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Dictionnaire de la Bible J.-A. Bost 1849-b


septembre 3, 2010 par GoDieu

B


BABEL
(confusion), Genèse 11. Un siècle environ après le déluge, au temps de Péleg, les hommes qui composaient la famille humaine s'étant insensiblement éloignés du mont Ararat, arrivèrent dans les plaines de Sinhar. Plusieurs des descendants de Cam voulant, à ce qu'il paraît, échapper aux menaces divines dirigées surtout contre Canaan, cherchèrent à se procurer un ascendant sur les autres membres de la famille. Abandonnant, en conséquence, la droite voie, et refusant de se conformer aux pieux conseils de leur aïeul, qui leur avait recommandé un attachement sincère au vrai Dieu, ils se mirent à construire une ville avec une tour énorme. Leur vrai motif était l'orgueil, l'ambition, le désir de régner; le moyen par lequel ils espéraient parvenir à ce résultat était la concentration de l'humanité dans un même système politique et hiérarchique, moyen infaillible pour éteindre à jamais la lumière divine, et pour étouffer tout développement de l'Église du Seigneur. En général on peut dire que c'est dans la famille de Cam que le gouvernement patriarcal a le premier et le plus anciennement été remplacé par une organisation politique sociale et monarchique; voyez les Égyptiens, les Indous, les Chinois.

On suppose que c'est Nimrod qui conçut le premier l'idée de cette entreprise. Comme ils ne connaissaient pas de carrières dans le sol fertile où ils s'étaient établis, ils cuisirent des briques, et se servirent de bitume en guise de mortier. La tradition porte que, pendant trois ans, ils ne firent autre chose que de préparer leurs matériaux; et déjà, depuis vingt-deux ans, ils s'occupaient de l'œuvre de leur construction, lorsque l'Éternel, qui ne voulait pas cette agglomération du genre humain sur un seul point de la terre, et qui voyait les sentiments d'orgueil, d'impiété, de stupidité qui présidaient à l'érection de cette tour gigantesque, interrompit les travaux brusquement, et, par sa toute-puissance, fit échouer le premier essai d'une monarchie universelle, qui ne réussira jamais que sous l'économie spirituelle du Sauveur du monde. La dispersion des peuples et la confusion des langues furent le moyen dont Dieu se servit pour dissiper le conseil des méchants; mais l'on se demande si cette confusion des langues fut elle-même la conséquence naturelle de la dispersion des chefs, ou si, miraculeuse et subite, ce fut elle qui obligea les travailleurs à se séparer. Les rationalistes et quelques docteurs, même orthodoxes, ont admis la première hypothèse; mais il faut avouer que le texte biblique favorise davantage la seconde. Quoi qu'il en soit, il paraît que ceux dont l'esprit et la langue étaient le plus troublés s'éloignèrent davantage de la Mésopotamie, et l'on peut croire que ceux qui demeurèrent sur l'emplacement après la confusion sont aussi ceux dont la langue a conservé le plus de rapports avec la langue primitive. La famille de Sem n'ayant pas pris part au péché des Camites, n'aura pas non plus partagé leur châtiment; et c'est chez eux, dans les langues sémitiques, et surtout dans celle du pieux Héber (l'hébreu), que nous trouverons la langue dont doivent s'être servis les hommes depuis la création jusqu'à Babel.

Le même Dieu qui, dans cette occasion, multiplia les langues pour séparer les pécheurs et les empêcher de s'entendre, est venu plus tard, aux jours de la Pentecôte, rendre toutes les langues communes à ceux qui avaient reçu le Saint-Esprit, afin de recueillir le peuple de ses fidèles.


BABYLONE, ou Babel,
capitale de la Caldée. On la comptait au nombre des sept merveilles du monde, et l'Écriture l'appelle la cité d'or, la gloire des royaumes, la reine des royaumes, la beauté de l'excellence des Caldéens, le marteau de toute la terre, la hache de bataille qui brise en pièce les nations, Ésaïe 13:49; 14:4; Jérémie 50:23, etc. Les historiens profanes ne sont pas moins positifs dans ce qu'ils nous racontent de cette ville; si Hérodote, Xénophon, Strabon, Pline, Diodore de Sicile et Quinte-Curce ne sont pas entièrement d'accord sur les détails, c'est que leurs descriptions se rapportent à des époques différentes: mais ils s'accordent tous sur son étonnante magnificence, qu'atteste encore aujourd'hui l'immense étendue de ses ruines. Le témoignage d'Hérodote, en particulier, nous est d'autant plus précieux qu'il visita lui-même Babylone, un siècle à peu près après la mort de Belsatsar, et qu'il ne rapporte que ce qu'il a vu de ses yeux et bien examiné.

Située dans une vaste plaine, Babylone formait un carré parfait dont chaque côté avait une étendue de 10 kilomètres; d'autres disent 25. Le mur dont elle était entourée avait environ 126 mètres d'élévation sur 32 d'épaisseur; il était surmonté de 250 tours (d'autres disent 316), construites, aussi bien que la muraille, en grandes briques cimentées avec du bitume. Entre le mur et la ville était un large fossé plein d'eau, dont les berges étaient également revêtues de briques; c'est de là qu'on avait extrait toute la terre qu'on avait, dû cuire pour la construction des murailles, en sorte que ce canal devait être assez large et assez profond. Entre les maisons et la muraille, il y avait un espace de 80 mètres environ. Cent portes d'airain massif, vingt-cinq de chaque côté, s'ouvraient sur la campagne; du nord au sud vingt-cinq rues, d'orient en occident vingt-cinq rues, larges de 54 mètres et longues de 8 kilomètres, traversaient la ville dans toutes les directions, et la partageait en 629 espèces d'îles carrées, dont l'intérieur était destiné aux jardins et dépendances. L'Euphrate, qui traversait la ville du nord au sud, était également resserrée entre des murailles aussi hautes que celles mêmes de la ville; d'immenses escaliers, fermés par des portes d'airain, permettaient de descendre jusqu'au fleuve. Les quais étaient magnifiques; leur plus bel ornement consistait dans les jardins suspendus, établis sur des terrasses voûtées qui s'élevaient jusqu'au niveau des murailles, immenses parterres du sein desquels on voyait s'élancer des arbres de la plus haute dimension; puis, sur la plate-forme la plus élevée, un vaste réservoir dans lequel le jeu d'une puissante machine hydraulique amenait les eaux de l'Euphrate.

— On y remarquait encore le temple de Bélus (Bel, ou Bahal), le palais de Nébucadnetsar, qu'environnait un triple mur de 10 kilomètres de tour, d'autres disent qu'il avait deux lieues et demie de longueur; enfin le fameux tunnel construit en briques et en bitume sous l'Euphrate, galerie qui servait à lier les deux moitiés de la ville, et qui était un objet de luxe et de magnificence, plutôt qu'il n'avait une utilité réelle, vu les ponts nombreux qui facilitaient toutes les communications au-delà du fleuve.

Le temple consacré au dieu Bel était une tour colossale, composée de huit tours, s'élevant les unes au-dessus des autres, en diminuant de grandeur. Celle qui servait de base formait un carré régulier dont chaque côté avait 216 mètres de long: l'ensemble offrait l'aspect d'une pyramide grandiose; on y montait du dehors par un chemin en spirale. Au sommet du temple était une chambre ou chapelle sans images, où il n'y avait pour tout meuble qu'une table et un lit; une prêtresse y passait la nuit, parfois même on y faisait des observations astronomiques. À l'étage inférieur de la tour était une autre chambre ou chapelle, mais plus vaste et mieux décorée; l'image de Bel s'y trouvait en or, derrière une table d'or. Heeren, d'accord avec les traditions arabes et juives, pense que cette tour est l'ancien édifice construit par Nimrod. Des huit étages trois se sont conservés jusqu'à présent; les matériaux dont ils sont construits sont les mêmes que ceux qui sont indiqués Genèse 11, et la qualité des décombres est de beaucoup supérieure aux autres restes d'architecture que l'on trouve au même endroit, de même que la solidité et le grandiose de cette composition gigantesque. Toutefois il paraît peu probable que les habitants de cette contrée aient essayé de reconstruire un temple de Bel au même endroit et sur les ruines de l'orgueilleuse tour, dont la tradition portait qu'elle avait été renversée par Dieu lui-même. Le professeur Schubert qui, dans son voyage en Orient, incline à croire que la tour de Babel est effectivement celle qui porte encore le nom de Birs-Nimrod, à 12 ou 15 kilomètres ouest de l'Euphrate, pense qu'il faut voir le temple de Bel dans une ruine située sur la rive orientale, et qui s'appelle maintenant la colline d'Amran.

Le Birs-Nimrod présente dans la partie qui est encore debout, des caractères qui semblent devoir remonter immédiatement à l'époque de la tour de Babel, et qui excluent par là même la supposition qu'on ait essayé de construire un autre édifice en cet emplacement: ce sont d'énormes fragments de constructions en briques, qui ont été complètement fondus et vitrifiés; ils sonnent comme du verre; et pour que la brique ait pu devenir sonore à un degré pareil, il faut qu'elle ait été exposée à une chaleur égale à celle de la plus ardente fournaise. Le feu du ciel a pu produire ce résultat, et l'on pourrait voir dans le passage Genèse 11:5 (l'Éternel descendit) l'intervention sublime d'un Dieu qui s'avance entouré des éléments, des flammes de feu ses ministres, qui doivent le venger. L'historien Flavius Josèphe nous a conservé, à cet égard, une vieille tradition qui dit positivement que la dispersion des hommes et la confusion des langues a été accompagnée d'orages effrayants, et de grands bouleversements dans la nature.

Bélus, le premier homme qui ait porté le titre de roi de Babylone, et qu'on estime avoir été contemporain de Samgar, juge d'Israël, Bélus et Sémiramis agrandirent considérablement la ville de Babylone, et l'embellirent; mais ce fut surtout Nébucadnetsar, seul, ou de concert avec sa belle-fille Nitocris, qui y mit la dernière main, et qui en fit une des merveilles du monde. C'était alors le beau temps pour le prince de ce siècle et pour les puissances de l'air; la grande cité, l'orgueil du monde, était le jouet de Satan, qui se faisait adorer sous les figures différentes de Bel, de Nébo, de Nergal, de Mérodach, de Succoth-Bénoth, etc., tour à tour, et tout à la fois, séduisant les Babyloniens par la crédulité et par l'incrédulité, par l'idolâtrie, par la superstition, par les plaisirs de la chair. Ils adoraient le feu, et s'estimaient très habiles dans l'astrologie, la magie, et l'art de la divination, Daniel 2:2; 4:7; 5:7; Ésaïe 47:12. C'est de chez eux que cette prétendue science s'introduisit dans le pays de Canaan, Ésaïe 2:6, et peut-être même en Égypte.

Puis Cyrus vint, et Babylone fut prise, 538 ans avant J.-C. Plus tard Xercès pilla le temple et le détruisit. Alexandre le Grand, qui voulut le rétablir, 320 ans avant J.-C., employa dix mille soldats à en déblayer les ruines; mais il mourut au milieu de ses débauches sans avoir achevé ses travaux. Enfin Séleucus, un de ses successeurs, voulant s'illustrer, fonda, près de Babylone, une ville qui devait s'appeler Séleucie d'après son nom; pour la peupler, il força cinq cent mille Babyloniens à se transporter dans sa nouvelle capitale. C'est alors que fut consommée la ruine définitive de cette cité.

Voir: Ésaïe 13:19-22; Jérémie, 51, etc.,

Voir: Pierre h.

Nous parlerons, à l'article Caldée, de la religion des habitants de la contrée dont Babylone était la capitale. Les prophéties annonçant la chute complète et la dévastation d'une des merveilles du monde qui semblait devoir durer toujours, se sont réalisées d'une manière étonnante; les voyageurs les plus incrédules ne peuvent, lorsqu'ils ont visité ces ruines fameuses, employer, dans leurs descriptions, d'autres mots ni d'autres phrases que celles mêmes des prophètes,

Voir: Keith, Accompliss, des Proph..

Le roi de Sésac dont il est parlé, Jérémie 25:26, ne saurait être autre que celui de Babel ou Babylone, cf. 51:41; mais l'explication étymologique de ce mot a longtemps embarrassé les interprètes. L'opinion la plus probable est celle de saint Jérôme qui pense que, de peur d'offenser les Caldéens, le prophète aura formé ce nom mystérieux du nom même de la ville de Babel, en comptant les lettres depuis la fin de l'alphabet au lieu de les prendre depuis le commencement (les voyelles ne comptent pas); ainsi les deux B de Babel auront été remplacés par l'avant-dernière lettre S, et la onzième depuis le commencement, L, aura été remplacée par la onzième depuis la fin, K; Bbl aura fait Ssk, Sésak. Pour d'autres explications,

Voir: Dahler, Commentaires sur Jérémie, sect. 18, t. II, p. 201, 202.


BABYLONIE,
province d'Asie, bien connue, dont Babylone était la capitale, mais qui ne doit pas être confondue avec la terre des Caldéens Jérémie 24:5; 25:12; Ézéchiel 12:13. (Cette dernière, d'après Ptolémée, 5, 20, ne comprenait que la partie méridionale de la Babylonie, tandis que la province entière portait le nom de Sinhar.) Elle était bornée au nord par la Mésopotamie, à l'orient par le Tigre, au midi par le golfe Persique, à l'ouest par le désert de l'Arabie. Son territoire, situé sous un ciel pur et salubre, n'était parcouru par aucune montagne un peu haute. La fertilité du sol était fabuleuse et dépassait tous les prodiges de l'Égypte et du Nil; Pline, Hérodote et Strabon en racontent des merveilles; Hérodote même commence par dire qu'il n'ose en parler parce qu'on ne le croira pas, et qu'il faut avoir vu les phénomènes de cette terre pour y croire; il ajoute qu'elle ne rapporte jamais moins de 200 pour 1; et Strabon assure que la récolte atteint souvent le chiffre de 300 pour 1, sans parler de la grosseur extraordinaire des grains. C'était surtout en blé et en palmiers, que la Babylonie était riche; on y trouvait peu de dicotylédones, et les arbres de nos climats, notamment le bois de construction, y étaient rares. Cette exubérante fertilité provenait d'abord de la bonté du sol et du climat, puis des irrigations produites par les crues annuelles du Tigre et de l'Euphrate, irrigations que les habitants avaient régularisées à grands frais, et mises à profit au moyen d'écluses et de canaux, dont un grand nombre étaient même navigables, et qui s'étendaient sur toute la surface du pays.

Les Babyloniens étaient célèbres par leur habileté dans les arts, par la perfection de leurs tapis et autres objets de luxe. Ils avaient accaparé une grande partie du commerce de l'Asie, et leur réputation comme marchands et négociants était universelle, Ézéchiel 17:4. Tandis qu'ils remplissaient par terre toutes les routes un peu fréquentées des caravanes, Ésaïe 43:14, nous les montre faisant aussi le commerce des mers, mais à ce qu'il paraît avec des vaisseaux étrangers, surtout phéniciens. Leurs richesses devinrent immenses et ne furent surpassées que par leurs vices et leurs débordements de tous genres.

Le christianisme s'y introduisit de bonne heure, essentiellement, à ce qu'il paraît, au milieu des familles juives dispersées qui s'y trouvaient depuis la captivité, et dont les ancêtres n'avaient pas voulu jouir du privilège qui leur était accordé de pouvoir rentrer dans leur patrie,

Voir: 1 Pierre 5,13; cf. Psaumes 87:4.

L'apôtre Pierre écrivit de Babylone la première de ses épîtres, et peut-être aussi la seconde. Ce fut aussi là que les Juifs comptèrent leurs plus fameuses synagogues depuis la dernière destruction de Jérusalem; et c'est d'elles que sortit cette vaste compilation rabbinique connue sous le nom de Talmud.


BACA,
nom d'une vallée qui se trouvait sur le chemin de Jérusalem. Ce mot signifie mûrier; il signifie aussi les pleurs, et c'est à cette dernière étymologie qu'il est fait allusion Psaumes 84:6. «Passant dans la vallée de Baca, ils la réduisent en fontaines (de réjouissances).» Il est possible que cette vallée fût la même que celle de Réphaïm.

Voir: ce mot.


BAGUE.
Les Orientaux d'autrefois, comme ceux d'aujourd'hui, aimaient à se parer d'un grand nombre de bagues. Les hommes n'en portaient généralement qu'aux doigts; ces anneaux renfermaient en même temps leur cachet. Les femmes, en revanche, et les enfants des deux sexes, en portaient à profusion, aux doigts, au nez, aux oreilles, aux bras et aux pieds,

Voir: articles Boucles, et Cachet.
BAHAL,
(seigneur ou mari.) Ce fut peut-être dans les premiers temps le nom qu'on donnait au vrai Dieu. Du moins est-il sûr que c'était le nom générique de tous les faux dieux de l'Orient, comme Hastaroth était celui de leurs déesses. Les Moabites, les Phéniciens, les Assyriens, les Caldéens et souvent les Hébreux, eurent leur Bahal, qui, suivant les circonstances, s'appelait Bahal-Bérith, Bahal-Péhor, Bahal-Zébub, etc. De là aussi la terminaison Bal qui caractérise beaucoup de noms d'origine phénicienne, tels que Annibal, Abibal, Asdrubal, Adherbal; etc.;

Voir: encore Eth-Bahal, 1 Rois 16:31.

Ce mot de Banal entrait souvent dans la composition des noms de personnes ou de villes, et alors les Hébreux pieux le changeaient en béseth ou boseth qui signifie honte. Ainsi de Jérubbahal ils avaient fait Jérubbéseth, Juges 6:32; 2 Samuel 11:21; d'Esbahal Is-Boseth, et de Merib-Bahal, Méphiboseth, 1 Chroniques 8:33-34; 2 Samuel 2:12; 9:6.

— Banal est quelquefois féminin (p. ex. Romains 11:4; dans le grec), de même que Hastaroth sert parfois à désigner un dieu. D'autres fois on lit Bahalim, pluriel de Bahal, soit parce qu'il y avait plusieurs divinités de ce nom, soit seulement parce qu'on le représentait sous diverses images. Le culte de Bahal et de son épouse Hastaroth était accompagné de toutes sortes d'abominations. On entretenait toujours un feu allumé dans leurs temples, et on leur élevait des autels dans les bocages, sur les lieux élevés, et même sur les toits des maisons. Jérémie 32:29; 2 Rois 17:16; 23:4-13; Juges 2:13.

Si ce fut Nimrod, ou Bélus, ou Hercule le Tyrien, qui le premier reçut les honneurs divins, c'est ce qu'on ne peut établir positivement; mais il paraît constaté que les Phéniciens adoraient sous ce nom le soleil, et la lune sous celui de Hastaroth.

Les Moabites commencèrent avant le temps de Moïse à rendre un culte à Bahal, et les Hébreux s'y livrèrent déjà du temps de ce législateur et prophète, Nombres 22:41; Psaumes 106:28; ils retombèrent dans cette idolâtrie après la mort de Josué et sous les juges Ehud, Gédéon et Jephthé, Juges 2:13; 3:7; 6:25; 10:6. Samuel paraît l'avoir entièrement fait disparaître pendant le temps de son administration, mais deux cents ans plus tard, Achab et Jézabel la réintroduisirent avec toutes ses abominations: quatre cent cinquante prêtres furent consacrés à Bahal, et presque autant à Hastaroth. Couverts de honte par Élie sur le mont Carmel, et l'impuissance de leurs dieux ayant été démontrée, ils furent saisis et mis à mort par l'ordre du prophète. Joram, fils d'Achab, n'adora pas Bahal sans doute, mais le peuple continua de demeurer dans l'idolâtrie. Après sa mort, Jéhu, feignant une grande vénération pour l'idole, convoqua devant ses autels tous les prêtres de mensonge dévoués au culte de Bahal, et il les fit passer tous au fil de l'épée. Peu de temps après, le souverain sacrificateur Jéhojada, tuteur de Joas, supprima le culte de Bahal dans le royaume de Juda, mais Achaz et Manassé l'y restaurèrent. Josias l'abolit de nouveau, et de nouveau ses fils le rétablirent dans toute sa force, 1 Rois 16:31; 18:18; 2 Rois 10:21; Jérémie 19:5.


BAHALA et Bahalé,
Voir: Kiriath-Jéharim.


BAHALATH,
Voir: Bahah-Gad.


BAHAL-BÉRITH,
nom de l'idole qu'on adorait à Sichem, et dont les Israélites firent leur dieu après la mort de Gédéon, Juges 8:33. Peut-être était-ce la Bérith ou Bore des Phéniciens, fille de leur Vénus et d'Adonis, ou seulement Bahal envisagé comme garant des alliances (Bérith, alliance); ce serait alors le Orkios des Grecs et le Jupiter Sponsor, ou Fidius-Ultor des Romains.


BAHAL-GAD,
ville située au pied nord-ouest du mont Hermon, dans la vallée du Liban, à l'extrême frontière nord-est de la terre promise; peut-être aussi le nom d'une des sommités de l'Hermon, Josué 11:17; 12:7; 13:5. Elle possédait un temple dédié au soleil ou à Bahal, dont la célébrité remonte à des temps très anciens: de là son nom grec d'Héliopolis, ses noms hébreux de Beth-Sémès, Josué 19:38; Juges 1:33, de Baal-Hammon, Cantique 8:11, de Bahalath, 1 Rois 9:18, si toutefois ces divers noms désignent bien la même ville dont les ruines étonnent encore les voyageurs par leurs proportions gigantesques.

— Quelques-uns comparant 1 Rois 9:18; 2 Chroniques 8:6, et Josué 19:14, pensent qu'il faut chercher le Bahalath que fortifia Salomon, dans le voisinage de Guézer et de Beth-Horon, par conséquent dans la tribu de Dan: ces trois villes auraient été bâties et fortifiées pour prévenir une irruption des Égyptiens; mais dans 1 Rois 9:17-18, on voit au contraire que Guézer et Beth-Horon sont liées l'une à l'autre, tandis que Bahalath paraît l'être davantage à Tadmor (Palmyre). Le nom moderne de Bahalath est Baalbeck, si, comme nous le pensons, on doit la chercher sur les frontières de la Syrie; là, dans un petit village à peine habité maintenant, l'on trouve comme monuments d'une grandeur passée, les ruines du temple du Soleil, les blocs les plus lourds qui aient été jamais remués par la main des hommes, des blocs de 23 mètres de longueur, larges de 4 et épais d'autant, présentant ainsi des masses de plus de 350 mètres cubes; et cette ville, ajoute Bræm, est à peine mentionnée dans l'histoire! Elle sert aujourd'hui de capitale aux Moutoualis, montagnards farouches et pillards qui rôdent aux environs.


BAHAL-HANAN
(grâce de Bahal), fils de Hacbor, septième roi des Édomites. Son nom donnerait lieu de croire que le culte de Bahal avait alors prévalu chez les descendants d'Ésaü, comme chez ceux de Canaan. Genèse 36:38.


BAHAL-HATSOR,
ville près d'Éphraïm, à 15 kilomètres environ nord-est de Jérusalem, entre Béthel et Jérico. Il y en a qui croient que c'est Hatsor de la tribu de Juda, Josué 15:25. Mais alors il faudrait la placer plus au midi. C'est là qu'Absalon lit le festin qu'il ensanglanta par le meurtre de son frère Amnon. 2 Samuel 13:23.


BAHAL-HERMON,
Juges 3:3; 1 Chroniques 5:23. Une partie du mont Hermon; peut-être la même que Bahal-Gad.


BAHALIS,
roi des Hammonites, qui envoya Ismaël, fils de Néthania, pour assassiner Guédalia, commissaire de Nébucadnetsar auprès des Juifs restés en Canaan, Jérémie 40:14. Cette mission ne pouvait avoir d'autre motif que la haine enracinée des Hammonites contre les Juifs, et l'espoir de profiter ensuite des troubles qui résulteraient de la mort du gouverneur: aussi paraît-il bien que les Juifs regardèrent la mort de Guédalia comme une calamité publique. Ismaël, de son côté, se prêta de fort bonne grâce à la mission de meurtre dont il était chargé, poussé par la jalousie, parce qu'étant de sang royal, il n'avait pas été nommé gouverneur.


BAHAL-MÉHON,
Nombres 32:38, Beth-Bahal-Méhon, Josué 13:47, Beth-Méhon, Jérémie 48:23, Béhon, Nombres 32:3. Probablement ce n'était qu'une même ville avec différents noms; elle appartenait à la tribu de Ruben. Les Hébreux l'enlevèrent à Sihon, qui l'avait peut-être conquise lui-même sur les Moabites: ceux-ci la reprirent, mais elle fut plus tard détruite par les Caldéens, cf. Ézéchiel 25:9. Il paraît cependant qu'elle fut rebâtie de nouveau, et qu'elle existait sous les Maccabées.


BAHAL-PÉHOR,
Nombres 25:3. Idole des Moabites et des Madianites; quelques-uns pensent que c'était le Mitsraïm, ou l'Osiris des Égyptiens, ou le Priape des Grecs: elle s'appelait Péhor du lieu où était son temple, comme Jupiter fut appelé Olympien, du mont où il était adoré. Ce lieu a pris ensuite le nom de Bahal-Péhor, et plus tard nous le retrouvons aussi sous celui de Beth-Péhor, Deutéronome 4:46. Le changement de Bahal en Beth se retrouve également dans quelques-uns des noms qui suivent.


BAHAL-PÉRATSIM,
endroit qui se trouvait dans la vallée des Réphaïm, où David mit en déroute les Philistins, 2 Samuel 5:20; 1 Chroniques 14:11, cf. Ésaïe 28:24. Il pouvait être à 5 kilomètres sud-ouest de Jérusalem.


BAHALSALISA,
2 Rois 4:42, ville ou village de la Palestine, probablement dans le pays de Salisa, 1 Samuel 9:4, mais du reste, inconnu. Eusèbe et Jérôme font mention d'un Beth-Salisa, ville à 25 ou 26 kilomètres au nord de Diospolis: ce pourrait bien être la même.


BAHAL-THAMAR
(Baal des palmiers), Juges 20:33, lieu près de Guibha. Peut-être que les Cananéens y adoraient Bahal dans un bocage planté de palmiers. C'est là que la tribu de Benjamin fut presque entièrement détruite par les autres tribus, à cause du crime des Benjamites contre la femme d'un lévite d'Éphraïm.


BAHAL-TSÉPHON
(Bahal du Nord), Exode 14:2; Nombres 33:7. Était-ce une idole placée à l'extrémité nord de la mer Rouge, comme pour garder l'entrée de l'Égypte, ou bien une place fortifiée? c'est ce qu'on ne saurait décider: cette dernière opinion est cependant la plus probable, mais elle peut se concilier avec l'autre, en admettant que la ville avait pris son nom de l'idole même qui s'y trouvait placée.


BAHAL-ZÉBUB,
(Bahal des mouches), 2 Rois 1:2-3, dieu de Hékron. Il paraît, ou qu'on le représentait sous l'image d'une mouche, ou qu'on le regardait comme appelé à garantir de la piqûre des mouches malfaisantes: peut-être était-ce le même que le Hacor de Cyrène à qui l'on attribuait un semblable pouvoir, et que le Jupiter chasse-mouche (apomuïos) des Grecs. Le culte de cette fausse divinité était encore en usage au temps de notre Sauveur, puisque les Juifs l'accusèrent de chasser les démons par Béelzébub le prince des démons, c'est-à-dire par Satan, comme le montre la réponse de Jésus, Matthieu 12:24; cf. 10:25; Marc 3:22; Luc 11:15,18; mais en passant dans la langue hébraïque, le nom du Dieu païen fut défiguré de diverses manières, conformes au mépris que les Hébreux professaient pour tout ce qui venait du dehors, en religion surtout. Les uns l'appelèrent Béelzebul (ou Zéboul), dieu du fumier, surnom dont le sens n'avait pas besoin d'explication sans doute, mais dont la formation grammaticale n'était pas tout à fait conforme au génie de la langue hébraïque, puisque fumier se dit Zébel, et non Zéboul; cependant chacun sait que lorsqu'il s'agit d'un jeu de mots, l'on ne se montre pas trop exigeant quant à l'exactitude et à la précision linguistique. D'autres, à ce qu'il paraît, appelèrent ce faux dieu Banal ou Béelzébuth, soit qu'on veuille y voir un pluriel abrégé de Bahal-Zébub pour Bahalzébuboth, soit que les habitants d'Hékron aient eux-mêmes voulu donner, au nom de leur divinité, cette terminologie qui la faisait ressembler un peu à celle de Bahalzébaoth, l'Éternel des armées, des Hébreux, soit qu'ils aient cherché auprès des nations étrangères à cacher ce qu'il y avait de puéril dans l'image et dans les attributions de leur dieu, en déroutant par un simple changement de lettres, les recherches qu'on eut pu faire à ce sujet; soit enfin que les Hébreux eux-mêmes se tissent scrupule de nommer par son nom une divinité païenne. À côté de ces diverses explications sur le nom de Béelzébuth, il en resterait encore une, c'est que cette manière d'écrire ne serait autre chose qu'une faute d'orthographe: on ne peut guère se prononcer d'une manière absolue, et chacun peut choisir l'explication qui lui paraît le plus probable.


BAHANA et Récab,
fils de Rimmon, Benjamites, officiers dans l'armée de Saül. Désespérant, après la mort de leur maître, de voir réussir son parti et celui de son fils leur nouveau roi Is-Boseth, ils se défirent de lui pendant son sommeil, lui tranchèrent la tête, et s'en furent la porter au prétendant, dans l'espoir d'en obtenir une riche récompense. Mais David, après leur avoir reproché vivement l'horreur de leur trahison, ordonna qu'on les mît à mort, qu'on leur coupât les mains et les pieds, et qu'on les suspendît au-dessus de l'étang de Hébron, 2 Samuel 4, ce qui fut immédiatement exécuté.


BAHASA,
1 Rois 15:27; 2 Chroniques 16:1; etc., fils d'Ahija, de la tribu d'Issacar, général en chef des armées de Nadab, conspira contre son maître, le vainquit, le mit à mort, et monta sur le trône à sa place. Il fut ainsi le troisième roi d'Israël, 953 avant J.-C. À peine établi sur le trône, il fit égorger toute la famille de Jéroboam, selon l'usage des usurpateurs d'exterminer les dynasties qu'ils veulent remplacer par la leur; il choisit Tirtsa pour sa résidence, et voulut fortifier Rama, ville frontière située entre ses États et ceux de Juda; mais Asa, roi de Juda, traita avec Ben-Hadad, roi de Syrie, qui rompit son alliance avec Bahasa, et sortit contre lui; il attira son ennemi vers le Nord et le vainquit. Bahasa fut de même en hostilités constantes avec Asa, mais ne put rien entreprendre contre ce monarque aimé de Dieu. Il régna vingt-quatre ans; sa longue administration montra sa prudence et son habileté, comme son usurpation même avait prouvé son courage: mais ces vertus toutes terrestres, si même le monde consent à les décorer de ce nom, ne purent le préserver des châtiments d'en haut. Après avoir servi de verge à l'Éternel pour punir la famille de Jéroboam, il entendit le prophète Jéhu prononcer contre sa race les mêmes malédictions que le prophète Ahija avait prononcées contre la maison de Jéroboam. Éla son fils lui succéda, mais deux ans après sa dynastie n'existait plus; Zimri l'usurpateur avait assassiné le fils d'un usurpateur impie, et mis à mort toute sa maison.

Le nom de Bahasa se retrouve 1 Rois 21:22; 2 Rois 9:9; Jérémie 41:9.


BAHURIM,
ville de la tribu de Benjamin, à 2 kilomètres environ nord-est de Jérusalem; 2 Samuel 3:16; 16:5; 17:18. On croit que c'est la même que Halmon.


BAILLIS,
Daniel 3:2. Les différents noms donnés dans ce passage aux officiers de la cour et du royaume de Nébucadnetsar, sont difficiles à traduire, et n'expriment pas tous des idées qui puissent nous être claires, parce que plusieurs des charges désignées ne nous sont pas connues, et que d'autres se rapportent à des fonctions qui sont sans analogie parmi les peuples de l'Occident, soit anciens, soit modernes? Nous en donnerons ici la traduction aussi exacte que possible, et si nous avons quelque chose à ajouter sur quelques-unes de ces fonctions, nous le ferons à leurs articles spéciaux. «Nébucadnetsar fit convoquer les satrapes, les gouverneurs lieutenants (du roi), les gouverneurs de provinces (militaires?), les juges supérieurs (au lieu de baillis), les trésoriers, les juges, les hommes de loi, et tous les fonctionnaires (sous-gouverneurs, ou employés) des provinces», etc.


BAINS.
Les bains sont en Orient plus nécessaires que partout ailleurs à cause de l'ardeur du climat, soit sous le point de vue de la propreté, soit sous le rapport sanitaire, comme mesure de précaution contre les maladies de la peau si répandues dans les pays chauds, où la poussière, les miasmes et la transpiration se réunissent pour les rendre redoutables. Aussi les bains étaient-ils regardés chez les Hébreux comme un objet de première nécessité, cf. Néhémie 4:23, et dans certains cas la loi même les prescrivait en guise de purification pour ceux qui étaient entachés de quelque souillure, cérémonielle ou légale, de telle sorte qu'ils étaient, à cet égard, en relation intime avec la religion mosaïque. Des ablutions étaient ordonnées pour les lépreux, Lévitique 14, pour celui qui avait mangé d'une bête morte de mort naturelle 17:15-16, pour celui qui avaient touché un reptile 22:6; cf. encore 15:5; 13:58; Nombres 19:19; Deutéronome 23:11.

— On ne se baignait pas seulement dans les fleuves, Lévitique 15:13; 2 Rois 5:10; il y avait aussi dans les maisons des grands, et dans leur cour, des salles de bains 2 Samuel 11:2, et même, plus tard, les Juifs eurent, comme les Grecs et les Romains, des bains publics dans leurs principales villes. Hors de leur pays, et là où les populations juives et païennes se trouvaient mélangées, les Juifs ne craignaient pas de se rencontrer aux mêmes bains avec les gentils. Les femmes se servaient quelquefois de son en guise de savon. Parmi les bains naturels que l'on trouvait en Palestine, et qui étaient considérés comme ayant une influence favorable sur les maladies, il faut remarquer ceux de Tibériade, de Gadara et de Béthesda,

Voir: ces articles.

Flavius Josèphe mentionne encore celui de Kalirrhoon. Les Arabes de nos jours, n'ayant pas toujours à leur portée des sources ou des rivières pour accomplir les lustrations qui leur sont prescrites par le Coran, remplacent parfois l'eau par du sable ou de la terre dont ils se frottent le corps au lieu de se baigner; quelques interprètes ont essayé de voir une allusion à cet usage dans le passage 2 Rois 5:17, où Naaman demande la permission d'emporter de la terre sacrée la charge de deux mulets.


BAISER.
Outre le baiser d'amour, dont quelques rabbins ont voulu faire abstraction complète, la Bible nous montre encore le baiser,

  1. comme marque d'amitié au moment de l'arrivée, Luc 7:45; 15:20; au moment du départ, Ruth 1:14; Actes 20:37, ou dans une rencontre Matthieu 26:48; 2 Samuel 20:9. On baisait le visage, Genèse 29:13; 33:4; Exode 4:27; 18:7; 1 Samuel 20:41; etc., ou bien la barbe, qu'on prenait avec la main droite, 2 Samuel 20:9. Dans l'Église primitive le baiser fraternel était considéré comme signe de l'union sainte qui liait les frères les uns aux autres, Romains 16:16; 1 Corinthiens 16:20; 2 Corinthiens 13:12; 1 Thessaloniciens 5:26. Les frères se le donnaient dans les assemblées publiques, comme cela se pratique encore dans quelques-unes des églises de nos jours qui aiment à conserver avec l'ancien amour les anciennes formes par lesquelles il se manifestait. Ce baiser était aussi le signe de la réconciliation entre des personnes ennemies jusqu'alors. Genèse 33:4.

  2. C'était une marque de vénération, d'hommage et de respect rendu d'abord

    1. à la Divinité, au Dieu d'Israël et des chrétiens, Psaumes 2:12. (baisez le Fils de peur qu'il ne s'irrite), et aux divinités étrangères par leurs adhérents, 1 Rois 19:18; Osée 13:2. (qu'on baise les veaux); ces derniers baisaient les statues de leurs dieux quand ils le pouvaient, et leur envoyaient des baisers quand le dieu était trop loin, comme par exemple le soleil levant,

      Voir: Pline 28, 5; cf. Job 31:27;

    2. puis aux princes que l'on voulait honorer et se rendre favorables. Samuel baisa Saül en l'oignant roi sur Israël, 1 Samuel 10:1. Dans l'Orient moderne on baise les mains, les genoux ou les pieds des rois (comme du pape); tous ne sont pas même admis à cet honneur insigne; cf. Ésaïe 49:23; Michée 7:17; Psaumes 72:9. Nous voyons encore Ester (5:2) baiser le bout du sceptre que lui tend son royal époux.


BAJITH.
Ésaïe 15:2. C'était, ou bien un simple temple, ou bien une ville du pays de Moab, dans laquelle se trouvait un temple. C'est là que le roi de Moab se rendit pour adressera son idole de vaines supplications contre les Assyriens. Il serait possible que ce Bajith ne fût autre que Bahal-Méhon.


BALAAM,
fils de Béhor ou Bosor, fameux prophète ou devin de la ville de Péthor sur l'Euphrate, espèce d'astrologue ou de mage, parfois même prophète; car, livré à toutes les bassesses de l'avarice et à toutes les souillures du paganisme, Balaam n'ignore pas les traditions des ancêtres, des patriarches et du Dieu de Noé. Il appelle encore Jéhovah son Dieu, sans doute parce qu'il appartenait à la postérité de Sem, dans la famille duquel la connaissance et le culte du vrai Dieu s'étaient conservés avec le plus de pureté. Il paraît même, d'après le conseil abominable que Balaam donna à Balac, qu'il se formait une juste idée de la sainteté de l'Éternel. Le roi moabite, espérant de vaincre Israël, avait essayé de le faire maudire par le Dieu même qui protégeait ce peuple. Séduit par de riches présents, Balaam part malgré les avertissements d'une voix intérieure, et malgré le sentiment qu'il a de l'œuvre inique dont il se charge. Il selle son ânesse, il se met en route; mais déjà il doit s'arrêter, la bête qui le porte refuse d'avancer; elle voit un ange que le regard obscurci du cupide prophète n'aperçoit pas, et Balaam, sourd à la voix de la conscience, doit entendre la voix d'une bête de somme qui l'humilie, celle d'un messager céleste qui l'effraye. Ces graves reproches le font rentrer en lui-même; mais sa repentance est hypocrite comme l'ont été ses prières et sa désobéissance. Toutefois l'ange ne lui ordonne pas de retourner en arrière; il lui annonce au contraire des prophéties du ciel: Tu ne diras que ce qui te sera inspiré. Dieu va se créer un prophète dans la personne de Balaam, comme il a fait de l'ânesse une prophétesse, et le peuple de Dieu se voit béni par la bouche de celui-là même qui, séduit par l'or, venait pour le maudire. Balaam ne prononce que des bénédictions; il annonce l'étoile qui doit venir, et ses paroles mystérieuses touchant le Messie sont recueillies avec empressement par les païens avides d'un Sauveur. Il annonce encore le bonheur et la prospérité dont jouiront les enfants d'Israël dans la terre promise, comment ils se soumettront toutes les nations environnantes, et celle même du roi que le faux prophète voudrait servir; il dit aussi que les Juifs seront toujours un peuple à part qui ne se confondra pas avec les autres peuples. Puis dans le sentiment de son péché, mais sans repentance, le malheureux s'écrie: Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur. Nombres 23:10. Ce désir ne fut pas exaucé, parce que Balaam demandait mal; et quand les douze mille d'Israël se furent avancés contre Moab et contre les Madianites, cinq rois furent tués et Balaam avec eux, Nombres 31:8. Le nom de ce faux prophète est rappelé Néhémie 13:2; 2 Pierre 2:15; Jude 11; Apocalypse 2:14; et Michée nous parle encore (6:5) d'un conseil que Balac avait pris contre Israël, et d'une réponse remarquable que lui fit Balaam.

Cette histoire présente plusieurs difficultés dont quelques-unes sont heureusement résolues par M. Grandpierre, dans son Essai sur le Pentateuque, d'après l'ouvrage allemand de Hengstenberg sur Balaam. Comme on trouve dans les paroles et la conduite du faux prophète un mélange d'erreur et de vérité, il est probable qu'il y avait aussi dans son origine quelque chose de louche; il est à la fois juif et païen. Nous sommes plutôt disposé à croire qu'il était Hébreu de naissance, et que, toujours poussé par la cupidité et l'ambition, il a préféré mettre ses dons et ses lumières au service du plus offrant. La Caldée était pour lui un meilleur terrain que le désert du voyage, et il ne risquait pas d'y rencontrer un Moïse. Comme les prophètes, il était quelquefois maître de son inspiration; il ne le fut pas toujours: il dut obéir quand Dieu ordonna. Le discours de l'ânesse a égayé bien des incrédules, mais ce n'est pas une preuve; le fait n'est pas plus extraordinaire que bien d'autres, et ne demande pas d'explications.

— Son histoire est racontée Nombres 22 à 24.


BALAC,
fils de Zippor, roi des Moabites. Effrayé de voir sur ses frontières ces Israélites dont la réputation belliqueuse et conquérante était parvenue à sa connaissance par la défaite de Sihon et de Hog, il sentit la nécessité de s'appuyer sur un secours puissant et eut recours à Balaam. C'est donc par des malédictions qu'il voulait préluder à cette guerre; mais le refus de Balaam, et la prophétie solennelle qu'il prononça sous l'impulsion du Saint-Esprit détournèrent Balac de son premier dessein. Les Moabites cependant, comme les Hammonites, n'avaient rien à craindre de l'approche d'Israël, Deutéronome 2:9; mais la terreur de ces peuples n'en était pas moins légitime, puisqu'ils ne connaissaient rien, ni des plans de Dieu, ni des desseins des Israélites.


BALADAN,
2 Rois 20:12; Ésaïe 39:1, père de Mérodac-Baladan, q.v.


BALATH-BÉER, ou Bahal,
Josué 19:8; 1 Samuel 30:27, ou Bahal, 1 Chroniques 4:33, ville des Siméonites, située probablement vers les frontières sud-ouest du territoire appartenant à cette tribu. Elle est encore appelée Rama du midi, et peut-être aussi n'est-elle autre que cette Ramoth à laquelle David envoya une partie des dépouilles enlevées sur les Hamalécites.


BALEINE.
Le nom de cet animal se trouve dans nos traductions, Genèse 1:21; Job 7:12; Psaumes 74:13; Matthieu 12:40. La version anglaise l'a encore Ézéchiel 32:2; la Bible de Luther l'a comme la version française. Le mot hébreu est Than ou Thannin; les Septante l'ont traduit par Kétos, qui signifie effectivement baleine, et notre traduction de Matthieu 12:40; est exacte; mais l'hébreu doit-il se rendre par Kétos? signifie-t-il une baleine? C'est extrêmement peu probable. On ne saurait croire que les écrivains sacrés aient eu connaissance de cet animal, qui n'a jamais paru ni sur les côtes de la Palestine, ni sur celles de l'Égypte, soit du côté de la Méditerranée, soit du côté de la mer Rouge, et les rapports des voyageurs à cette époque n'avaient pas encore atteint le Groenland, le Spitzberg, ou les mers qui sont le séjour des baleines. Mais si l'on est d'accord à penser qu'il ne s'agit pas de ce gros cétacé dans les passages cités, ni dans l'histoire de Jonas, les opinions varient beaucoup lorsqu'il s'agit de déterminer d'une manière positive quel était ce poisson; il paraît que le même mot doit se traduire diversement dans les différents passages. On pense qu'il s'agit du crocodile dans le verset de la Genèse. (Harris, Natural Hist. of the Bible. Hurdis, Critical Dissert, on the word wahle in Genesus 1:24, etc.) Quant au grand poisson de Jonas, les uns ont prétendu que c'était l'orca de Pline, espèce de dauphin (Hase, etc.); d'autres (Calmet, Bochart, Linnée, Winer) pensent, et c'est l'opinion la plus probable, que c'est le chien marin (canis carcharias, ou squamus carcharias, de Linnée), le requin, dont la mâchoire est armée de quatre cents dents aiguës, rangées sur six rangs, et dont la gueule est si vaste qu'elle peut, fort à son aise, engloutir un homme tout entier. Il n'est pas rare de voir ce monstre avaler des hommes et même des chevaux, et l'on a trouvé jusqu'à dix thons dans l'estomac d'un requin dont le poids s'élevait à peine à quatre cents livres. On dit que lorsqu'un de ces poissons tiendrait la gueule ouverte un moment, un chien pourrait descendre jusqu'au fond de son estomac pour y chercher la nourriture qui s'y trouve.


BALTHASAR,
Voir: Belsatsar.


BAMOTH,
Nombres 21:19. Ville située au-delà du Jourdain, sur les frontières du pays de Moab; d'après Eusèbe, elle aurait été située sur l'Arnon: c'est la même que Bamoth-Bahal, Josué 13:17.


BANNISSEMENT.
Le Nouveau Testament nous présente dans l'interdiction, ou expulsion de la synagogue, une espèce de peine ecclésiastique, et comme une excommunication juive; elle était prononcée, en général, dans les cas d'hérésie, Luc 6:22; Jean 9:22; 12:42; 16:2. On faisait couvrir de pierres, par jugement, le corps de celui qui mourait interdit. Pendant tout le temps que durait la peine, le condamné ne pouvait se raser, ni se couper les cheveux, et il ne pouvait entrer dans le temple que par une porte faite exprès. La Gémara, du reste, et les rabbins parlent de deux espèces d'excommunications différentes, la petite et la grande. Cette dernière, accompagnée de malédictions, pouvait être plus ou moins longue; elle empêchait toute espèce de rapports et de communications avec le dehors, et ne pouvait être prononcée par moins de dix membres de la synagogue. L'autre, moins sévère, pouvait être prononcée par un seul homme, le rabbin, par exemple; sa durée ne pouvait excéder trente jours, et celui qui était ainsi exclu de la synagogue continuait de vivre avec sa famille sans en être empêché, même il pouvait traiter ou converser avec d'autres, moyennant qu'il y eût entre eux et lui la distance de quatre coudées, un peu plus de deux mètres.

C'est de cette excommunication que fut puni l'aveugle-né dont Jésus avait opéré la guérison, Jean 9:34.

Quelques rabbins parlent encore d'une troisième espèce d'excommunication plus sévère que les deux autres, et qui aurait consisté à livrer un homme à tous les maux, à le livrer à Satan, cf. 1 Corinthiens 5:5; 1 Timothée 1:20. On pourrait y joindre encore cette exécration de la part de Christ, dont il est parlé Romains 9:3. Mais tout en admettant comme un fait très naturel qu'il y ait eu divers degrés d'excommunication, il n'est rien moins que prouvé que les expressions sus-mentionnées renferment des allusions à quelques usages juifs, et l'on ne peut rien préciser au-delà de ce que nous avons dit sur la grande et la petite excommunication.

Quant au bannissement comme peine politique, nous en trouvons une trace dans le passage Esdras 10:8.


BAPTÊME.
Ce mot indique primitivement l'acte de plonger, de tremper, puis de laver et de nettoyer. Dans l'original du passage Marc 7:8, il y a «le baptême des pots et des coupes.»

— Pris dans le sens religieux, ce mot n'implique pas nécessairement, quoique certaines congrégations le prétendent, l'idée d'une immersion totale. Tous les passages allégués en faveur de cette assertion peuvent admettre une interprétation moins littérale, et indiquer seulement que celui qui devait recevoir le baptême, et celui qui devait l'administrer, entraient l'un et l'autre des pieds dans l'eau à une hauteur indéterminée, et que ce dernier répandait peut-être avec la main de l'eau sur la tête du néophyte,

Voir: Actes 8:38.

Le mot de l'Évangile, que Jean baptisait à Énon «parce qu'il y avait là beaucoup d'eau», Jean 3:23, ne prouve pas davantage cette immersion absolue. Dans ces pays brûlants, les torrents, et jusqu'à un certain point les rivières, sont sujets à se dessécher presque entièrement dans certaines saisons de l'année; on vit un roi, Achab, et l'un de ses principaux officiers, se mettre personnellement en chemin pour aller chercher des endroits un peu arrosés, 1 Rois 18:5-6.

Voir: encore 2 Rois 3:9, etc.

Dans le passage de l'Évangile qu'on vient de citer le mot beaucoup pourrait donc parfaitement signifier ce qu'ici, dans la zone tempérée, nous appellerions un peu, d'autant plus que le mot eaux est dans le grec au pluriel; ce qui semblerait indiquer, presque avec certitude, non pas une eau profonde, mais une grande ramification du torrent, qui permettait peut-être à Jean-Baptiste de faire baptiser simultanément en plusieurs endroits.

— La raison la plus puissante peut-être pour repousser l'idée des baptêmes par immersion totale, c'est l'obligation absolue où aurait été la multitude qui venait se faire baptiser par Jean au désert, Marc 1:5, d'apporter des vêtements de rechange et de se déshabiller ainsi complètement, hommes et femmes. La chose semble inadmissible et impraticable. À combien plus forte raison dans nos climats, et dans les profondeurs du Nord! On allègue que le baptême chrétien devant être l'image d'un ensevelissement, et de la mort à une vie précédente, à laquelle succède une résurrection, l'immersion totale représente mieux la chose. Mais l'Évangile n'est pas si matériel qu'il s'asservisse à représenter à ce point-là les idées qu'il veut figurer. Il donne quelques signes, et celui qui a de l'intelligence comprend.

Nous venons de dire quel est le sens du baptême, du moins du baptême chrétien; et pour nous borner à ce qui regarde l'Écriture sainte, il nous semble que c'était même la signification de toutes les espèces de baptêmes religieux dont nous parle la Bible; car elle en indique plusieurs à différentes époques de la vie théocratique, et différents peut-être dans les cérémonies qui en accompagnaient l'application. Jacob et sa famille se lavèrent avant de s'approcher de Dieu à Béthel, Genèse 35:2. Les Hébreux en firent autant avant d'entrer dans l'alliance de l'Éternel en Sinaï, Exode 19:14; 1 Corinthiens 10:2. Aaron et ses fils se lavèrent également lorsqu'ils furent initiés à la sacrificature, Exode 29:4. Enfin, sous le ministère de saint Jean, même avant le baptême chrétien proprement dit, le baptême devint le sceau de la nouvelle alliance, ayant alors déjà la même signification qu'il eut plus tard, bien qu'il n'annonçât pas aussi clairement la doctrine du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Actes 19:3.

— Dans ces différents cas, et quel que soit le sens spécial que pourraient donner à la chose ceux qui étaient lavés, le baptême était toujours un rite d'initiation.

Quant au baptême chrétien, la belle signification dont nous venons de parler est positivement indiquée par saint Paul, Romains 6:3-11; elle est pleine de grandeur et correspond exactement aux idées que se faisaient déjà les esséniens, et que se sont faites, après eux, les moines catholiques romains, du renoncement au monde qui doit caractériser toute âme vraiment pieuse. Seulement les deux sectes que nous indiquons ici bornaient ce renoncement à quelques individus dont elles faisaient une sorte d'élite, tandis que Jésus et son Évangile imposent cette sainte et douce obligation à tout fidèle. Dans ce sens-là, le baptême d'un homme qui embrasse la foi correspond presque en tout point à ce qu'est la prise du voile chez une religieuse, l'endossement de l'uniforme chez un militaire, la robe virile chez les Romains. Ce n'est qu'un type, un symbole, mais un symbole parlant. Et c'est par ces considérations qu'on doit expliquer ce qui est dit dans l'endroit de l'épître aux Romains, indiqué plus haut, «que nous sommes ensevelis avec Christ par le baptême:» c'est évidemment par la foi en Christ, et par le don que nous lui faisons de nous-mêmes, que nous sommes ensevelis avec lui, et non par la cérémonie même. Mais comme le symbole se liait étroitement, pour ceux à qui Paul écrivait, à la foi dont il s'agit, l'apôtre argumente de l'un comme de l'autre. Cela se lait tous les jours: il n'est pas un militaire à qui l'on ne puisse dire: Tes épaulettes, ta cocarde, ton uniforme t'ont fait renoncer à ton père et à ta mère, au foyer de ta famille, et à ses douceurs; tu es mort à la vie civile, tu né vis plus que pour défendre ta patrie et pour obéir à tes nouveaux supérieurs.

Sans doute cette signification symbolique du baptême s'applique bien plus naturellement et plus réellement à ceux qui ont reçu le baptême après avoir embrassé l'Évangile par conviction, qu'à ceux qui l'ont reçu enfants. Mais, dans les deux cas, elle reste pourtant. Et peut-être, ce qu'on peut dire de plus sage en faveur du baptême des enfants (la Bible laissant cette question pour le moins indécise), c'est que la foi étant un devoir aussi bien que le moyen du salut, l'enfant du chrétien peut être consacré au Seigneur, même avant son consentement, comme on voit un enfant né dans la troupe, porter dès ses plus jeunes années le costume de soldat, quitte à lui de refuser plus tard, ou même de déserter. Ce n'est du reste pas ici le lieu d'examiner la question difficile et délicate du baptême des enfants.

Un passage assez obscur, relatif à ce sujet, et qui est, selon nous, généralement mal traduit, est celui où saint Pierre dit que le baptême qui nous sauve n'est pas celui par lequel sont nettoyées les impuretés de la chair, 1 Pierre 3:21. On ajoute ensuite: «Mais c'est la promesse faite à Dieu d'une conscience pure» (ou quelque autre version semblable). Il faut traduire: Mais c'est la recherche que fait de Dieu une conscience pure.»

Le baptême n'est qu'un symbole, mais ce serait se tromper grandement que d'en conclure qu'il peut être négligé ou aboli, comme chez les quakers, par exemple. Les symboles sont une des choses qui ont les racines les plus profondes dans la nature humaine; le peuple est plein de cette idée. Des barbares font un pacte, et ils élèvent une pierre sur le lieu de la transaction, «afin qu'elle soit témoin de leurs promesses.» Un juge prononce une sentence de mort, il brise un bâton en la prononçant; tous les assistants frémissent. Un manœuvre revêt l'uniforme, c'est un homme nouveau. Un prêtre romain élève son idole, et chacun peut apercevoir le frémissement qui parcourt l'église au moment où la foule adore, sans s'en douter, le Numen..., Satan, qui s'est mis sous le symbole à la place de Dieu!

Les symboles, la représentation des choses spirituelles par des objets ou des actes matériels, se retrouvent dans l'Écriture, comme ils se trouvent dans la nature. Ils sont un besoin, et souvent un moyen, un secours, une obligation; ils sont aussi une profession, un acte public, et c'est dans ce sens, mais dans ce sens seulement, que Jésus parlant à Nicodème, Jean 3:3, met le baptême d'eau sur la même ligne que le baptême d'esprit.

La controverse relative au baptême des adultes, toujours fort vive en Angleterre, aux États-Unis et aux Indes Orientales, n'a jeté qu'une lueur fugitive sur le continent, où des questions malheureusement bien plus graves, ont dû forcément accaparer et absorber l'attention des chrétiens. C'est à Genève, en 1825, que cette question a été le plus chaudement discutée (la Famille Baptiste, la Famille Baptisée, etc.); dès lors les baptistes suisses, tout en conservant leurs principes, se sont fondus dans les troupeaux déjà existants; quelques Églises pédobaptistes ont même pris des mesures spéciales, destinées à faciliter aux baptistes leur admission sans gêner en rien leur conscience. Parmi les rares ouvrages publiés en France en faveur du baptême exclusif des adultes, nous citerons, comme complet et curieux, le Catéchisme du Baptême d'après les saintes Écritures et un grand nombre d'auteurs pédobaptistes (Douai 1843), Des rapports entre le Baptême et la Cène (1849), Recherches sur le Baptême, par J.-B. Crétin.

Au reste, la question de fond ne peut sérieusement souffrir de difficultés; le baptême des petits enfants est la conséquence logique du système des Églises nationales; le baptême des adultes, des adhérents, des professants, est la conséquence logique du système des Églises de professants, quelque nom qu'on leur donne d'ailleurs, Églises indépendantes, libres, dissidentes ou autres. L'Église primitive baptisait ceux qui croyaient, parce qu'alors, l'accession à l'Église était un fait individuel et volontaire; si l'on fait de l'Église, en dénaturant la notion, un établissement d'évangélisation et d'appel, point de vue qui peut se soutenir par des raisons spirituelles et morales plutôt que scripturaires et ecclésiastiques, le baptême des enfants est justifié; les baptisés sont les appelés; mais si l'Église ne comprend que les adhérents ou les élus, le baptême n'appartient plus qu'aux adultes. L'honorable B. Noël, en quittant l'Église anglicane, s'est fait rebaptiser; il a été plus logique dans sa conduite que ceux qui l'ont précédé ou suivi en Suisse, en Écosse et en France; il n'a pas quitté un nationalisme pour un autre.

Les baptistes compromettent souvent leur cause par l'étroitesse et l'exclusisme avec lequel ils s'attachent, non seulement à leur point de vue quant au baptême des adultes, mais encore au baptême par immersion. Une forme n'est pas un dogme fondamental. À cet égard, ils subiront aussi l'influence de l'alliance évangélique.


BAPTISTE,
surnom de Jean le précurseur, et parent du Messie»,. Jean, et Baptême.


BARABBAS.
Son histoire se lit en Matthieu 27:16; sq. Jean 18:40.


BARAC,
fils d'Abinoam, de Kédès, dans la tribu de Nephlhali, général Israélite, fut chargé par Débora de lever une armée de 10,000 hommes dans les tribus de Zabulon et de Nephthali, et d'attaquer Sisera. Il témoigna d'abord quelque hésitation, craignant que les tribus ne refusassent de le suivre si rien n'appuyait son appel aux armes. Débora consentit à l'accompagner, mais le punit de son manque de foi en lui annonçant que le général ennemi tomberait sous les coups d'une femme. Barac n'hésite plus, il part, et campe sa petite armée sur les hauteurs du mont Thabor, inaccessibles aux chariots et à la cavalerie du roi de Hatsor. L'Éternel combattit des cieux, Israël remporta la victoire; mais lorsque Barac arriva, cherchant son ennemi pour le mettre à mort, la prophétie de Débora était accomplie: une femme lui avait ravi la dernière gloire du combat; Jahel courut à sa rencontre et lui dit: Viens, et je te montrerai l'homme que tu cherches.

Saint Paul loue la foi de Barac, Hébreux 11:32, et Débora le chante aussi dans son sublime cantique; d'ailleurs l'ensemble de la vie de ce général (dont il ne faut pas faire un juge comme quelques personnes estiment qu'il le fut), nous montre en lui un véritable Israélite, soumis à la volonté de son Dieu. Il eut cependant, comme Aaron, comme Moïse, comme David, comme Pierre, ses doutes et son incrédulité; les incrédules seuls, qui ne savent pas ce que c'est que la foi, peuvent prétendre qu'il n'y eût chez lui ni lâcheté ni défiance, et que sa désobéissance fût très légère. Il refusa de croire à la prophétesse; ce péché ne paraît pas grand à ceux qui refusent de croire aux prophètes, mais Dieu châtia Barac par où il avait péché, et lui enleva l'honneur qu'il avait d'abord voulu lui accorder.

Voir: Bedan.


BARACHIE.
«Afin que vienne sur vous, dit Jésus en pariant des scribes et des pharisiens, tout le sang juste qui a été répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel.» Matthieu 23:25. Quel est ce Barachie? c'est une question qui est toujours restée pendante depuis Origène et les Pères, et qui l'est encore maintenant. Quelques-uns ont pensé à Jébérecja, père de Zacharie, Ésaïe 8:2, d'autres à Barachie, père du prophète Zacharie, Zacharie 1:1, d'autres au père de Zacharie, père de Jean-Baptiste; mais ce sont de pures hypothèses qui ne reposent que sur une ressemblance de nom, sans que l'histoire nous fournisse aucune preuve que ces différents Barachie soient morts de mort violente. Il reste enfin deux suppositions qui, l'une et l'autre, se rapportent au passage 2 Chroniques 24:20-23. Là nous lisons que Zacharie, fils de Jéhojadah, ayant reproché au peuple leurs transgressions, fut assommé de pierres par l'ordre du roi, au parvis de la maison de l'Éternel. Selon les uns, Barachie serait un second nom de Jéhojadah, et c'est un moyen souvent employé et souvent justifié de concilier d'apparentes contradictions; il n'était pas rare, en effet, qu'un homme portât des noms différents. Selon d'autres, Jéhojadah serait le père de Barachie, et l'aïeul de Zacharie; il y aurait donc une génération omise dans le récit des chroniques, mais il arrivait assez fréquemment que dans la généalogie d'un homme on ne comptât que ceux de ses ancêtres qui étaient le plus connus. Cette dernière manière de voir paraît plus vraisemblable, et peut s'appuyer encore sur le fait de la longue vie de Jéhojadah qui atteignit l'âge de 130 ans, 2 Chroniques 24:15. Jésus, en choisissant cet exemple au milieu de tant d'autres, aurait voulu faire sentir aux pharisiens que l'Écriture sainte tout entière, d'un bout à l'autre, rend témoignage à leur endurcissement; car l'exemple d'Abel est tiré de la Genèse, et celui de Zacharie serait tiré du second livre des Chroniques qui, dans le texte hébreu, est placé à la fin du volume sacré.


BARBARE.
On sait que les Grecs donnaient ce nom aux hommes de toutes nations qui ne parlaient pas leur langue, les regardant par cela même comme ignorants, et peu civilisés. Avec le temps cette expression devint donc synonyme du mot étranger, et perdit tout ce que d'abord elle pouvait avoir d'offensant: être barbare pour quelqu'un ne signifiait plus que lui être étranger, parler une langue différente de la sienne, et qu'il ne comprend pas. C'est dans ce sens que les apôtres ont pu se servir de ce mot, Actes 28:2,4; Romains 1:14; 1 Corinthiens 14:11; Colossiens 3:11.


BARBE.
Les Hébreux se la laissaient croître, comme faisaient et comme font encore presque tous les Orientaux (à l'exception cependant des Égyptiens; car Joseph fut rasé pour être rendu digne de paraître en la présence de Pharaon, Genèse 41:14). Parfois ils l'écourtaient, ou même la rasaient entièrement en certaines places, suivant des formes régulières. Mais les coins de la barbe (Lévitique 19:27, probablement les favoris) que les Arabes rasent habituellement, ne devaient jamais tomber. Quelques-uns des Juifs modernes, par principe, conservent encore un léger filet de barbe depuis l'oreille, et au menton la barbe entière. Les Hébreux soignaient particulièrement cette partie de leur figure qu'ils regardaient comme leur plus bel ornement, et ils l'oignaient d'huiles odoriférantes, Psaumes 133:2; Daniel 10:3. Raser quelqu'un malgré lui, c'était lui faire un affront sanglant, et 2 Samuel 10:4, nous montre une guerre contre Hanun, résultant d'un traitement de ce genre fait aux envoyés du roi David. Niebuhr et Tavernier rapportent des faits semblables; cf. Ésaïe 7:20; 50:6, etc. Moïse prescrit une tonsure complète comme mesure de santé, Lévitique 14:9; mais, à l'exception de ce seul cas, ce n'était jamais que dans un deuil profond que les Israélites se rasaient ou s'arrachaient la barbe, Ésaïe 15:2; Jérémie 41:5; 48:37; Esdras 9:3, ou négligeaient d'en prendre soin, 2 Samuel 19:24. Néhémie, dans sa fureur contre ceux des Juifs qui avaient contracté des alliances étrangères, en battit quelques-uns et leur arracha les cheveux, Néhémie 13:25. Les esclaves n'avaient pas le droit de se laisser croître la barbe, que les Orientaux considéraient et considèrent encore comme l'apanage exclusif de l'homme libre et fort. On baisait la barbe de celui qu'on voulait honorer ou se rendre favorable, 2 Samuel 20:9. Enfin cette excroissance capillaire était si considérée, elle jouait un tel rôle, qu'on mettait à part tous les poils qui tombaient sous le peigne, et qu'on les conservait avec beaucoup de soin.


BAR-JÉSUS.
Bar signifie fils. C'était un homme juif d'origine, qui s'adonnait à la magie, et qui avait pris un nom arabe en rapport avec ses occupations ordinaires, le nom d'Élymas qui veut dire enchanteur. Il était placé dans l'île de Chypre, à Paphos, auprès du proconsul Serge Paul, qui lui accordait une grande confiance. Les apôtres Paul et Barnabas ayant été appelés auprès de Serge qui désirait d'ouïr la parole de Dieu, Bar-Jésus qui craignait de perdre son crédit si les deux étrangers réussissaient auprès du proconsul, leur résistait ouvertement, cherchant à détourner Serge de la foi. Mais Paul le frappa d'aveuglement, tellement qu'il ne put pas même voir le soleil, et Bar-Jésus sortit, cherchant quelqu'un pour le conduire. Son châtiment ne devait être que pour un temps, mais nous ignorons quand et comment il recouvra la vue. Actes 13:6; et sq..

Voir: Ananias.


BAR-JONA,
fils de Jona ou de Jonas, surnom syriaque de l'apôtre Pierre dont le père s'appelait effectivement Jonas,

Voir: Matthieu 16:17; Jean 1:42; 21:15-17.

Comme Jona signifie une colombe, quelques-uns ont cru voir une allusion à ce sens dans les paroles de notre Sauveur, Jean 1:42: «Tu es Simon, fils d'une colombe, tu seras appelé un rocher.» Mais s'il y a dans le surnom donné à Pierre une allusion effective, elle ne se rapporte point au caractère de Pierre lors de sa vocation, puisqu'il était plutôt bouillant que ferme (et son reniement a bien montré qu'il n'était pas un rocher); mais à son caractère futur, à ce qu'il devait être un jour. Du reste il n'est pas nécessaire de voir une allusion dans le mot de Bar-Jona, puisqu'il désigne déjà par lui seul un titre réel de Pierre, sa naissance, et que les anciens et les Orientaux, lorsqu'ils font un appel solennel à quelqu'un, ont coutume de le nommer par tous ses titres, et de lui donner tous ses noms. Les contes arabes fourmillent d'exemples de ce genre.


BARNABAS.
Ses ancêtres, de la tribu de Lévi, s'étaient retirés dans l'île de Chypre, peut-être lors de l'invasion de la Judée par les Syriens, ou par les Romains. C'est dans cette île qu'il naquit; il y reçut le nom de Joses, mais après sa conversion à la foi chrétienne, on l'appela Barnabas, ce qui peut se traduire, ou fils de prophétie, à cause des dons éminents qu'il avait reçus du Saint-Esprit, ou plutôt fils de consolation, à cause de l'assistance qu'il prêta à l'Église par ses grands biens, et par son ministère. On sait qu'il vendit le premier une possession dont il déposa le prix aux pieds des apôtres; et, selon toute probabilité, ce fut la considération qui en rejaillit sur lui qui engagea Ananias et Saphira au mensonge. Il demeurait à Jérusalem, quand il fut amené à l'Évangile, Actes 4:36-37. Lorsque saint Paul converti vint à Jérusalem après trois ans de séjour en Arabie, Barnabas fut le premier à le reconnaître comme un frère, et il le présenta comme tel aux fidèles de Jérusalem qui accueillaient avec méfiance leur ancien ennemi.

Vers l'an 41 de notre Seigneur, Barnabas fut député par les frères de Jérusalem vers ceux d'Antioche: il partit de là pour Tarse, d'où il ramena Paul avec lequel il prêcha l'Évangile à Antioche, durant toute une année; puis, avec ce même apôtre, il porta aux fidèles de Judée le produit de la collecte qu'on avait faite pour eux. Barnabas et Paul étant retournés à Antioche, furent envoyés par les chrétiens de cette ville pour prêcher l'Évangile aux gentils. Ce pouvait être vers l'an 45. Ils s'embarquèrent donc, séjournèrent dans l'île de Chypre, lieu d'origine de Barnabas, y rencontrèrent le magicien Bar-Jésus, et convertirent le proconsul romain Serge Paul. De là ils se rendirent à Antioche de Pisidie où ils essuyèrent une persécution qui les contraignit de se rendre à Iconie, puis à Lystre, où les païens prirent les deux apôtres pour deux de leurs dieux revêtus d'une forme humaine, appelant Barnabas Jupiter, et Paul Mercure. Un moment après, les apôtres faillirent être lapidés, et s'enfuirent à Derbe; ils revinrent en Pisidie, allèrent en Pamphylie, et se retrouvèrent enfin à Antioche, après une absence d'environ quatre ans. C'est alors que s'éleva la grande question qui divisait l'Église chrétienne naissante, à savoir si les païens qui venaient à se convertir, devaient être circoncis, et en général astreints aux observances mosaïques. Barnabas, par faiblesse peut-être, inclinait pour l'affirmative, tandis que Paul, plus avancé dans la foi à la nouvelle alliance, était prononcé pour l'opinion contraire. Il fut résolu qu'ils iraient l'un et l'autre en conférer avec l'Église de Jérusalem. Après que cette affaire eut été terminée, ces deux serviteurs de Dieu reprirent le chemin d'Antioche où ils rendirent compte aux frères de ce qui avait été dit et décidé. Ils résolurent ensuite d'aller visiter et encourager les Églises qu'ils avaient réunies dans leur précédent voyage missionnaire; Barnabas aurait voulu que Jean surnommé Marc, et selon toute apparence son neveu, les accompagnât dans cette tournée; mais Paul qui se rappelait qu'une précédente fois déjà Marc, après s'être mis en route avec eux, les avait abandonnés pour retourner chez lui, refusa de le prendre, et les deux apôtres se séparèrent aigris l'un contre l'autre: Paul partit avec Silas, et Barnabas prit une autre direction dans la compagnie de Marc. Ils se rendirent en Chypre, et dès lors nous ne connaissons plus rien, du moins par la Bible, de la vie et des travaux de cet homme auquel le Saint-Esprit a accordé le titre d'apôtre. Cependant, environ huit ans après cette séparation, saint Paul, écrivant aux Corinthiens, leur parle de son ancien collègue dans l'apostolat, comme on parle d'un homme qui est encore vivant et dont on connaît bien la situation,

Voir: Actes 11:22; 18:37; Galates 2:1,9,13; Colossiens 4:10; 1 Corinthiens 9:6, et les articles Paul et Marc.

Voir: encore Cypre.

L'antiquité nous a conservé une lettre «lui porte le nom de Barnabas; l'auteur y expose que le culte lévitique n'est pas essentiel pour les chrétiens. Cette épître tient le milieu entre le christianisme judaïque et les vues philosophiques de l'école d'Alexandrie. Il faut d'après l'auteur qu'une gnôsis découvre le sens de l'Ancien Testament et convainque les Juifs de leur erreur; il faut que les Juifs apprennent que les cérémonies ne sont que des symboles. La tendance gnostique de cette lettre l'a fait attribuer à un docteur d'Alexandrie; d'un autre côté, il s'y trouve beaucoup de traits chrétiens qui montrent un homme qui a habité avec les apôtres. Néandre la refuse à Barnabas, mais la plupart des anciens Pères la lui attribuent, et les arguments semblent, en effet, pencher de ce côté.


BARRABAS,
brigand fameux qui était avec ses complices en prison à Jérusalem, pour crime de sédition et de meurtre, lorsque notre Seigneur y fut jugé et condamné au supplice de la croix. Le peuple, invité à choisir entre Jésus et Barrabas, à l'un desquels Pilate offrait de faire grâce suivant un usage qui avait prévalu, demanda, à l'instigation des principaux sacrificateurs, que Barrabas fût relâché et Jésus-Christ crucifié.

Cette petite histoire, si effroyable dans sa simplicité, se présente comme une muette condamnation de l'humanité prononcée par elle-même contre elle-même. Barrabas portait, lui aussi, le nom de Jésus, et ce n'est que par un sentiment de convenance charnelle qu'on l'a fait disparaître du texte sacré. Son nom même de Barrabas (Bar-Abba) signifie le Fils du Père, et c'est entre ces deux Jésus, entre ces deux Fils du Père, que le peuple ayant eu à se prononcer, a condamné le juste et relâché l'assassin. Le professeur Tholuck a tiré un grand parti de ce rapprochement, et s'est attaché, dans un de ses sermons académiques, à montrer combien il y a d'hommes, de nos jours encore, qui, au lieu de s'attacher au Jésus Dieu, lui préfèrent un Jésus homme et pécheur comme nous: ce sont les ariens et les sociniens, ceux qui le sont par système, et ceux qui le sont par indifférence.


BARSABAS.
  1. Joseph Barsabas, surnommé le Juste, fut un des premiers disciples de Jésus-Christ, et probablement un des soixante et dix qu'il envoya devant lui, Actes 1:21-23. Ce fut entre lui et Matthias que les apôtres jetèrent le sort pour remplacer Judas le traître, mais le sort ne le favorisa pas. Nous ne connaissons d'ailleurs rien de particulier sur sa vie. La tradition porte qu'il mourut en Judée, après avoir beaucoup souffert pour l'Évangile.

  2. Judas Barsabas, que l'Église de Jérusalem députa avec Paul, Barnabas et Silas, auprès des autres Églises, pour leur faire connaître les résolutions qui venaient d'être prises par le concile de la métropole judéo-chrétienne, sur la conduite à tenir à l'égard des païens convertis, Actes 15:22; sq. Il était peut-être parent du précédent, de Joseph Barsabas; en tout cas l'Église de Jérusalem le comptait au nombre de ses membres les plus distingués, et il portait, avec Silas, Agabus et d'autres, le titre de prophète, verset 32.

  3. Le seul fait de sa présentation montre de quelle estime il jouissait dans l'Église.


BARTHÉLEMI,
Matthieu 10:3; un des douze apôtres du Seigneur. Jean, dans son Évangile, ne fait jamais mention de Barthélemi; en revanche il compte Nathanaël au nombre des douze, tandis que les autres évangélistes ne parlent pas de Nathanaël, mais bien de Barthélemi. De plus, Jean parle de Philippe et de Nathanaël dans l'ordre où les trois autres placent Philippe et Barthélemi. Nathanaël ligure d'ailleurs au nombre des apôtres qui se rendirent vers la mer de Tibériade, auprès de notre Sauveur ressuscité, et qui virent la réintégration de saint Pierre. Enfin le nom même de Barthélemi n'est qu'un surnom signifiant fils de Thalmaï, comme Bar-Jonas signifie fils de Jonas. Il résulte de ces considérations que, selon toute apparence, Barthélemi l'apôtre est le même que Nathanaël, q.v.

— D'après la tradition, Barthélemi aurait prêché l'Évangile aux Indes (peut-être sur les côtes occidentales de l'Arabie); puis il serait retourné dans les contrées occidentales et septentrionales de l'Asie, où il aurait travaillé quelque temps avec Philippe. Il doit être mort en Arménie, à Albanople, du supplice de la croix, en recommandant aux païens, jusqu'à son dernier soupir, l'Évangile qu'il leur avait prêché.


BARTIMÉE.
Simple et touchante histoire d'un aveugle devenu voyant! Il se tenait assis aux portes de Jérico, demandant l'aumône. Son nom signifie fils de Timée; et comme on ne prenait guère le nom de son père que lorsque celui-ci avait occupé un certain rang dans le inonde, il paraîtrait que ce malheureux était né dans une position bien différente de celle où il se trouvait alors; c'est peut-être à cause de cela que Marc ne fait mention que de lui, bien qu'il y eût là deux aveugles en même temps.

Cette histoire nous est racontée par trois évangélistes, Matthieu 20:29; Marc 10:46; Luc 18:35; sq., et par chacun avec quelques détails différents. Quelques auteurs appellent ces divergences des contradictions inconciliables; ils sont heureux d'y voir une preuve de l'authenticité des livres saints, une preuve que les évangélistes ne sont pas des faussaires qui se soient concertés. Ce raisonnement, s'il était juste, ne serait certainement pas sans valeur au point de vue apologétique. Quant à nous, pour la première fois que cette question se rencontre sur notre chemin, nous le dirons franchement: à supposer qu'il y eût dans les livres saints quelques erreurs de dates, d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle, ou autre de ce genre, cela ne nous émouvrait nullement, parce que ce que nous cherchons dans la Parole de Dieu, c'est une parole de salut, et l'annonce d'une économie de grâce: nous n'y cherchons pas autre chose. Dieu même, en nous donnant son livre, n'a voulu que nous éclairer sur les grandes questions qui se rattachent à notre Âme, à notre Sauveur, à l'Éternité. Toutefois, et quoiqu'il nous importe fort peu, dans un sens, qu'il y ait ou non des erreurs matérielles dans la Bible, nous avouons que nous n'en avons pas découvert une seule qui fût bien constatée. On trouve sans doute ici et là quelques faits racontés sous des points de vue différents, et avec d'autres détails; on trouve bien encore des expressions employées dans un sens large et étendu: mais des contradictions, et des contradictions inconciliables, non. Puisqu'on en voit de telles dans l'histoire de Bartimée, examinons-les. Marc et Luc ne parlent que d'un aveugle, tandis que Matthieu en mentionne deux. Marc et Matthieu placent le miracle au moment où Jésus sortait, tandis que Luc semble le mettre au moment où il s'approchait de Jérico. La difficulté n'est pas très grande quant au nombre des aveugles; l'apôtre Matthieu qui a été témoin de la guérison, n'a pu se tromper; Marc et Luc, qui n'y ont pas assisté, parlent de celui dont il a été le plus question, qui paraît avoir porté la parole, et qui a le plus frappé; c'est Bartimée. Quant à la seconde difficulté, elle est plus grande; mais rien n'empêche d'admettre que Luc a réuni en une seule narration deux phases, ou circonstances différentes, du même fait; il est en effet le seul qui fasse mention de la première question de l'aveugle «il demanda ce que c'était.» Cette question, Bartimée la fit avant l'entrée dans Jérico; ce qui arriva ensuite dans cette ville, l'histoire de Zachée, etc, excita la confiance de cet aveugle en Jésus: un autre aveugle s'étant joint à lui, ils s'adressèrent ensemble au Maître, comme celui-ci quittait de nouveau la ville. Contre cette explication, qui concilie tout, il n'y a pas de raison bien forte à faire valoir.


BARUCH,
  1. prince ou grand seigneur juif, fils de Nérija, frère de Séraja, l'un des courtisans de Sédécias, Jérémie 32:12; 51:59; sq. Ami, et peut-être parent de Jérémie, il fut pendant quelque temps son secrétaire ou scribe, 36:4, et écrivit sous sa dictée les paroles que l'Éternel prononça contre Juda, la quatrième année du roi Jéhojakim. Puis il fut chargé par son maître de les lire au peuple dans le temple, en un jour de jeûne, qui avait été ordonné tout récemment en commémoration, dit-on, de la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar. D'après nos versions, il semblerait que Baruch en fît la lecture par deux fois, ainsi que le veulent Prideaux et Ussérius, mais il faut lire au verset neuvième: «Et cela arriva», etc, et verset 10, «ce fut ce jour-là que Baruch lut» etc. Le texte, en effet, ne parle que d'une seule lecture, et si le moment où furent rédigés les discours du prophète, est éloigné de celui où ils furent lus au public, c'est qu'il fallait un certain temps pour le travail même de la rédaction, et qu'il importait, dans l'intérêt de la lecture, qu'on la fît en un jour solennel où une foule de Juifs, de toutes les parties du royaume, rempliraient le temple. Plus tard, Baruch fut encore appelé par devant les principaux officiers du roi, qui lui demandèrent de leur relire ce même rouleau dont il avait donné lecture au peuple. Effrayés des menaces qu'ils entendirent alors, et ayant appris qu'elles avaient été prononcées par le prophète Jérémie, ils résolurent d'en instruire le roi, et conseillèrent à Baruch de se cacher ainsi que son maître; précaution qui ne leur fut pas inutile, car Jéhojakim ayant entendu la lecture de ces oracles, les mit en pièces et les jeta dans le brasier qui brûlait devant lui, puis il donna l'ordre qu'on recherchât ces deux hommes et qu'on s'en rendît maître, mais «l'Éternel cacha Baruch et Jérémie.»

    — Baruch fut chargé d'écrire, sous, la dictée de son maître, un second rouleau semblable au premier qui avait été détruit, et sans doute plus sévère encore. Mais ce fidèle serviteur, attaché à Jérémie par l'harmonie des sentiments religieux et patriotiques, partageant avec lui les persécutions et les peines qu'il avait à endurer, affligé des nouvelles menaces qu'il devait écrire contre sa patrie, et craignant peut-être de voir encore augmenter ses douleurs par cette publication, s'écria: «Malheur à moi! car l'Éternel a ajouté la tristesse à ma douleur!» Pour le consoler, 45:1-5. Jérémie lui annonça la protection divine durant toute sa vie, mais lui représenta que si Dieu lui-même, qui voudrait voir ce peuple heureux, était obligé de le punir, lui, Baruch, ne pouvait prétendre à recueillir la gloire et la prospérité. Nous retrouvons Baruch dans la dixième année de Sédécias, pendant le siège de Jérusalem, 32:12. Jérémie lui confie le contrat de l'acquisition qu'il a faite du champ de Hanaméel, son parent. Plus tard encore, 43:3, dans l'année qui suivit la prise de Jérusalem, nous le voyons injustement soupçonné d'animer Jérémie contre les déplorables et impies débris de Juda; ses accusateurs se saisissent de lui et l'entraînent de force en Égypte, ainsi que Jérémie, comme s'ils voulaient encore, dans leur rébellion, conserver au milieu d'eux les représentants de ce Dieu auquel ils ne craignaient pas de désobéir.

    C'est à ce Baruch que la fable attribue le livre apocryphe qui porte son nom; mais on peut voir à l'article Apocryphes ce que nous en avons dit.

  2. Baruch, fils de Zaccaï, Néhémie 2:20, releva une partie des murs de Jérusalem, sous la direction de Néhémie.


BARZILLAÏ.
  1. Siméonite, de Méholah, et père de Hadriel, 2 Samuel 21:8.

  2. Galaadite, riche propriétaire de Roguelim (2 Samuel 17:27; 49:31,39; 2 Rois 2:7), fournit d'abondants secours de vivres à David et à sa petite armée fuyant devant Absalon. La révolte apaisée, David voulut récompenser son bienfaiteur et l'emmener avec lui à Jérusalem; mais le vieillard octogénaire refusa des jouissances qui n'étaient plus de son âge. «Ton serviteur, dit-il, pourrait-il savourer ce qu'il mangerait et boirait, ou entendre la voix des chanteurs et des chanteuses? Et pourquoi serait-il à charge au roi, mon seigneur?» Il se borna donc à accepter pour son fils (ou petit-fils) Kimham, la protection royale, puis il retourna en son lieu. David mourant recommanda à Salomon les enfants de celui qui l'avait secouru dans sa fuite, 1 Rois 2:7. Le nom de Barzillaï se retrouve, Esdras 2:61; Néhémie 7:63, où l'on peut voir combien sa mémoire s'était conservée en Israël, même après la captivité.


BASAN,
l'une des plus fertiles contrées du monde, à l'est du Jourdain et de la mer de Tibériade, au nord du Jabbok, au sud du mont Hermon et du Gessur. C'est un pays de collines et de gras pâturages; entre ses montagnes calcaires sont d'étroites et fertiles vallées, et les cavernes qui s'y trouvent répandues en abondance servent encore de nos jours à loger un grand nombre d'habitants. La contrée de Basan était autrefois célèbre par son bétail, et surtout par ses taureaux et ses béliers; il est aussi fait souvent mention de ses beaux chênes, qui, maintenant encore, sont l'ornement de ses montagnes. On y comptait, outre les villages, soixante villes fermées. Moïse prit ce territoire sur Hog, et le donna à la tribu de Manassé,

Voir: Nombres 21:33; Deutéronome 1:4; 3:1; 32:14; Josué 12:4-5; Psaumes 22:12; 135:11; 136:20; Ésaïe 2:13; 33:9; Ézéchiel 27:6; 39:18; Amos 4:1; Nahum 1:4; Zacharie 11:2.

— Dans les temps postérieurs à l'exil, cette contrée reçut le nom de Batanée, qui ne se trouve, du reste, nulle part dans le Nouveau Testament; les limites n'en sont pas faciles à déterminer, mais il paraît qu'elles s'étendaient moins au nord que celles du royaume de Basan.

— De nos jours on l'appelle El-Bottein.


BASÉMATH,
une des filles de Salomon, 1 Rois 4:15. Elle avait épousé Ahimahats, un des principaux officiers de la cour de son père, alliance qui n'était point une mésalliance dans l'antiquité, et dont tous les temps ont offert des exemples chez les Orientaux. Basémath, Taphath sa sœur (4:11) et Roboam sont, de tous les enfants de Salomon, les seuls dont l'Écriture sainte nous ait conservé la mémoire.


BASILIC
(proprement basilisc). Ce serpent est mentionné dans cinq passages de l'Ancien Testament, Proverbes 23:32; Ésaïe 11:8; 14:29; 59:5; Jérémie 8:17, et plusieurs fois dans le Nouveau Testament, Matthieu 3:7; 12:34; 23:33; Luc 3:7; Actes 28:3.

— Selon les anciens, le basilic vit en Afrique; il est de couleur jaune, ayant trois légères bosses et une tache blanche sur sa tête effilée: c'est le plus venimeux de toute la race, tellement que les autres serpents même s'enfuient à son approche. Sa morsure cause une inflammation subite et générale, et tue en très peu de temps. Le corps d'un animal mordu par le basilic exhale une odeur si infecte, que les animaux carnassiers n'osent même y toucher. On croyait autrefois que la belette seule savait tuer le basilic, et que les coqs lui inspiraient de la terreur. Dans les temps postérieurs, on se représenta le basilic avec le corps d'un coq et la tête d'un serpent, ou quelquefois seulement comme un serpent muni d'ailes, et l'on croyait qu'il provenait de l'œuf qu'un vieux coq aurait pondu et couvé. Les anciens croyaient aussi que son simple regard et son haleine étourdissaient et tuaient les animaux.

— La science moderne n'a pas encore pu déterminer quel serpent il faut entendre parle basilic des anciens.

— Proverbes 23:31-32, le vin est comparé au basilic, à cause de ses propriétés destructives, parce qu'il peut étourdir l'homme, le priver de sa raison, et à la longue, ou même en peu de temps, ruiner son corps et son esprit.

Dans sa description du millénium, Ésaïe (11:8) pour montrer la différence entre l'économie des temps actuels et celle des temps futurs, dit qu'alors toute la nature aura subi une régénération telle qu'il n'y aura plus de mal, ni rien de nuisible sur la terre: le basilic même aura perdu ses qualités dangereuses.


BATH,
mesure de liquides, qui correspondait à l'épha, mesure de capacité pour les matières sèches. C'était la dixième partie du homer, qui était la plus grande des mesures. Le bath contenait environ 35 litres (432 coquilles d'oeuf, — Voir: Cab). Quelques-uns pensent qu'il y avait deux baths, l'un vulgaire, et l'autre pour les usages sacrés: ce dernier étant d'un tiers plus grand que le premier. On l'infère de ce que 1 Rois 7:26, il est dit que la mer de Salomon contenait 2,000 baths, tandis que, d'après 2 Chroniques 4:5, elle en aurait contenu 3,000. Cependant il est possible que le premier de ces passages se rapporte à la contenance de la cuve seule, tandis que l'autre y joindrait encore la capacité des soubassements et des dix cuviers plus petits qu'ils supportaient.

Voir: encore Esdras 7,22; Ézéchiel 45:11.


BATHSÉBAH ou Bathsuah,
fille d'Éliham ou Hammiel, 2 Samuel 11:3; cf. 23:34; 1 Chroniques 3:5, et probablement petite-fille d'Achitophel. Ce fut la femme d'Urie le Héthien, que David fit enlever, et qu'il épousa après avoir fait périr son mari, 2 Samuel 12. Elle donna à son nouvel époux cinq enfants, dont l'aîné mourut peu après sa naissance; Salomon fut le plus célèbre de ceux qui vécurent.

— Femme habile, ou peut-être simple instrument de Tsadok, elle découvrit à David la conspiration d'Adonija, qui revendiquait son droit d'aînesse au préjudice de Salomon. Le rebelle vaincu, ne laissa pas d'aspirer encore au trône qu'il venait de perdre; mais au lieu d'employer la force ouverte, il imagina la ruse et intercéda auprès de Bathsébah pour obtenir la main d'Abisag, la jeune veuve du défunt roi. Bathsébah n'osa pas refuser; elle dit à son fils la démarche ambitieuse d'Adonija, mais ce tut la sentence de mort du jeune prince; Salomon le fit exécuter le même jour.

— Le nom de Bathsébah se retrouve Psaumes 51:1, où David mène deuil sur son péché; elle est aussi rappelée Matthieu 1:6, parmi les ancêtres de notre Seigneur.


BATHSUAH,
Voir: l'article précédent.


BAUME.
Cette substance résineuse est nommée parmi les épices que les marchands arabes, auxquels Joseph fut vendu, apportaient de Galaad en Égypte, Genèse 37:25. Jacob en envoie comme présent à son fils, à la cour de Pharaon, 43:11. Le prophète Ézéchiel, 27:17, nomme le baume parmi les marchandises que les Juifs portaient au marché de Tyr, et Jérémie en parle comme d'un remède apporté de Galaad, et dont on se servait pour la guérison des blessures, 8:22; 46:11; 51:8. Les habitants de la Palestine emploient, en effet, pour ce but l'huile extraite du fruit d'un certain olivier sauvage (Elaeagnus angustifolia, Linnée), appelé Tsakkum par les Arabes. Cet arbre, qui croît dans la vallée du Jourdain et dans l'Arabie Pétrée, abondait autrefois dans la Palestine transjourdaine; il ressemble au prunier; il est muni de grandes épines, et son bois est jaune comme le buis; son écorce est toujours verte; ses feuilles, semblables à celles de l'olivier, sont plus minces et plus allongées; il porte des fleurs blanches, et son fruit ressemble au gland: c'est du noyau que les Arabes tirent une huile dont ils font grand cas pour la guérison des blessures et qu'ils préfèrent même au baume de La Mecque. Ce baume était anciennement connu sous le nom de baume de Galaad ou baume juif, parce que les Juifs le préparaient presque seuls, et qu'ils en faisaient un commerce très étendu. Plusieurs historiens grecs et romains, Pline, Diodore de Sicile, etc., en parlent avec éloge. Bochart pense que ce baume de Galaad provenait de la térébenthine.

Il y avait encore une autre sorte de baume, ou de drogue aromatique, appelée Bosem ou Bosam en hébreu (le premier s'appelait Tzeri), mentionné Exode 35:28; 1 Rois 10:10; Cantique 5:1,13; 6:2. On le tirait d'un arbuste appelé encore aujourd'hui Basam par les Arabes, en taisant des incisions dans son écorce pendant les plus grandes chaleurs de l'été; la sève qui en découlait, après avoir été purifiée et préparée, donnait ce baume excellent. Le voyageur Burckhardt croit avoir trouvé cet arbuste dans les environs du lac de Tibériade, et il ajoute que ses fruits, semblables aux cornichons, fournissent aussi du baume.

— Dans les environs de La Mecque et dans l'Arabie Heureuse, il y a un autre arbrisseau qui fournit également un baume très estimé.

— Ces trois espèces différentes de baumiers étaient déjà connues des anciens.


BDELLION.
Ce mot (hébreu B'dôlach) ne se trouve que deux fois dans la Bible, Genèse 2:12; Nombres 11:7. Dans le premier de ces passages, il est nommé à côté de l'or et de la pierre précieuse de Shoham (— Voir: Onyx), comme une production du pays de Havilah, qu'entourait ou traversait un des fleuves du paradis; dans le second, la manne lui est comparée. Plusieurs savants, des commentateurs juifs, Bochart et d'autres, pensent que le bdellion désigne des perles, et cette explication s'accorderait bien avec la comparaison établie entre cette substance et la manne qui était ronde, blanche et en petits grains; de plus, d'après les mêmes interprètes, le sens étymologique du mot B'dôlach doit signifier «une chose précieuse», sens qui s'appliquerait également bien à la perle; enfin il faut convenir que le passage de la Genèse ne présente aucun empêchement à cette explication. Il est à observer, néanmoins, qu'aucune des anciennes versions ne traduit ce mot par perle; les Septante le rendent par escarboucle ou rubis dans Genèse 2:12, et par cristal dans les Nombres; les autres versions grecques anciennes le traduisent par bdellion, mot qui désigne une résine transparente et odoriférante qui découle d'un certain palmier sur les bords, du golfe Persique, en petits morceaux assez ronds, comme des larmes; cette résine, d'une couleur foncée ou jaunâtre, et d'un goût amer, répand une odeur très agréable lorsqu'on la brûle. Il est bien possible que ce soit en effet là le B'dôlach mentionné dans les deux passages de la Bible, du moins l'affinité du nom grec avec l'hébreu ne saurait être méconnue; et d'ailleurs il faut observer que la langue hébraïque a un mot particulier pour désigner les perles. La manne peut être comparée au bdellion en tant que c'est un jus résineux épaissi en globules. Mais d'un autre côté, on ne conçoit pas pourquoi cette résine, le bdellion, aurait été nommée dans la Genèse à coté de l'or et d'une pierre précieuse, vu qu'elle n'était pas très estimée et peut-être pas même connue des anciens.

D'autres savants, les plus anciens commentateurs juifs et d'autres, pensent enfin qu'au lieu de lire B'dôlach, il faut lire B'rôlach, changement de lettre qui a très facilement pu se faire en hébreu, et qui serait appuyé du témoignage des Septante, qui, dans un des deux passages, ont rendu le mot par cristal. B'rôlach désignerait alors le bérylle, sorte de cristal, auquel la manne peut aussi être comparée. Exode 16:14,31.


BEAUX-PORTS,
Actes 27:8, ville de Crète, près de Lasée, deux villes également peu connues. Beaux-Ports devait probablement son nom à l'agrément de sa situation, qui offrait aux vaisseaux un mouillage assuré; il porte encore aujourd'hui le nom grec de Limenes Kali, dont notre nom français n'est que la traduction.


BEDAN,
juge d'Israël, dont le nom est cité 1 Samuel 12:11, entre Gédéon et Jephté. Le livre des Juges n'en fait aucune mention; quelques-uns croient que ce mot signifie Danite, de Dan, et que c'est un surnom de Samson qui appartenait à cette tribu; d'autres lisent Barac; on suppose encore que c'est le nom d'un juge inconnu, différent des autres; il est possible, enfin, que Bedan ne soit qu'un autre nom de Jaïr: c'est même le plus probable.


BÉELZÉBUB,
Voir: Bahal-Zébub.


BÉER
(un puits).

  1. Station des Israélites au désert, sur les confins de la contrée de Moab, Nombres 21:16; peut-être le même endroit que Béer-Élim, Ésaïe 15:8.

  2. Ville à 20 kilomètres nord de Jérusalem, sur la route de Sichem. C'est là que Jotham, fils de Gédéon, se réfugia pour échapper à Abimélec. Juges 9:21.


BÉÉRA,
1 Chroniques 5:6, le principal chef des Rubénites, qui fut transporté en Assyrie par Tiglath-Piléser, roi de cette contrée.


BÉER-ÉLIM
(le puits des princes),

Voir: Béer.


BÉÉRI,
père du prophète Osée, 1:1; du reste, complètement inconnu.


BÉER-LACHAÏ-ROÏ.
C'est le nom hébreu du puits auprès duquel Agar en fuite, eut la vision de l'ange qui la ramena auprès de Saraï sa maîtresse: il se traduit «le puits du vivant qui me voit.» Genèse 16:14.


BÉÉROTH
(les puits), villes des Gabaonites, donnée à la tribu de Benjamin, Josué 9:17; Esdras 2:25; Néhémie 7:29. C'est là que naquirent Récab et Bahana, les deux meurtriers d'Is-Boseth, 2 Samuel 4:2,5.


BÉERSÉBAH, ou Sébah.
  1. Le puits du serment, ou des sept, ainsi nommé de l'alliance qu'Abraham contracta avec Abimélec roi de Guérar, laquelle fut confirmée par un serment et par le don de sept jeunes brebis, Genèse 21:31-33. L'alliance fut renouvelée plus tard par Isaac, qui donna aux puits les mêmes noms qu'ils avaient portés au temps de son père, 26:18,33. Les deux patriarches habitèrent longtemps la contrée où se trouvaient les puits qu'ils avaient eux-mêmes creusés. Béersébah était à 35 kilomètres sud d'Hébron, à l'extrême frontière méridionale du pays de Canaan, de sorte que l'on disait: «de Dan à Béersébah», 2 Samuel 17:11; Juges 20:1; 1 Chroniques 21:2, pour exprimer la longueur de tout le pays, et «de Béersébah à la montagne d'Éphraïm», pour désigner la longueur du royaume de Juda, 2 Chroniques 19:4.

    — Dans le partage de la terre de Canaan, Béersébah fut donnée à la tribu de Juda, Josué 15:28. C'est là que résidèrent les fils de Samuel, Joël et Abija, lorsque leur père eut partagé avec eux ses fonctions, 1 Samuel 8:2. Au temps d'Hozias roi de Juda, l'ancienne demeure d'Abraham fut souillée par le culte des idoles, Amos 5:5; 8:13-14.

    — Après le retour de la captivité, Béersébah fut de nouveau habitée par les Juifs, Néhémie 11:27,30.

  2. Béersébah, ou simplement Sébah, dans la tribu de Siméon, Josué 19:2. Peut-être qu'une partie de Béersébah dépendait de Juda et l'autre de Siméon; peut-être aussi, qu'il y avait deux endroits de ce nom.


BÉHÉMOTH,
Job 40:10; sq. Le mot hébreu Béhémoth est un mot pluriel qui signifie littéralement «de grands animaux quadrupèdes; «mais tous les savants de nos jours s'accordent à admettre que ce mot, dans le passage de Job, désigne un animal qui, d'après la belle et poétique description de ce chapitre, ne peut être autre que l'hippopotame. Son nom est d'origine égyptienne et s'écrit proprement Péhémout, bœuf marin (P est l'article, Éhé signifie bœuf, et moût eau); le mot grec hippopotame signifie cheval du fleuve. Cet animal formidable se trouvait autrefois en très grand nombre jusqu'aux bouches mêmes du Nil, mais il s'est retiré depuis vers le sud, et habite surtout au-delà des cataractes de ce fleuve, et dans d'autres rivières de l'Afrique. Son corps est une masse énorme, longue de 6 mètres environ, haute de 2 et 1/2, et d'une circonférence de 5. Sa tête difforme a 1 mètre et plus de longueur, et renferme une bouche énorme, garnie de grosses dents et qui, lorsqu'elle est ouverte, présente une ouverture de 70 centimètres à peu près. Sa peau est noirâtre, presque sans poil, comme celle de l'éléphant; elle est si dure et si épaisse, que ni coup de sabre ni coup de fusil ne saurait la traverser; même au bas-ventre, où pourtant la peau est en général le moins dure, elle est également impénétrable; elle ne peut être entamée que près des oreilles, et à la jointure de la tête au corps. On en fait des boucliers qui joignent à une grande légèreté une impénétrabilité parfaite. Sa queue est comparativement très petite, ses jambes sont courtes et massives, et le pied ressemble à un gros sabot garni de quatre orteils.

L'hippopotame se meut et nage dans l'eau avec une grande facilité; il s'y tient la majeure partie du jour, ou se couche dans les endroits marécageux du rivage; cependant il ne peut rester longtemps sous l'eau, car le besoin de respirer le ramène bientôt à la surface. Heureusement pour les habitants de ces pays chauds, sa nourriture ne consiste qu'en plantes et herbages, autrement il serait un fléau trop redoutable; il affectionne surtout les pois verts. Lorsqu'il sort la nuit de sa retraite, il parcourt les campagnes pour aller à la recherche de sa nourriture; il n'est pas rare qu'il détruise un champ de blé ou de trèfle tout entier, soit en le foulant de ses larges pieds, soit en le broutant de sa large gueule. Il ne marche qu'avec difficulté sur la terre ferme, et lorsqu'il appréhende quelque danger, il se hâte de gagner l'eau dans laquelle il peut déployer sa gigantesque force. Quoique paisible de son naturel, cet animal, quand il est irrité, ne craint et n'épargne ni homme, ni animal quelconque. Sa force est extraordinaire, et lorsqu'il se voit attaqué dans son élément, il arrive souvent qu'il renverse les canots, et autres petits bateaux, et qu'il les met en pièces en les saisissant et les broyant entre ses mâchoires, ou en les soulevant sur son dos. Quand il élève hors du fleuve sa tête énorme, il repousse et fait jaillir l'eau du souffle de ses narines et fait entendre en même temps un cri perçant et fort, semblable au bruit du hennissement d'un cheval ou d'un mulet, ou au bruit que fait une énorme porte qui tourne lourdement sur ses gonds rouilles. Les indigènes cherchent à le prendre dans des fosses profondes, mais le prudent animal est sur ses gardes, et devine fréquemment les pièges qu'on lui tend; et alors même qu'il est pris, il se défend avec fureur,'et ne se livre qu'après avoir rudement combattu.

— Pour l'éloigner de leurs plantations, les indigènes ne connaissent d'autre moyen que d'entretenir des feux de distance en distance, et de battre le tambour. Plusieurs de ces traits aideront à l'intelligence de la description que le livre de Job donne de l'hippopotame, et feront comprendre pourquoi il est représenté comme une preuve remarquable de la sagesse et de la puissance du Créateur.

— Pour plus de détails, — Voir: le Morgenland de Preiswerk, 1838, p. 343 et suivant.


BÉHESTÉRA,
Josué 21:27, ville des lévites, dans la tribu de Manassé au-delà du Jourdain. Quelques-uns l'ont, à cause de la ressemblance du nom, confondue, mais à tort, avec Botsra.


BÉHOR,
nom que Moïse donne au père de Balaam, Nombres 22:5. La traduction grecque l'a rendu par Bosor, ainsi que nous le trouvons dans le Nouveau Testament, 2 Pierre 2:15.


BEL,
le Banal des Caldéens. Qu'adoraient-ils sous ce nom? Était-ce Nimrod leur premier seigneur, ou Bahal, ou Pul roi d'Assyrie, ou quelque autre monarque, ou le soleil, ou toutes ces choses à la fois? C'est ce qu'il est impossible de déterminer. Ésaïe 46:1; Jérémie 50:2; 51:44.

Voir: Bahal.


BÉLAH.
  1. 1 Chroniques 5:8; sq. Nous ne connaissons de ce chef rubénite que ce qui en est dit dans ces trois versets. Il habitait d'abord dans les limites de Galaad à l'orient du Jourdain, depuis Haroher jusqu'à Néco; mais son bétail ayant fort multiplié dans les gras pâturages de cette contrée, la famille de Bélah s'avança vers l'orient jusqu'à l'Euphrate, se rappelant peut-être et s'appliquant certaines prophéties de Moïse qui donnaient à la postérité d'Abraham tout le pays situé entre le Nil et l'Euphrate, Genèse 15:18; Deutéronome 1:7. Cette hardie expédition, conforme aux mœurs antiques, exigeait dans tous les cas un certain degré de force et de puissance, et nous donne une idée avantageuse de l'accroissement que devait avoir pris la tribu de Ruben.

  2. Genèse 14:2, ville de Canaan, qui prit plus tard le nom mieux connu de Tsohar, q.v.


BELETTE,
Lévitique 11:29;

Voir: Crocodile et Taupe.


BÉLIAL, ou plutôt Béliar,
2 Corinthiens 6:15, nom donné à Satan, et qui signifie en hébreu: inutile, méchant, qui ne rapporte aucun profit. Ce mot se trouve aussi quelquefois dans l'Ancien Testament, précédé du mot fils, Deutéronome 13:13; 1 Samuel 2:12:» Or les fils d'Héli étaient des fils de Reliai», mais au lieu de traduire littéralement cette expression, on l'a ordinairement rendue, d'après le sens, par «de méchants hommes.»


BÉLIER.
  1. Voir: Brebis.

  2. Machinerie guerre bien connue; on ne la trouve mentionnée dans l'Écriture sainte que Ézéchiel 4:2; 21:27. (dans le premier de ces passages, nos traductions ont rendu ce mol par «machines pour la battre»). Ézéchiel est probablement le plus ancien auteur qui en parle.


BELSATSAR,
Daniel 7 et 8, roi de Babylone, est désigné par le prophète comme le fils de Nébucadnetsar, quoiqu'il ne fût peut-être qu'un de ses descendants; car, entre son règne et celui de Nébucadnetsar, il y eut trois règnes, très courts à la vérité, ceux d'Évilmérodac, de Nériglissor et de Laboroso-Achod, que Daniel ne mentionne pas; et l'on sait que dans l'Écriture, comme dans presque tous les livres de l'Orient, le mot fils n'indique souvent que la filiation, sans égard au nombre des anneaux intermédiaires. Ce misérable prince portait encore les noms de Nabonédus et de Labynitus.

Babylone était alors assiégée par Cyrus, général en chef des armées de son oncle Darius, roi des Mèdes, connu dans l'histoire profane sous le nom de Cyaxare II. Belsatsar, à l'abri des remparts fabuleusement énormes de sa capitale, se livrait à une vie de délices, de débauches et de fêtes. Dans une de ses orgies, il se fit apporter les vaisseaux d'or et d'argent que Nébucadnetsar avait enlevés du temple de Jérusalem, Daniel 5:2. Il y but lui-même, et poussa la profanation jusqu'à les présenter à ses courtisans et à ses concubines, qui y burent aussi. Et tous ensemble chantèrent leurs dieux de métal, de bois et de pierre. Mais tout à coup le roi vit sortir de la muraille les doigts d'une main humaine, traçant des caractères mystérieux: il fut bouleversé, il changea de visage, ses reins frissonnèrent, ses genoux s'entrechoquèrent d'épouvante; il jeta un cri de terreur. Il fait appeler aussitôt les sages du monde, les astrologues, les caldéens, les devins; mais malgré les magnifiques promesses qui leur furent faites, aucun d'eux ne put expliquer ou comprendre l'écriture divine. Belsatsar était dans le plus grand trouble à ce sujet, lorsque la reine, veuve de Nébucadnetsar, et connue dans l'histoire profane sous le nom de Nitocris, se présenta à lui. Elle lui conseilla de consulter un homme «en qui reposait l'esprit des dieux saints» et que Nébucadnetsar avait trouvé si plein de sagesse et de lumière, qu'il l'avait établi chef des mages et des astrologues; c'était Daniel, le prophète des Hébreux. Daniel parut et donna au roi l'interprétation qu'il demandait, non sans lui avoir premièrement rappelé la conduite coupable et le, châtiment de son prédécesseur, puis son propre orgueil à lui, Belsatsar, et l'acte sacrilège qu'il venait de commettre. Les signes mystérieux étaient la condamnation du roi, et la ruine du royaume: Mene, mene, thekel, upharsin, ce qui signifiait: Pesé, tu as été trouvé léger, et ton royaume (sera) divisé et donné aux Mèdes et aux Perses. Ce fut la réponse du prophète, et Belsatsar, soit ironie et incrédulité, soit qu'il n'osât pas manquer de parole à un homme qui semblait lui parler au nom de la Divinité, et qui lui annonçait sa tin prochaine, accomplit envers Daniel les promesses qu'il lui avait faites solennellement, à lui aussi bien qu'aux devins; il lui fit donner un vêtement écarlate et un collier d'or, et le proclama le troisième du royaume.

La menace n'avait pas précédé de beaucoup l'exécution, car, en cette même nuit, Cyrus, ayant détourné les eaux de l'Euphrate, faisait entrer son armée dans la ville par le lit desséché du fleuve. Babylone fut prise, ses habitants massacrés, et Belsatsar lui-même égorgé au milieu de son orgie, l'an 538 avant J.-C.


BELTÉSATSAR
(qui amasse des trésors), surnom qui fut donné à Daniel par l'officier du roi Nébucadnetsar, Daniel 1:7.


BÉNAJA
(fils de l'Éternel), fils de Jéhojadah, l'un des plus vaillants guerriers de David, et le capitaine de ses gardes, 2 Samuel 23:20; 1 Chroniques 11:22. Célèbre par sa force et par son courage, il avait de sa propre main tué un lion et combattu avec un bâton contre un Égyptien armé d'une hallebarde. En un temps où la force physique jouait un si grand rôle, il était assez ordinaire de voir ceux qui en étaient doués, avancer promptement dans les grades et les honneurs, surtout militaires. Bénaja obtint à la cour les plus grandes faveurs: au moment de la révolte d'Adonija, il fut chargé de protéger le sacre de Salomon contre tout mouvement populaire en faveur du rebelle, 1 Rois 1:32. Puis, après la mort de David, le nouveau roi lui confia l'exécution de trois sentences de mort, contre Adonija, contre Joab (qu'il remplaça dans le commandement de l'armée), et contre Simhi, 1 Rois 2:25,29,46.

— Bénaja fut un des plus fidèles serviteurs de la maison de David, qu'il servit de ses vœux, comme de son bras et de son épée.


BEN-HADAD
(fils du bruit). L'Écriture mentionne sous ce nom trois rois différents:

  1. le fils de Tabrimon, que Asa, roi de Juda, gagna et fit marcher contre Bahasa, roi d'Israël. Cette expédition fut fatale aux dix tribus, et notamment à celle de Nephthali, dont plusieurs villes furent surprises et pillées, 1 Rois 15:18; sq..

  2. 1 Rois 20:1; Ben-Hadad, roi de Syrie, fils et successeur du précédent, marcha contre Samarie, accompagné de trente-deux autres rois, et, suivi d'une nombreuse armée, il fit le siège de cette ville. Puis il fit orgueilleusement sommer Achab de se rendre à lui à discrétion, corps et biens. Mais Achab, appuyé sur l'avis des anciens du pays, lui fit répondre: «Que celui qui endosse le harnais ne se glorifie pas comme celui qui le quitte. «Le sens était clair: Ben-Hadad comprit le défi; la bataille s'engagea, les Syriens furent mis en déroute, et le roi lui-même s'enfuit avec toute sa cavalerie. Ben-Hadad, cependant, ne se tint pas pour battu; il attribua sa défaite à la protection des dieux d'Israël, et comme on avait combattu sur les montagnes, il s'imagina que c'était là peut-être la résidence de ces dieux, et que dans la plaine ils ne seraient plus d'aucun secours à leurs adorateurs. En conséquence, il se remit de rechef en campagne, au bout d'une année, avec une armée formidable, auprès de laquelle, dit l'écrivain sacré, les enfants d'Israël ne paraissaient pas plus que «deux troupeaux de chèvres.'» Les deux armées demeurèrent sept jours en présence dans les plaines de Jizréhel, après quoi elles en vinrent aux mains, et les Israélites tuèrent cent mille hommes aux Syriens: le reste s'enfuit dans la ville d'Aphek, dont la muraille s'écroula sur eux et les écrasa au nombre de vingt-sept mille. Caché dans la ville, Ben-Hadad envoya quelques-uns des siens auprès du vainqueur pour demander sa grâce. Il l'obtint; il fut épargné, malgré l'ordre contraire qu'Achab avait reçu de l'Éternel, et il fit alliance avec Achab, s'engageant à lui rendre les places conquises par son père, et à lui livrer quelques villes frontières.

    Après une paix de trois ans, 1 Rois 22:1, la guerre fut reprise entre le roi de Syrie et les deux rois alliés d'Israël et de Juda, qui voulaient s'emparer de la ville de Ramoth, que Ben-Hadad, contrairement à la foi des traités, refusait de livrer. Ben-Hadad avait donné l'ordre à ses capitaines de ne viser que sur Achab; et quoiqu'on ne pût le reconnaître, à cause de son déguisement et de la lâcheté avec laquelle il avait voulu exposer Josaphat seul aux traits de l'ennemi, il fut mortellement blessé par une flèche tirée comme au hasard. L'armée israélite reçut l'ordre de battre en retraite; la campagne était terminée.

    Sous le règne de Joram on vit de nouveau Ben-Hadad reparaître en Israël, 2 Rois 6:8; sq. Comme tous les plans et projets du Syrien étaient connus de Joram avant même qu'ils fussent exécutés, Ben-Hadad fut fort irrité, pensant qu'il avait un traître auprès de lui; mais ayant appris que c'était le prophète Élisée qui déjouait ainsi sa lactique, il envoya des gens à Dothan pour s'emparer de lui: mesure inutile, car l'Éternel sauva le prophète en frappant d'éblouissement les messagers de Ben-Hadad.

    Quelque temps après, le roi de Syrie ayant rassemblé son armée, vint de nouveau mettre le siège devant Samarie. Comme le blocus se prolongeait, il y eut une grande famine dans la ville, 2 Rois 7:4. Ben-Hadad espérait les soumettre par ce moyeu; il était près de réussir, les assiégés, à la dernière extrémité, commençaient à se livrer au désespoir, lorsque l'Éternel les visita d'une délivrance miraculeuse. Les troupes syriennes entendirent pendant la nuit un bruit de chariots et de chevaux, comme le bruit d'une grande armée (sans doute celle qu'Élisée avait fait voir à son serviteur sur la montagne, 6:17), et croyant que c'étaient les rois des Héthiens et des Égyptiens, qui venaient au secours d'Israël, ils s'enfuirent précipitamment, saisis d'épouvante, en laissant tout leur bagage et leurs vivres dans le camp.

    De retour à Damas, Ben-Hadad tomba mal; de, et ayant appris l'arrivée d'Élisée dans cette ville, il envoya auprès de lui avec de riches présents Hazaël, un de ses officiers, pour lui demander s'il pourrait se relever de cette maladie. Précédemment déjà, d'après le conseil d'une jeune esclave israélite, il avait envoyé son serviteur Naaman, atteint de la lèpre, auprès du roi d'Israël, en le priant de le faire guérir par Élisée, qui n'était apparemment autre chose, pour lui, qu'un habile magicien dont le roi pouvait disposer à sa guise.

    — Voici la réponse que le prophète fit reporter à Ben-Hadad: «Vas, et dis-lui: certainement tu en pourrais relever; toutefois l'Éternel m'a montré que certainement il mourra.» En effet, bien que sa maladie ne fût pas mortelle, Ben-Hadad fut le lendemain trouvé mort dans son lit: Hazaël l'avait étouffé pour régner à sa place. (884 avant J.-C.)

    Riche, puissant et fort, ce monarque ambitieux, trois fois se leva contre Israël, et trois fois dut s'enfuir; c'est que le Dieu qui protégeait les tribus n'était pas seulement le Dieu des montagnes, c'était encore le Dieu des plaines. Le petit royaume d'Israël ne fut point redevable de son salut à ses propres forces, mais à la présence et aux prières du prophète Élisée. Dieu avait choisi les choses faibles de ce monde pour rendre confuses les fortes «afin que nulle chair ne se glorifiât devant lui.» 1 Corinthiens 1:27,29.

  3. Fils de Hazaël le meurtrier du précédent. Il opprima les dix tribus sous Joachaz, roi d'Israël, mais fut vaincu et chassé sous Joas, roi de Juda, 2 Rois 13. Il reçut de son père, ou il prit lui-même le nom de Ben-Hadad, qui, étant commun à un grand nombre de rois syriens, Jérémie 49:27; Amos 1:4, pouvait cacher son usurpation et faire oublier la nouveauté de la dynastie parvenue.


BENHAJIL,
un des principaux gouverneurs du royaume de Juda sous le bon roi Josaphat; il fut chargé par son maître de parcourir le pays avec quatre autres chefs, sept lévites et deux sacrificateurs, pour instruire le peuple et lui faire connaître le livre de la loi de l'Éternel qu'ils portaient avec eux.


BEN-HAMMI,
un des fils de Lot., Genèse 19:38;

Voir: Hammon.


BENJAMIN,
fils de Jacob et de Rachel, le plus jeune de la famille, né 1736 avant J.-C. Sa naissance coûta la vie à sa mère, qui voulut en mourant l'appeler Benoni, fils de ma douleur; mais Jacob l'appela Benjamin, fils de ma droite, (et aussi fils de bonheur, ou, selon d'autres, fils de ma vieillesse), ou Jémini, ma droite. Il est superflu de répéter ici toute l'histoire qui se rattache au nom de Benjamin: l'amour de son père pour cet enfant, ce fils de Rachel expirée, le frère de Joseph exilé, les scènes de l'Égypte, la coupe trouvée dans le sac, la dureté simulée du grand gouverneur d'Égypte, enfin la reconnaissance des frères, sont connus de chacun, et ne présentent aucune difficulté. Benjamin se maria fort jeune, car à peine était-il âgé de trente-deux ans, qu'il avait déjà dix fils; cinq d'entre eux moururent sans postérité. Genèse 33:16,18; 46:21.

Toutefois les prédictions de Jacob, Genèse 49:27, et celles de Moïse, Deutéronome 33:12, touchant ce jeune homme et la tribu dont il fut le père, sont de nature à lui ôter cette teinte de fraîche adolescence et de virginité candide que semble respirer son histoire. «C'est un loup qui déchirera; le matin il dévorera la proie, et le soir il partagera le butin; il reposera entre de fortes épaules.» Ce n'est plus là le Benjamin du vieux Jacob et du tendre Joseph; aussi devons-nous remarquer combien, dans sa première histoire, le rôle de Benjamin est un rôle passif: on l'aime, on le trouve charmant; mais qu'a-t-il fait? Rien; ce n'est que sa position seule qui nous intéresse, qui nous émeut; il n'a rien fait, il a seulement été; il est né de Rachel, il est né frère de Joseph, il est né le dernier, il est jeune: voilà sa vie, voilà ses titres. Il est aimable pour nous parce qu'il est tant aimé, et, sans le connaître, nous lui sommes attachés parce que nous voyons l'amour que lui portèrent ceux qui vécurent avec lui. Mais s'il ne nous en est rien raconté qui puisse le faire distinguer en bien, aucune tache non plus ne vient déshonorer sa mémoire: il reste chaste et pur à côté de Ruben, sans violence à côté de Siméon et de Lévi, et la bénédiction de l'Éternel est promise à sa postérité. «Le bien-aimé de l'Éternel, dit Moïse, Deutéronome 33:12, habitera sûrement avec lui; il le couvrira tout le jour, et il se tiendra entre ses épaules.»

Il reçut son héritage entre de puissants voisins: il eut au nord la tribu d'Éphraïm, à l'orient celle de Ruben dont il était séparé par le Jourdain et la mer Morte, au midi celle de Juda, à l'occident celle de Daniel Peu étendu, mais très fertile, son territoire subvenait amplement aux besoins d'une population fort nombreuse. Placé au centre de la terre sainte, il fut aussi comme le centre de, l'histoire juive, et Jérusalem lui appartenait, de même que Jérico, Béthel, Mitspa, Micmas, Ramathajim et Gabaon. Ehud, le second des juges, Saül, le premier des rois de Juda, Mardochée et l'apôtre Paul, étaient Benjamites. Le caractère principal de cette portion de la famille d'Israël fut un courage indomptable qui allait jusqu'à la férocité; il soutint plusieurs guerres contre les Cananéens, Juges 3:15; 1 Samuel 4, et nombre de batailles auxquelles il ne resta pas étranger, se livrèrent dans l'étendue de son territoire. Il fut presque anéanti sous les juges, par les Israélites indignés d'un crime odieux qui s'était commis dans une de ses villes, et dont il avait refusé de livrer les auteurs.

— Sa destinée fut de partager avec Juda la gloire de conserver plus fidèlement et plus longtemps la connaissance de l'Éternel, sous la dynastie des descendants de David,

Voir: Juda;

et c'est une chose digne d'être remarquée, que lors du grand schisme des dix tribus, ce fut celle de Benjamin, celle qui avait été dépouillée de la royauté, qui resta seule fidèle à la nouvelle dynastie que Dieu avait donnée à son peuple dans la famille de David.


BÉRACA.
nom hébreu de la vallée qui est appelée 2 Chroniques 20:26, vallée de bénédiction; elle était située non loin de Hen-Guédi, dans le désert de Tékoah. C'est là que se rassemblèrent, sous le règne de Josaphat, tous les habitants de Juda, pour bénir l'Éternel de la victoire inattendue qu'il leur avait fait remporter sur les enfants de Hammon et sur les Moabites.


BÉRÉCIA,
2 Chroniques 28:12,

Voir: Hazaria #4.


BÉRED,
Genèse 16:14, ville du désert en Arabie, au sud de Kadès-Barné, du côté de Sud, verset 7.


BÉRÉE,
ville de Macédoine, sur le chemin qui mène de Thessalonique à Athènes, et non loin de la ville de Pella, où naquit Alexandre le Grand. Ce fut à Bérée que saint Paul prêcha l'Évangile, après avoir été chassé de Thessalonique par la persécution. Un assez grand nombre de personnes y furent converties, entre autres un nommé Sopater, qui accompagna Paul lorsque celui-ci dut retourner en Asie. Saint Luc loue les habitants de cette ville, pour le zèle avec lequel ils se mirent à lire les Écritures, afin de savoir si les choses qu'on leur annonçait étaient conformes à la Parole de Dieu, Actes 17:10; 20:4.


BÉRÉNICE ou Bernice,
fille aînée d'Hérode Agrippa dit le Grand, celle que la poésie a si habilement transfigurée. Elle fut d'abord fiancée à Marc, fils d'Alexandre, gouverneur des Juifs à Alexandrie; puis elle épousa Hérode, roi de Chalcis, son propre oncle. Après la mort de celui-ci, elle se maria avec Polémon, roi du Pont; mais elle ne demeura pas longtemps, avec lui: elle retourna auprès de son frère Agrippa, avec lequel il paraît qu'elle entretenait des relations criminelles. Ils étaient venus l'un et l'autre à Césarée, pour complimenter le gouverneur Festus, lorsque celui-ci, pour leur complaire, lit comparaître devant eux l'apôtre Paul. Actes 25:23.

— Plus lard, Bérénice fut encore la maîtresse de Vespasien (Tacit. Hist. 2, 81), et celle de son fils Titus (Sueton., Tit., 7), qui l'aurait épousée, dit-on, si elle n'eût été reine et étrangère, deux qualités qui rendaient impossible toute union avec un Romain.


BERGERS.
Les patriarches et les premiers Hébreux furent nomades et bergers; Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils voyagent conduisant après eux de nombreux troupeaux de chèvres, de brebis, de bœufs, d'ânes et de chameaux, qu'ils mènent paître dans les steppes solitaires de Canaan, de l'Égypte ou de l'Arabie. Cette vie nomade cessa plus ou moins généralement, lorsque les Israélites se furent emparés de la terre promise, et que la culture du sol fut devenue leur principale richesse; mais on continua de trouver, surtout chez les tribus transjourdaines, bon nombre d'hommes qui conservèrent, au milieu de leurs villes fortifiées, des habitudes plus en rapport avec celles de leurs ancêtres; Nabal en est un exemple, 1 Samuel 25:2; cf. 2 Rois 3:4. Ces riches propriétaires avaient sous leurs ordres des centaines de serviteurs qu'ils pouvaient au besoin transformer en soldats, soit pour des haines et des vengeances personnelles, Genèse 14:14, soit pour la garde des troupeaux et des citernes, 13:7; 26:20. Bergers, nomades ou sédentaires, ils habitaient sous des tentes. Cantique 1:7; 2 Chroniques 14:15; Ésaïe 38:12; Jérémie 6:3. Ils étaient ordinairement munis d'un bâton recourbé vers le bout, 1 Samuel 17:40; Michée 7:14, d'une poche ou bissac, et d'un chien, pour repousser les bêtes féroces contre lesquelles ils luttaient parfois, et souvent avec avantage, Amos 3:12; Ésaïe 31:4; 1 Samuel 17:34. Du reste, ils avaient rarement des armes proprement dites, même des frondes. Ils se construisaient des guérites ou de petits observatoires, au haut desquels ils montaient pour découvrir les pièces de bétail égarées, ou pour prévenir de plus loin les dangers dont ils pouvaient être menacés, Michée 4:8: c'est peut-être à cette circonstance qu'ils doivent d'avoir été cités comme types de la vigilance, Nahum 3:18.

Voir: Luc 2:8.

Ils ne devaient rien négliger pour recouvrer un animal perdu, Ézéchiel 34:12; Luc 15:5; ils portaient dans leurs bras ceux qui étaient faibles et malades, Ésaïe 40:11, et prenaient garde de les échauffer ou de les fatiguer par des marches forcées, Genèse 33:13. Leur principal vêtement était un manteau dont ils s'enveloppaient tout le corps, Jérémie 43:12; ils se nourrissaient de fruits sauvages, de figues, Amos 7:14, et, au besoin, de carouges, Luc 15:16; ils ne recevaient point de gages en argent, mais ils avaient une certaine part aux produits du troupeau, aux petits qui naissaient pendant le temps de leur service, Genèse 30:32, et au lait dont ils pouvaient faire leur nourriture, 1 Corinthiens 9:7. Il est évident, d'après 1 Samuel 16:17-18, que la musique était un délassement ordinaire des bergers hébreux, comme elle l'est des gardeurs de troupeaux dans tous les pays. Sous les rois, la charge d'inspecteur en chef des troupeaux était un emploi considérable, 1 Samuel 21:7: et l'on peut dire, en général, que la condition de berger était fort considérée: les fils et les filles de riches propriétaires ne craignent pas de s'occuper eux-mêmes de ces soins; les prophètes, les rois, et Dieu lui-même, prennent et acceptent le titre honorable de pasteurs et bergers, cf. Psaumes 23,1; Jean 10:1; Hébreux 13:20, titre qui joue comme symbole un grand rôle dans les livres saints. Les récits des voyageurs modernes en Perse reproduisent trait pour trait le tableau des soins pastoraux de Ésaïe 40:11; et ailleurs.

Quant à la grotte des bergers dont parlent certains voyageurs, amateurs de reliques à tout prix,

Voir: l'article Bethléem.


BÉRIHA et Sémah,
1 Chroniques 8:13, descendants de Benjamin; ils furent chefs de quelques familles qui habitèrent Ajalon; ils repoussèrent de Gath les Philistins qui y demeuraient: ces deux faits par lesquels seuls nous connaissons cette branche de la famille benjamite, doivent s'être passés à l'époque de la conquête de Canaan, puisque d'après ce passage Ajalon devait se trouver dans la tribu de Benjamin, tandis que plus tard, après le partage, il appartint à celle de Dan.


BÉRIL,
Apocalypse 21:20; Ézéchiel 28:13, pierre transparente, d'un vert bleuâtre; il y en a de très foncées, et d'autres qui sont très claires; on en voit qui sont de la grosseur d'une fève; elle est d'ailleurs presque aussi dure quelquefois que le grenat: on la trouve surtout dans les Indes orientales, et près des mines d'or du Pérou. La Silésie en fournit également, mais d'une qualité très inférieure.

— Le béril est le huitième fondement de la nouvelle Jérusalem; c'était la onzième pierre du pectoral du souverain sacrificateur, Exode 28:20.


BÉRODAC,
2 Rois 20:12,

Voir: Mérodac.


BÉROTHAÏ, ou Cun,
2 Samuel 8:8, ou Cun, 1 Chroniques 18:8, ville de Syrie, près des frontières septentrionales de la Palestine, qui fut conquise par David; peut-être la même que l'ancienne et opulente Béryte qui vit encore sous le nom de Bayrouth, cf. Ézéchiel 47:16.


BÉSOR,
ruisseau ou torrent du pays de Canaan, coulant de l'est à l'ouest, non loin de la frontière méridionale, pour se jeter dans la Méditerranée. C'est sur ses bords que 200 hommes de David s'arrêtèrent, harassés de fatigue, tandis que 400 autres poursuivirent et taillèrent en pièces les Hamalécites qui avaient brûlé Tsiklag. 1 Samuel 30:9.


BÉTAH, ou Tibbath,
2 Samuel 8:8, ou Tibbath, 1 Chroniques 18:8, ville que David prit sur Hadarhéser, roi de Syrie, et qui partagea le sort de Bérothaï, q.v. Sa position est complètement inconnue; quelques-uns la regardent comme identique avec Béten.


BÉTEN,
de la tribu d'Aser, Josué 19:25.


BÊTES sauvages,
Ésaïe 13:22;

Voir: Chacal, et Animaux.


BÉTHABARA
(maison de passage), dans la tribu de Ruben, sur la rive orientale du Jourdain, près de l'endroit où les Israélites le passèrent sous la conduite de Josué. Ce fut là que Jean, fils de Zacharie, baptisa une multitude de Juifs, en signe de repentance, et pour les préparer à recevoir le Messie, Jean 1:28. Dans ce dernier passage, la plupart des manuscrits portent Béthanie, au lieu de Béthabara.


BÉTHANIE
(maison de chant, ou maison d'affliction, ou encore maison de la grâce du Seigneur).

  1. Village considérable, au pied du mont des Oliviers, à 2 ou 3 kilomètres est de Jérusalem, dans la tribu de Benjamin. C'est là que demeuraient Lazare et ses sœurs, Jean 11:4-5,11; c'est là probablement que demeurait Jésus, lorsque les fêtes saintes l'appelaient à Jérusalem, Matthieu 21:17; c'est enfin là qu'il se fit voir pour la dernière fois à ses disciples, Luc 24:50; Jean 11:18. Il s'éleva aux cieux dans le voisinage de cette bourgade qu'il aimait, Actes 1:1-12. Béthanie n'est plus maintenant qu'un chétif village de ruines et de décombres; les maisons, où vivent quelques familles arabes, en sont si misérables que nous ne voudrions pas y loger nos bestiaux. On montre encore les débris supposés de la maison de Lazare, et son tombeau dans une grotte profonde.

  2. Béthanie, endroit près duquel Jean baptisait, si en effet l'on doit accepter cette leçon, Jean 1:28, au lieu de Béthabara q.v. Cet endroit était situé au-delà du Jourdain dans la tribu de Ruben.


BETH-AVEN
(maison de vanité); dans la tribu de Benjamin. C'est, ou Béthel ainsi nommée à cause de l'idole qu'on y adorait, Osée 4:15; 10:5, ou plutôt quelque localité voisine, Josué 7:2. C'est près de là que l'armée de Saül, victorieuse des Philistins par la bravoure de Jonathan, réussit à les mettre en déroute, 1 Samuel 14:23.


BETH-BARA,
passage au gué du Jourdain, dont Gédéon donna l'ordre aux Éphraïmites de s'emparer, pour arrêter dans leur fuite les chefs de Madian et les mettre à mort, Juges 7:24. Beth-Bara était dans le voisinage de Béthabara, ou Béthabara lui-même.


BETHCAR
(maison de science), 1 Samuel 7:11, ville de la tribu de Dan, non loin de Milspa: ce fut jusque-là que Samuel poursuivit les Philistins, et près de là qu'il érigea son Ében-Hézer.


BETH-DIBLATHAJIM, ou simplement Diblathajim,
ville des Moabites qui subsistait encore aux jours de saint Jérôme, Nombres 33:46; Jérémie 48:22; probablement la même que Dibla, Ézéchiel 6:14.


BÉTHEL
(maison de Dieu), d'abord appelé Luz: c'est là que Jacob s'arrêta dans son voyage vers Padan-Aram, et il nomma ce lieu Béthel, à cause de la vision qu'il y avait eue. Trente ans après environ, il y plaça ses tentes, et y demeura un certain temps, Genèse 12:8; 13:3; 28:19. Ville cananéenne d'abord, elle fut adjugée par Josué à la tribu de Benjamin, Josué 18:22; cf. 12:9, puis conquise par les Éphraïmites, Juges 1:22. Elle fut quelque temps la résidence du tabernacle, Juges 20:18; 1 Samuel 10:3 (nos versions traduisent le mot hébreu Béthel par «la maison du Dieu fort»), et finit par être sous Jéroboam un des deux sièges principaux de l'idolâtrie, 1 Rois 12:29. Aussi les prophètes sont-ils remplis de menaces contre cette ville si déchue, Amos 3:14; 7:10,13; Jérémie 48:13; et la prophétie d'Amos, que Béthel serait réduite à rien, a si bien été accomplie, que maintenant on ne peut plus en déterminer la place d'une manière positive. Elle était située à 15 ou 20 kilomètres nord-ouest de Jérusalem, non loin de la ville de Haï.


BÉTHESDA
(maison de miséricorde), bain public, situé dans la partie orientale de Jérusalem, au nord du temple, près de la vallée de Josaphat; les malades y venaient, d'après le texte de l'Évangile, chercher un remède à leurs souffrances dans les eaux qu'un ange troublait à certaines heures, Jean 5:2. On montre encore en cet endroit une espèce de carré long dont la terre éboulée et les arbustes cachent la profondeur; les parois portent par places des plaques d'enduit qui indiquent sa destination, mais il ne s'y trouve plus d'eau.

— On a contesté l'authenticité du passage, Jean 5:2-4, en partie sans doute pour échapper aux difficultés qu'offre son explication. Il paraît que saint Jean cite sans la juger l'opinion populaire que la source d'eau minérale de Béthesda guérissait presque toutes les maladies. Cette source était intermittente, ou entrait en ébullition à de certains moments déterminés. Quant à l'intervention d'un ange, d'abord il n'est point dit que cet ange fût visible; puis, l'idée populaire qui le faisait intervenir, reposait, quoique confuse, sur la connaissance certaine que la Parole de Dieu nous donne, que le Seigneur appelle les anges à l'administration des choses d'ici-bas. Hébreux 1:7. 14.


BETH-GAMUL
(maison du chameau), ville de la tribu de Ruben, qui plus tard fut prise par les Moabites, et ravagée par les Caldéens, Jérémie 48:23.


BETH-HARAM, et Beth-Haran,
Josué 13:27, et Beth-Haran, Nombres 32:36, ville forte des Rubénites, au nord de la mer Morte; elle fut appelée plus tard Livias, en l'honneur de l'épouse d'Auguste.


BETH-HOGLA,
ville de Benjamin, sur les frontières de Juda, à moitié chemin environ du Jourdain à Jérico, Josué 18:21.


BETH-HORON
(maison de colère), ville de la tribu d'Éphraïm, qui se divisait en deux portions, la basse ville, Josué 16:3; 18:13, sise dans la vallée, et la ville haute située sur une colline assez élevée, 16:5; cf. 10:11. Elle appartenait aux lévites, Josué 21:22. D'après 1 Chroniques 7:24, les deux portions de cette ville auraient été construites par une fille d'Éphraïm, Sééra.


BETH-JÉSIMOTH,
ville rubénite, à 15 kilomètres environ du Jourdain, du côté de la mer Morte, Nombres 33:49; Josué 12:3; 13:20. Les Moabites s'en emparèrent; elle fut plus tard détruite par les Caldéens, Ézéchiel 25:9.


BETH-KÉREM
(maison de vignes), située sur une montagne entre Jérusalem et Tékoah: elle paraît avoir été renommée pour son vignoble, Néhémie 3:14; Jérémie 6:1.


BETH-LÉBAOTH,
Josué 19:6, appelée aussi simplement Lébaoth, 15:32, ville de Siméon, situation inconnue. Quelques-uns (Reland) comparent ce nom avec le Bethleptéphène de Flavius Josèphe et de Pline, au sud de, Jérusalem, vers l'Idumée; mais c'est fort incertain, et la ressemblance des deux noms très insuffisante pour établir une analogie.


BETHLÉEM
(maison de pain).

  1. Ville de la tribu de Juda, située sur le penchant d'un coteau, à environ 10 kilomètres sud de Jérusalem; on l'appelait aussi Éphrata, Michée 5:2, ou Éphrath, la fructueuse, et ses habitants Éphratiens. Cette ville n'a été considérable ni en étendue, ni en richesses, mais il est cependant peu de contrées dans la terre sainte qui soient aussi pleines de souvenirs que celle de Bethléem. Rachel y mourut en donnant le jour à Benjamin, et elle y fut ensevelie, Genèse 35:16,19. Un lévite de Bethléem devint le premier sacrificateur des Danites qui venaient de s'établir dans la vallée des sources du Jourdain, Juges 17:18. Ce fut une femme de Bethléem qui fut la cause de cette guerre sanglante dans laquelle la tribu de Benjami fut presque anéantie (id. 19); Nahomi était de Bethléem, elle y revint avec Ruth la Moabite. Bethléem eut enfin la gloire de voir naître Ibtsan, Élimélech, Booz, David, et par-dessus tout Jésus, le Messie promis. Genèse 48:7; Ruth 1:2; Psaumes 132:6; Michée 5:2; Juges 12:8; Matthieu 2:1.

    Sur le même terrain existe encore aujourd'hui une petite ville à laquelle on a conservé le nom de Bethléem, mais qui est devenue le théâtre de bien des superstitions. Au fond d'une vallée assez triste, mais dont le sol est excellent, s'élève un monticule sur lequel se trouve la bourgade; elle est composée d'environ deux cents maisons, la plupart taillées dans le roc, habitées par des chrétiens et des musulmans qui vivent en bonne harmonie et qui jouissent d'une certaine indépendance. Non loin de la ville se voit la fameuse église de la Nativité, et le couvent des Franciscains qui la touche. Une chapelle souterraine de cette église passe pour avoir été l'étable où notre Sauveur est né; du moins on la montre pour telle sous le nom de chapelle de la Crèche, et madame de Lamartine, dans une note fournie au journal du poète, après avoir parlé du «long labyrinthe de corridors souterrains qu'il faut parcourir pour arriver à la grotte sacrée» ajoute: «En passant sous ces voûtes et ces enfoncements dans le roc, l'on comprend sans peine qu'ils ont dû servir d'étables aux troupeaux que les bergers gardaient dans la plaine.» Heureux ceux qui peuvent s'abandonner à l'illusion; mais une étable dans le roc vif, sous terre, ne peut guère obtenir de créance parmi nous, d'autant moins que ces sortes de reliques vivantes ont été tellement multipliées au profit du parti catholique romain, qu'on ne sait plus ce qu'il faut croire et rejeter. On peut voir, à ce sujet, le Traité des reliques de Calvin, un des chefs-d'œuvre littéraires du seizième siècle, après lequel il ne reste plus rien à dire.

    — Quoi qu'il en soit de cette grotte, trente-deux lampes y brûlent jour et nuit; des tableaux, un orgue, et deux autels la décorent. Cette grotte naturelle a été revêtue de marbre afin d'en soustraire les parois à l'indiscrète piété des pèlerins qui les déchiraient pour en emporter des fragments.

    Une autre chapelle souterraine est appelée l'Oratoire de saint Jérôme: c'est là qu'on prétend qu'il a travaillé à sa traduction de la Bible, et l'on y montre son tombeau.

    Outre le monastère des Franciscains, il y a à Bethléem un couvent arménien et un couvent grec.

    Au nord-ouest de Bethléem est un tombeau qu'on assure être celui de Rachel; et du côté de l'est, on montre une plaine peu considérable, mais agréable et fertile, où les bergers, dit-on, paissaient leurs troupeaux lorsque la naissance du Rédempteur leur fut annoncée par les anges. Près de là se trouve la Grotte des Bergers, dans laquelle ils passaient la nuit, puis les ruines d'une église bâtie en mémoire de cet événement, par Hélène, femme du grand Constantin.

    Au midi sont trois piscines ou réservoirs, qu'on pense être ceux dont parle Salomon Ecclésiaste 2:6. Creusées dans le roc vif, et suivant la pente de la montagne, ces citernes ont encore les parois aussi nettes et les arêtes aussi vives que si elles venaient d'être terminées: de grandeur inégale, elles varient entre 400 et 600 pieds (140-215 mètres) pour la longueur, sur une largeur de 70 à 100 mètres, et une profondeur de 30. «Ces beaux bassins, remplis d'une eau diaphane, sur le sommet d'une montagne aride, étonnent et inspirent une haute idée de la puissance qui a conçu et exécuté un si vaste, projet; aussi sont-ils attribués à Salomon.» Lamartine.

  2. Ville de la tribu de Zabulon; inconnue. Josué 19:15.


BETH-MÉHON,
Voir: Bahal-Méhon.


BETHPHAGÉ,
petit village appartenant aux sacrificateurs, tout près de Béthanie, sur la route qui conduit à Jérusalem. Il devait son nom (lieu des ligues mal mûres), à sa position entre deux montagnes qui le privaient des rayons du soleil, et qui empêchaient ainsi les figues d'y mûrir. C'est là que Jésus, le, roi débonnaire, fit chercher l'âne sur lequel il voulait faire son entrée dans la ville, Matthieu 21:1; Luc, 19:29.


BETH-RÉHOB,
2 Samuel 10:6,

Voir: Aram et Réhob.


BETHSAÏDA.
  1. Village ou ville à l'est du Jourdain, au nord-est de la mer de Galilée, sur une petite hauteur qui domine une plaine fertile et couverte d'aloès. Elle appartenait à la tribu de Manassé. Jésus s'y retira plusieurs fois pour trouver du repos et de la solitude. Un jour, en débarquant, il vit la foule déjà réunie pour l'attendre, et il y rassasia 5,000 hommes, Matthieu 14:13; Marc 6:31; Luc 9:10,17; Jean 6:1. Philippe le tétrarque transforma ce bourg en ville et lui donna le nom de Juliade, en l'honneur de Julia, tille de l'empereur Auguste.

  2. Autre endroit du même nom, au bord de la mer de Galilée, Matthieu 11:21-24; Luc 10:13; Jean, 1:44. Ce fut la patrie des apôtres Philippe, André et Pierre, qui étaient pêcheurs. Bethsaïda signifie maison de la chasse, ou de la pêche, et ce nom pouvait naturellement s'appliquer et se donner à plusieurs localités sur les bords d'un lac poissonneux; il rappelle la Poissine du lac de Neuchâtel, et le Fischhausen de Saint-Gali. La position de, Bethsaïda n'est pas bien connue; on a trouvé, mais à une assez grande distance du lac, quoique encore dans la plaine basse, un village nommé Baitsida, qui pourrait bien être le même.


BETU-SÉAN, ou Bethsan,
Josué 17:11; Juges 1:27, ou Bethsan, 1 Samuel 31:10, ville de Manassé, à l'ouest du Jourdain.


BETH-SÉMÈS
(maison du soleil).

  1. Bahalath.

  2. Ville de la tribu de Juda donnée aux Lévites, Josué 21:16. Elle était environ à 50 kilomètres sud-ouest de Jérusalem, près du pays des Philistins, et non loin de la tribu de Dan, 15:10; 1 Samuel 6:12. L'arche sainte y fut déposée par les Philistins, qui s'en étaient emparés comme d'un talisman, et qui s'en débarrassèrent comme d'un fléau; les Bethsémites, à leur tour, frappés d'une grande plaie pour avoir voulu regarder dans l'arche, la conduisirent à Kiriath-Jéharim.

  3. Ville de Nephthali, Josué 19:38. Elle continua encore quelque temps d'être habitée par les Cananéens, Juges 1:33.

  4. Ville d'Issacar, Josué 19:22.

  5. Peut-être Héliopolis en Égypte, Jérémie 43:13;

    Voir: On #2.


BETH-SUR
(maison du rocher), 2 Chroniques 11:7, ville de la partie méridionale de Juda, près d'Hébron. C'est près de là, sur le plateau, qu'une tradition fort ancienne place le lieu où Philippe baptisa l'eunuque de la reine Candace, Actes 8:26; sq..


BÉTHUEL ou Béthul
  1. (filiation de Dieu), Josué 19:4; 1 Chroniques 4:30, ville de la tribu de Siméon, peut-être la Béthulie de Judith, si tant est que cette ville ait jamais existé.

  2. Béthuel, fils de Nacor et de Milca, cousin, par conséquent, d'Abraham, dont le père, Taré, était frère de Nacor; il fut père de Laban et de Rébecca. Lorsque Élihézer fut venu, de la part d'Abraham, demander Rébecca pour Isaac, il n'hésita pas à la laisser partir, et son exemple nous montre que si Abraham fut choisi de Dieu, lui et sa descendance, pour être le dépositaire de ses oracles, cependant la foi en Jéhovah n'était point entièrement perdue, quoique altérée, dans les branches latérales.


BETSALÉEL
(sous l'ombre de Dieu), fils d'Uri, de la tribu de Juda, et Aholiab (tabernacle du père), fils d'Ahisamac, danite, furent suscités de Dieu et chargés de veiller à la construction du tabernacle; c'était dans le désert, et Dieu avait commandé un travail magnifique, dont la confection eût exigé, en des temps ordinaires, toutes les ressources d'une ville grande et riche; mais quand Dieu commande, il donne aussi les moyens d'exécuter. Il remplit d'intelligence Betsaléel et Aholiab, pour inventer toutes sortes d'ouvrages de dessins, de broderie et de sculpture, et les matériaux ne manquèrent point. Il est évident, d'après Exode 31:3, que, dans cette circonstance, Dieu travailla lui-même avec ses chefs-ouvriers, en leur donnant de son esprit une mesure plus forte d'intelligence et d'habileté; mais l'on sait aussi qu'à cette époque déjà, l'Égypte avait atteint un haut degré de perfection dans un grand nombre d'arts mécaniques et industriels, et l'on peut supposer que ces deux hommes, venant d'Égypte, en avaient peut-être aussi rapporté quelques connaissances effectives, quoique, du reste, les Israélites n'y fussent guère initiés à d'autres mystères qu'à ceux de broyer la paille et le mortier pour en faire des briques,

Voir: encore Exode 35:30; 36:1; 37:1; 38:22; 1 Chroniques 2:20; 2 Chroniques 1:5.


BETSER,
Voir: Botsra.


BEURRE.
On voit clairement par Proverbes 30:33, que chez les Juifs le beurre était ce qu'il est chez nous, et non pas seulement de la crème, comme c'était ordinairement le cas en Orient. Les Grecs d'alors étaient encore bien éloignés de connaître la fabrication de cet utile aliment; jusqu'à l'arrivée des Hollandais aux Indes orientales, le beurre y était pareillement inconnu; mais dans le pays de Canaan, le miel et le beurre étaient des mets fort communs, Ésaïe 7:15,22. Chez les Arabes, on les envisage comme des raretés, propres seulement à la table des princes, et dont assurément les enfants ne goûtent guère. Laver ses pas dans le beurre, Job 29:6, c'est jouir d'une grande prospérité. Les paroles d'un flatteur, dit le Psalmiste, 55:22, sont plus douces que le beurre,

Voir: Bœuf.


BÉZEK
(éclair), ville de la tribu de Juda, sur le penchant oriental d'une montagne, à 3 kilomètres de Bethsur. On suppose qu'Adoni-Bézek, qui fut pris et mutilé par les enfants de Juda, Juges 1:4-7, était roi de Bézek. C'est là que Saül, voulant marcher contre Jabès de Galaad, fit la revue de son armée, qu'il trouva composée de 330,000 hommes, 1 Samuel 11:8.


BIBLE.
C'est le nom qu'on donne au livre des livres, au livre par excellence, au volume sacré qui renferme l'unique règle de notre foi, de nos mœurs, et de notre conduite. Les juifs l'appellent le Mikra ou la Leçon. Les chrétiens la désignent par les noms suivants, à l'exemple des saints auteurs:

  1. L'Écriture, 2 Timothée 3:16; Actes 8:32; 2 Pierre 1:20; ou Les Écritures, Matthieu 22:29; Actes 18:24;

  2. Les Saintes Écritures, Romains 1:2, ou les Saintes Lettres, 2 Timothée 3. 15;

  3. La Loi, pour tout l'Ancien Testament, Jean 10:34; 12:34; 1 Corinthiens 14:21;

  4. L'Ancien Testament, 2 Corinthiens 3:14.

La Bible a toujours été divisée en plusieurs livres, mais la division par chapitres et versets est d'origine assez récente. Il paraît, d'après Clément d'Alexandrie, Athanase, et quelques autres Pères, que dans les premiers temps du christianisme, les saintes Écritures étaient divisées en courts paragraphes, dits parasch's et haphtar's pour l'Ancien Testament, stiques et péricopes pour le Nouveau (— Voir: Steiger. Introduction au Nouveau Testament, p. 73 et suivant); la division actuelle en chapitres est attribuée par les uns à Arlott, moine toscan, par d'autres, avec plus de probabilité, au cardinal Hugo de Sainte Chair, qui vivait au treizième siècle; par d'autres enfin à Étienne Longton, archevêque de Cantorbéry, vers l'an 1250. Quant à la division par versets, elle ne fut peut-être fixée telle qu'elle est maintenant que vers l'an 1450 pour l'Ancien Testament, et vers l'an 1551 pour le Nouveau. C'est en 1450 que parut la Concordance hébraïque du Juif Mardochée Nathan; et, en 1551, ce fut l'imprimeur genevois Robert Étienne qui divisa le Nouveau Testament en 7956 versets; il modifia aussi la division de l'Ancien Testament, qui compta 23,205 versets.

La Bible entière se compose de l'Ancien et du Nouveau Testament; tous les livres du premier furent écrits avant l'incarnation de notre Sauveur, ceux du second le furent tous après sa résurrection. Ceux de l'Ancien Testament sont écrits en hébreu, sauf quelques chapitres d'Esdras et de Daniel, et un verset de Jérémie, qui sont écrits en caldéen; ceux du Nouveau Testament sont en grec, mais d'un grec fortement mêlé d'hébraïsmes. Il est à remarquer d'ailleurs qu'ils lurent tous écrits, les uns comme les autres, dans la langue au moyen de laquelle ils pouvaient le mieux être compris par l'Église d'alors; ce qui montre aussi qu'à mesure que la Bible parvient à de nouveaux peuples, il faut, par des traductions, mettre ce peuple en état de la lire et de la comprendre; il faut qu'il y ait effectivement partout des traductions vulgates, c'est-à-dire pour le vulgaire, pour le peuple; c'est ce que l'Église romaine a très bien compris dans le temps Où on parlait latin. Depuis lors il y a eu, à cet égard comme à tant d'autres, une variation dans sa manière de voir, à tel point que les mandements de quelques évêques proscrivent maintenant la Bible; quelques curés la brûlent; M. Joseph de Maistre a pu dire: «Sans notes et sans explications l'Écriture sainte est un POISON» (Soirées de St. Pétersbourg, T. 2, p. 343, fin du dernier entretien).

Vers le temps de notre Seigneur, les Juifs partageaient leur Bible en vingt-deux livres, selon le nombre des lettres de l'alphabet hébreu. C'étaient:

Les cinq livres de Moïse, dits la Loi.

Treize livres des Prophètes, savoir:

  1. Josué;

  2. Les Juges et Ruth;

  3. Les deux livres de Samuel;

  4. Les Rois et les Chroniques;

  5. Ésaïe;

  6. Jérémie et les Lamentations;

  7. Ézéchiel;

  8. Daniel;

  9. Les douze Petits Prophètes;

  10. Job;

  11. Esdras;

  12. Néhémie;

  13. Ester.

Enfin quatre livres, dits hagiographes ou écrits saints: les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, et le Cantique des Cantiques. Ce dernier recueil portait encore le nom général de Psaumes. Ainsi, qui disait: «La loi, les prophètes et les psaumes» disait la Bible tout entière, Luc 24:44.

Les Juifs modernes comptent vingt-quatre livres, auxquels ils assignent une autorité inégale. Avant tous marchent les cinq livres de Moïse; puis viennent les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Rois, d'Ésaïe, de Jérémie, d'Ézéchiel et des douze petits prophètes; ils sont inspirés aussi, mais d'une inspiration et d'une autorité inférieure à celle des premiers. Quant aux autres, c'est à peine s'ils daignent admettre quelque intervention surhumaine dans leur composition; Daniel est en complète défaveur auprès d'eux: on conçoit que la clarté des soixante et dix semaines ne soit pas de nature à les prédisposer à le reconnaître pour authentique.

La manière dont les chrétiens ont divisé les livres de l'Ancien Testament est bien plus rationnelle. En tête se trouvent les livres historiques, plus faciles à comprendre, et dont il est nécessaire de connaître et d'avoir compris le contenu, pour l'intelligence des doctrines et des prophéties; puis les livres sentencieux, de doctrine, ou d'instruction; enfin les Prophètes. Si l'on voulait les ranger dans l'ordre des temps, le livre de Job occuperait peut-être la première place; puis la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, etc., jusqu'à 2 Samuel; puis les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique de Salomon, Jonas, Amos, Osée, Joël, Nahum, Ésaïe, Michée, Sophonie, Habacuc, Jérémie, Lamentations, Abdias, Ézéchiel, 1 et 2 Rois, Daniel, Aggée, Zacharie, Esdras, 1 et 2 Chroniques, Ester, Néhémie et Malachie. Nous aurons du reste à revenir sur toutes ces questions. à mesure que nous traiterons de chaque livre en détail.

Les livres du Nouveau Testament, comme ceux de l'Ancien, se divisent en historiques, dogmatiques et prophétiques; ils disent la fondation de l'Église, la foi de l'Église, et les destinées de l'Église; l'amour de Christ, la pensée de Christ et les jugements de Christ. Les quatre Évangiles et les Actes racontent l'histoire du salut et la fondation de l'Église; les Épîtres, au'nombre de vingt-et-un, appartiennent à la seconde classe; l'Apocalypse est le seul livre de la troisième, le seul essentiellement et entièrement prophétique. Quant à leur classement chronologique, il règne à cet égard une incertitude complète, et il n'y a pas deux auteurs d'accord sur ce point.

Voici, en effet, l'ordre dans lequel les classe Bickersteth (Considérations sur l'Écriture sainte): An 38, Évangile de saint Matthieu; 52, 1 et 2 Thessaloniciens, Galates; 56, 1 Corinthiens; 57, 2 Corinthiens; 58, Romains; 61, Éphésiens, saint Jacques; 62, Philippiens, Colossiens, Philémon; 63, saint Luc, Hébreux, Actes; 64, 1 Timothée, Tite, 1 Pierre; 65, saint Marc, 2 Timothée; 66, 2 Pierre; 70, saint Jude; 90, 1, 2 et 3 Jean; 95, Apocalypse; 97, Évangile de saint Jean.

Voici maintenant Horne (Introduction to the Study of the Bible): An 37 ou 38 (ou 61), Matthieu; 52, 1 et 2 Thessaloniciens et Galates; 56, 1 Corinthiens; 57, Romains; 58, 2 Corinthiens; entre 60 et 63, saint Marc; 61, Éphésiens, et saint Jacques; 62. Philippiens, Colossiens, Philémon; 63, Hébreux, saint Luc, Actes; 64, 1 Timothée, Tite, 1 Pierre; 65, 2 Timothée, 2 Pierre, Jude; 68 ou 69, 1, 2 et 3 Jean; 97. Apocalypse; 98, saint Jean.

D'après Archibald Alexander, il faudrait les classer de la manière suivante, les livres historiques n'étant pas comptés: 1 et 2 Thessaloniciens, Galates, 1 Corinthiens, 1 Timothée, Jacques, Romains, 2 Corinthiens, 1 et 2 Pierre, Éphésiens, Colossiens, Philémon, Philippiens, Hébreux, Tite, 2 Timothée, Jude, 1, 2, 3 Jean, Apocalypse.

D'après Olshausen, pour quelques épîtres seulement: 1 et 2 Thessaloniciens, Galates, 4 et 2 Corinthiens, Romains, Éphésiens, Colossiens, Philémon, Philippiens.

D'après A. Bost enfin: 1 Pierre, 1 et 2 Thessaloniciens, Galates, 1 et 2 Corinthiens, Romains, Jacques, Philémon, Philippiens, Éphésiens, Colossiens, Hébreux, 1 Timothée, Tite, 2 Pierre, 2 Timothée, Jude, 1, 2, 3 Jean, Apocalypse.

Il n'y a pas besoin d'un plus grand nombre d'exemples pour prouver que la solution exacte de cette question de chronologie est impossible. Depuis Marcion, qui met l'épître aux Galates en tête, jusqu'à Schrader qui la met en queue de toutes celles qui ont été écrites par saint Paul, il y a ample marge pour les variantes, et elles n'ont pas manqué.

Plusieurs livres mentionnés dans l'Ancien Testament sont perdus. Ce sont:

  1. le livre des guerres de l'Éternel, Nombres 21:14;

  2. le livre de Jahzer, ou du droiturier, Josué 10:13; 2 Samuel 1:18;

  3. le droit du royaume, 1 Samuel 10:25, ouvrage de Samuel sur la Constitution hébraïque;

  4. le livre des faits de Salomon. 1 Rois 11:41;

  5. un livre des Chroniques des rois de Juda et d'Israël, 1 Rois 14:19,29; 15:7;

  6. les divers livres scientifiques et poétiques de Salomon, 1 Rois 4:31-33;

  7. les Chroniques du roi David, 1 Chroniques 27:24;

  8. Vie de David, écrite par Samuel, Gad et Nathan, 1 Chroniques 29:29;

  9. Vie de Salomon, par Nathan, Ahija et Jeddo, 2 Chroniques 9:29;

  10. Vie de Roboam, par Sémahia et Hiddo, 2 Chroniques 12:15;

  11. Vie d'Abija, par Hiddo, ib. 13, 22;

  12. Vie de Hozias, par Ésaïe, 2 Chroniques 26:22;

  13. Vie d'Ézéchias, par Ésaïe, 2 Chroniques 32:32;

  14. une Vie de Manassé, par Hosaï (ou par quelques prophètes), 2 Chroniques 33:18;

  15. des Lamentations, ou chants funèbres, sur Josias, 2 Chroniques 35:25;

  16. les Paroles anciennes, 1 Chroniques 4:22.

Est-ce un livre ou la tradition?

— Ajoutons qu'au temps de Salomon l'habitude d'écrire était déjà si répandue, que le Sage a pu dire «qu il n'y avait point de fin à faire beaucoup de livres.» Ecclésiaste 12:14.

Il ne paraît du reste pas que ces livres, quelle que soit l'autorité personnelle de leurs auteurs, aient jamais été regardés comme inspirés et jouissant de l'autorité divine; cependant ils sont cités par les écrivains sacrés comme utiles à consulter et dignes de confiance.

Quant au Nouveau Testament, si dans les premiers siècles du christianisme divers hérétiques tentèrent d'introduire de faux Évangiles, de faux Actes et de fausses Épîtres, la fraude fut bientôt découverte et jugée par l'Église,

Voir: Apocryphes.

Il paraît qu'avant le règne de Josias les saints livres s'étaient presque entièrement perdus; ce qui explique à la fuis la joie et la surprise pleine de crainte qu'éprouvèrent ce pieux monarque et ses courtisans lorsque Hilkija le sacrificateur eut trouvé dans la maison de l'Éternel le livre de la Loi (quelques-uns pensent l'autographe de Moïse), comme enseveli sous la poussière ou sous les ornements du temple, 2 Rois 22:8. Jusqu'à cette époque, les livres saints avaient été déposés successivement devant l'Éternel, près de l'arche de l'alliance, Deutéronome 17:18, 31:9,26; Josué 24:20; 1 Samuel 10:25, usage que l'on retrouve chez presque tous les anciens peuples de l'Orient, et notamment en Égypte et à Babylone. Dès lors ils continuèrent d'être lus et conservés; mais au temps de la captivité des Juifs, de leur retour et de la construction du second temple, des circonstances nouvelles rendirent nécessaire un nouveau mode de conservation pour les livres saints. C'est à Esdras que les Juifs attribuent l'honneur d'avoir, sous la direction de l'Esprit d'en haut, recueilli et rédigé les livres du canon actuel, ou les trois parties du code sacré, en retranchant les écrits inauthentiques, en comparant les manuscrits les uns avec les autres, en corrigeant les inexactitudes qui, avec le temps, avaient pu se glisser dans l'une ou l'autre des copies. Il fut secondé dans ce travail par une réunion d'hommes savants et pieux, Josué, Zorobabel, Aggée, Zacharie, Malachie, Néhémie, Simon le juste, etc., qui, au nombre de cent-vingt, formèrent le grand collège ou la grande synagogue. De là vient le profond respect et la vénération que les Juifs ont pour Esdras; ils aiment à le comparer avec Moïse: «Moïse, disent-ils, a donné la loi, mais Esdras l'a restaurée.» (— Voir: Hævernick, Hist. du canon de l'Ancien Testament, Mél. de Théol. réf., 2e cahier, 1834).

Quant à la collection des livres du Nouveau Testament, il est bien naturel de supposer que les Églises primitives, liées entre elles par les liens d'une même foi et d'un même amour, se soient communiqué les unes aux autres les ouvrages, lettres ou autres écrits, qu'elles possédaient et qu'elles avaient reçus des apôtres et des évangélistes. Rien de plus naturel encore que la supposition qu'on copiait souvent dans les Églises chrétiennes des ouvrages d'une telle importance. De cette manière, les exemplaires se répandirent promptement, et les collections se multiplièrent. Il s'en fit un grand nombre, mais elles conservèrent un caractère privé, inofficiel, jusqu'à ce qu'enfin, lors du concile de Nicée, la collection que nous possédons actuellement reçut le caractère d'autorité et d'authenticité nécessaire pour la constituer en canon inspiré. Il n'est pas nécessaire de supposer qu'il y ait eu sur ce sujet des délibérations régulières, en forme, ni un arrêté exprès, et l'on comprend que la réunion des évêques et des théologiens les plus distingués de tous les pays de l'empire pouvait par elle-même conduire à ce résultat (— Voir: pour plus de détails l'ouvrage de Steiger cité plus haut).

C'est ici que s'arrête notre tâche; elle a été ingrate et sèche. Il en resterait une plus belle, mais qui n'appartient plus au plan de notre Dictionnaire: ce serait de dire les beautés innombrables que renferme ce livre dont nous n'avons touché que la forme matérielle. C'est avec regret que nous devons abandonner à d'autres ce beau travail: à d'autres, le soin d'en montrer la divinité; à d'autres, démontrer la richesse de l'ensemble et la richesse des détails; à d'autres, de faire ressortir cette empreinte céleste et ce parfum d'antique sainteté; à d'autres, d'en faire voir la majesté pleine d'onction, la douceur sérieuse, la tendre sévérité, l'inépuisable profondeur et l'éblouissante clarté. Disons seulement que ce livre, riche de faits et de poésie, sublime de morale, le seul exact et vrai dans ses prophéties, présente le phénomène remarquable d'un recueil dont les fragments, composés à plus de mille ans d'intervalle, ne laissent en aucune manière apercevoir la différence des dates, et consacrent par-out une seule et même doctrine: l'harmonie la plus parfaite se rencontre depuis la Genèse jusqu'à Malachie, dans les dogmes, dans l'élévation et dans la direction d'esprit de ces écrivains: c'est que le vrai beau, le vrai bon, le vrai grand, est le même toujours comme chez tous les peuples, car il ne peut venir directement que de Dieu.

Aussi la Bible a-t-elle eu toujours ses admirateurs en dehors même du peuple des croyants, mais des admirateurs de divers genres. Tous ont compris au moins une des faces du livre sacré, et l'ont mise en saillie, au détriment peut-être de ce qui fait l'essence même de la Révélation. La morale en a paru sublime à Jean-Jacques, et la poésie à Chateaubriand; l'un et l'autre de ces deux grands écrivains ont cru rendre hommage à la vérité divine, mais leur intelligence ne l'avait pas comprise, l'un admirait les résultats, l'autre la forme extérieure; ils ont loué le christianisme et la révélation, en partant du point de vue de l'homme, du bon humain, du beau humain, et c'est en le comparant avec ces notions terrestres, avec les maximes, avec l'esthétique humaine, qu'ils ont pu le trouver divin, mais d'une divinité relative, et non point absolue Ce volume de la loi sainte n'a pas eu force de loi pour eux, leur théologie et leur morale sont connues.

On ne doit pas s'étonner, toutefois, de voir les hommages rendus à ce livre par ceux-là même qui lui refusent obéissance; il est fait pour captiver, pour enchaîner les plus grands génies. Universel, à la portée de chacun, simple parce qu'il est élevé, ce volume peut intéresser tout fils et toute fille d'Adam, parce qu'il embrasse les intérêts de l'humanité toute entière, dans ses rapports avec un avenir voilé à tous, éternel pour tous, et dont il est la préparation. Est-il besoin de dire que c'est le livre que la tendre enfance comprend et dévore avec le plus d'avidité? Joseph, Moïse, Samuel, Samson, David, Daniel, le petit Jésus, n'est-ce pas là une littérature pour l'enfance; et depuis Pascal jusqu'à Lamartine, ne vous ont-ils pas tous raconté les impressions profondes qu'ils conservaient dans l'âge mûr, de ces lectures faites sur les genoux de leur mère? N'est-ce pas encore le livre des femmes, et l'histoire ne montre-t-elle pas à tous les moments de réveil religieux, les femmes émues à la vue de ces pages tendres et solennelles? C'est que la Bible leur dit l'origine de leurs douleurs, elle leur montre Ève, et Rachel, et Ruth, et la mère de Moïse, et les femmes pieuses qui assistaient notre Sauveur de leurs biens, et Dorcas la mère des pauvres. C'est aussi le livre des serviteurs et des esclaves, un livre qui, en leur enjoignant l'obéissance la plus rigoureuse, adoucit leur sort de bien des manières, et parle au cœur de leurs maîtres pour les disposer à la bienveillance et au support. Combien l'Ancien Testament n'a-t-il pas pris soin d'alléger la pénible condition des esclaves, en leur offrant des garanties contre la violence et la brutalité de leurs maîtres qui ne pouvaient plus s'en regarder comme les propriétaires! C'est le livre des rois, comme celui des peuples, celui des grands et des petits, celui des riches et des pauvres; à chacun il balance avec tant d'équilibre les droits et les devoirs, que l'on ne peut rien imaginer de plus parfait, de plus exact, de plus rationnel, de plus saint.

Mais par-dessus tous ses autres titres, la Bible est le livre des âmes, un livre intime, intérieur, qui raconte l'histoire du cœur, lui parle de malheur et de salut, dépeint les luttes du péché, les combats, les tentations, les chutes, les maladies morales, et les remèdes du ciel. C'est d'une autre vie qu'elle parle; elle donne à l'âme une individualité sensible, capable d'éprouver des besoins; l'âme est un individu comme le corps, il faut soigner la première, et soigner le second; mais pour le corps les moyens sont connus, pour l'âme ils doivent être révélés; l'âme tend aux choses qui sont invisibles, à celles qui sont éternelles, à celles qui sont spirituelles. C'est vers un avenir de l'âme que la Bible nous mène, elle nous le montre, elle nous le fait connaître, elle répond ainsi aux soupirs secrets et mystérieux, aux désirs qui ne se prononcent pas; elle comble les vides, elle donne des forces, de la joie, de la santé, de la vie; elle apprend un salut inimaginable que la pensée de Dieu, pleine d'amour et de sagesse, a seule pu concevoir dès l'Éternité, 1 Corinthiens 2:19.

Les plus grands génies se sont tous humiliés devant la croix et devant la Bible; Pascal et Descartes, en France, Newton en Angleterre, Leibnitz en Allemagne, et si tous n'ont pas cru de cœur, tous ont vénéré ce document merveilleux, jusqu'à ces deux grands écrivains dont nous parlions tout à l'heure, le philosophe de Genève et le poète de Saint-Malo. Sans doute l'on trouvera des noms qui se sont raidis contre le livre saint, mais s'ils l'ont rejeté, c'est qu'ils affectaient de rejeter toute divinité; on a déjà nommé Voltaire et les siens; mais la fin de cet homme reste comme un épouvantail pour ceux qui seraient tentés de vivre de la même vie, de suivre le même chemin, de se repaître de la même incrédulité.

Ce n'est plus le temps de défendre l'authenticité des livres saints, et de prouver qu'ils ne sont point l'ouvrage de l'imposture. Assez longtemps on l'a dit, on l'a crié; maintenant on ne le crie plus, on le murmure, et peu de personnes osent encore avouer un système qui ne repose que sur la corruption du cœur. Toutefois, à cause du grand bruit qu'ont fait les adversaires, il peut être utile de rappeler quelques-uns des ouvrages qui leur ont été répondus, et qui, sous diverses faces, ont abordé la même question, et l'ont traitée soit avec les armes du sérieux, soit avec celles de l'ironie. Nous citerons seulement: les Pensées de Pascal; l'ouvrage d'Abbadie, si remarquable par la méthode et le raisonnement que des évêques l'ont recommandé, mais, cela va sans dire, en négligeant d'ajouter qu'Abbadie était un ministre protestant (— Voir: Bungener, Trois Sermons sous Louis XV, t. II, p. 95); Lardney; le Tableau des preuves évidentes du Christianisme, de Paley; Massillon, Sermon sur l'évidence de la loi de Dieu (Rien ne paraît clair, dit-il, à ceux qui voudraient que rien ne le fut, comme tout parait droit à ceux qui ont intérêt que tout le soit); Erskine, Addisson, Haldane, Chalmers; les Lettres de quelques juifs portugais par Guénée, et enfin les Lettres Helviennes, provinciales philosophiques du Jésuite Barruel, ouvrage admirable, mais écrit parfois avec trop d'exagération, dans lequel on trouve tracé, de main de maître, le tableau vivant et parlant de ces folies auxquelles on ne croirait pas si elles n'étaient autant de faits.

Après la question d'authenticité vient celle de l'inspiration des saints écrits: peu d'ouvrages ont paru en France sur cette matière; nous ne saurions en indiquer de meilleur que la Théopneustie de M. Gaussen, quoique nous ne puissions en accepter les conclusions, ni même en admettre tous les raisonnements; c'est du moins un ouvrage complet, intéressant, et qui respire et inspire le respect et l'amour de la Parole de Dieu.

Parmi les livres les plus utiles pour faciliter la lecture de la Bible nous signalerons, en finissant, l'ouvrage de Bickersteth, déjà cité; l'Histoire sacrée de E. Bonnechose, le Morgenland de Preiswerk, dont deux volumes sont traduits en français; l'abrégé des livres historiques de l'Ancien Testament par Jérémie Risler; la Lucile d'Ad. Monod; plusieurs ouvrages de Roussel, Oster, Malan; Boucher, sur le droit qu'a tout homme de lire la Bible; le Commentaire de Gerlach sur le Nouveau Testament (traduction par Bonnet et Baup); enfin et surtout l'importante Concordance de M. Mackenzie, et le nouveau recueil de parallèles que nous annonce ce consciencieux et infatigable écrivain. Quant aux travaux sur des parties spéciales de la Parole de Dieu, nous les indiquerons au fur et à mesure que l'occasion s'en présentera.

La langue française ne possède aucune traduction, pour ainsi dire officielle, de la Bible; nos meilleures versions sont celles de Martin et d'Ostervald, qui toutes les deux devraient être refaites en partie, et celle de Genève, 1712, qui leur est préférable. Celle de 1805 ne vaut pas grand chose. La nouvelle version des Hagiographes par M. Perret-Gentil de Neuchâtel, est tout ensemble un beau monument de science théologique et une œuvre littéraire remarquable. La traduction du Nouveau Testament qui a paru à Genève en 1835, n'est pas toujours fidèle. Une traduction du Nouveau Testament faite par une société de ministres vau-dois, et publiée en 1839, se caractérise par son exactitude et souvent par le bonheur avec lequel sont rendues les tournures mêmes de l'original; quelquefois cependant elle est, obscure: la 2e édition qui vient de paraître (Lyon, 1849) est accompagnée de parallèles.

La langue anglaise possède une version authentique excellente qui est une des meilleures qui existent; il en a été publié, en 1848, une édition avec cartes, notes et parallèles, par la Tract Society de Londres, sous le nom de Paragraphe Bible, parce que les strophes des livres poétiques y sont indiquées, autant du moins qu'on peut les reconnaître dans l'original. Le docteur Conquest a publié une version nouvelle avec vingt mille corrections; il y en a beaucoup de superflues.

L'Allemagne a celle que lui a donné le fécond et puissant génie du grand Luther, chef-d'œuvre de science, de travail et de piété; celle de Meyer de Francfort, enrichie de notes précieuses, courtes et complètes; enfin celle du professeur De Wette, qui jouit d'une réputation justement méritée.

Aux éditions françaises du Nouveau Testament, nous devons ajouter celle qui a été faite à Genève (imprimée à Bruxelles, 1843), à l'usage des catholiques romains. Elle restera comme un monument de l'activité des pasteurs de Genève, et du zèle avec lequel les dames de cette ville ont su faire, pour la parole de Dieu, ce que leurs mères avaient déjà fait pour conserver à leur patrie une précieuse collection d'histoire naturelle. Dans cette édition, tous les chapitres et passages dont la lecture est plus particulièrement recommandée, sont notés d'une raie bleue, parallèle à la marge; les passages qui réfutent d'une manière directe les erreurs de l'Église romaine, sont soulignés à l'encre rouge, et de nombreuses notes, toutes de controverse, sont collées en regard des versets auxquels elles servent de commentaires, ou dont elles sont destinées à faire ressortir le sens. Ce travail, fait à la main, a dû exiger un temps considérable, et fait l'éloge de ceux qui l'ont conçu et de celles qui l'ont exécuté. On peut regretter cependant que les auteurs de ce commentaire d'un nouveau genre, n'aient pas utilisé davantage les passages relatifs au salut par la foi.

Parmi les commentaires allemands, nous citerons encore la Haus-Bibel de Richter. C'est par une méprise inexplicable que les publications de MM. Bagster and Son ont été oubliées. Les travaux bibliques de cette librairie, ses nombreuses et élégantes éditions, ses polyglottes, ses commentaires, ses cartes, son atlas biblique, lui ont fait une réputation plus qu'européenne, et placeront son nom dans l'histoire à coté de celui des Étienne pour le zèle chrétien, des Elzévirs pour la perfection typographique.

— Notons aussi The Domestic Bible du révérend Ingram Cobbin (Partridge et Oakey), avec commentaires, parallèles, plusieurs centaines de gravures, etc.; et la nouvelle édition illustrée du commentaire de Matthieu Henry, faite par les soins des révérends E. Bickersteth, docteur Steane, Brown, Cobbin, Leifchild, Forsyth, et Bunting.

Les Septante et la Vulgate sont les traductions les plus célèbres, sinon par leur mérite, au moins par leur antiquité, et le rôle qu'elles ont joué. Il y a diverses traditions sur l'origine des Septante, et leur histoire, qui se perd dans la nuit qui sépara les derniers prophètes de l'ancienne alliance et les jours apostoliques, présente plus d'une obscurité. D'après Aristobule, le Pentateuque aurait déjà été traduit en grec avant Ptolémée Philadelphe et Démétrius de Phalère; ce dernier aurait conçu le plan de la traduction de tout l'Ancien Testament, il l'avait conseillée à Ptolémée Lagus, et le successeur de celui-ci, Philadelphe, l'aurait exécuté. On connaît l'ardeur avec laquelle les rois d'Égypte cherchaient à enrichir leur fameuse bibliothèque d'Alexandrie, et l'on comprend facilement qu'ils aient désiré avoir aussi un exemplaire du code sacré des Hébreux; les Juifs exilés se sont empressés de procurer à l'Académie un exemplaire authentique et reconnu par le sénat (sanhédrin) de Jérusalem, composé de soixante-dix, ou soixante-douze membres (de là, peut-être, le nom de version des Septante?) Ce code, composé dans une langue inconnue, fut traduit en grec. Le Pentateuque est peut-être le seul morceau qu'on envoya au roi; il fut traduit avec plus d'intelligence et de soin; cependant il prouve encore que les traducteurs n'étaient pas des docteurs de la loi, connaissant le texte, sa lecture, son interprétation et la théologie judaïque; c'étaient des Juifs, instruits peut-être dans l'érudition grecque de ce temps, mais c'est la seule garantie qu'ils offrent, et elle n'est pas considérable. Les Juifs de l'Égypte, cependant, qui avaient à peu près oublié l'hébreu, se servirent de préférence de la traduction grecque qui venait de leur être donnée, et l'on voit par un grand nombre de passages du Nouveau Testament, que cette version était encore en usage au temps de notre Seigneur, qui paraît l'avoir lue lui-même. Mais après Christ, les Juifs l'abandonnèrent, soit à cause de ses défauts, soit par esprit de contradiction, parce que les chrétiens en faisaient grand cas. Ils la remplacèrent par celle d'Aquila, et plus tard ils renoncèrent même à toute traduction, bannirent de leur culte les langues païennes, et reprirent en hébreu, mais non sans y mêler du caldéen et des expressions rabbiniques, leurs lectures et leurs prières, comme ils font encore aujourd'hui.

La version de la Vulgate fut commencée (385 après J.-C.) par saint Jérôme, qui avait reconnu les fautes de la version latine Itala, traduite sur le texte déjà défectueux des Septante; mais quoiqu'il eût été encouragé dans son travail par quelques-uns de ses amis les plus distingués, entre autres l'évêque Chromatius, sa traduction fut généralement mal accueillie, et ne fut guère approuvée que des sémipélagiens. Grégoire-le-Grand l'appuya plus tard, et au temps d'Isidore (VIIe siècle), elle était reçue et estimée à l'égal de l'Itala. Alcuin, chargé par Charlemagne d'en faire la révision, compara entre eux les nombreux manuscrits qu'il put se procurer, et les confronta avec le texte hébreu. Au onzième siècle, une nouvelle révision fut jugée nécessaire, et Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, lui donna son nom. De même, le cardinal Nicolas au douzième siècle. La Sorbonne fit faire ce travail par ses élèves, mais les dominicains (1256) le firent interdire. Hugues de Sainte-Chair fut plus heureux; mais tous ces essais presque individuels ne firent qu'accroître la confusion. La découverte de l'imprimerie, dans la seconde moitié du quinzième siècle, vint ranimer les espérances que l'on avait conçues de conduire à fin l'énorme entreprise d'une traduction latine de la Bible: la première édition parut à Mayence en 1462, et constata les nombreuses corruptions du texte. En 1502, le cardinal Ximénès publia sa fameuse Bible d'Alcala, et, en mettant la Vulgate entre le texte grec et le texte hébreu, il dit dans sa préface «que c'est le Christ entre les deux larrons!» Gumelli (Paris 1504) et Castellanus (Venise 1511) publièrent la traduction et ses variantes. Robert Étienne en fit huit éditions successives, et corrigea la version latine d'après l'hébreu. Jean Benoît (1541) et Isidore Clarius (1542) firent un travail analogue, et ce dernier se plaignit assez librement des innombrables erreurs dont fourmillait la traduction de Jérôme, amendée, corrigée, changée depuis des siècles. Le concile de Trente arrive. Après bien des débats, il nomme une commission d'examen qui ne fait rien. Vers la tin du concile, Pie IV nomma une autre commission, mais à Rome, et sous ses yeux. Pie V la renouvelle et en accélère les travaux. Douze ans après (1589), Sixte-Quint s'impatiente en voyant l'œuvre à peine ébauchée. Il en fait son affaire, et la nouvelle Vulgate s'imprime au Vatican, sous ses yeux (1590). Lui-même il revoit les épreuves: Nostrâ nos ipsi manu correximus. Hélas! l'ouvrage du saint-père prêtait non seulement à la critique, ce qui était grave, mais à la plaisanterie, ce qui était pire. Hebrœi pour ebrii (Hébreux, pour ivres), pecoribus pour prioribus (les bestiaux, pour les premiers), etc. D'autres méprises semblables firent comprendre que le travail ne pouvait pas être ainsi lancé dans le monde; et pour ne pas perdre l'édition, on se mit à raturer, on corrigea à la plume, et l'on recouvrit un grand nombre de passages avec des bandelettes de papier sur lesquelles on avait imprimé des corrections nouvelles. Ce travail, qui n'en fut pas moins maintenu dans son privilège de version authentique, était à refaire. Grégoire XIV, successeur de Sixte-Quint, se remet immédiatement à l'ouvrage, et Clément VIII a le bonheur (1592) de publier enfin le texte qu'on ne corrigera plus. Elle diffère par six mille détails, et par une centaine de corrections importantes, de l'édition de Sixte-Quint, dont les papes cherchent à anéantir les exemplaires, et Bellarmin, en mettant sur le compte de l'imprimeur les fautes de l'édition sixtine, avoue encore dans sa préface, que les réviseurs de la nouvelle édition ont laissé passer bien des choses qui auraient eu besoin d'un examen plus rigoureux. La Vulgate existe enfin; elle a déjà près de deux cent-soixante ans: son enfantement a été laborieux. Elle est née dans un temps d'orage, elle a respiré dès lors un air trop vif, et tout porte en elle les caractères de la décrépitude. De cinquante ans plus jeune que les chefs-d'œuvre de la Réformation, elle a l'air d'avoir deux siècles de plus. (— Voir: Cellérier, Introduction à l'Ancien Testament, Bungener, Concile de Trente, I, 128, sq., et surtout Hævernick, Einl. § 87, 88)


BICHE,
animal doux et paisible, Proverbes 5:19, auquel le Sage compare la femme que l'on aime. David fait allusion à la course rapide de cet animal, Psaumes 18:33, et Jacob, bénissant ses fils, dit de Nephthali: «qu'il est comme une biche échappée; il donne des paroles qui ont de la grâce.» La biche est très attachée à ses petits, et Jérémie, 14:5, pour peindre la sécheresse et lu désolation de la terre, dit que la biche même, dans la campagne, abandonne le faon dont elle s'est déchargée, pour courir après l'herbe. Cf. encore Job 39:4, et Psaumes 29:9, où le prophète, parlant des tempêtes qui sont la voix de l'Éternel, dit qu'elles facilitent le laborieux enfantement des biches.

— Dans le passage des Proverbes 5:19, il est plus probable qu'il s'agit de la femelle du chamois;

Voir: Chamois.


BIDKAR
(dans la douleur), 2 Rois 9:25, capitaine de la suite de Jéhu, qui avait entendu les menaces prononcées par Élie contre Achab, lorsque celui-ci se fut emparé de la vigne et de la possession de Naboth. À la mort de Joram Mis d'Achab, il fut chargé d'exécuter les vengeances divines, et de jeter en quelque endroit du champ de Naboth le corps de Joram frappé d'une flèche par Jéhu.


BIÈRE.
On ne s'en servait guère que pour la sépulture des pauvres, et même le plus souvent on ne s'en servait pas; le mort était emporté sur un brancard et couché dans la fosse, garnie et recouverte de grandes pierres plates; les riches étaient portés en terre sur un lit, quelquefois très splendide, et déposés dans un sépulcre de roc vif. Luc 7:14; 2 Samuel 3:31.


BIGTHAN et Térés,
(qui nourrit) et Térés (odoriférant), Esther 2:21-23, eunuques d'Assuérus, conspirèrent contre Assuérus, et cherchèrent à mettre la main sur lui. Mardochée ayant découvert leur complot, ils furent pendus à un gibet.


BILDAD
(vieille amitié), descendant de Suah, fils d'Abraham et de Kétura, l'un des quatre amis de Job qui le visitèrent dans son affliction. Il commence d'abord par soutenir que Dieu ne punit sévèrement que les grands coupables; Job s'était oublié, et Bildad crut devoir lui opposer la justice divine et l'ordre moral que Dieu a établi dans le monde; il s'appuie de l'autorité d'anciens sages; quoiqu'il attaque Job plus violemment que ses autres amis, il espère cependant que pour lui aussi la justice de Dieu se manifestera. Dans son dernier discours, il célèbre la grandeur et la sainteté divines, Job 2:11; 8:1; sq. 18:1; sq. 25:1 sq..


BILHA
(vieille, fanée)

  1. d'abord simple servante de Rachel, puis concubine de Jacob, enfanta Dan et Nephthali. Ce fut avec elle que Ruben entretint un commerce criminel. Genèse 29:29; 30:3; 35:22; 37:2; 46:25.

  2. Bilha, ville de Siméon. 1 Chroniques 4:29;

    Voir: Kiriath-Jéharim.


BISLAM, Mithrédat et Tabéel,
Esdras 4:7, Mithrédat et Tabéel, furent au nombre des plus violents ennemis des Juifs sous Artaxercès; ils obtinrent par leurs manœuvres astucieuses que les travaux de reconstruction fussent interrompus à Jérusalem; on ne sait pas au juste quelle charge ils occupaient; ils formaient apparemment un collège administratif, une espèce de chancellerie,

Voir: Réhum.


BITHRON,
2 Samuel 2:29, passage ou district, à ce qu'il parait, par lequel on se rendait à Mahanajim depuis le Jourdain.


BITUYNIE,
province au sud du Pont-Euxin, à l'ouest du Pont et de la Galatie, au nord de l'Asie propre, et à l'est de la Propontide; ses villes principales étaient Pruse, Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, Libysse et Thermes. Quand Paul voulut y aller prêcher l'Évangile pour la première fois, le Saint-Esprit ne le lui permit pas, Actes 16:7; mais, plus tard, une église y fut fondée, et bon nombre de païens y furent convertis, Pierre 1:1. On connaît l'histoire de cette église jusqu'au dixième siècle; de nos jours encore on trouve dans cette contrée quelques misérables restes de christianisme. Ce fut à Nicée, plus anciennement appelée Antigonia, et maintenant Isnick, qu'eut lieu, en 325, le premier concile œcuménique; il déclara l'arianisme contraire à l'Écriture. L'an 451 se tint à Chalcédoine le quatrième concile général, où l'Eutychianisme fut condamné.


BITUME,
Voir: Asphalte.


BLASPHÈME,
crime dont on se rend coupable envers Dieu lorsqu'on attaque, nie, ou ridiculise ses perfections, sa parole, ou ses ordonnances, ou qu'on lui attribue quelque volonté, ou quelque action basse ou mauvaise, 2 Samuel 12:14; Tite 2:5; Apocalypse 13:6. Quelquefois la même expression est employée pour désigner l'insulte, la calomnie, ou la médisance entre les hommes, 1 Rois 21:10; Romains 5:8 (dans l'original). Le blasphémateur était puni de mort par la loi de Moïse, Lévitique 24:16. Quant au blasphème contre le Saint-Esprit, quelques-uns pensent que c'est le crime des Pharisiens qui attribuaient à Satan les miracles du Seigneur, Matthieu 12:31; mais en considérant attentivement Hébreux 6:4-5; 10:26-30. (— Voir: encore 1 Jean 5:16), on se convainc qu'il faut entendre par là une incrédulité obstinée et malicieuse, qui résiste jusqu'au bout aux convictions imprimées par le Saint Esprit. «C'était, dit un prédicateur célèbre, renier la religion, la haïr, la persécuter par un principe de malice, lorsqu'on était convaincu qu'elle était émanée du ciel.» (Saurin, premier sermon sur le péché irrémissible.) Celui qui connaît Dieu et lui résiste peut être pardonné, car la connaissance du Fils modifiera peut-être ses sentiments. Celui qui connaît le Fils peut encore blasphémer et être pardonné, parce qu'il n'a connu qu'imparfaitement; mais celui qui connaît le Saint-Esprit, c'est-à-dire qui a reçu toutes les grâces possibles, et toute la connaissance, celui-là, s'il blasphème, il le fait parce qu'il est désespérément malin; il ne pourra pas être par donné, parce qu'aucune connaissance nouvelle ne pourra changer ses dispositions et son hostilité. Son péché est sans remède.


BLASTE,
chambellan du roi Hérode-Agrippa, Actes 12:20. Gagné sans doute par les dons des Tyriens et des Sidoniens, il engagea son maître à donner une audience aux ambassadeurs de cette nation, qui venaient lui demander la paix, parce-que leur pays était nourri de celui du roi.


BLÉ,
Voir: Froment.


BOANERGÈS.
(boan, forme galiléenne pour ben, fils; roguèz, de ragaz, tremblement, ébranlement, tonnerre), (fils du tonnerre), surnom donné par notre Seigneur à Jacques et à Jean, fils de Zébédée, Marc 3:17, probablement à cause de la puissance de leur parole. Plusieurs commentateurs pensent que ce surnom fut donné aux fils de Zébédée à cause de la scène dans laquelle ils voulurent, à l'exemple d'Eue, faire descendre le feu du ciel sur une bourgade des Samaritains qui avait refusé de recevoir le Sauveur, Luc 9:54; sq. Jésus leur dit alors: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés; paroles qui impliquent certainement un blâme et non un éloge comme le prétendent quelques théologiens. Sous sa forme la plus adoucie, ce blâme signifierait: Vous confondez les deux économies: sous l'ancienne, Élie a pu frapper de la foudre ceux qui méconnaissaient sa mission; sous la nouvelle qui est une alliance d'amour, il n'en est plus ainsi: le Fils de l'homme n'est pas venu pour faire périr les âmes des hommes, mais pour les sauver. Les mots du verset 55. «censura fortement» excluent, dans tous les cas, l'idée d'une louange, et si le nom de Boanergès a quelque rapport avec cette circonstance, ce ne serait que comme un souvenir que Jésus leur rappelle: Fils du tonnerre, hommes de zèle et de puissance, oubliez-vous de quel esprit vous devriez être animés? Cependant, même avec cette modification dans le sens, le nom de Boanergès ne paraît que difficilement pouvoir se placer ici. Olshausen, pour sa part, nie toute espèce de corrélation entre le fait et le surnom. Il n'y a pas d'exemple, dit-il, qu'un blâme ait jamais été formulé de telle manière que le souvenir en fut rattaché comme surnom à celui qui avait commis une faute, et ce serait plus étrange encore dans ce cas-ci, où la conduite des deux apôtres, blâmable au point de vue chrétien, se justifiait cependant au point de vue juif, non seulement en théorie et d'une manière générale, mais encore par l'exemple d'Élie qu'invoquent les apôtres. Puis le fait que ce surnom n'est rappelé que Marc 3:17, dans la liste des apôtres, parallèlement au surnom de Pierre donné à Simon comme un des caractères de sa mission future, comme éloge, ne permet pas de supposer qu'immédiatement après, en parlant de deux des apôtres les plus distingués avec Pierre, un blâme soit enregistré d'une manière aussi éclatante. Les Pères de l'Église l'ont ainsi pensé dès le commencement, et ils ont vu dans les mots «fils du tonnerre» le portrait du caractère apostolique des fils de Zébédée.

Nous modifierons ce jugement en rapportant le nom de Boanergès à l'œuvre des apôtres plutôt qu'à leur caractère. Il rappellerait l'ébranlement que l'Évangile devait occasionner dans le monde, Aggée 2:5-7; cf. Hébreux 12:26; Jérémie 23:29. Jacques est trop peu connu pour qu'on puisse dire jusqu'à quel point sa personnalité légitimait le surnom qu'il reçut, et quant à Jean, la douceur de son caractère est si proverbiale qu'on a peine à se le représenter comme un fils du tonnerre. Cependant, comme on a eu occasion de le voir ailleurs, sa douceur n'a rien d'efféminé, sa fermeté était plus égale que celle de plusieurs de ses collègues, et il se montre dans ses épîtres, dans la première surtout, non seulement si zélé, mais encore si intrépide dans sa lutte contre les erreurs et les fausses doctrines, que le nom de Boanergès n'aurait rien d'étrange, même appliqué à sa personnalité. F, encore 2 Jean 10, et l'Apocalypse.

Ces surnoms, comme ceux qui furent donnés à Simon, à Abram, à Jacob, ont pour but de caractériser le nouvel homme; ils sont le symbole de la nouvelle nature, de la nouvelle naissance; cf. Ésaïe 62:2; 65:15; Apocalypse 2:17. Le Seigneur, en appelant ses serviteurs, leur donne de nouveaux noms.


BOAZ
(force, fermeté). C'est le nom d'une des deux colonnes d'airain qui étaient devant le temple; celle-ci était à main gauche; celle de droite s'appelait Jakin (fermeté), 2 Chroniques 3:17. Elles avaient entre elles deux 35 coudées de hauteur, soit environ 20 mètres (3:15): ailleurs la hauteur de chacune est indiquée en nombres ronds de 18 coudées, soit 10 mètres, 1 Rois 7:15; Jérémie 52:21. Ces colonnes étaient creuses; l'épaisseur de l'airain était de quatre doigts (1 décimètre); elles avaient une circonférence de 12 coudées (6 1/2 mètres), un peu plus de 2 mètres de diamètre. Les chapiteaux avaient 5 coudées, ou 2 1/2 mètres, Jérémie 52:21-22; 1 Rois 7:16; en quelques passages leur hauteur est calculée à 3 ou 4 coudées, différence qui provient de ce qu'on ne compte pas toujours les ornements qui accompagnaient le chapiteau. Le corps de celui-ci était de 3 coudées; les ornements entre le chapiteau et le fût de la colonne occupaient une coudée; il y en avait encore une, consacrée aux décorations de la partie supérieure.


BOCAGES.
Ce furent là les premiers temples dans lesquels on adora la Divinité: les païens faisaient même de chaque forêt, grande ou petite, la demeure de certains génies. La terreur secrète qu'inspire l'obscurité, le silence qui règne dans les bois, peut-être aussi le sentiment de la solitude et de l'isolement, élève l'âme et la dispose à un vague besoin d'adoration religieuse; les hauts lieux qui se présentent comme des temples naturels, où l'on est plus près du ciel, et d'où l'on domine davantage la terre, partageaient avec les bocages l'honneur d'être choisis pour la résidence de toutes les espèces de divinités imaginées et créées par l'esprit de l'homme. Quoi qu'il puisse y avoir de naturel et même de vrai dans le recueillement qu'on éprouve en ces lieux de retraite, ce n'est point là le véritable culte de l'Éternel, c'est une religiosité de païens, une religiosité panthéiste, et l'histoire prouve combien les peuples les plus dépravés, les plus impies, ont pourtant su, eux aussi, avoir cette religion qui dispense de toute autre. Moïse, afin de préserver son peuple des contagions païennes, lui ordonna de détruire tous les autels qu'il trouverait sur les hauteurs, ou dans les bocages de Canaan, Nombres 33:52; Deutéronome 7:5; 12:2-3. Mais l'attrait d'une religion naturelle et commode, la passion du fruit défendu, l'exemple des Cananéens, entraînèrent les Israélites vers le culte des bocages, et les prophètes rattachèrent souvent à la violation de cette portion de la loi, les menaces qu'ils annoncèrent de la part de Dieu, comme devant tomber sur Israël et sur Juda, 1 Rois 14:23; Osée 4:13; Jérémie 2:20; 3:13, etc. Ésaïe 1:29; 65:3, etc.


BŒUF.
Le mot hébreu Bacar désigne le gros bétail en général, comprenant les mâles et les femelles, les jeunes et les vieux, Lévitique 3:1. Un seul individu de cette espèce est appelé Shor (cald. Thor. arab. thaur. d'où peut-être le latin taurus, et le français taureau) ou Éleph, ou Alouph. Un veau, mâle ou femelle, est appelé Éguèl ou Églah; ce dernier mot est employé Genèse 15:9; Ésaïe 15:5, pour désigner une génisse de trois ans, et Osée 10:11, pour une jeune vache employée à traîner la charrue ou à fouler le blé. Phar désigne le taureau, surtout lorsqu'il est encore jeune, Juges 6:25, et Parah, la jeune vache, 1 Samuel 6:7; Job 21:10, qui donne déjà du lait, ou qui a eu des petits, Osée 4:16, et qui porte le joug. Abbir, qui signifie fort et vigoureux, n'est proprement qu'une épithète donnée dans les livres poétiques, Psaumes 22:13; Ésaïe 34:7, au taureau qui a atteint toute sa force. La langue hébraïque n'a pas d'expression pour ce que nous appelons proprement bœuf dans le sens restreint, parce qu'il était défendu aux Hébreux de mutiler aucun animal, ce qui, sans doute, n'était pas non plus nécessaire chez eux; les Maures elles Arabes de nos jours labourent encore leurs terres avec des taureaux. Ces animaux sont en général plus petits et plus maigres en Orient que chez nous. En Arabie, ils ont de petites cornes, et sur l'épaule une sorte de bosse de graisse plus ou moins grande, selon que l'animal est plus ou moins bien nourri.

Le district de Basan et la plaine de Saron, sur la côte de la Méditerranée, entre Joppe et Lydde, sont souvent mentionnés dans la Bible comme possédant les meilleurs pâturages et les plus beaux troupeaux de bœufs. Lors de la conquête de Canaan par les Israélites, les tribus de Gad et de Ruben reçurent en partage, à cause de leurs nombreux troupeaux, Basan et d'autres districts à l'est du Jourdain, propres à l'élève des bestiaux, Nombres 32:4. Les taureaux et les béliers de cette contrée, célèbres par leur vigueur et leur beauté, Deutéronome 32:14, servent souvent à désigner des ennemis puissants, Psaumes 22:13, et le prophète Amos 4:1, compare les femmes voluptueuses de la Samarie à des génisses de Basan. Il paraîtrait que les troupeaux de la maison royale étaient entretenus dans ces fertiles pacages, car il est dit que David avait un inspecteur de bestiaux dans la plaine de Saron, 1 Chroniques 27:29.

Pour les Hébreux, le bœuf était le premier et le plus utile des animaux domestiques, et une de leurs principales richesses; aussi Job, dans la description qu'il fait du bien-être qui est ordinairement le partage du méchant, dit que ses troupeaux de bœufs augmentent toujours, et que ses vaches sont fécondes (21:10); le psalmiste voit dans cette abondance une bénédiction de l'Éternel, 144:13-14; et partout où il est parlé d'un accroissement de bonheur, l'augmentation des troupeaux de bœufs tait partie des promesses. Deutéronome 7:13; 28:4; 18:31.

Les Israélites se servaient des bœufs pour labourer la terre, et pour battre, ou plutôt pour fouler le grain. Il est souvent parlé dans la Bible du labour des bœufs, 1 Rois 19:19; Job 1:14; Amos 6:12; Proverbes 14:4. Les bœufs servaient de plus pour le trait, Nombres 7:3; 7:8; 1 Samuel 6:7, et même pour le transport, comme on le voit par 1 Chroniques 12:40, où il est dit qu'on apporta à David des provisions sur des bœufs et sur d'autres bêtes de somme. De nos jours encore, il n'est pas rare de voir les bœufs de l'Asie et de l'Afrique être utilisés de cette manière par leurs maîtres.

La chair de bœuf a servi de tout temps à la nourriture de l'homme et faisait un des principaux aliments des Israélites. La cour et la maison royale de Salomon consommait journellement dix bœufs engraissés, et vingt bœufs des pâturages, 1 Rois 4:23, et Néhémie, qui tenait table ouverte pour 150 d'entre les principaux des Juifs, avait obtenu à cet effet un bœuf gras chaque jour, Néhémie 5:18. Cette viande se trouvait principalement sur la table des riches, Proverbes 15:17; le veau était regardé comme une friandise que l'on servait seulement aux personnes et aux convives que l'on voulait honorer d'une façon tout à fait particulière, Genèse 18:7; 1 Samuel 28:24; Amos 6:4; Luc 15:23.

Il était naturel qu'un peuple riche en troupeaux, comme les Israélites, se nourrît de laitage et qu'il en fit diverses sortes de préparations. Deux espèces de lait sont mentionnées dans l'Ancien Testament, le Halab ou lait doux, et le Hhémah, sorte de crème ou de lait caillé, Genèse 18:8; Juges 5:25; Job 29:6; 20:17 (où les ruisseaux de miel et de crème sont pris pour image de l'abondance). Pour faire le Hhémah, les Orientaux mettent encore aujourd'hui du lait ou de la crème, selon qu'ils veulent faire du fromage ou du beurre, dans un sac ou vessie que l'on presse en le ballottant; à mesure que l'eau s'en échappe paries pores ou par l'évaporation, on y remet du lait nouveau jusqu'à ce qu'on ait la quantité voulue de beurre ou de lait caillé. Ce dernier, dissous dans de l'eau, donne un breuvage rafraîchissant; on peut aussi le manger avec du pain, sans l'avoir mélangé d'eau. Proverbes 30:33. Les Orientaux, en général, aiment beaucoup le beurre, dont ils font un grand usage.

— Les anciens Israélites s'entendaient aussi à préparer du fromage proprement dit, 2 Samuel 17:29, appelé tranches de lait 1 Samuel 17:18, parce qu'on coupait la masse coagulée, appelée Guebinah, Job 10:10, pour la laisser sécher et durcir. Il y avait à Jérusalem une vallée des faiseurs de fromage, qui devait son nom à l'exercice de cette industrie.

Les cornes de boeufs servaient à la confection de coupes, de flacons, 1 Samuel 16:1,13; 1 Rois 1:39; d'instruments de musique, etc., Psaumes 98:6; Josué 6:5; 1 Chroniques 15:28. Elles étaient l'emblème de la force et du courage, Deutéronome 33:17; Jérémie 48:25; Michée 4:13; Psaumes 132:17. C'est pourquoi les rayons du soleil, à cause de leur ardeur et de l'intensité de leur chaleur, sont appelés en hébreu les cornes du soleil: les Grecs et les Romains se servaient de la même image; les premiers disaient d'un homme vaillant qu'il avait des cornes (Proverbes de Diogénien. VII, 89), et Horace, Ode 3, 21. 18, dit du vin qu'il donne des cornes (du courage) au pauvre: cf. encore Ovid., Art d'aimer 1, 238: Tune sumit cornua pauper.

Ésaïe 15:5, compare les Moabites à une génisse de trois ans; Jérémie 46:20; appelle l'Égypte une belle vache, et (50:11) Babylone une vache qui bat le blé. Osée 10:11, appelle Juda une vache rebelle, cf. Jérémie 31:18, probablement parce que la vache ayant atteint à l'âge de trois ans sa force complète, était alors soumise, au joug et attelée.

Le bœuf, comme toute la race bovine, appartenait à la classe des animaux purs, et servait aux sacrifices; de là l'expression de veau des lèvres, Osée 14:2, signifiant le sacrifice des lèvres, ou les louanges.

Dans l'hiéroglyphique des anciens, le taureau était le symbole des forces génératrices de la nature; comme tel il entrait dans la composition des chérubins et comptait parmi les ornements du temple, Ézéchiel 1:10; 1 Rois 7:29. La vache était le symbole de la fécondité et de l'agriculture, Genèse 41:2,26,29. De là l'adoration de ces animaux, si commune dans les religions, primitivement toutes symboliques, des anciens temps: de là aussi la tendance constante des Israélites à substituer au culte du Dieu invisible, celui du veau, le veau d'or d'Aaron, et les veaux de Jéroboam, non point qu'ils adorassent réellement ces figures, mais elles étaient pour eux la représentation de Dieu, en tant qu'il se manifeste dans et par la nature.», encore Vache. Accouplements, etc.


BOHAN,
descendant de Ruben. Il n'est connu que par un monument qui lui fut érigé, Josué 15:6, l'on ne sait pourquoi, à la frontière nord de la tribu de Juda, sur les confins de Benjamin.


BOIS,
Voir: Bocages, et Plantes.

— L'Orient, si riche sous tant de rapports, a toujours été pauvre en bois dur proprement dit, bois de construction, ou même bois à brûler; et l'on se servait ordinairement, pour alimenter le feu, d'herbe séchée, Matthieu 6:30; Luc 12:28, de plantes, feuilles et tiges; de foin, de paille brisée, Matthieu 3:12, et au besoin de fiente animale, Ézéchiel 4:12,15; en Babylonie on employait même la résine. La Palestine cependant fait exception à cette règle générale, et il paraît que si l'on se servait quelquefois d'autres combustibles que le bois, c'était moins par nécessité que par fantaisie; il paraît en particulier que dans certains districts riches en forêts, chacun pouvait en liberté couper le bois nécessaire à son usage, du moins dans la première période de l'établissement en Canaan, Lamentations 5:4. Nous voyons le bois mis en œuvre, et servant aux travaux de la menuiserie, Exode 35:33; 25:10, et du charronnage, Josué 11:6; 1 Samuel 6:7; 1 Rois 7:33; 10:29; Nahum 2:13, etc.: l'on en faisait aussi des corbeilles, Nombres 6:15; Deutéronome 26:2,4; Juges 6:19, et des dieux, Ésaïe 44:15;

Voir: Idolâtrie.

On ne trouve du reste aucune trace de tonneaux faits de bois, pas même dans le passage Jérémie 48:12, et l'on se servait presque exclusivement pour cet usage d'outrés ou de cornes d'animaux.


BOISSONS.
Les boissons principales des Hébreux, étaient l'eau, le vin, la cervoise et le vinaigre,

Voir: ces différents articles.

On se servait, pour boire, de coupes et de gobelets, quelquefois garnis d'un couvercle, dans lesquels on versait les liqueurs contenues ou dans des cruches, on dans des urnes et amphores, ou dans des coupes plus grandes, ou encore dans des cornes d'animaux travaillées.


BOKIM
(deuil, pleurs). Lieu où les Hébreux s'assemblèrent quelque temps après la mort de Josué, et où l'ange de l'Éternel, après leur avoir reproché leurs infidélités multipliées, leur annonça en même temps que ces infidélités seraient punies. Ces menaces émurent les enfants d'Israël qui pleurèrent en ce lieu, et l'appelèrent Bokim en souvenir de leurs larmes. Quelques-uns pensent que Bokim était près de Silo, où ils se réunissaient, pour leurs fêtes solennelles, mais le contexte rend plus probable l'opinion qui le place dans le voisinage de Guilgal, Juges 2:1,5.


BOOZ
(force), Ruth 2:3; 1 Chroniques 2:11; Matthieu 1:5; Luc 3:32, fils ou descendant de Salmon et de Rahab, de la ville de Bethléhem en Juda. Il épousa Ruth, fut père d'Obed, et par conséquent bisaïeul de David. Son histoire se lie presque tout entière à celle de Ruth, où nous en reparlerons.

— Booz est une des plus nobles figures de vieillard qui nous soient présentées dans l'Écriture; sa bonté, sa générosité, son aimable sensibilité, ses rapports avec les moissonneurs de ses domaines, la délicatesse de sa conduite à l'égard du parent d'Élimélec; son respect pour la jeune glaneuse, enfin la grandeur de caractère qu'il montre en ne prenant point à honte d'épouser, lui riche propriétaire, une Moabite pauvre, veuve et délaissée; tout en Booz nous touche, nous émeut et nous le fait aimer. Sa vieillesse a conservé le charme et la fraîcheur d'un âge moins avancé; ses boucles blanches sont la couronne du jeune époux, et l'on comprend que, pleins de respect, tous fussent aussi pleins d'amour et de confiance en lui.


BOSOR,
Voir: Béhor.


BOTSKATH,
ville ou village des plaines de Juda; l'aïeul de Josias était de cet endroit. Josué 15:39; 2 Rois 22:1.


BOTSRA ou Betser, ou Bostra,
(vendanges) ou Betser,

  1. dans le désert, appartenait au Rubénites, et se trouvait dans une plaine vers la frontière sud-est de la tribu, non loin des sources de l'Arnon, Josué 20:8; 21:36. Elle avait été destinée par Moïse pour être une ville de refuge à ceux qui auraient commis un meurtre involontaire, Deutéronome 4:43. Quelques-uns confondent à tort cette ville avec la suivante, en attribuant aux vicissitudes de son histoire les divers changements de maîtres qu'elle a subis; Betser est proprement le nom de cette première ville, et Botsra celui de la seconde.

  2. Botsra, appelée par les Grecs et par les Romains Bostra, était à 40 kilomètres d'Édrehi. Il en est souvent parlé dans l'Ancien Testament comme de la capitale de d'Idumée, Genèse 36:33; Ésaïe 34:6; 63:1; Amos 1:12; Jérémie 49:13,22. Ailleurs Jérémie en fait une ville moabite, 48:24, d'où il résulte, selon toute apparence, que les Moabites la conquirent sur les lduméens (qui eux-mêmes en avaient dépossédé les Hammonites), ce qui est d'autant plus probable que cette ville n'était pas située dans l'intérieur de l'ancienne Idumée, mais dans le Hauran, au nord du pays des Hammonites. On perd les traces de l'histoire de Botsra jusqu'au règne de Trajan; plus tard elle fut le siège d'un épiscopat, et l'une des principales églises attachées au Nestorianisme. Bien qu'en très grande partie ruinée , cette ville demeure encore une des plus considérables de ces contrées.


BOUC,
Voir: chèvre.

Bouc émissaire,

Voir: Hazazel.


BOUCLES.
Les Orientaux ont de tout temps aimé à se couvrir de boucles, ils en mettaient aux bras, au cou, aux pieds, aux doigts, aux oreilles, etc. Les hommes n'en portaient guère qu'aux doigts, et s'en servaient comme de cachets; mais les femmes et les enfants en avaient partout. Les boucles d'oreilles, Exode 32:2; Ézéchiel 16:12, sont encore d'usage aujourd'hui, ailleurs même qu'en Orient. Les unes sont légères, petites, dignes du bout de l'oreille; d'autres sont massives, lourdes, d'un diamètre de douze centimètres; elles élargissent tellement le trou de l'oreille, que l'on peut facilement y passer deux doigts de la main, si l'on en croit le voyageur Harmar. Parfois même à force de luxe, les lemmes se font percer à l'oreille autant de trous qu'il peut y avoir de place pour des boucles nouvelles; ces boucles sont tantôt en bois, tantôt en corne, tantôt en métal; ordinairement elles sont simples et rondes, mais on en trouve de toutes les formes, quelques-unes mêmes ornées de petites clochettes, Ésaïe 3:18. C'est chez les Romains qu'à l'époque de la grandeur de cet empire, ce genre de luxe avait atteint son degré le plus excentrique, surtout parmi les femmes. Chez les Grecs, il n'y avait guère que les enfants qui portassent des boucles d'oreilles, et seulement du côté droit.

— D'après Genèse 35:4, il paraîtrait que cet ornement était quelquefois regardé comme une espèce d'amulette.

Boucles pour le nez. Elles sont mentionnées Proverbes 11:22; Ézéchiel 16:12; Ésaïe 3:21, peut-être aussi Exode 35:22. C'était l'une des parures les plus chères aux Orientales des temps anciens,

Voir: Genèse 24:22,47.

Aujourd'hui encore elles en portent suspendues tantôt à la narine droite, tantôt à la narine gauche, rarement à la cloison du nez. Ces boucles sont d'or ou d'ivoire, incrustées de perles; elles ont 6 à 9 centimètres de diamètre, quelquefois davantage, et elles tombent jusque sur le bas du visage. Tavernier raconte des femmes de Bagdad qu'elles se percent les narines de bonne heure; quant aux Arabes, elles ne percent que la paroi médiate, dans laquelle elles font passer une bague de l'épaisseur d'un tuyau de plume, mais creuse intérieurement, soit pour économiser la matière, soit pour les rendre plus légères; il y a de ces bagues si grosses que le poing d'un homme y passe facilement. Ce même usage se retrouve également en Amérique, chez les Indiens du Nord et chez les Péruviens. On passait aussi des anneaux dans les narines d'animaux sauvages que l'on voulait apprivoiser ou dompter, ou de gros poissons que l'on voulait conserver captifs dans leur élément (comme l'on fait encore des buffles et des ours). Job 40:21; cf. 2 Rois 19:28; Ésaïe 37:29; Ézéchiel 29:4; 38:4.

Quant à des anneaux pour les pieds, il n'en est parlé dans l'Ancien Testament que Ésaïe 3:16 et suivant. On les portait au-dessus de la cheville; ils étaient de bois, de corne ou de métal, et construits de manière à faire entendre à chaque pas un clapotement plus ou moins harmonieux, et coquet plutôt qu'agréable. De petites chaînettes retenaient l'un à l'autre les anneaux des deux jambes, ce qui gênait la marche et accoutumait les femmes à faire de petits pas gracieux, délicats et embarrassés.

Les bracelets ont été plus en usage encore que les différentes boucles que nous venons de nommer, auprès des anciens Hébreux qui paraissent en avoir tous porté, hommes et femmes;

Voir: Genèse 24:22,30,47; Ésaïe 3:19; Ézéchiel 23:42; 1 Samuel 1:10; cf. Nombres 31:50.

Ils étaient souvent extrêmement larges, et Niebuhr dit en avoir vu en Perse qui s'étendaient du poignet jusqu'au coude; selon Pline, 28:47, ils servaient quelquefois d'amulettes, de même que les boucles d'oreilles.

Enfin les colliers, Proverbes 3:3,22; 25:12; Ézéchiel 16:11; Osée 2:13; Cantique 4:9. Ce n'étaient pas seulement des femmes, mais encore quelquefois des hommes, et même des guerriers, surtout parmi les Perses et les Mèdes, qui affectionnaient ce genre de parure: toutefois cette dernière classe ne paraît pas chez les Israélites en avoir connu l'usage. Les colliers les plus ordinaires, pour les riches, se composaient de grains ou de perles enfilées, et descendaient souvent jusqu'à la ceinture; on en portait plusieurs à la fois pour se distinguer: c'était une mode, comme maintenant c'en est une autre de cacher quelques-uns de ses doigts sous des amas de bagues de toutes couleurs et de tous les goûts. On suspendait, en outre, aux colliers diverses espèces d'ornements étrangers, des demi-lunes ou petits croissants, Ésaïe 3:18 (comme on faisait aux chameaux, Juges 8:21), des boîtes de senteur, Ésaïe 3:20, peut-être de petits soleils et de petits serpents, en guise d'amulettes. On peut croire aussi que les femmes portaient encore des colliers de métal, et l'on se rappelle ce mot de Virgile:

lt pectore summo
Flexilis obtorti per collum circulus auri.
(Æneid. 5, 559)

C'était chez les Perses une marque de faveur toute particulière, quand les rois accordaient un collier à quelqu'un de leurs sujets, Daniel 5:7,16,29; cette distinction semble même avoir été accompagnée d'une augmentation de pouvoir ou d'honneur. Le premier ministre en Égypte avait un collier d'or au cou; c'était peut-être la décoration attachée à son rang et à ses hautes fonctions.


BOUCLIER,
arme défensive qu'on portait au bras gauche, et dont on se servait pour parer une flèche, ou un coup d'épée ou de lance. Les plus ordinaires étaient faits d'une planche recouverte de cuir, mais il y en avait d'or, d'airain et d'autres métaux. Dans l'Écriture, les grands et les princes sont souvent appelés les boucliers des peuples: ainsi Saül, le bouclier des forts, 2 Samuel 1:21: et Dieu lui-même se plaît à prendre ce nom, Genèse 15:1; Psaumes 5:12. La foi doit être pour le chrétien un bouclier pour éteindre les dards enflammés du malin. Éphésiens 6:16.


BOUQUETIN,
Voir: Chamois.


BOUTEILLE,
Voir: Outre.


BRACELETS,
Voir: Boucles.


BRAS.
Comme c'est la partie de notre corps avec laquelle nous exerçons le plus notre activité et déployons le plus souvent notre force, le bras sert à désigner l'action du pouvoir de l'Éternel, qu'il crée ou qu'il détruise, qu'il protège, qu'il convertisse, ou qu'il châtie. Exode 6:6; Psaumes 71:18; Jérémie 17:5; 32:17; Ésaïe 40:11; Zacharie 11:17.


BREBIS.
La langue hébraïque possède un mot, Tsôn, qui signifie ce que nous appelons en général menu bétail, Genèse 27:9; Lévitique 10, mais qui cependant désigne dans son acception ordinaire la brebis et son espèce, Genèse 31:10; 1 Samuel 25:2. (Le menu bétail constituait, dans les anciens temps, comme encore de nos jours, la richesse des peuples nomades.)

— Un seul animal de cette espèce, sans égard à l'âge ni au sexe, s'appelle Zèh, Exode 22:1; Deutéronome 14:4. Talèh désigne l'agneau qui boit encore le lait de sa mère, Kèbès l'agneau d'un an et au-dessus. Kar l'agneau qui est assez fort pour aller paître seul. Mischnim, 1 Samuel 15:9, paraît désigner les agneaux qui, après la première année, ont perdu les deux dents de devant à la mâchoire inférieure, et commencent à devenir forts. Ayil désigne le bélier, et Rahhel la brebis proprement dite, qui a des petits, Genèse 31:38; 32:14; cependant ce dernier mot, comme celui de brebis chez nous, se trouve aussi employé dans un sens plus étendu, s'appliquant à toute l'espèce, Ésaïe 53:7; Cantique 6:6. On voit, par ces distinctions, que l'élève de ces animaux était assez développée parmi les Hébreux. La couleur des brebis en général était la même que dans nos contrées. Psaumes 147:16; Ésaïe 1:18; Daniel 7,9; Genèse 30:32,35; 31:10,12.

Il y a en Orient deux espèces de brebis: les unes semblables aux nôtres, mais plus grandes, plus hautes, plus maigres, et couvertes d'une laine qui a plus de rapport avec le poil, ce qui est très probablement l'effet du climat; les autres se distinguent par une queue large et grande, assez grasse et quelque peu recourbée à l'extrémité. Cette queue est une masse d'une substance qui tient le milieu entre la graisse et la moelle, et ressemble, pour le goût, au beurre, qu'elle sert aussi à remplacer: elle pèse de 5 à 15 kilogrammes On sait que les bergers, pour préserver la queue de ces brebis, la placent sur un petit char auquel la brebis est attachée; cette pratique est si ancienne, qu'Hérodote en parle déjà. Il paraît que les Israélites possédaient aussi de ces brebis, car dans leurs sacrifices la queue est toujours nommée parmi les graisses qu'il fallait brûler. Lévitique 3:9; 7:3; 8:25; 9:19.

Les contrées de la Palestine les plus favorables à la bonne venue du menu bétail étaient la plaine de Saron, Ésaïe 65:10, le mont Carmel, le pays de Galaad, Michée 7:14, et Basan, Deutéronome 32:14; Ézéchiel 39:18.

Les peuples voisins des Israélites s'adonnaient comme eux à l'élève des brebis; les Moabites payaient à Joram en tribut annuel la laine de cent mille agneaux et d'un nombre égal de béliers, 2 Rois 3:4, et plus tard un tribut pareil aux rois de Juda, Ésaïe 16:1. De nos jours encore, les plaines qu'habitèrent les Moabites sont riches en troupeaux de brebis.

— Les Édomites, Ésaïe 34:6, les tribus arabes de Kédar, et les Nabatéens, Ésaïe 60:7, s'occupaient de nourrir et d'élever ces animaux, et leurs contrées fertiles en herbes salées leur étaient tout à fait favorables. L'artifice que Jacob employa pour augmenter son salaire en favorisant la naissance de brebis marquées de certaines couleurs, Genèse 30:37-43, prouve les progrès qu'avait faits dans ce temps l'art de soigner les troupeaux. Nous rappelons ici que le célèbre Buffon s'accorde avec l'Écriture sainte à reconnaître que dans aucune race d'animaux, l'imagination de la mère n'a autant d'influence sur sa progéniture, que dans celle des brebis.

La chair et le lait des brebis servaient à la nourriture des Israélites, Deutéronome 32:13-14; Ésaïe 7:21-22; Ézéchiel 34:3; 1 Corinthiens 9:7: cette viande est encore pour les Arabes, les Perses, et les Orientaux en général, une nourriture très estimée.

— Déjà dans les anciens temps, il se faisait un commerce de laines très actif; les marchands de Damas en portaient aux marchés de Tyr une grande quantité, soit blanche, soit brune, soit rougeâtre et luisante. Quant à cette dernière espèce, le voyageur Tavernier rapporte que dans les montagnes du Kerman en Perse, il y a une espèce de brebis qui jette sa laine au printemps, au point de paraître tondue; que cette laine est d'un brun léger et quelquefois grisâtre, et que les Guèbres qui habitent ces montagnes, en fabriquent des étoffes, des habits, et autres travaux, dont ils font un trafic considérable.

La coutume d'apprivoiser les brebis de manière à les rendre aussi familières que des chiens, coutume à laquelle a fait allusion le prophète Nathan, 2 Samuel 12:3, dans l'apologue par lequel il a convaincu David de son péché, existe encore de nos jours chez les arabes. Les bergers donnaient aussi quelquefois à leurs brebis des noms que ces dernières connaissaient si bien qu'elles ne manquaient pas d'y répondre en accourant lorsqu'elles étaient appelées (Théocrite, Idyl. V, 102, 103); c'est à cet usage que se rapportent les paroles de notre Sauveur, Jean 10:3.

Comme le bélier marche presque toujours en tête du troupeau, et lui sert en quelque sorte de guide, il a été pris pour le symbole de la royauté, ou du souverain des peuples; et dans la fameuse vision de Daniel, 8:3-4,20, le roi de Perse est représenté par cet animal. Les mots chef (d'une nation), et bélier, sont même devenus complètement synonymes en hébreu, cf. Ésaïe 14:9; Zacharie 10:3, dans l'original. Nous ajouterons que l'historien Ammien Marcellin raconte que lorsque les rois de Perse se mettaient à la tête de leurs troupes pour entrer en campagne, ils portaient en guise de diadème une tête de bélier en or, et ornée de pierreries; de même sur les colonnes de Persépolis le signe de la royauté est un bélier.

La brebis, le bélier et l'agneau servaient aux divers sacrifices des Israélites: le bélier annonçait le conducteur du troupeau dont le sang devait couler pour le rachat des siens, la brebis et l'agneau étaient les symboles de l'humilité et de la soumission patiente, parce qu'ils sont d'un caractère doux, patient, et lent à la colère; on assure cependant qu'une fois irrités, ils le sont tellement qu'on ne peut plus les apaiser. Cela explique pourquoi la Bible a pris cet animal pour le symbole de l'humilité et de la patience en général, et de Christ en particulier, Jean 1:29; mais cela explique aussi l'expression de la «colère de l'agneau», Apocalypse 6:16, cette haine de Dieu contre le mal, et ce courroux lent à s'allumer, mais qui s'allumera devant l'endurcissement prolongé, et qui ne cessera plus de consumer ses adversaires.


BUFFLE,
Deutéronome 14:5; 1 Rois 4:23;

Voir: Gazelle.


BUIS.
Parmi les arbres du Liban dont le bois doit un jour servir à la construction du nouveau sanctuaire, le prophète Ésaïe, 60:13, nomme le Théaschur; et dans le chapitre 41:19, il est dit que ce même arbre croîtra un jour dans les déserts avec le cèdre, le cyprès et l'acacia. Les commentateurs juifs sont d'accord à penser que l'arbre, dont il est parlé dans ces deux passages est le buis, et leur opinion s'accorde avec le contexte, quoiqu'on ne puisse pas prouver que le mot hébreu théaschur ait effectivement cette signification. Les versions arabes, et la version syriaque traduisent théaschur par Cherbin qui est une espèce de cèdre ou de sapin-cèdre.

Dans sa description du commerce et du luxe des Tyriens, le prophète Ézéchiel, 27:6, dit que les bancs de rameurs de leurs vaisseaux étaient faits de aschur (c'est à peu près le même mot que théachur), étaient faits de buis, apporté des îles de l'Occident, et garnis d'ivoire. Et ce qui confirme le sens que nous donnons à ce mot, c'est que nous voyons par un passage de Virgile (Æneid. 10, 137.... Quale per artem inclusum buxo lucet ebur), qu'en effet les anciens avaient coutume de travailler de la sorte, et d'incruster l'ivoire dans le buis.

Voir: Orme.


BUL,
1 Rois 6:38, appelé depuis lors Marchesvan: c'était le second mois de l'année civile, et le huitième de l'année ecclésiastique; il se composait de vingt-neuf jours, et correspondait à notre fin d'octobre et commencement de novembre. C'est dans ce mois que commençaient à diminuer les chaleurs, que l'on semait l'orge et le froment, et qu'on récoltait les derniers raisins; c'est aussi dans ce mois que fut terminée la construction du temple de Salomon. Le nom de bul ne se trouve qu'une fois dans la Bible, au passage indiqué.


BUTIN.
Ce qu'un soldat à la guerre avait enlevé de sa propre main, demeurait en sa possession; mais les objets précieux, et ceux en particulier qui avaient appartenu au roi vaincu, échéaient de droit au roi d'Israël, 2 Samuel 8:11; 12:30. Quant à l'ensemble du butin, hommes et bétail, il se divisait en deux moitiés, dont l'une appartenait aux soldats qui avaient combattu, déduction faite de la cinq-centième partie qui était pour les sacrificateurs; l'autre moitié, déduction faite d'un cinquantième pour les lévites, revenait au peuple, Nombres 31:26, sq. Mais si la ville conquise avait été mise à l'interdit, il était défendu d'y faire du butin; tout ce qui avait vie devait être passé au (il de l'épée; on devait brûler tout ce qui pouvait être brûlé; l'or et l'argent seuls, et les vases de fer ou d'autres métaux, échappaient à la destruction et étaient placés dans le temple de l'Éternel, peut-être comme trophées.

Voir: Josué 6 et 7.

Même sans qu'il y eût d'interdit prononcé, c'était assez l'usage de consacrer à l'Éternel les prémices des dépouilles, et la portion la plus honorable du butin, 1 Chroniques 26:27.


BUTOR.
Ésaïe 14:23; 34:11; Sophonie 2:14. C'est par le mot de butor que nos versions ont traduit l'hébreu kippod dans ces trois passages; d'autres l'ont rendu par orfraie, chat-huant, tortue, castor, etc. C'est dire assez que l'on ne connaît pas au juste la signification de ce mot. Les lexicographes allemands, Gesenius et Winer en tête, le traduisent par hérisson (— Voir: encore Bochart, Hiéroz. II): cette manière de voir est appuyée de l'analogie des autres langues sémitiques. Le hérisson se trouve en abondance dans la Syrie et la Mésopotamie, et choisit de préférence les lieux déserts pour son habitation. Quant au butor, on le trouverait plutôt dans l'hébreu yanschouph, Lévitique 11:17; Deutéronome 14:16; Ésaïe 34:11. Le butor est une espèce de héron, mais moins haut sur jambes, et le corps plus charnu; il est si sauvage et si stupide que son nom est devenu une espèce d'insulte. On le trouve partout où il y a des marais solitaires, en Angleterre, en Danemark, en Suisse, et dans les parages plus chauds de l'Italie et de l'Égypte,

Voir: Chat-huant et Cormoran.


BUZ,
  1. fils par Milca, de Nachor frère d'Abraham, Genèse 22:21, fut apparemment l'un des ancêtres d'Élihu l'ami de Job 32:2. Son nom se retrouve plus tard, Jérémie 25:25, où il est cité à côté de Dédan et de Téma, comme formant un petit état monarchique sur les contins ou dans les limites de l'Arabie déserte. On ne connaît aucune ville qui puisse maintenant nous mettre sur la voie de l'ancien emplacement de cette cité.

  2. Fils de Habdiel, et père de Jahdo, de la tribu de Juda, 1 Chroniques 5:14, inconnu.


BUZI,
père du prophète Ézéchiel, Ézéchiel 1:3.

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