des mythes, des fables, des exagérations; le chrétien y voit l'ouvrage de Moïse et la vérité divine. Nous ne réfuterons pas des erreurs qui n'ont pas de champions chez nous, et pour ceux qui désireraient connaître ce qu'on a mis en avant et ce qu'on a répondu, nous renvoyons à Hævernick, Einl. in das alte Test. I. 481-521.

    — On divise ce livre en trois parties principales.

    1. Ch. 1-11, préparatifs pour le départ, dénombrement, diverses lois et prescriptions.

    2. Ch. 11-21, voyage dans le désert, murmures et incrédulité du peuple, châtiments, exploration du pays, rébellion de Coré, mort de Marie, serpents brûlants, Hog et Sinon, arrivée dans les plaines de Moab sur les confins de Canaan.

    3. Ch. 22-36, dispositions du peuple, histoire de Balaam, recensement, récapitulation, ordonnances, guerre avec les Madianites, lois sur les héritages.


NOPH,
Ésaïe 19:13,

Voir: Memphis:

ville royale d'Égypte, avec des temples de faux dieux; elle comptait des Juifs parmi ses habitants, Jérémie 2:16; 44:1; 46:14; Ézéchiel 30:13,16.


NOPHAH,
ville moabite située au-delà du Jourdain, Nombres 21:30.


NOURRITURE.
On peut voir aux différents articles quels étaient les aliments dont, parmi les Hébreux, les riches et les pauvres se servaient le plus habituellement. La loi avait jusqu'à un certain point réglé sous ce rapport leur mode de vivre, et leur avait interdit absolument l'usage des viandes suivantes, soit pour des raisons hygiéniques, soit par des motifs de gouvernement intérieur, pour attacher les Hébreux à l'agriculture, ou pour élever entre eux et les peuples païens une barrière infranchissable.

  1. Toute bête morte de mort naturelle, ou trouvée dans les champs déchirée par quelque animal sauvage. Celui qui en avait mangé devait se baigner et laver ses habits, et il était regardé jusqu'au soir comme entaché de souillure légale, Exode 22:31; Lévitique 17:15; Deutéronome 14:21; cf. Ézéchiel 4:14. Le Nouveau Testament appelle ces viandes du nom général de bêtes étouffées, c'est-à-dire dont la vie ne s'en est pas allée régulièrement avec le sang, mais a été en quelque sorte comme comprimée et étouffée intérieurement, Actes 15:20,29; 21:25. Le Coran rappelle des préceptes analogues, et le motif en est dans le dégoût naturel que chacun éprouve pour un cadavre: Moïse le rattache à la sainteté devant Dieu et à l'isolement dans lequel son peuple doit vivre du monde et de ses souillures.

  2. Le sang et toute chair sanglante (le poisson peut-être excepté), Lévitique 3:17; 7:26; 17:10-14; 19:26; Deutéronome 12:16,23; cf. 1 Samuel 14:32; Ézéchiel 33:25; Actes 15:20. L'usage en était interdit sous peine de mort, Lévitique 7:27; 17:10; cf. Judith 11:11. Cette défense reposait, soit sur l'idée que l'âme de la bête est dans son sang, soit aussi sur le fait que le sang des animaux appartenait à l'Éternel, comme expiation des péchés, Deutéronome 12:23; Lévitique 17:11; peut-être aussi était-ce une interdiction destinée à faire ressortir la coutume criminelle des Phéniciens et d'autres peuples païens qui dans leurs sacrifices mangeaient du sang, ou le mêlaient avec du vin pour le boire, cf. Psaumes 16:4. Un principe d'humanité s'y rattachait également, et les Hébreux devaient puiser dans l'horreur du sang l'horreur de la cruauté envers les animaux.

    — Le Coran contient une défense semblable.

  3. Certains morceaux de la graisse du bœuf, de la chèvre et de la brebis, notamment la queue, ordinairement très fournie de graisse, de ce dernier animal. Ces morceaux comme plus succulents revenaient de droit au service de l'autel, Lévitique 7:25; cf. 3:14;

    Voir: Offrandes.

    Au point de vue de la santé publique, cette défense était un bienfait, car dans ces climats brûlants où les maladies de la peau sont si communes, si invétérées, et parfois si dangereuses, il importait d'empêcher autant que possible l'usage des graisses parmi le peuple: la culture assidue des olives, dont l'huile était le seul assaisonnement des viandes, était indirectement encouragée par ce moyen, et les Hébreux, en recherchant les graisses végétales qui leur étaient seules permises, se tournaient avec courage vers les travaux des champs.

  4. Le chevreau cuit ou rôti dans le lait ou la graisse de sa mère, Exode 23:19; 34:26; Deutéronome 14:21. Le motif de cette défense n'est pas très clair. Michaélis pense qu'il s'agit d'une brebis-mère en général, et plus généralement encore, d'un animal quelconque, de manière que la défense de Moïse reviendrait à une interdiction absolue de tout assaisonnement animal des viandes; ce serait alors, soit au point de vue sanitaire, soit sous le rapport agricole, une mesure du genre de la précédente. D'autres y ont vu une accommodation à un préjugé existant alors et maintenant inconnu; d'autres, un principe d'humanité envers les animaux domestiques, et en quelque sorte un symbole de l'amour maternel qui ne saurait se prêter à servir aux funérailles sanglantes de son fruit;

    Voir: Chèvres.

    Je ne sais si peut-être cette loi, qui gênait certainement les ventes et les achats en mettant les acheteurs dans la crainte continuelle d'une transgression involontaire, ou dans la laborieuse obligation d'examiner et la naissance d'un chevreau, et l'origine du lait acheté, ne devait pas avoir aussi pour résultat, sinon pour but, de favoriser la consommation intérieure, d'entraver le commerce et d'empêcher ainsi d'une part une trop grande augmentation de richesses, de l'autre la pauvreté provenant de l'aliénation des biens: en attendant mieux, je soumets cette explication à ceux qui voudront bien l'examiner; elle me paraît se recommander autant que les précédentes, et pouvoir se combiner avec elles dans le système alimentaire de l'économie hébraïque.

  5. Les viandes sacrifiées aux idoles, Exode 34:15, défense maintenue comme les deux premières par la loi nouvelle, Actes 15:29; 21:25. Dans les villes païennes ces viandes étaient, après avoir été présentées, vendues sur la place du marché, et l'apôtre donne des directions sur la conduite à tenir dans ce cas, 1 Corinthiens 10:25; sq. Les Juifs postérieurs appliquèrent même cette défense au vin, au pain, et aux gâteaux fournis par les païens, attendu que ces aliments pouvaient avoir servi dans un sacrifice: quelques auteurs ont voulu, non sans raison, entendre dans ce sens les répugnances et les refus de Daniel et de ses trois amis, Daniel 1:8; sq., de Tobie 2:15, et de Judith 12:2.

  6. La cuisse des animaux purs à l'endroit du muscle où la hanche de Jacob fut démise, Genèse 32:25.

  7. La viande de tous les animaux déclarés impurs, Lévitique 11:1-31; Deutéronome 14:1-19 (leur lait n'était pas compris dans cette défense). Ces animaux étaient:

    1. les quadrupèdes qui ruminent, sans avoir l'ongle entièrement divisé, dessus et dessous, comme les lièvres, le porc, le chameau;

    2. tous les serpents et reptiles;

    3. les amphibies et animaux qui vivent dans l'eau sans écailles et nageoires;

    4. tous les insectes, sauf ceux qui ont comme les sauterelles quatre pieds pour marcher, et deux pour sauter;

  8. Une vingtaine d'espèces d'oiseaux énumérées dans les passages indiqués, mais dont les noms ne peuvent pas tous être traduits d'une manière sûre: celles que l'on connaît avec certitude sont l'aigle, le vautour, l'autruche, les chouettes et le pélican; on peut voir sur ces oiseaux leurs différents articles. Comme il n'y a ici qu'énumération, sans que les caractères d'impureté soient indiqués, les Juifs regardent comme purs tous ceux qui ne sont pas expressément défendus; il paraît cependant par la nature de ceux de ces oiseaux que nous connaissons, ou que nous croyons connaître, qu'une nourriture animale était le trait distinctif qui constituait un oiseau impur. Les rabbins ont cherché à définir ces caractères, et ils en indiquent quatre, Mishna Chollin 3, 6.

    Comme fondement et source de toutes ces prescriptions, se trouvait avant tout le principe théocratique, Lévitique 20:24; mais il s'y mêlait, ainsi que nous l'avons vu, un grand nombre d'idées secondaires, hygiéniques, économiques, politiques et autres: c'est leur réunion qui peut le mieux expliquer le nombre et la nature de ces défenses, quoique tel de ces points de vue soit peut-être plus évident dans un cas, et tel autre dans un autre cas. Les Juifs observèrent toujours minutieusement la distinction des animaux en purs et impurs, et ce ne fut que dans des cas de famine, 2 Rois 6:25, que la nécessité les contraignit à manger des viandes souillées: les persécutions dont ils furent l'objet plus tard, les trouvèrent inébranlables, et ils se laissèrent mettre à mort plutôt que de consentir à manger du pourceau, 1 Maccabées 1:65; 2 Maccabées 6:18; 7:1. Plusieurs rabbins mêmes, sages au-delà de ce qui est écrit, regardèrent comme un péché de posséder des animaux impurs, tels que des chiens, tandis que la loi n'en interdisait que la viande. La loi n'avait pas prononcé de peine contre l'usage illicite d'une viande souillée, les rabbins établirent la flagellation, alors même qu'on n'en aurait mangé que la grosseur d'une olive ou d'une lentille.

    Plusieurs peuples de l'antiquité ont connu une distinction des animaux, et avaient admis, mais pour d'autres motifs, l'interdiction de certaines viandes; ainsi les Égyptiens, qui avaient leurs animaux sacrés, bœufs, chats, etc., qu'ils adoraient, ne permettaient pas qu'on s'en nourrît, et c'est peut-être à une raison de ce genre qu'il faut attribuer l'habitude qu'ils avaient de ne point manger avec des étrangers, Genèse 43:32. L'école pythagoricienne avait quelques principes analogues; d'autres castes s'interdisaient l'usage du poisson, par des raisons hygiéniques et presque morales; les Indous, et leur philosophe Menou, avaient une foule de préceptes qui rappellent ceux des Hébreux à l'égard des viandes; Mahomet enfin en a reproduit un certain nombre dans son Coran, et les prêtres du catholicisme, fidèles à leur moyen âge, ont emprunté au judaïsme aboli, et au paganisme qu'ils condamnent, des interdictions de viande, déjà annoncées par saint Paul, qui appelle en conséquence ces docteurs «des révoltés de la foi, adonnés aux doctrines des démons», 1 Timothée 4:1-3.


NOYER,
Cantique 6:11, arbre bien connu, de la famille des térébinthacées, originaire de la Perse, mais parfaitement accoutumé à nos climats, où il atteint sans peine une hauteur de 40 à 60 pieds. Il fleurit au printemps et donne ses fruits en septembre. Ses feuilles sont divisées en folioles ovées, grandes, unies. Le fruit est composé d'une enveloppe extérieure et charnue, nommée brou; d'une coque remplie d'anfractuosités et plus ou moins dure, nommée coquille; et enfin d'une amande de forme irrégulière que l'on mange, ou dont on extrait une huile fort estimée. La Palestine en possède encore, et ils croissaient autrefois sans culture sur les bords du lac de Génésareth. Le jardin des noyers dont il est parlé dans le Cantique est nécessairement un grand verger, car il y a peu d'arbres plus nuisibles aux jardins proprement dits que le noyer, par l'étendue du terrain qu'il masque, et par la longueur de ses racines presque horizontales.


NUÉE,
Voir: Colonne.

— Dans l'Écriture, le mot nuée désigne quelquefois le brouillard du matin, Ésaïe 18:4. On le retrouve ailleurs et avec plusieurs significations réelles ou symboliques. Osée, 6:4, compare à une nuée la piété d'un moment du peuple de Dieu, et l'on connaît le magnifique sermon de Saurin sur ce texte: Les dévotions passagères. Les nuées sont comme des outres qui retiennent la pluie au-dessus de la terre, et qui la laissent échapper comme par une grille d'arrosoir dès que Dieu le commande, Job 26:8; 38:9; 2 Samuel 22:12; Ésaïe 45:8. C'est enfin sur les nuées que le Seigneur de gloire apparaîtra, et que les chrétiens seront enlevés à sa rencontre, Matthieu 24:30; Luc 21:27; Apocalypse 14:14-16; 1 Thessaloniciens 4:17.

— La nuée dont le temple de Salomon fut rempli lors de sa dédicace, 1 Rois 8:10; 2 Chroniques 5:13, fut peut-être une manifestation semblable à celle dont les Israélites avaient été les témoins, et l'arche le théâtre, pendant les quarante années du désert, un symbole visible de la présence de Dieu; de même encore, Exode 40:34; Ésaïe 6:4; Ézéchiel 10:4. Saint Jean dit pareillement dans l'Apocalypse, 15:8. «Et le temple fut rempli de la fumée qui procédait de la majesté de Dieu et de sa puissance.» Une nuée est comme l'enveloppe extérieure de celui qui ne se montre point à des yeux d'homme, et qui veut se manifester dans sa gloire et non dans son humanité. Les païens ont pressenti, ou emprunté au judaïsme, ce symbole, et leurs divinités vont jusqu'à prêter aux hommes qu'elles protègent la nuée qui doit les soustraire à la vue des mortels, Virgile Æneid, liv. I.


NUIT.
Chez les anciens Hébreux, elle précédait le jour, et c'est ainsi que s'explique l'expression ordinaire des jours de la création: «Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin.» Elle se divisait, comme le jour, soit en douze heures, soit en trois ou quatre parties,

Voir: Veilles.

La nuit, dans un sens figuré, signifie des jours de tribulation, d'adversité, Psaumes 17:3; Ésaïe 21:12; cf. Jean 9:4; 1 Thessaloniciens 5:2. Les enfants de la nuit sont, dans le sens moral, les méchants qui ont besoin des ténèbres pour faire le mal, 1 Thessaloniciens 5:5. Enfin, se lever la nuit signifie s'occuper d'une chose avec empressement et sans retard. Dieu même emploie cette expression pour marquer le zèle qu'il a témoigné pour le bien des hommes, les soins qu'il apporte à l'œuvre de leur salut, Jérémie 25:3; 26:5; 29:19; 44:4.


NYMPHAS.
Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphes avec l'Assemblée qui est en sa maison, dit saint Paul, Colossiens 4:15. Il résulte de ce passage, ou bien que dans Laodice même, Nymphas avait, on ne sait pour quelle raison, une réunion particulière à côté des assemblées publiques, ou bien, comme le soupçonne Grotius, qu'il demeurait à la campagne, non loin de Laodice, et que sa maison était le lieu ou se rassemblaient les chrétiens des environs. Ces deux opinions se recommandent également, et la première ne peut pas être repoussée, car on sait qu'Aquila et Priscille avaient également des réunions privées à côté du culte public. Romains 16:5; 1 Corinthiens 16:19. Une troisième explication entendait «l'Église qui est en sa maison»du culte domestique de Nymphas; mais une famille ne s'assemble pas, elle est toujours réunie.

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